A propos Crevette de Mars

Je suis jeune, étudiante à Paris, je parle de mes expériences culturelles dans la capitale, de mes états d'âme, de mes petits bonheurs et de plein de sujets variés et inattendus. Je partage également mes connaissances et mon vécu sur le sujet du handicap.

Dahl de lentilles

Ingrédients :

  • une mesure (c’est-à-dire un verre standard) de lentilles roses (aussi appelées lentilles corail.) (je pense que ça fonctionne aussi très bien avec des lentilles blondes.)
  • 2 volumes d’eau (2 volumes = 2 mesures donc 2 verres)
  • 1 ou 2 tomates ou plus suivant votre goût
  • un petit ou moyen oignon
  • 1 ou 2 gousses d’ail
  • 1 bout de gingembre cru (peut-être remplacé par du moulu, évidemment, mais le cru c’est tellement très bon…)
  • épices au petit bonheur (perso j’ai mis paprika, curry, cumin c’était très bien.)
  • une lichette d’huile d’olive

Ustensiles :

  • une casserole ou un fait-tout
  • une planche à découper et un couteau
  • un verre standard ou un verre mesureur
  • un chinois (passoire avec un maillage très fin)
  • un couvercle
  • une assiette parce que c’est toujours pratique pour poser les ingrédients prédécoupés en attente.
  • (et toujours une poubelle à portée de main pour les diverses épluchures)

Marche à suivre :

  1. Faites revenir l’oignon haché à l’huile d’olive pendant 5 minutes.
  2. Ajoutez l’ail haché et les épices et laissez mijoter le tout.
  3. Rincez les lentilles à l’eau froide et égouttez-les.  (L’astuce c’est de les mettre dans un chinois pour les rincer, ça rince et égoutte en même temps.)
  4. Ajoutez les lentilles aux oignons.
  5. Ajoutez l’eau  (environ deux volumes d’eau pour un volume de lentille)
  6. Portez à ébullition et ajoutez la tomate en cubes.
    C’est à ce moment-là que j’ai ajouté le gingembre, je ne sais pas si c’est très académique mais en tout cas c’est bon.
  7. Laissez cuire une vingtaine de minutes à couvert.

Remarque : c’est ajustable à l’infini. On peut changer la légumineuse de départ (mais c’est plus facile si la légumineuse cuit vite…), on peut changer les épices et autres condiments, on peut mettre du bouillon de légumes dans l’eau des lentilles (surtout si pas d’épices sinon je ne suis pas convaincue de l’intérêt), on peut mettre un peu de lait de coco ou autre lait végétal en substitution d’une partie du volume d’eau.

Remarque 2 : le volume d’eau est indicatif mais il ne faut pas hésiter à en rajouter si vous trouvez ça trop sec au final / si vous voulez que ça cuise un peu plus…

Astuce pour personnes dyspraxiques :

Les recettes de cuisine c’est un peu l’enfer pour un dyspraxique. Pour moi ça l’est un peu en tout cas.) Il suffit que je quitte la recette des yeux deux minutes au lieu d’une et hop, j’ai déjà oublié un truc. C’est pour ça que ma cuisine est très peu académique, très peu présentable et souvent sous forme de gros ragoûts. (Il y a pourtant quelques recettes que je suis au pied de la lettre (la mousse au chocolat en particulier), ce sont des recettes fétiches faites maintes et maintes fois.)

Toutefois si vous vous lancez pour la première fois dans une recette complexe, mes conseils : prévoyez du temps. Dégagez votre plan de travail. Sortez tous les ingrédients indiqués dans les ingrédients. Prévoyez tous les récipients, couverts, couvercles. Ensuite sachez que si vous avez oublié des épices vous pouvez toujours les ajouter plus tard. Une épice s’ajoute à peu près n’importe quand, tant que le plat est chaud, humide et peut se touiller.

Cette recette est complexe parce qu’elle a beaucoup d’ingrédients et d’étapes, cependant elle est facilitée par le fait qu’il y a un seul contenant dans lequel tout se rajoute au fur et à mesure et que toutes les étapes sont chronologiquement exécutées. (Pendant que l’oignon cuit on épluche l’ail, pendant que l’ail cuit on rince les lentilles, pendant que l’eau chauffe on coupe les tomates et épluche le gingembre. Dernier ajout (tomates et gingembre donc) et ça cuit. En ayant de la place et les ingrédients sortis ça se passe bien 🙂

(Pour l’accompagnement j’ai fait du riz au cuit-vapeur à côté, ça met 30 minutes, se gère tout seul et se garde au chaud.)

(Je glisse ça là comme ça pour la énième fois : un cuit-vapeur c’est le rêve…)

Bon appétit !

 

 

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Sondage de début de semaine (chargée)

Coucou !

ça faisait longtemps que je n’avais pas fait un petit sondage… Alors en voici un :

Quel prochain article vous branche le plus ? (Oui, les causes de sondages ne changent pas 😉 )

Les réponses multiples sont possibles mais comme d’hab’ évitez de vous emballer, c’est sensé être une aide à la décision 😉

Et comme l’indique le titre ma semaine va être chargée donc le nouvel article ne sera pas pour tout de suite mais je m’organise (ahah, je me fais rire moi-même), comme ça vous avez largement le temps de voter et quand j’aurai enfin un moment de libre et envie d’écrire, je pourrais facilement me décider !

(et puis, j’avoue, ça m’amuse beaucoup… « Il en faut.., peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux…. »)

La kiné – 2 : Sans, c’est comment ?

Le début de l’histoire ici.

En septembre de l’année dernière en revenant à Paris, il fallait donc que je cherche un nouveau kiné proche de chez moi.

J’avais plus ou moins consciemment peur de la « succession ». Je m’étais tellement bien entendue avec le précédent (et sa remplaçante) est-ce que pourrait-être aussi bien ? La remplaçante il y avait encore un bout de lui, un lien et un espoir qu’il revienne. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il meure et en 3 ans je l’avais bien connu… Il y a donc eu une sorte de phase de deuil. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle dure aussi longtemps. Mais c’est aussi parce qu’un autre facteur (le téléphone) s’est ajouté.

Dès septembre, j’ai cherché les kinés autour de chez moi. Il y en a pas mal. Sauf que…tous ceux que j’ai appelé ne répondaient pas au téléphone, à chaque fois. (Pourtant j’ai toujours fait attention à les appeler à la demie ou à pile pour que ça tombe en fin ou début de séance.) Or, j’ai horreur du téléphone. Donc faire l’effort d’appeler pour rien du tout c’est hyper décourageant (et n’attendez pas de moi que je laisse un message…) surtout quand tu es à moitié motivée pour appeler parce que « je suis obligée de changer mais c’était très bien avant ! »

Au bout d’un moment, je me suis découragée. En laissant passer le temps et procrastinant pour passer encore de nouveaux appels, j’ai perdu de vue le(s) créneau(x) possible(s). J’ai perdu de vue qu’une heure c’est pas tellement. J’ai perdu de vue qu’il suffit de prendre le temps pour que ça se fasse. J’ai perdu de vue que c’était une heure de « perdue » pour des heures de bien/mieux-être. J’ai oublié « un esprit sain dans un corps sain ». (Sérieusement c’est pas de la gnognotte, prenez-soin de votre corps les gens, l’esprit se porte mieux et est plus efficace…) (Coucou V. 😉 )

En janvier le mal était fait. Je me suis dit que commencer la kiné en milieu d’année c’était ridicule, que qu’est-ce que j’allais dire au kiné pour me justifier (bon, en fait y a pas besoin de se justifier, hein, mais voilà…) que « oh bah j’ai pas fait de kiné depuis juin dernier, et puis y a pas eu de cataclysme, je marche encore et j’ai pas plus de douleurs que d’habitude… » En fait c’était même pas ça. J’avais plus de douleurs / crispations que sans kiné mais pas plus (ou pas de manière assez flagrante) qu’après deux mois d’arrêt l’été. Je m’attendais à une montée exponentielle et elle n’a pas eu lieu. Comme d’habitude c’est de l’insidieux, de l’invisible, de l’entre-deux. C’était même très pervers parce qu’il y avait une alternance de bien et de moins bien. Parfois j’avais mal au dos pendant deux semaines et au moment où je me disais « bon, allez lundi je me motive et j’appelle parce que ça suffit, c’est la preuve » c’était fini. Fin de la preuve. Pareil musculairement il y a des périodes où ça devenait plus difficile sauf que ça ne durait pas.

Il y avait ce petit côté défi. De savoir si j’en avais vraiment besoin. De me dire que peut-être depuis mon enfance tout a été exagéré mais en fait « c’est-pas-si-pire ». Là je pensais surtout à mes parents évidemment (« c’est normal qu’un parent fasse le plus pour son enfant. Et un parent n’est pas objectif, donc peut-être qu’au fond il exagère ? ») mais j’éclipsais beaucoup le médecin (comme si le médecin disait « oui, il faut continuer la kiné » pour coller à ce que mes parents veulent entendre…) (oui, il y a un petit problème quelque part dans le raisonnement, tout à fait.) Bref, petit côté « syndrome de l’imposteur » : « oui mais en fait, je n’en a pas vraiment besoin ! »

Et du coup, la cerise sur le gâteau, c’est que la seule personne a avoir insisté pour que je reprenne le kiné était ma mère (quelle surprise !) et donc plus elle insistait moins j’étais motivée… Parce que défi, opposition, volonté de savoir par moi-même, de savoir ce que ça fait d’arrêter le kiné. Savoir en quoi c’est nécessaire, non pas par le bien-être procuré directement mais au contraire par l’observation des conséquences de l’absence. (Oui, c’est un peu idiot. Mais tant qu’à faire d’avoir arrêté je voulais que ça serve à quelque chose, je voulais pousser le truc au bout.) Et puis un jour pour la énième fois qu’elle m’en parlait au téléphone je l’ai engeulée. Parce que « oui, je sais que c’est important, c’est mon corps figure-toi, je le sens, pas la peine de me le rappeler ! C’est mon corps, c’est mon problème ! Tu veux m’aider sauf que ça m’aide pas sauf que ce qui m’aiderait c’est que t’appelles au téléphone et tu peux pas… Donc voilà. » Bon. Bah, elle a arrêté de m’en parler hein. (C’est surprenant !) Je n’en suis pas fière (je suis rarement fière d’avoir engueulé quelqu’un, je suis bien trop fille sage pour ça) mais je suis contente de l’avoir exprimé quand même parce que ça ne m’aidait vraiment pas et ça n’aurait rien changé, à part continuer à me taper sur les nerfs.

Cet été ne m’a pas aidée. J’attendais des réactions de la part des gens me disant « han mais tu marches moins bien, non ? » Mais il n’y en a même pas eu. Même pas ma mère. (N’a -t- elle pas osé, pas voulu mettre de l’huile sur le feu (ahem), ou pas remarqué ? Je ne sais pas. Je n’allais quand même pas lui demander !)

Non, il n’y en a pas eu. Par contre une amie kiné m’a dit « ouah tu t’es vachement musclée, tu marches beaucoup mieux : plus et plus vite. » Bon. ça allait un peu en contradiction avec mon ressenti (pour le « plus vite ») et en contradiction avec la logique (pour le « tu marches beaucoup mieux ».) Sauf qu’il faut remettre les choses dans leur contexte. Je n’ai pas vu cette amie depuis deux ans. (Donc c’est lointain et il n’y a pas eu que l’année sans kiné) ET cette amie kiné est aveugle (au sens propre) donc elle ne voit pas comment je marche. Elle a juste remarqué l’augmentation de l’endurance, c’est ce qu’elle voulait dire par « tu marches beaucoup mieux ». J’avoue que j’attendais /j’aurais voulu qu’elle sente la raideur. Sauf que c’est con, elle peut pas le sentir comme ça simplement en marchant, il aurait fallu qu’on se pose et fasse des étirements. Que je la mette devant le fait, quoi.
J’aurais aussi voulu / attendu qu’elle remarque un changement dans la vitesse. Sauf que j’avais oublié que par rapport à elle je marche toujours vite, elle me le fait toujours remarquer (parce qu’un aveugle est obligé de marcher lentement pour ne rien louper.) donc comment faire vraiment la part des choses ? Tu marches plus vite, c’était certainement surtout de l’admiration renouvelée.
L’augmentation de l’endurance est effectivement avérée mais ce n’est pas le fait de l’absence de kiné, c’est le fait de ma venue à Paris (et, en plus, peut-être que comme je m’écoutais moins, je disais moins vite stop, aussi …..)

Mais finalement le rendez-vous médical de la fin de l’été m’a donné la confirmation et le coup de massue que j’attendais. « Ouah, mais c’est raide là !! Non mais il faut reprendre la kiné ! »et puis il y a les chiffres aussi. à droite, on est passé de + 5 à -5. (Pour être honnête je ne sais pas exactement à quoi ça correspond mais je trouve ça parlant quand même…) Surtout quand il est couplé à un étirement / une posture qui n’a plus été faite depuis un an et qui ne donne clairement plus le même résultat.

Bilan. Ben c’était pas une bonne idée (oh, quelle surprise !) Ben oui, mon médecin avait raison, il faut continuer la kiné. Parce que la spasticité (qui provoque des raideurs) ne s’arrête pas toute seule comme par magie et donc un muscle qui se raidit et n’est pas étiré ben… C’est un muscle raide (oh, quelle surprise !) de plus en plus raide. Et donc de moins en moins fonctionnel (oui, ça c’est juste de la logique.) (D’ailleurs, je ne m’en vante pas, je sais que c’est une belle et grosse c*nnerie bêtise.) Se dire que je n’avais pas plus de douleurs était une belle idiotie aussi. Certes, sur le moment je ne l’ai pas forcément ressenti ou ça n’a pas ressemblé à ce que je pensais, sauf que là un an après… J’ai un peu l’impression d’être en petits morceaux éparpillés, les maux de dos sont de retour, il y a régulièrement des douleurs ressemblant à des débuts de tendinite et je marche mal. (Le pied droit rentrait déjà à l’intérieur, mais là c’est pas seulement le pied, c’est la jambe toute entière.)

Comme dans de nombreux domaines, je n’ai pas de regrets. (Ce n’est pas tellement mon genre.) Si ça s’est passé comment ça c’est que ça devait se faire, que ça n’était pas possible autrement, il y avait un temps de deuil nécessaire et il y avait le téléphone qui n’a pas œuvré en ma faveur. Il y avait une expérience à mener, à éprouver. Voilà je l’ai fait, j’ai connu une vie sans kiné. Conclusion : ce n’est pas une vie pour moi, le bien-être de la kiné n’est pas un mensonge et il est nécessaire. (Que des chose que je savais donc mais rien de mieux que l’expérience, Dolto a raison : on a beau dire à l’enfant que le feu ça brûle et fait mal, il ne le croira vraiment que le jour où il l’aura éprouvé.)

C’était une belle c*nnerie que j’espère ne pas renouveler. Et donc j’ai appelé une kiné proche de chez moi. Et elle a répondu, du premier coup !

(suite au prochain épisode.)

La kiné – 1 : Pourquoi arrêter ?

J’ai plein de boulot mais besoin d’écrire ça, on va voir ce que ça donnera…

Quand j’étais enfant, une de mes kinés me disait souvent « Courage, à 18/20 ans tu seras tranquille. »

Bon, je n’en faisais pas grand cas 18/20 ans quand on en 6 ans ou même 10… C’est tellement loin ! Il est vrai que penser que je ne ferais pas ces exercices toute ma vie était un peu réconfortant, parfois, mais en même temps je ne pouvais m’empêcher de penser « qu’est-ce que ça veut dire au juste ? » Comment il fonctionnerait mon corps sans ces soins hebdomadaires ? ça veut dire qu’à 18 ans, pouf, il fonctionnerait normalement ? Ben non… je le savais déjà. Rien de triste là-dedans, j’étais juste pleinement consciente de ma différence. Pleinement consciente, déjà (je crois) que même si mon corps évoluait et mes capacités aussi, jamais je n’atteindrais les capacités des autres, ceux qu’à l’époque j’appelais (au moins dans ma tête) les « Normaux ». Rien de triste, je le répète, car j’étais assez rarement jalouse de ces capacités. Sauf si on me mettais dans une situation dans laquelle je me retrouvée lésée (mais alors je n’étais pas jalouse, juste frustrée.) (illustration-exemple sorti tout droit de mon imagination : des copains montent une échelle pour aller jouer dans un grenier, me disent de suivre, je réponds que je ne peux pas. Là il y a deux solutions > ils redescendent, fin du problème. Ou > ils restent là haut en disant « ah zut, bon t’inquiètes pas tu nous attend on redescend dans 10 minutes ! » > frustration.) (La frustration ça s’apprend et s’apprivoise, mais à 10 ans, ce genre de situations courantes est dur.)

Tout ça pour dire qu’après j’ai grandi, j’ai rencontré d’autres kinés, d’autres médecins, je me suis rapprochée des 18 / 20 ans. Le médecin qui me suivait alors a bien insisté sur l’importance de continuer à voir un kiné. (Bon, ça a beaucoup plus traumatisé ma mère que moi. Je me rappelle juste confusément de la recommandation, elle se souvient qu’il ait parlé de certaines conséquences possibles.)

C’était donc la grande crainte de ma mère quand je suis partie à Paris, que je n’ai plus de kiné. Pourtant, finalement, ça s’est fait tout seul, naturellement. Tout simplement parce qu’après avoir eu une voire deux séances de kiné hebdomadaires toute son enfance il est facile de les intégrer virtuellement dans son emploi du temps. (Je nuancerais ce point après.) Aussi parce qu’au cours du lycée avec les quelques cours de Yoga suivis et les séances de psychomotricité, j’ai beaucoup plus pris conscience de mon corps, pris en compte mes sensations. Je m’étais alors bien rendue compte, concrètement, des bienfaits de la kiné.

Parenthèse.

Déjà avant bien sûr, je sentais que j’étais bien mieux après ma séance de kiné, globalement détendue. Mais au lycée, j’ai fait plus dans le détail, j’ai appris à nommer plus précisément chaque partie du corps, à localiser les raideurs, les douleurs, à comprendre mes postures. C’est encore loin, très loin d’être parfait, mais déjà bien mieux. J’en suis sûre parce que tout simplement je n’arriverais pas à mettre des mots sur mes sensations d’avant. Sans voir de photos, je serais incapable de dire comment je me tenais étant petite. Je serais incapable aussi de dire si mes réactions spastiques (raideurs principalement et quelques effets « ressort ») ont toujours été les mêmes. Et pourtant, les sensations étaient déjà là, et je le connaissais déjà. D’ailleurs les médecins ont toujours dit que c’était à moi de dire stop, de savoir quand j’étais trop fatiguée, et les kinés m’ont toujours demandé de dire stop dans un étirement. Et je l’ai toujours fait. Elles existaient donc bien. Mais c’étaient des sensations sans mots. Les mots sont arrivés dessus petit à petit, et cela arrive aujourd’hui encore. Encore aujourd’hui j’apprends que je me tiens bien droite alors que j’ai l’impression d’avoir le dos rond, encore aujourd’hui j’apprends que je marche avec les pieds très proches alors que pour l’équilibre il serait mieux qu’ils soient plus écartés, dans l’alignement du bassin. Encore aujourd’hui j’apprends (je réapprends) que le balancement des bras a aussi de l’importance dans l’équilibre et que moi je ne les balance pas. Il faut que je m’y exerce, pour l’instant si je balance les bras je suis plus déséquilibrée… (et encore plus lente.)

Bref, fin de la parenthèse. Continuer d’aller chez un kiné une fois à Paris, ça s’est fait tout naturellement, disais-je :  quand je suis arrivée à Paris j’ai « naturellement » appelé un kiné qui exerçait à coté de chez moi. Parce que je savais que ces séances hebdomadaires me faisaient grand bien et je savais qu’une heure par semaine au fond ce n’est pas grand chose. Il était sympa, et en plus le hasard fait qu’il avait étudié en fin d’études un cas particulier d’IMC, donc il connaissait bien ma pathologie. ça tombait bien, ça me rassurait. Et puis il était assez bavard ça me permettait de ne pas parler beaucoup, au moins dans un premier temps, ça aussi me rassurait. (« Dans un premier temps » parce qu’après avoir sympathisé je devais parler autant que lui…. (et sympathiser avec le kiné c’est rapide quand le courant passe. Les rendez-vous hebdomadaires + la proximité et le contact physique + la nécessaire mise en confiance pour le soin amènent rapidement à des confidences…)

Bref, cela a duré 3 ans. Au début de la 4°année c’est une remplaçante que j’ai retrouvée, congé maladie. Bon, ce qui est bien c’est que je me suis tout aussi bien entendue avec elle. Mais ça n’a duré qu’un an. Parce qu’à la fin de l’année il est mort (hé oui), donc le remplacement prenait fin et elle ne prenait pas la suite.

C’est ainsi que l’été dernier je me suis retrouvée brusquement sans kiné. C’était juste avant les vacances d’été. J’ai alors pensé « je m’arrête juste pour l’été (comme d’habitude, donc) puis à la rentrée je retrouverai un kiné proche de chez moi. »

(Suite au prochain épisode…)

Garder le contact, il faut.

Oui, je parle comme Yoda.

Avant de lire cet article il faut absolument lire le précédent et laisser reposer au moins une dizaine de minutes pour méditer (du genre : « et moi, il n’y aurait pas une personne que j’aime dont je n’ai plus de nouvelles, je tiens à elle et je pense souvent à elle mais je ne veux pas faire le premier pas, parce que [ce qui suit est probablement une fausse bonne raison]) S’il y en a une, vous lui écrivez. Une fois cela fait, vous pouvez venir lire la suite…

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