Courir après le temps, tout le temps

C’est l’impression que je garde de cette année. Une grande course contre la montre. Dans laquelle j’avais / j’ai toujours du retard. (C’est pas nouveau la vitesse ce n’est pas mon truc, les courses qu’elles soient réelles ou virtuelles non plus !

Du retard pour apprendre mes cours : j’en ai sacrifié certains que j’ai décidé passer aux rattrapages.

Du retard dans ma bibliographie à lire pour le mémoire.

Du retard pour comprendre le fonctionnement des bases de données.

Arriver en retard en cours parce que trop fatiguée et donc réveil difficile.

Arriver en retard à certains rendez-vous parce que le lieu n’est pas facile d’accès et que les transports n’y mettent pas du leur.

Rendre un mémoire incomplet parce que retard accumulé. Écrire pour obtenir un délai supplémentaire, compléter, rendre un truc tout autant insatisfaisant. (à mon goût, de leur côté elles ont aussi remarqué que c’était incomplet mais également la grande avancée entre les deux.)

Se reposer un tout petit peu et enchainer sur le ddépôt des candidatures en M2, l’envoi d’un dossier -exercice d’évaluation.

Puis les révisions des rattrapages.

Puis la semaine de rattrapage et  la soutenance (relire un mémoire dont on est pas satisfaite c’est vraiment pas une partie de plaisir mais bon, la soutenance s’est bien passée), puis s’occuper de la candidature pour l’École.

Normalement la dite limite de dépôt c’était aujourd’hui, sauf que à 19h date de fermeture du magasin d’impression et dernière levée de la poste … j’avais pas fini. Et j’apprends qu’à l’École ils ont enlevé la boite de dépôt dédiée à 17h15 (heure de fermeture du pôle pédagogique mais bien avant la fermeture de l’École à 20h.), ce qui signifie très clairement qu’ils sont hyper à cheval sur la date limite, beaucoup plus que d’autres fac…

Du coup j’hésite :

option A : remodifier quand même ma lettre ce soir (parce qu’en plus j’ai vu que je n’ai pas donner la forme souhaitée / répondu à certaines attentes) et l’envoyer au culot par la poste demain (peut-être qu’ils ne regarderons pas le timbre parce que trop de paperasse ou peut-être qu’ils me feront une fleur parce qu’ils connaissent mes difficultés.)

option B : non tant pis, laisse tomber et va dormir tu en rêves, de toute façon en recevant l’enveloppe ils regarderont forcément le timbre et ils l’élimineront direct sans se soucier de qui est qui, c’est un pré-tri hyper efficace, et puis l’Ecole n’est que ton choix 3.

  • avantages de l’option A : je n’aurais pas de regrets parce que j’aurais tenté le tout pour le tout. J’ai déjà marché au culot comme ça pour une autre formation (mon choix 1, ma candidature hélas pas été retenue mais à cause du nombre de dossiers reçus pas de la date limite) et pour demander un délai pour mon mémoire, les deux fois ça  a porté des fruits.  Alors pourquoi pas tenter ?
  • défauts de l’option A : j’en ai vraiment marre de courrir, je suis juste fatiguée. Ok, ça a servi à quelque chose ces deux fois mais le résultat n’était pas ouf non plus (le 2° rendu m’a finalement tout autant déçue que le 1° et ma candidature n’a pas été retenue.) J’ai tout sauf envie de m’occuper de ça ce soir pour un résultat hypothétique. (Surtout que c’est considérer que j’ai
  • Avantages de l’option B : je dors enfin. Je ne gaspille pas mon énergie à quelque chose d’inutile.
  • Défauts de l’option B : oui, j’en ai marre de l’École mais quand même cette formation peut-être super intéressante. Ce n’est que mon choix 3 sauf que : choix 1 -> refus ; choix 2 et 2bis -> un en suspens (un entretien à passer) et un refus ; choix 4 -> acceptée (mais 4 c’est après 3 … donc…) et puis l’idée même de baisser les bras ne me plait pas. Et puis mon ego en prendra un coup parce que le choix 4 est moins prestigieux que les trois premiers…)

Bref si on regarde comme ça l’option A semble privilégiée… Sauf que la fatigue ça pèse quand même très lourd sur la balance… Je vais appeler chez moi, ils auront les idées plus claires…

J’ai donc appelé – > option B, modifications plus légères que je ne pensais… ça m’a pris une heure. Ne reste plus (pour demain, ce soir c’est finiiii !!!) qu’à assembler les autres pièces déjà prêtes, les imprimer et envoyer le tout . Alea Jacta est. (Et puis bon, peut-être que l’entretien va bien se passer et le choix n° 2 va fonctionner !)

 

 

Questionnaire de Flow : 37 à 41

ça avançait plutôt bien le mémoire jusque là mais là cette après-midi ça veut pas du tout… Grosse page blanche. Pourtant j’étais motivée, j’avais un objectif et ce soir j’ai une sortie de prévue. Pas vraiment le moment de sécher donc. Mais non, quand ça veut pas, ça veut pas. Et on m’a subtilement glissé à l’oreille qu’il fallait pas forcer. Je l’ai pris au pied de la lettre et me suis dit qu’un petit retour sur le blog pour avancer dans le questionnaire de Flow ne pouvait pas me faire de mal. Voilà. Ensuite j’irai faire un petit tour au soleil…

37. Savez-vous quand il faut partir ?
Je n’ai pas vraiment de réponse à cette question… Y a -t- il vraiment UN moment où il faut partir ? Si la réponse est oui, alors ça veut dire que non, je ne sais pas (petite mise en abyme, comme ça, pour voir si vous suivez…)
Parfois, j’ai envie de partir mais je ne le fais pas, je ne le dis pas … Parce que les gens sont en pleine discussion et que je ne veux pas les interrompre. Parce que j’ai prévu de repartir avec mes amis et que visiblement ils ont encore envie de rester. Souvent, je sais que c’est le moment de partir (à la fin d’un cours, d’une réunion…) Mais les autres stagnent, continuent à parler, alors je ne sais pas  bien comment je dois me comporter et surtout comment signifier mon départ, comment dire au revoir. Définitivement le problème pour moi n’est pas tant de savoir quand partir mais comment partir.

38. Si vous deviez créer votre propre entreprise, qu’est-ce que ce serait ?
Une bibliothèque atypique pour les oubliés / marginalisés / exclus du système : soit en prison, soit dans le milieu hospitalier soit carrément une caravane pour aller dans les camps de migrants. (C’est un peu un rêve … sauf que je ne m’imagine pas monter une entreprise, tant à cause des responsabilités que des questions de paperasse et de comptabilité… à force d’y penser, ça se finira très très probablement en associatif cette histoire 😉 )
39. Avez-vous toujours envie de gagner ?
Non. Bien sûr, j’aime gagner – comme tout le monde je pense – mais pas au point de tricher ou pinailler sur les règles.

40. Regrettez-vous vos échecs ?
Spontanément j’avais envie de répondre « ça dépend lesquels », puis je me suis mise à réfléchir à quels étaient mes échecs. Il n’y a en fait qu’un évènement de ma vie que j’ai à un moment qualifié d’échec, à savoir : quand, à la fin de ma troisième année de licence je n’ai pas obtenu les notes suffisantes pour passer en master. Mais mon année a été tellement riche ensuite que je n’ai finalement absolument pas regretté cet « échec ». En fait c’est problématique cette question, le mot échec est pour moi tellement fort qu’il porte en lui-même la notion de regret, je m’explique : qualifier un évènement d’échec signifie – pour moi- que l’on regrette de ne pas avoir réussi… Poser la question de savoir si on regrette ses échecs… C’est donc un peu un pléonasme ! En tout cas en ce qui me concerne la réponse est clairement non. Je regrette certains choix ou certaines choses que je n’ai pas faites mais certainement pas mes non-réussites. D’ailleurs je n’y avais pas pensé mais ça a un écho assez singulier avec ma citation de Nicole Van De Kerchove mise en bannière… Hop, une autre citation pour la route. C’est une de mes préférées. Je l’applique à peu près depuis toujours même avant de savoir que ça avait été dit (par Socrate ou un autre… peu importe.)

La chute n’est pas un échec. L’échec c’est de rester là où on est tombé. Socrate.

41. Quelle note donneriez-vous à votre visage ?
Alors ça c’est une véritable colle pour moi. Je suis nulle (absolument nulle) pour chiffrer des notions abstraites. Ma réponse n’aurait aucun sens. Mon visage je le trouve plutôt pas mal dans l’ensemble : la bouche, le nez sont biens, la forme est bien, les yeux sont très bien. Il est un peu trop boutonneux et les sourcils légèrement trop épais (et il y a parfois un soupçon de truc que je n’aime pas sans arriver à qualifier ce que cela concerne.)
Voilà, en mots ça me semble plutôt pas mal et ça exprime beaucoup mieux ma pensée.
J’ai essayé de mettre en chiffres rien que pour vous : si je compte 1 point par éléments -les yeux, les sourcils, le nez, la bouche, la forme générale, la peau, j’ai un total de 6. Selon l’appréciation précédemment citée ça donne 4 sur 6. (1 point pour les yeux et la forme, 0.75 pour le nez et la bouche, 0.50 pour les sourcils, 0 pour la peau.) Bon, je vous avais prévenu, je trouve ça totalement absurde et abstrait.

Et moi qui pensait que répondre à cinq questions ce serait rapide et court… Naïve que je suis…  🙂 Cinq grosses questions d’un coup !

Questionnaire de Flow : 1 à 5

Annick Annouck s’est lancée il y a quelques jours dans un très long questionnaire (210 questions !). En regardant les questions au premier abord je l’ai trouvé très impressionnant et difficile mais plus je vois ses réponses et plus je le trouve finalement abordable et j’ai envie d’y répondre aussi. Or mes réponses sont souvent trop longues pour que je puisse répondre spontanément en commentaire.

En plus, en ce moment j’ai envie d’écrire mais je n’ai pas le temps + je n’y arrive pas (mes petits bonheurs de l’hiver attendent depuis une semaine mais je n’arrive pas à trouver une forme qui me convienne…)

Or, ça c’est rapide et « simple » (pas de question de forme, de style…)

Je me lance donc. Ce ne sera probablement pas quotidien ni régulier mais dès que j’aurai envie d’écrire. (et ce ne sera probablement pas grandiose au niveau de la mise en forme et très fignolé…)

  1. Avec qui vous entendez-vous le mieux? Je crois que c’est avec ma soeur ainée, même si nous avons des profils scolaires et des manières de penser très différents. Nous avons un an et demi d’écart et nous avons souvons été dans la même chambre. Nous avons partagé beaucoup, nous avions/avons beaucoup d’amis communs (parce que je la suivais beaucoup, dans les soirées où je ne connaissais personne je liais connaissance avec ses amis !)
  2. À quoi passez-vous trop de temps ? à procrastiner, sur internet en particulier.
  3. Quelles blagues vous font rire ? Je suis très bon public, tout me fait rire, à part les blagues de sexe ou méprisantes.
  4. À quand remonte la dernière fois que vous avez fait quelque chose pour la première fois ? ça c’est une question que je trouve difficile. Je n’en sais absolument rien ! Cuire des poireaux à l’étuvée la semaine dernière ; acheter de la semoule bio en vrac le mois dernier … ça compte ?
  5. Pleurez-vous facilement devant les autres? Aloooors, ça dépend 😉 Disons que je vais rarement pleurer la première. Généralement quand je pleure devant les autres c’est qu’ils pleurent eux et ça me fait pleurer. Mais par contre effectivement je pleure facilement quand je vois quelqu’un -que je connais de près ou de loin- pleurer. Je pleure rarement devant un film que je vois en groupe alors que je pleurerais en le voyant seule, je pleure très facilement aux enterrements (même si je suis très peu attachée à la personne concernée. Je pense par exemple à l’enterrement de notre vieux voisin, je n’ai pas pleuré de tout l’enterrement, je le connaissais peu par contre je me suis mise à pleurer quand j’ai vu sa fille à la fin -alors que je la connais peu aussi- parce qu’elle pleurait comme une madeleine). Je peux aussi me mettre à pleurer nerveusement quand je suis très fatiguée, sous pression (et encore plus si j’ai mes règles… merci les hormones). Mais alors là c’est difficile et gênant parce que je pleure « pour un rien » et j’ai bien du mal à m’arrêter et à expliquer, les autres en face se contentent rarement du « c’est rien c’est la fatigue et le stress… » (surtout si, comme c’est mon cas, tu continues à pleurer en le disant….) (Oui, ça sent le vécu, hein 😉 )

Ce que j’ai fait en 2016… Ce que j’aimerais faire en 2017

Il n’est jamais trop tard… On n’a pas encore passé le tiers de l’année ! 😀

En 2016 j’ai…

  • fait un stage
  • validé ma licence
  • découvert Dublin. (j’en parlais ici, ici et, entre autres)
  • participé aux JMJ en Pologne
  • été à la piscine régulièrement
  • tourné une page dans ma vie (je l’ai écrit là, ça me fait tellement bizarre de lire ça maintenant… Parce que finalement, est-ce vraiment si différent ?)

En 2017 j’aimerais…

  • valider mon diplôme de master 1 (lentement, contre toute attente, ça en prend le chemin)
  • faire plus de recettes au cuit-vapeur et en particulier essayer des gâteaux !
  • continuer à aller à la piscine le plus régulièrement (parce que par rapport à l’année dernière, le temps manque…)
  • faire le tri dans mon armoire
  • me mettre à la méditation
  • aller voir ma sœur dans le sud-ouest
  • faire un autre stage (il faut vraiment que je m’occupe des lettres de motivation…)

Expression et pudeur

Aujourd’hui j’ai envie de parler de comment je parle… (C’est pas clair, je sais, attendez, je m’explique.) Comment je m’exprime à l’écrit, comment je m’exprime à l’oral, qu’est-ce que j’exprime à l’écrit, qu’est qu’est ce que j’exprime à l’oral, comment je choisis ce que je dis et ce que je tais et pourquoi. Au delà de l’opposition écrit-oral, il y aussi « dans ma vie quotidienne/sur le blog ».

Il y a des choses que j’exprime assez facilement (de plus en plus facilement en fait) ici, mais que j’aurais dû mal à aborder avec mes amis proches, même à l’écrit. Parce que le lieu et l’espace ne me semblent pas appropriés.

Parenthèse : C’est un peu comme la nudité : à la piscine je suis en maillot, ça ne pose (presque) pas problème (il y a des jours où la pudeur et les complexes reviennent comme des bouffées de caleur sans qu’on sache trop pourquoi, mais globalement c’est de plus en plus facile avec la pratique régulière…) Mais personne de sensé n’aurait l’idée de se balader en maillot dans la rue ! (En France, hors contexte touristique des villes côtières en été.) Tout simplement parce que la piscine est le lieu où il est normal d’être en maillot, pas la rue…

De la même manière que j’accepte très bien de me déshabiller devant un médecin dans son cabinet ou dans un hôpital, mais j’aurai plus de mal à me déshabiller devant des inconnus dans un autre contexte. (Même si la personne me dit qu’elle est médecin : ça ne passe pas si le contexte n’est pas médical -soit dans le lieu soit dans le temps [imaginons que nous sommmes dans un maison mais que j’ai un pépin de santé qui nécessite que je me déshabille là devant le médecin, ça passerait.]) Fin de la parenthèse.

Bref, pour en revenir au propos de départ, de manière générale et systématique je suis beaucoup plus à l’aise pour m’exprimer à l’écrit qu’à l’oral (et c’est loin d’être la première fois que je le clame ici !) Parce que c’est posé, parce qu’il n’y pas le regard de l’autre en face, parce que j’ai le temps de relire et de modifier ce que bon me semble, le temps d’organiser et de ré-organiser. Le temps de réfléchir aux mots parfaitement adéquats.

Mais même à l’écrit (par mail par exemple) il y a des choses dont je ne parle pas : mes sentiments et mes émotions (mes émois divers et variés) typiquement. Je me sens toujours niaise ou pleurnicharde (c’est selon) quand je partage ce genre de choses.

Vous lecteurs de mon blog, vous êtes donc des grands privilégiés. Tout simplement grâce à l’anonymat que permet Internet. Je suis une personne en chair et en os, les personnes qui me lisent et me répondent sont en chair et en os, mais nous ne nous voyions pas : pas de regard, de jugement, ni aujourd’hui où n’écrit ce message ni demain, ni après-demain. Parce que nous ne nous verrons jamais. Et même lorsque vous écrivez un commentaire, éventuellement une critique / remise en question, c’est beaucoup plus facile à digérer grâce à une sorte de distanciation. Car vous ne voyez de moi que des morceaux choisis, et pas 24h/24h 7j/7, ni même 3 jours par semaine pendant 3 heures.(Même avec une très bonne façade on ne maitrise tout ce que l’on montre aux autres, parce que parfois ça déborde sans qu’on le veuille ou même simplement parce qu’on est pas conscient de tout !)

hqdefaultEt pourtant, même ici, « il y a des mots que je ne dirais pas » parce que quand même c’est public. Et parce que pour l’écrire et le publier (-> public !) il faut tout de même l’assumer un minimum. Que la honte laisse une petite place à l’acceptation. Ou que l’intimité laisse une petite place à la distanciation. Parfois c’est trop honteux (de mon point de vue), parfois c’est trop intime.

 

Il y a aussi des choses que je ne publie pas ici mais dont je parle à mes proches en chair et en os car cela ne concerne pas que moi, pas que ma vie, mon histoire et mon intimité.

D’ailleurs, réflexion faite, il y a des choses dont je parle à l’oral mais pas à l’écrit, à cause du temps de réflexion de l’écrit mais aussi encore à cause de cette idée de temps et d’espace approprié. Il y a des sujets lourds et sensibles que l’on évoque pas dans un mail, comme ça, entre les autres nouvelles, mais dont on peut parler au détour d’une conversation entre amis, parce que le sujet arrive sur la table et que spontanément ça sort.Ça dépend du moment, du besoin d’en parler, des amis. (Je pense aux sujets que typiquement je n’évoquerais jamais ici, mais aussi à mon handicap par exemple…)

Le handicap fait partie de ces sujets étrange : à l’écrit il apparait beaucoup sur ce blog, c’est LE lieu et espace approprié pour en parler (en plus, ça permet de sensibiliser en même temps, ça rajoute une motivation au simple effet thérapeutique.) Mais il n’apparait pas dans mes messages écrits- car cela tomberait comme un cheveu sur la soupe– à moins qu’une question ne soit posée….

À l’oral, j’en parle –maladroitement– quand on me pose une (ou plusieurs) question(s) directe(s). Ou alors j’en parle en pointillés dans ma vie quotidienne avec mes amis. Quand le moment s’y prête. Mais la plupart des choses que ces-derniers savent de mon handicap c’est ce qu’ils ont observé en me côtoyant. Ils le savent donc plus ou moins intuitivement et précisément. Ils savent : que je préfère éviter autant que possible les escaliers mais que je peux (suffisamment pour les prendre souvent malgré tout.) ; que je ne cours que rarement et avec une motivation à la clé ; que j’ai un équilibre farceur ; qu’il faut m’aider à m’arrêter dans les situations soudaines ; que je marche plus lentement ; que parfois je tombe sur les fesses sans prévenir ; que j’ai l’œil qui part parfois en promenade sans me demander mon avis ; que je ne suis pas faite pour les nuits blanches. (J’ai testé : les nuits blanches je ne connais pas, moins de 5h ça ne fonctionne pas, je me rendors après avoir éteint mon réveil. Moins de 6h je pique du nez dans la journée.) ; que je porte des attelles pour tous les grands trajets ; que j’ai une séance de kiné une fois par semaine ; que je suis sujette aux maux de dos ; que j’ai un sens de l’orientation ridicule ; que je suis assez maladroite. D’ailleurs tous ces symptômes ils les connaissent mais ils ne pensent pas forcément que c’est dû un handicap global. Probablement qu’ils ne voient pas tous, tous ces symptômes comme des éléments de mon handicap, mais simplement comme des caractéristiques de ma personnalité. Et même si parfois cette vision des choses me complique un peu la vie, c’est très bien comme ça. C’est très bien que chaque ami découvre à son rythme au fur et à mesure de l’avancement de la relation. C’est très bien qu’ils voient mon handicap de manière parcellaire et dispersée et non pas comme un gros bloc qui fait peur. C’est très bien, que certains de ces symptômes soient fondus dans ma personnalité (la maladresse, les soucis d’orientation…)

Bon, par contre c’est nul, je n’avais pas prévu que le handicap prenne autant de place dans cet article, et comme je finis dessus, forcément vous n’allez retenir que ça ! Mais non, mais non ! (vision inclusive et dispersée du handicap on a dit !) Je cherche un autre paragraphe à ajouter ou à changer de place… Mais c’est pas possible, rien d’autre à dire et tout est à sa place… Bon. Alea jacta est.