Tricoter

Tricoter, c’est l’envie que j’ai eu l’année dernière en voyant faire mes sœurs et ma ma mère. En fait j’avais bien plus envie de coudre sauf que je n’ai pas la place chez moi pour une machine, et coudre à la main…. Voilà. Donc bon, finalement tricoter semblait plus accessible dans l’immédiat. C’est ainsi que  moi – avec ma dyspraxie et ma mauvaise motricité fine – j’ai dit :

Apprends-moi à tricoter ! [le point mousse parce que apparemment c’est le plus facile.]

Parce que tricoter c’est chouette : tu fais des écharpes gants, des mitaines, des bonnets, des vêtements de bébé… C’est tout doux, c’est coloré, et toussa.

Quelle idée j’ai eue !

Il parait que le tricot ça détend, moi j’ai l’exacte impression contraire. En tricotant je ne fais que me crisper d’avantage : je comprends rien à ce que je vois, j’oublie une étape une fois sur deux, les aiguilles glissent et j’en passe. En tout cas, ça marche jamais j’appelle ma mère à la rescousse à chaque rang, en gros elle en fait plus que moi. Bref, le summum de ce qui m’énerve : ça a l’air simple et en fait ça ne l’ai pas : en deux jours mes sœurs s’en sortent plutôt bien et moi, deux semaines après, je galère encore à fond.

Au bout de deux semaines, je laisse donc mon misérable carré dans mon armoire sudiste. (Dans l’idée initiale, je pensais que je pourrais repartir avec mon ébauche à Paris parce que j’aurais suffisament de bases pour continuer seule… Ahah, no comment.)

Deux mois plus tard, je reviens, j’ouvre mon placard, je le vois et je me dis « allez, je retente, si ça se trouve je n’étais pas dans les bonnes dispositions/ j’ai exagéré les difficultés dans mes souvenirs / avec la tête fraiche j’aurais plus de patience….  » C’est beau l’optimiste (ou la naïveté, je ne sais plus trop) ! Je suis détrompée dès le premier rang évidemment. Pourtant je m’accroche aux encouragements de mes sœurs « mais si, c’est normal, moi aussi au début c’était tout moche », de ma mère « mais si, tu vas y arriver, encore un peu de patience, c’est en forgeant qu’on devient forgeron ».

Bref, Noël de l’année 2016, j’emporte même mon petit tricot pour continuer pendant les fêtes. Toujours en galérant et me crispant et appelant ma mère au secours, j’avance. Même que j’avance un (petit) peu mieux : je commence à comprendre ce que je vois, je commence à oublier moins d’étapes, j’appelle ma mère seulement un rang sur deux ou trois. Et même mon père s’y mets « oh mais tu as déjà fait tout ça ? C’est super ! » Bref, je suis contente, enfin j’y arrive un peu mieux… Je commence même à comprendre pourquoi il parait que ça calme : on ne peut penser qu’à ça et c’est routinier. (Sauf que de l’autre côté ça me crispe, donc c’est pas gagné ^^)

Puis un jour je m’aperçois que ma mère et moi nous sommes mal comprises : je voulais faire des petits carrés pour une couverture sauf que je n’ai pas mesuré et que évidemment j’ai dépassé les mesures du carré, j’ai dit « pas grave je fais un double carré » et là elle me dit « mais non, ça n’ira pas, défait un tiers de ton tricot, pour faire un vrai carré. » Ah ben non ! Ça m’énerve, ça me bloque, je stoppe tout net. Je laisse mon misérable tricot au placard, même l’été suivant je n’y touche pas.

Et là, pouf (magie de ) Noël, je m’y remets. Pourquoi ? Je ne sais pas. Ou peut-être … Un goût du défi, évidemment. Une envie de terminer ce qui a été commencé. Une envie de me prouver que je peux le faire. Une envie de ne pas rester sur un goût amer.

Bref, on tombe d’accord : pas de problème je ne défais rien, ce rectangle est un parfait double carré, j’en fait un deuxième et on  les accrochera ensemble : ça fera un vrai carré. Et après (après c’est dans mille ans à mon allure actuelle) je ferai de vrais carrés.

Figurez-vous, qu’à ma grande surprise, j’y arrive pas si mal, j’ai déjà fait une dizaine de rang de quatorze mailles sur ce deuxième tricot et c’est plutôt joli, je n’appelle plus ma mère à tous les rangs (3 fois seulement au total), je n’oublie pas d’étapes. Bref, franchement je suis fière de moi.

Qu’est-ce qui a changé ? D’abord la patience a payé, à force de recommencer et de répéter et répéter, ça marche. Juste ça met dix fois plus de temps que pour une personne normale. Ensuite, je me mets moins la pression : mes sœurs ne tricotent plus en ce moment donc je ne compare pas. Ensuite il y a un petit miracle (parce que bon, s’y remettre aussi facilement, c’est un miracle.) Enfin, j’ai revu mes ambitions à la baisse (ça enlève encore de la pression et de la frustration) : je faits du point mousse ok, mais bon soyons lucides, je suis lente et je le resterai, c’est encore loin d’être parfait, et ce serait étonnant que j’arrive à faire un truc plus complexe : je risquerais de m’emmêler les pinceaux entre les différents points, le comptage des rangs c’est pas pour moi et je ne suis pas sûre d’être assez patiente pour recommencer la même galère. En plus, je tricote de manière tellement peu académique dans la manière de tenir les aiguilles, passer le fil et comprendre ce qui se passe que je ne pourrais « jamais » (je sais il ne faut jamais dire jamais) comprendre les instructions d’un modèle.

Donc bon. Je relève mon défi, je fais ma petite couverture de carrés, je m’enverrai des fleurs « oh, je sais tricoter une couverture en point-mousse ». Parce qu’en fait, plus j’y pense plus je sens que c’est pour ça que je le fais : pour le sentiment de  « han, je suis trop forte ! » que je ressens quand j’y arrive. Condition sine qua none : que personne ne tricote à côté, que personne ne critique ma manière de tricoter (jamais je ne tricoterais devant une personne extérieure à ma petite famille) et que je ne sois pas pressée… ni stressée d’ailleurs.

Le temps que je l’ai finie, j’aurais la place pour accueillir une machine en cadeau. La couture je sais que je sais reporter un patron simple, découper, coudre une ligne à peu près droite. Peut-être que je devrais aussi revoir mes ambitions à la baisse, que ce que ma mère considère comme simple (en vêtements) ne l’ai pas tant (sûrement même.) Mais déjà, les bases sont moins difficiles, je peux coudre des housses de coussins, des sacs, des nappes… Bref, avec la couture, je pourrais satisfaire mon envie de créativité.

Voilà, il n’y a pas trop de conclusion à cet article ou peut-être : en étant dyspraxique on peut presque tricoter… Et sinon, j’ai une question : toi aussi tu te lances ce genre de défis idiots ? (ça fait presque thématique nouvelle année -sujet sur lequel je n’ai pas trop changé d’avis- je suis trop forte)

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Une vision plus large de la dyspraxie

via Les DYS ,Dr POUHET — Pollinis’acteurs de savoirs

J’ai déjà beaucoup parlé de dyspraxie ici mais ça fait un bout de temps. Je n’en parle plus tout simplement parce que je n’ai plus grand chose à en dire pour le moment. J’ai un peu l’impression d’avoir fait le tour de la question pour ma situation. Toutefois, j’ai regardé cette vidéo avec un grand intérêt. Elle m’a offert un angle différent de toutes celles que j’avais pu voir jusqu’à présent et donc elle justifie un nouvel article sur le sujet ! 🙂

Cet intervenant ne parle pas que de la dyspraxie mais des troubles dys en général. Mais pour une fois je ne me suis pas sentie oubliée ou mise à l’écart. Il est vraiment englobant et ne privilégie pas une forme de trouble dys en dépit d’une autre. C’est une vision-explication globale prenant appui sur différents exemples concrets des divers troubles dys. La dyspraxie visuo-spatiale est évoquée à plusieurs reprises.

J’ai aussi apprécié cette vidéo parce que l’intervenant y ouvre une réelle réflexion sur la prise en charge / l’aide à proposer aux élèves dys ; parce qu’il donne des comparaisons imagées très parlantes ; parce qu’il réussit à teinter son discours de petites touches d’humour tout en étant très sérieux (et incisif.) Ainsi il montre bien que ce sont de véritables handicap à prendre au sérieux mais sans tomber dans le drama.

Pour la première fois aussi j’ai trouvé dans cette vidéo la confirmation de ce que je ressentais depuis longtemps : en étant uniquement dyspraxique visuo-spatiale, je me retrouve parfois dans les autres troubles dys, c’est « normal » ! (vers 59.28 minutes)

Une enfant qui a une dyspraxie visuo-spatiale, il a une disgraphie dyspraxique, il a une  discalculie spatiale, il a une dyslexie visuelle, il a une dysorthographie lexicale…

Il n’est pas multidys : il est dyspraxique. Et il a des conséquences dans les apprentissages qui sont liés à sa dyspraxie.

Un multidys c’est une personne qui a [par exemple] une dyspraxie (un trouble du geste)  et une dysphasie (un trouble du langage)

En fait en médecine on pourrait dire [pour définir un enfant multidys] « l’ensemble des signes présentés par l’enfant ne peut pas être expliqué par un trouble. » Donc il y en a forcément 2.

En clair, je n’ai qu’une dyspraxie visuo-spatiale donc un trouble du geste des yeux mais cela cause plusieurs dysfonctionnements que l’on retrouve dans d’autres dys : une dysgraphie, une dyscalculie (parce que quand on s’emmêle dans l’alignement des colonnes ou qu’on compte deux fois le même élément et qu’on en rate quatre…. Le résultat n’est pas bon et l’automatisation de cet apprentissage est donc difficile. (Euphémisme)

Dyslexie visuelle et dysorthographie lexicale, j’ai cherché, le sens est peu clair mais en gros l’idée c’est que ça complique l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe. (Moi je me retrouve dans la dyslexie surtout par le fait d’échanger parfois des lettres -à la lecture ou, surtout, à l’écriture- ou de devoir me concentrer pour une succession de syllabes dans un mot. (« luminosité », « administration », « parallèle ») j’ai mis / je mets aussi très longtemps à savoir quand mettre ou pas des doubles consonnes. (parallèle est l’exemple parfait.)

Dernière remarque : dans les conseils inclusifs, il parle des maths pour lesquels les phrases compliquées peuvent être un vrai frein. C’est vrai pour certains dys effectivement. Mais de l’autre côté, moi dyspraxique, je n’ai jamais été meilleure en maths que l’année où l’on devait apprendre par cœur les règles. (Du genre : Si le segment AB est parallèle au segment CD et le segment CD est parallèle au segment EF alors les segments AB et EF sont parallèles.) (Attention, cette règle est inventée -vraie mais inventée- il n’y a que le Si et le Alors qui sont authentiques.) Pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’on avait donc des contrôles de par cœur où il fallait simplement connaitre ses règles. Là je cartonnais et ça me permettait de rattraper des notes plus médiocres de contrôles de géométrie. Mais aussi parce que l’apprentissage de ces règles m’ont permis de comprendre un peu mieux la structure / la logique mathématique qui jusque là était restée pour moi très abstraite et donc obscure. Les règles me permettaient de poser du verbal (que je maitrisais fort bien) sur du visuel (que je maitrisais beaucoup moins bien.) Et en connaissant la règle par cœur, je pouvais reproduire le processus de « traduction » plus facilement dès que j’en avais besoin.

D’ailleurs, je remercie énormément ce prof parce que si j’ai eu la moyenne au bac, c’est uniquement grâce à ce langage logique qui a remplit ma copie. (Je n’ai pu fournir aucun résultat chiffré car je n’avais pas le résultat du premier exercice servant de base au deuxième. En revanche j’ai noté tout le raisonnement que j’aurais suivi (possiblement faux aussi… L’examinateur a été très gentil et il a certainement compté beaucoup plus la belle écriture, l’aération de la copie et les efforts de raisonnements que la validité des résultats…)

Bref, tout ça pour dire : la démarche d’offrir une vision globale des troubles dys en insistant sur ce qu’ils ont en commun c’est très intéressant. Il ne faut pas oublier ensuite d’adapter à chaque enfant (comme il le dit très bien aussi.) Et il ne faut pas non plus adopter exclusivement une méthode en dépit d’une autre, le mieux c’est la complémentarité (support écrit et consigne orale par exemple.)

 

Dahl de lentilles

Ingrédients :

  • une mesure (c’est-à-dire un verre standard) de lentilles roses (aussi appelées lentilles corail.) (je pense que ça fonctionne aussi très bien avec des lentilles blondes.)
  • 2 volumes d’eau (2 volumes = 2 mesures donc 2 verres)
  • 1 ou 2 tomates ou plus suivant votre goût
  • un petit ou moyen oignon
  • 1 ou 2 gousses d’ail
  • 1 bout de gingembre cru (peut-être remplacé par du moulu, évidemment, mais le cru c’est tellement très bon…)
  • épices au petit bonheur (perso j’ai mis paprika, curry, cumin c’était très bien.)
  • une lichette d’huile d’olive

Ustensiles :

  • une casserole ou un fait-tout
  • une planche à découper et un couteau
  • un verre standard ou un verre mesureur
  • un chinois (passoire avec un maillage très fin)
  • un couvercle
  • une assiette parce que c’est toujours pratique pour poser les ingrédients prédécoupés en attente.
  • (et toujours une poubelle à portée de main pour les diverses épluchures)

Marche à suivre :

  1. Faites revenir l’oignon haché à l’huile d’olive pendant 5 minutes.
  2. Ajoutez l’ail haché et les épices et laissez mijoter le tout.
  3. Rincez les lentilles à l’eau froide et égouttez-les.  (L’astuce c’est de les mettre dans un chinois pour les rincer, ça rince et égoutte en même temps.)
  4. Ajoutez les lentilles aux oignons.
  5. Ajoutez l’eau  (environ deux volumes d’eau pour un volume de lentille)
  6. Portez à ébullition et ajoutez la tomate en cubes.
    C’est à ce moment-là que j’ai ajouté le gingembre, je ne sais pas si c’est très académique mais en tout cas c’est bon.
  7. Laissez cuire une vingtaine de minutes à couvert.

Remarque : c’est ajustable à l’infini. On peut changer la légumineuse de départ (mais c’est plus facile si la légumineuse cuit vite…), on peut changer les épices et autres condiments, on peut mettre du bouillon de légumes dans l’eau des lentilles (surtout si pas d’épices sinon je ne suis pas convaincue de l’intérêt), on peut mettre un peu de lait de coco ou autre lait végétal en substitution d’une partie du volume d’eau.

Remarque 2 : le volume d’eau est indicatif mais il ne faut pas hésiter à en rajouter si vous trouvez ça trop sec au final / si vous voulez que ça cuise un peu plus…

Astuce pour personnes dyspraxiques :

Les recettes de cuisine c’est un peu l’enfer pour un dyspraxique. Pour moi ça l’est un peu en tout cas.) Il suffit que je quitte la recette des yeux deux minutes au lieu d’une et hop, j’ai déjà oublié un truc. C’est pour ça que ma cuisine est très peu académique, très peu présentable et souvent sous forme de gros ragoûts. (Il y a pourtant quelques recettes que je suis au pied de la lettre (la mousse au chocolat en particulier), ce sont des recettes fétiches faites maintes et maintes fois.)

Toutefois si vous vous lancez pour la première fois dans une recette complexe, mes conseils : prévoyez du temps. Dégagez votre plan de travail. Sortez tous les ingrédients indiqués dans les ingrédients. Prévoyez tous les récipients, couverts, couvercles. Ensuite sachez que si vous avez oublié des épices vous pouvez toujours les ajouter plus tard. Une épice s’ajoute à peu près n’importe quand, tant que le plat est chaud, humide et peut se touiller.

Cette recette est complexe parce qu’elle a beaucoup d’ingrédients et d’étapes, cependant elle est facilitée par le fait qu’il y a un seul contenant dans lequel tout se rajoute au fur et à mesure et que toutes les étapes sont chronologiquement exécutées. (Pendant que l’oignon cuit on épluche l’ail, pendant que l’ail cuit on rince les lentilles, pendant que l’eau chauffe on coupe les tomates et épluche le gingembre. Dernier ajout (tomates et gingembre donc) et ça cuit. En ayant de la place et les ingrédients sortis ça se passe bien 🙂

(Pour l’accompagnement j’ai fait du riz au cuit-vapeur à côté, ça met 30 minutes, se gère tout seul et se garde au chaud.)

(Je glisse ça là comme ça pour la énième fois : un cuit-vapeur c’est le rêve…)

Bon appétit !

 

 

Les transports en commun à Lyon

Je sais que j’ai déjà beaucoup parlé de la dyspraxie et des problèmes qu’elle entraine pour les déplacements dans les transports, l’orientation, et les repérages. Mais j’ai eu récemment une expériences qui m’a donné envie d’en reparler.

J’étais seule et à pied pour une journée à Lyon. A cette occasion j’ai pu comparer deux systèmes de transports en commun. Chacun à ses avantages et ses inconvénients… Ils pourraient s’apporter mutuellement !

Plantons le décor :

J’avais un RDV à ViIlleurbanne, à proximité du Parc de la Tête d’Or, j’ai donc très vite décidé que je mangerais là-bas avant mon RDV (j’arrivais à Lyon vers 12h et mon RDV était en début d’après-midi.) J’ai repéré avant de partir les trajets gare – lieu de RDV et tous les transports passant à proximité de ce lieu (pour pouvoir faire ce que je voulais ensuite.)

NB : Cette idée d’indiquer sur le site des transports en commun tous les arrêts à proximité d’une adresse est pas mal, même si ça ne m’a finalement pas servi… Au quotidien, à Paris, j’aimerais bien !

J’avais décidé de ne pas me prendre la tête pour la suite, je déciderais ce que je faisais sur place en fonction du temps restant, de l’inspiration, avec un plan papier entre les mains (et un ticket illimité pour la journée). Parce que je ne comprenais rien à leur plan interactif et que de toute façon celui-ci ne montre pas les monuments ou « trucs à voir ».

J’ai beaucoup aimé cette journée, et je me suis bien baladée (dans le Vieux Lyon et sur les berges surtout mais pas que…).

J’ai beaucoup entendu de Lyon que c’est une ville très accessible aux personnes en fauteuil roulant (un ami lourdement handicapé qui y habite est entièrement autonome avec son fauteuil électrique et j’ai entendu d’autres échos dans ce sens.) Ce que j’en ai vu confirme cette idée (j’ai vu 3 personnes en fauteuil sur une même ligne, un même jour !) mais je ne peux pas en parler dans les détails (je n’étais en fauteuil, et se baser sur un aperçu d’un jour est assez réducteur…)

Par contre je peux parler de l’accessibilité pour les dyspraxiques : il y a des bons points mais le bilan est assez négatif.

Les bons points :

  • Aux arrêts de tram, des flèches indiquent la direction de monuments ou bâtiments importants (l’hôtel de ville par exemple.)
  • Dans les trams et métros les annonces sont visuelles et sonores : pour moi, c’est parfait, c’est complémentaire et rassurant. (Dans les trams c’est plus facilement lisible puisque ce sont des écrans défilants alors que dans les métros il y a seulement le plan de la ligne donc écrit assez petit. C’est compensé par l’annonce sonore et le fait qu’on puisse facilement voir le nom de chaque station à l’extérieur.)
    NB : la complémentarité du sonore et du visuel est pour moi assez importante. En effet, étant dyspraxique, j’ai d’autant plus de mal à lire des mots en étant en mouvement, encore plus s’ils sont petits ou placés en biais. Le sonore donne donc rapidement et sans efforts une info fiable. Cependant le sonore ne donne qu’une info au goutte-à-goutte. Le visuel complète donc en me permettant d’avoir une vision globale du trajet et d’anticiper (il y a tant d’arrêts, ça vaut la peine de m’asseoir ou pas, après tel arrêt je me prépare à sortir…)

Continuons dans les points positifs :

  • Les métros sont très simples, ce n’est pas du tout labyrinthique comme à Paris ! (en même temps il y a aussi moins de lignes ceci explique peut-être cela…)
  • Les annonces sonores (métro et tram ; bus je ne sais pas) annoncent bien les correspondances,
  • Les gares sont centrales dans les indications (direction X par Part-Dieu ou direction Part-Dieu et X) C’est assez pratique pour se repérer, que l’on aille à la gare ou pas.

Les mauvais points :

  • Sur le plan (que ce soit le plan interactif du net ou le plan papier), les lignes de métro sont bien repérables (grosse épaisseur du trait et une couleur pour chaque) en revanche pour les trams c’est un peu la galère : ils sont tous en violet, simplement distingués par le chiffre inscrit de temps à autre. Or parfois (tram 1 et tram 4 par exemple) les chemins sont identiques pendant un bout puis se séparent ensuite. Pour bien voir et comprendre ça, avoir deux couleurs distinctes serait beaucoup plus pratique…

Et alors les bus…. (c’est toujours les oubliés du système… Je trouve ça très triste surtout quand le réseau est très développé comme à Lyon ou Paris)

  • Les panneaux à chaque arrêt sont très difficiles à comprendre : la ligne n’est pas indiquée par une ligne droite mais par un schéma qui fait une sorte de boucle… Pour moi, comprendre que cette boucle est une seule et même ligne, dans le même sens, n’est pas du tout intuitif et ça aggrave le problème suivant.
  • A chaque fois que j’ai voulu prendre un bus j’ai eu du mal à comprendre la direction de celui-ci : elle n’est pas indiqué en gros mais en tout petit. En gros il y a les deux temrinus mais avec des flèches dans les deux sens… Bonjour la confusion…
  • Pareil pour retrouver l’arrêt où on se trouve sur la ligne, c’est indiqué par une toute petite flèche (alors qu’ils serait beaucoup plus pratique / lisible qu’il soit surligné en couleur (comme c’est fait à Paris).
  • Aux arrêts de bus il manquait un plan de quartier (c’est pratique pour retrouver les autres arrêts, les autres lignes à proximité, la station de métro la plus proche…)

Bref, j’avais espéré privilégier le tram et le bus dans mes déplacements pour profiter de la ville mais finalement j’ai beaucoup pris le métro. Un peu le tram. Et très peu de bus : pour aller à mon RDV (parce que repéré sur le site en amont), puis le soir (un arrêt indiqué par un passant pour me rapprocher du métro pour aller à la gare.)
(En fait, j’aurai carrément pu aller jusqu’à la gare avec si je l’avais trouvé plus tôt mais là j’avais peur de manquer de temps.)

Je continue les points négatifs…

  • Certaines indications écrites ne vont pas jusqu’au bout. Par exemple, dans le métro pour aller à la gare, la direction de celle-ci est indiquée en gros à la sortie du de la rame mais elle se réduit à un petit logo une fois arrivé en haut de l’escalier (quand on doit choisir entre la sortie gauche et la sortie droite du tunnel)
  • En passant : Je ne sais pas comment ils ont choisi l’abréviation des lignes mais c’est pas intuitif… M pour le métro, ok. B pour le bus,  et T pour le tramway ok aussi. Mais alors C, c’est quoi ? J’ai appris en arrivant sur place que ça désigne les « lignes de bus principales » c’est à dire les lignes de bus hybride en fait (ça roule sur des roues mais est relié au circuit électrique comme des trams..) Quand j’ai fait mes repérages la veille rien ne me permettait de comprendre ce qu’était le C. Ce que je trouvais étrange puisqu’il y avait beaucoup plus de C que de B. (Mais bon, ça c’est anecdotique…)

En bref, en temps que dyspraxique je bénéficie du travail fait pour les personnes sourdes et les personnes aveugles. Mais ça manque cruellement d’un gros travail sur la signalétique, les codes couleurs et les aides à l’orientation.

Notons qu’à Paris les travers sont inverses : la signalétiques est bonne, le code couleur et chiffre-lettres est très travaillé, il y a des plans à peu près partout, les fiches de ligne sont assez claires (avec indication distincte de la direction et de l’arrêt) MAIS il y a un gros problème sur les annonces.
Dans les bus, en théorie il y a une annonce visuelle (bandeau déroulant) et sonore dans la plupart. Sauf que souvent ça ne fonctionne pas (ou alors seulement un des deux.) J’ai aussi l’impression que les « planches de ligne » (des panneaux papier fixes qui indiquent tous les arrêts d’une ligne) sont en voie disparition dans les bus, c’est bien dommage, ça permet de pallier plus ou moins à la technologie défectueuse…
Dans la plupart des métros il n’y a que l’annonce sonore (sauf dans les plus récents) et encore elle ne fonctionne pas toujours (mais ce n’est pas le plus gênant puisqu’il y a bien des planches de ligne partout et qu’on aperçoit facilement le nom des stations à l’extérieur).
Dans les RER (A, B et C) c’est une catastrophe : les plans de ligne ne sont qu’aux extrémités de chaque wagon, les  annonces sonores sont souvent inexistantes (dans le RER C il y a un bandeau défilant pour le prochain arrêt mais souvent il ne fonctionne pas ou est décalé.)

Voilà mon bilan sur les transports en commun pour les dyspraxiques (ou autres personnes ayant des difficultés d’orientation…) à Lyon. J’espère avoir réussi à le rendre clair et qu’il pourra être utile…

 

La dyspraxie visuo-spatiale si bien expliquée

On dit régulièrement des femmes qu’elles se perdent facilement. Nous sommes nombreux finalement à ne pas avoir un bon sens de l’orientation, parfois parce que nous n’avons pas prêté attention aux repères autour de nous, parfois parce que, effectivement, notre sens de l’orientation laisse à désirer. Cependant, cela ne signifie pas que nous souffrons tous […]

via Dyspraxie visuo-spatiale — Au bonheur d’apprendre

J’ai vraiment vraiment pas le temps d’écrire en ce moment (tellement pas le temps que je n’ai même pas d’idées qui me trottent en tête, c’est dire…

Pourtant je suis OBLIGEE de revenir vers ici pour partager cet article parce que C’EST TELLEMENT CA !!!

Je nuancerai seulement les points suivants (ce qui signifie que j’adhère TOTALEMENT à tout le reste…

Coller une gommette dans les chaussures afin de savoir si elle va à gauche ou à droite.
là ce n’est pas une nuance mais une précision : il faut coller une gomette que d’un seul côté, parce que le truc des pataugas avec un point d’interrogation et un point d’exclamation rouge / vert… ça ne m’a jamais aidé, c’est interchangeable. Alors que effectivement si on décide que la montre est à la main droite… C’est la main droite ! (Moi j’avais un bracelet brésilien (je l’avais comme pacte d’amitié, pas pour repérer ma gauche de ma droite mais ça a quand même parfaitement rempli cet office  : le truc parfait je ne l’enlevais jamais pas même sous la douche ou pour dormir.)

Proposer un jeu appelé « Au Nord, Au Sud : j’ai pas bien compris l’intéret du jeu… (si quelqu’un comprend je prends l’explication 😉 )

Utiliser un GPS pour éviter de se perdre : j’ai trop dû entendre mon père pester contre les GPS, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Si je suis le GPS, je ferai encore moins attention, alors si d’un coup le GPS est perdu, je le serais deux fois plus… Mais il est vrai que pouvoir se passer de lire les panneaux… C’est tentant…

Proposer des cahiers avec des lignes larges : je suis en même temps d’accord et pas d’accord. Pour l’enfant dans les premiers temps oui +++ Mais pour la suite, j’ai remarqué que moi je suis plus perturbée / je trouve ça plus difficile à relire, quand je n’ai pas suivi la ligne des feuilles américaines (lignes simples) que quand je n’ai pas suivi les lignes des feuilles à carreaux. (ou que j’ai écrit de travers sur une feuille blanche.) Ne me demandez pas pourquoi, j’en ai aucune idée. Enfin si c’est un peux comme si deux lignes claires s’interrompaient sans cesse  (ligne droite de la feuille et ligne courbe puisque montante et descendante, de l’écriture) sur la feuille américaine. Alors que sur la feuille à carreaux, quand je relis, les petites lignes sont un fond, pas au même niveau de lecture que l’écriture…Je ne suis pas sûre de m’être très bien expliquée… Les feuilles américaines : il y a deux signaux que je vois sur un pied d’égalité et donc qui se parasitent alors que sur les feuilles à grands carreaux le quadrillage s’efface au profit de l’écriture que celle-ci suive les lignes ou pas… (par contre on oublie les petits carreaux, définitivement, c’est une catastrophe.)
Pour conclure les feuilles américaines c’est très bien quand j’ai le temps de m’appliquer piurs suivre les lignes… Pour la prise de note c’est non. (Mais pour les courriers officiels c’est très bien, ça me permet d’écrire droit…)

Manipuler au maximum, en particulier en mathématiques : là ce n’est pas du tout une réserve mais juste que je ne l’ai – je crois – jamais expérimenté. Mais effectivement ça me parait une bonne idée. Et verbaliser +++ (et mettre de la couleur) en maths aussi, c’est méga important.

Lorsque c’est possible, éviter les balles et ballons qui « disparaissent », privilégier les balles et ballons colorés. Oui, oui, oui, et oui. (Même colorés ils disparaissent parfois du champ de vision sans que l’on ne comprenne… Alors si en plus ils sont petits / peu visibles…)

Proposer une place dans les buts : je ne sais pas (jamais expérimenté) peut-être… Mais alors il faut insister pour valoriser les victoires et minimiser les échecs. Parce que moi j’aurai très mal vécu de faire marquer un but à mon équipe en loupant le ballon parce que distance mal évaluée… (mais l’idée de minimiser les points d’attention et laisser à un point fixe n’est pas mauvaise, c’est vrai.)

Les couleurs associées au livres de cours et aux matières dans l’agenda… je le fait toujours… (et j’aime bien choisir des couleurs qui collent bien avec l’idée que je me fais de la matière : par exemple du marron pour l’Histoire (parce que le bois des bibliothèques) (Mais c’est parfois lointain par exemple violet est resté pour l’espagnol et bleu pour le français simplement parce que j’aime beaucoup ces couleurs et ces matières…)

Et j’ai utilisé jusqu’à mon bac toujours le même code couleur dans la hiérarchie des titres -quel que soit le cours. Rouge puis vert puis noir. Ou rouge puis vert puis violet / bleu turquoise.Toujours une couleur plus « pétante » pour le grand titre, pour aller vers du plus discret (tout est relatif) ensuite.

Pour être plus précis, le code couleur (et la manière de souligner / mettre en page) est resté le même pendant tout le collège au lycée, ça changeait d’une année sur l’autre parce que des « exigences / besoins  » se rajoutaient. J’ai augmenté la gamme des stylos de couleur. Ainsi je pouvais écrire une traduction en bleu turquoise, les mots-clés de philo ou de vocabulaire en rose, faire des renvois en marron.
Mais les grands titres restaient rouge puis vert puis noir… Ou rose puis violet puis bleu turquoise dans certaines matières. (La littérature et l’espagnol pour ne pas les nommer. Les titres dans ces matières avaient moins d’importance, c’était surtout pour repérer des grandes idées, beaucoup moins pour donner une hiérarchie, je pouvais donc me permettre des fantaisies…)

Je pensais pas que j’écrirais autant…

J’ai un peu du mal à comprendre comment je vais passer au travers des dix jours qui arrivent… Mais bon… De toute façon, quoi que je fasse, ça passera (c’est bien finalement, le temps… Que ce soit réussi ou pas, ça passe…. et ça se retrouve forcément derrière nous à un moment ou à un autre… (Soyons positifs.)

(D’ailleurs, message perso pour V. : Je ne t’oublie pas, d’ailleurs ce serait difficile avec ce que je viens de poster… Carrément avec des conseils pour le code… Mais il est très probable que la réponse à ton mail va attendre jusqu’à début mai…)