Dahl de lentilles

Ingrédients :

  • une mesure (c’est-à-dire un verre standard) de lentilles roses (aussi appelées lentilles corail.) (je pense que ça fonctionne aussi très bien avec des lentilles blondes.)
  • 2 volumes d’eau (2 volumes = 2 mesures donc 2 verres)
  • 1 ou 2 tomates ou plus suivant votre goût
  • un petit ou moyen oignon
  • 1 ou 2 gousses d’ail
  • 1 bout de gingembre cru (peut-être remplacé par du moulu, évidemment, mais le cru c’est tellement très bon…)
  • épices au petit bonheur (perso j’ai mis paprika, curry, cumin c’était très bien.)
  • une lichette d’huile d’olive

Ustensiles :

  • une casserole ou un fait-tout
  • une planche à découper et un couteau
  • un verre standard ou un verre mesureur
  • un chinois (passoire avec un maillage très fin)
  • un couvercle
  • une assiette parce que c’est toujours pratique pour poser les ingrédients prédécoupés en attente.
  • (et toujours une poubelle à portée de main pour les diverses épluchures)

Marche à suivre :

  1. Faites revenir l’oignon haché à l’huile d’olive pendant 5 minutes.
  2. Ajoutez l’ail haché et les épices et laissez mijoter le tout.
  3. Rincez les lentilles à l’eau froide et égouttez-les.  (L’astuce c’est de les mettre dans un chinois pour les rincer, ça rince et égoutte en même temps.)
  4. Ajoutez les lentilles aux oignons.
  5. Ajoutez l’eau  (environ deux volumes d’eau pour un volume de lentille)
  6. Portez à ébullition et ajoutez la tomate en cubes.
    C’est à ce moment-là que j’ai ajouté le gingembre, je ne sais pas si c’est très académique mais en tout cas c’est bon.
  7. Laissez cuire une vingtaine de minutes à couvert.

Remarque : c’est ajustable à l’infini. On peut changer la légumineuse de départ (mais c’est plus facile si la légumineuse cuit vite…), on peut changer les épices et autres condiments, on peut mettre du bouillon de légumes dans l’eau des lentilles (surtout si pas d’épices sinon je ne suis pas convaincue de l’intérêt), on peut mettre un peu de lait de coco ou autre lait végétal en substitution d’une partie du volume d’eau.

Remarque 2 : le volume d’eau est indicatif mais il ne faut pas hésiter à en rajouter si vous trouvez ça trop sec au final / si vous voulez que ça cuise un peu plus…

Astuce pour personnes dyspraxiques :

Les recettes de cuisine c’est un peu l’enfer pour un dyspraxique. Pour moi ça l’est un peu en tout cas.) Il suffit que je quitte la recette des yeux deux minutes au lieu d’une et hop, j’ai déjà oublié un truc. C’est pour ça que ma cuisine est très peu académique, très peu présentable et souvent sous forme de gros ragoûts. (Il y a pourtant quelques recettes que je suis au pied de la lettre (la mousse au chocolat en particulier), ce sont des recettes fétiches faites maintes et maintes fois.)

Toutefois si vous vous lancez pour la première fois dans une recette complexe, mes conseils : prévoyez du temps. Dégagez votre plan de travail. Sortez tous les ingrédients indiqués dans les ingrédients. Prévoyez tous les récipients, couverts, couvercles. Ensuite sachez que si vous avez oublié des épices vous pouvez toujours les ajouter plus tard. Une épice s’ajoute à peu près n’importe quand, tant que le plat est chaud, humide et peut se touiller.

Cette recette est complexe parce qu’elle a beaucoup d’ingrédients et d’étapes, cependant elle est facilitée par le fait qu’il y a un seul contenant dans lequel tout se rajoute au fur et à mesure et que toutes les étapes sont chronologiquement exécutées. (Pendant que l’oignon cuit on épluche l’ail, pendant que l’ail cuit on rince les lentilles, pendant que l’eau chauffe on coupe les tomates et épluche le gingembre. Dernier ajout (tomates et gingembre donc) et ça cuit. En ayant de la place et les ingrédients sortis ça se passe bien 🙂

(Pour l’accompagnement j’ai fait du riz au cuit-vapeur à côté, ça met 30 minutes, se gère tout seul et se garde au chaud.)

(Je glisse ça là comme ça pour la énième fois : un cuit-vapeur c’est le rêve…)

Bon appétit !

 

 

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Les transports en commun à Lyon

Je sais que j’ai déjà beaucoup parlé de la dyspraxie et des problèmes qu’elle entraine pour les déplacements dans les transports, l’orientation, et les repérages. Mais j’ai eu récemment une expériences qui m’a donné envie d’en reparler.

J’étais seule et à pied pour une journée à Lyon. A cette occasion j’ai pu comparer deux systèmes de transports en commun. Chacun à ses avantages et ses inconvénients… Ils pourraient s’apporter mutuellement !

Plantons le décor :

J’avais un RDV à ViIlleurbanne, à proximité du Parc de la Tête d’Or, j’ai donc très vite décidé que je mangerais là-bas avant mon RDV (j’arrivais à Lyon vers 12h et mon RDV était en début d’après-midi.) J’ai repéré avant de partir les trajets gare – lieu de RDV et tous les transports passant à proximité de ce lieu (pour pouvoir faire ce que je voulais ensuite.)

NB : Cette idée d’indiquer sur le site des transports en commun tous les arrêts à proximité d’une adresse est pas mal, même si ça ne m’a finalement pas servi… Au quotidien, à Paris, j’aimerais bien !

J’avais décidé de ne pas me prendre la tête pour la suite, je déciderais ce que je faisais sur place en fonction du temps restant, de l’inspiration, avec un plan papier entre les mains (et un ticket illimité pour la journée). Parce que je ne comprenais rien à leur plan interactif et que de toute façon celui-ci ne montre pas les monuments ou « trucs à voir ».

J’ai beaucoup aimé cette journée, et je me suis bien baladée (dans le Vieux Lyon et sur les berges surtout mais pas que…).

J’ai beaucoup entendu de Lyon que c’est une ville très accessible aux personnes en fauteuil roulant (un ami lourdement handicapé qui y habite est entièrement autonome avec son fauteuil électrique et j’ai entendu d’autres échos dans ce sens.) Ce que j’en ai vu confirme cette idée (j’ai vu 3 personnes en fauteuil sur une même ligne, un même jour !) mais je ne peux pas en parler dans les détails (je n’étais en fauteuil, et se baser sur un aperçu d’un jour est assez réducteur…)

Par contre je peux parler de l’accessibilité pour les dyspraxiques : il y a des bons points mais le bilan est assez négatif.

Les bons points :

  • Aux arrêts de tram, des flèches indiquent la direction de monuments ou bâtiments importants (l’hôtel de ville par exemple.)
  • Dans les trams et métros les annonces sont visuelles et sonores : pour moi, c’est parfait, c’est complémentaire et rassurant. (Dans les trams c’est plus facilement lisible puisque ce sont des écrans défilants alors que dans les métros il y a seulement le plan de la ligne donc écrit assez petit. C’est compensé par l’annonce sonore et le fait qu’on puisse facilement voir le nom de chaque station à l’extérieur.)
    NB : la complémentarité du sonore et du visuel est pour moi assez importante. En effet, étant dyspraxique, j’ai d’autant plus de mal à lire des mots en étant en mouvement, encore plus s’ils sont petits ou placés en biais. Le sonore donne donc rapidement et sans efforts une info fiable. Cependant le sonore ne donne qu’une info au goutte-à-goutte. Le visuel complète donc en me permettant d’avoir une vision globale du trajet et d’anticiper (il y a tant d’arrêts, ça vaut la peine de m’asseoir ou pas, après tel arrêt je me prépare à sortir…)

Continuons dans les points positifs :

  • Les métros sont très simples, ce n’est pas du tout labyrinthique comme à Paris ! (en même temps il y a aussi moins de lignes ceci explique peut-être cela…)
  • Les annonces sonores (métro et tram ; bus je ne sais pas) annoncent bien les correspondances,
  • Les gares sont centrales dans les indications (direction X par Part-Dieu ou direction Part-Dieu et X) C’est assez pratique pour se repérer, que l’on aille à la gare ou pas.

Les mauvais points :

  • Sur le plan (que ce soit le plan interactif du net ou le plan papier), les lignes de métro sont bien repérables (grosse épaisseur du trait et une couleur pour chaque) en revanche pour les trams c’est un peu la galère : ils sont tous en violet, simplement distingués par le chiffre inscrit de temps à autre. Or parfois (tram 1 et tram 4 par exemple) les chemins sont identiques pendant un bout puis se séparent ensuite. Pour bien voir et comprendre ça, avoir deux couleurs distinctes serait beaucoup plus pratique…

Et alors les bus…. (c’est toujours les oubliés du système… Je trouve ça très triste surtout quand le réseau est très développé comme à Lyon ou Paris)

  • Les panneaux à chaque arrêt sont très difficiles à comprendre : la ligne n’est pas indiquée par une ligne droite mais par un schéma qui fait une sorte de boucle… Pour moi, comprendre que cette boucle est une seule et même ligne, dans le même sens, n’est pas du tout intuitif et ça aggrave le problème suivant.
  • A chaque fois que j’ai voulu prendre un bus j’ai eu du mal à comprendre la direction de celui-ci : elle n’est pas indiqué en gros mais en tout petit. En gros il y a les deux temrinus mais avec des flèches dans les deux sens… Bonjour la confusion…
  • Pareil pour retrouver l’arrêt où on se trouve sur la ligne, c’est indiqué par une toute petite flèche (alors qu’ils serait beaucoup plus pratique / lisible qu’il soit surligné en couleur (comme c’est fait à Paris).
  • Aux arrêts de bus il manquait un plan de quartier (c’est pratique pour retrouver les autres arrêts, les autres lignes à proximité, la station de métro la plus proche…)

Bref, j’avais espéré privilégier le tram et le bus dans mes déplacements pour profiter de la ville mais finalement j’ai beaucoup pris le métro. Un peu le tram. Et très peu de bus : pour aller à mon RDV (parce que repéré sur le site en amont), puis le soir (un arrêt indiqué par un passant pour me rapprocher du métro pour aller à la gare.)
(En fait, j’aurai carrément pu aller jusqu’à la gare avec si je l’avais trouvé plus tôt mais là j’avais peur de manquer de temps.)

Je continue les points négatifs…

  • Certaines indications écrites ne vont pas jusqu’au bout. Par exemple, dans le métro pour aller à la gare, la direction de celle-ci est indiquée en gros à la sortie du de la rame mais elle se réduit à un petit logo une fois arrivé en haut de l’escalier (quand on doit choisir entre la sortie gauche et la sortie droite du tunnel)
  • En passant : Je ne sais pas comment ils ont choisi l’abréviation des lignes mais c’est pas intuitif… M pour le métro, ok. B pour le bus,  et T pour le tramway ok aussi. Mais alors C, c’est quoi ? J’ai appris en arrivant sur place que ça désigne les « lignes de bus principales » c’est à dire les lignes de bus hybride en fait (ça roule sur des roues mais est relié au circuit électrique comme des trams..) Quand j’ai fait mes repérages la veille rien ne me permettait de comprendre ce qu’était le C. Ce que je trouvais étrange puisqu’il y avait beaucoup plus de C que de B. (Mais bon, ça c’est anecdotique…)

En bref, en temps que dyspraxique je bénéficie du travail fait pour les personnes sourdes et les personnes aveugles. Mais ça manque cruellement d’un gros travail sur la signalétique, les codes couleurs et les aides à l’orientation.

Notons qu’à Paris les travers sont inverses : la signalétiques est bonne, le code couleur et chiffre-lettres est très travaillé, il y a des plans à peu près partout, les fiches de ligne sont assez claires (avec indication distincte de la direction et de l’arrêt) MAIS il y a un gros problème sur les annonces.
Dans les bus, en théorie il y a une annonce visuelle (bandeau déroulant) et sonore dans la plupart. Sauf que souvent ça ne fonctionne pas (ou alors seulement un des deux.) J’ai aussi l’impression que les « planches de ligne » (des panneaux papier fixes qui indiquent tous les arrêts d’une ligne) sont en voie disparition dans les bus, c’est bien dommage, ça permet de pallier plus ou moins à la technologie défectueuse…
Dans la plupart des métros il n’y a que l’annonce sonore (sauf dans les plus récents) et encore elle ne fonctionne pas toujours (mais ce n’est pas le plus gênant puisqu’il y a bien des planches de ligne partout et qu’on aperçoit facilement le nom des stations à l’extérieur).
Dans les RER (A, B et C) c’est une catastrophe : les plans de ligne ne sont qu’aux extrémités de chaque wagon, les  annonces sonores sont souvent inexistantes (dans le RER C il y a un bandeau défilant pour le prochain arrêt mais souvent il ne fonctionne pas ou est décalé.)

Voilà mon bilan sur les transports en commun pour les dyspraxiques (ou autres personnes ayant des difficultés d’orientation…) à Lyon. J’espère avoir réussi à le rendre clair et qu’il pourra être utile…

 

La dyspraxie visuo-spatiale si bien expliquée

On dit régulièrement des femmes qu’elles se perdent facilement. Nous sommes nombreux finalement à ne pas avoir un bon sens de l’orientation, parfois parce que nous n’avons pas prêté attention aux repères autour de nous, parfois parce que, effectivement, notre sens de l’orientation laisse à désirer. Cependant, cela ne signifie pas que nous souffrons tous […]

via Dyspraxie visuo-spatiale — Au bonheur d’apprendre

J’ai vraiment vraiment pas le temps d’écrire en ce moment (tellement pas le temps que je n’ai même pas d’idées qui me trottent en tête, c’est dire…

Pourtant je suis OBLIGEE de revenir vers ici pour partager cet article parce que C’EST TELLEMENT CA !!!

Je nuancerai seulement les points suivants (ce qui signifie que j’adhère TOTALEMENT à tout le reste…

Coller une gommette dans les chaussures afin de savoir si elle va à gauche ou à droite.
là ce n’est pas une nuance mais une précision : il faut coller une gomette que d’un seul côté, parce que le truc des pataugas avec un point d’interrogation et un point d’exclamation rouge / vert… ça ne m’a jamais aidé, c’est interchangeable. Alors que effectivement si on décide que la montre est à la main droite… C’est la main droite ! (Moi j’avais un bracelet brésilien (je l’avais comme pacte d’amitié, pas pour repérer ma gauche de ma droite mais ça a quand même parfaitement rempli cet office  : le truc parfait je ne l’enlevais jamais pas même sous la douche ou pour dormir.)

Proposer un jeu appelé « Au Nord, Au Sud : j’ai pas bien compris l’intéret du jeu… (si quelqu’un comprend je prends l’explication 😉 )

Utiliser un GPS pour éviter de se perdre : j’ai trop dû entendre mon père pester contre les GPS, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Si je suis le GPS, je ferai encore moins attention, alors si d’un coup le GPS est perdu, je le serais deux fois plus… Mais il est vrai que pouvoir se passer de lire les panneaux… C’est tentant…

Proposer des cahiers avec des lignes larges : je suis en même temps d’accord et pas d’accord. Pour l’enfant dans les premiers temps oui +++ Mais pour la suite, j’ai remarqué que moi je suis plus perturbée / je trouve ça plus difficile à relire, quand je n’ai pas suivi la ligne des feuilles américaines (lignes simples) que quand je n’ai pas suivi les lignes des feuilles à carreaux. (ou que j’ai écrit de travers sur une feuille blanche.) Ne me demandez pas pourquoi, j’en ai aucune idée. Enfin si c’est un peux comme si deux lignes claires s’interrompaient sans cesse  (ligne droite de la feuille et ligne courbe puisque montante et descendante, de l’écriture) sur la feuille américaine. Alors que sur la feuille à carreaux, quand je relis, les petites lignes sont un fond, pas au même niveau de lecture que l’écriture…Je ne suis pas sûre de m’être très bien expliquée… Les feuilles américaines : il y a deux signaux que je vois sur un pied d’égalité et donc qui se parasitent alors que sur les feuilles à grands carreaux le quadrillage s’efface au profit de l’écriture que celle-ci suive les lignes ou pas… (par contre on oublie les petits carreaux, définitivement, c’est une catastrophe.)
Pour conclure les feuilles américaines c’est très bien quand j’ai le temps de m’appliquer piurs suivre les lignes… Pour la prise de note c’est non. (Mais pour les courriers officiels c’est très bien, ça me permet d’écrire droit…)

Manipuler au maximum, en particulier en mathématiques : là ce n’est pas du tout une réserve mais juste que je ne l’ai – je crois – jamais expérimenté. Mais effectivement ça me parait une bonne idée. Et verbaliser +++ (et mettre de la couleur) en maths aussi, c’est méga important.

Lorsque c’est possible, éviter les balles et ballons qui « disparaissent », privilégier les balles et ballons colorés. Oui, oui, oui, et oui. (Même colorés ils disparaissent parfois du champ de vision sans que l’on ne comprenne… Alors si en plus ils sont petits / peu visibles…)

Proposer une place dans les buts : je ne sais pas (jamais expérimenté) peut-être… Mais alors il faut insister pour valoriser les victoires et minimiser les échecs. Parce que moi j’aurai très mal vécu de faire marquer un but à mon équipe en loupant le ballon parce que distance mal évaluée… (mais l’idée de minimiser les points d’attention et laisser à un point fixe n’est pas mauvaise, c’est vrai.)

Les couleurs associées au livres de cours et aux matières dans l’agenda… je le fait toujours… (et j’aime bien choisir des couleurs qui collent bien avec l’idée que je me fais de la matière : par exemple du marron pour l’Histoire (parce que le bois des bibliothèques) (Mais c’est parfois lointain par exemple violet est resté pour l’espagnol et bleu pour le français simplement parce que j’aime beaucoup ces couleurs et ces matières…)

Et j’ai utilisé jusqu’à mon bac toujours le même code couleur dans la hiérarchie des titres -quel que soit le cours. Rouge puis vert puis noir. Ou rouge puis vert puis violet / bleu turquoise.Toujours une couleur plus « pétante » pour le grand titre, pour aller vers du plus discret (tout est relatif) ensuite.

Pour être plus précis, le code couleur (et la manière de souligner / mettre en page) est resté le même pendant tout le collège au lycée, ça changeait d’une année sur l’autre parce que des « exigences / besoins  » se rajoutaient. J’ai augmenté la gamme des stylos de couleur. Ainsi je pouvais écrire une traduction en bleu turquoise, les mots-clés de philo ou de vocabulaire en rose, faire des renvois en marron.
Mais les grands titres restaient rouge puis vert puis noir… Ou rose puis violet puis bleu turquoise dans certaines matières. (La littérature et l’espagnol pour ne pas les nommer. Les titres dans ces matières avaient moins d’importance, c’était surtout pour repérer des grandes idées, beaucoup moins pour donner une hiérarchie, je pouvais donc me permettre des fantaisies…)

Je pensais pas que j’écrirais autant…

J’ai un peu du mal à comprendre comment je vais passer au travers des dix jours qui arrivent… Mais bon… De toute façon, quoi que je fasse, ça passera (c’est bien finalement, le temps… Que ce soit réussi ou pas, ça passe…. et ça se retrouve forcément derrière nous à un moment ou à un autre… (Soyons positifs.)

(D’ailleurs, message perso pour V. : Je ne t’oublie pas, d’ailleurs ce serait difficile avec ce que je viens de poster… Carrément avec des conseils pour le code… Mais il est très probable que la réponse à ton mail va attendre jusqu’à début mai…)

L’agrandissement des polycopiés

Je continue ma série sur les aménagements scolaires.

Rappelons le principe : que toutes les photocopies soient au format A3 au lieu de A4 (donc le double.)

Dans quel but ? Un élève dyspraxique se repère mieux. Moins de risque de sauter une ligne. Moins de fatigue pour le lire le texte. Accessoirement -c’est un effet collatéral, je suis pas sûre que les inventeurs de l’aménagement y avaient pensé- ça permet aussi d’avoir plus de place pour écrire les réponses/ ajouter des annotations, quand tu as une écriture brouillon, que tu écris gros, c’est assez appréciable.

Il y a donc bien des bénéfices : moins de fatigue, une lecture et un travail sur le texte facilité.

Mais dans la réalité qu’est ce que ça donne ?

Je connais bien puisque c’est un des aménagements qui a été mis en place dès la primaire pour moi. Assidument respecté en CM1 et CM2, par l’instituteur et donc par moi, je m’en suis ensuite progressivement détachée au cours des années à cause des inconvénients de plus en plus présents.

Ça pose principalement des problèmes de rangement et de manipulation : le prof fait exprès des feuilles A4 pour que tu puisse les coller dans le cahier (il y a une idée de rentabilisation du cahier très poussée, par peur de gâchis de papier mais aussi par peur qu’un seul cahier ne suffise pas pour l’année),  donc quand la feuille est en A3 pour la rentrer il faut la plier en 2 : donc elle n’est pas dans le même sens que la feuille à coté et tu ne peux pas avoir les 2 d’un seul coup d’œil… et pour la lire il faut donc tourner la cahier, occasion rêvée pour faire tomber tout ce qu’il y a autour. Même avant le rangement d’ailleurs, avant qu’elle soit collée on peut déjà facilement faire tomber tous ses stylos parce que la feuille déborde et qu’on ne maitrise pas tout…

Ça pose aussi la question de l’implication de l’enseignant : c’est à lui de faire la photocopie agrandie, il faut qu’il y pense, il faut qu’il ait le temps, et l’envie (pour ça il faut qu’il ait compris l’intérêt…) et il faut le faire la première fois, après coup, quand le travail sur le texte a déjà été fait ça n’a plus de sens ! et il faut le faire régulièrement, pas une fois sur deux…

Comment ça s’est passé dans ma scolarité ?

En primaire, l’instituteur me donnait la feuille spécifique, comme il donnait la feuille A4 aux autres élèves. Aucune impression de discrimination. Il y pensait tout le temps (ou quasiment, et il s’excusait quand il avait oublié…)

Les feuilles A3 étaient perforées à l’endroit de la pliure, ça permettait un rangement dans le classeur avec beaucoup moins de manipulation. Ou alors la feuille A3 était coupée en 2 ainsi je pouvais la ranger dans une pochette plastique en recto-verso sans problème.)

 En 6° cela était respecté la plupart du temps. Parce qu’il y avait une bonne communication entre les profs et que la prof principale avait bien compris et expliqué l’intérêt aux autres.

Certains profs ou instituteurs avaient fait l’effort d’imprimer les textes sur des feuilles A4 mais avec des plus gros caractères et des interlignes plus grands, j’avais beaucoup apprécié: ça permettait de dépasser les  problèmes de rangement et de manipulation, ça marquait une réelle attention et une réelle compréhension du problème de départ, cerise sur le gâteau, c’était finalement bien plus adapté puisque cela permettait de choisir la grosseur des caractères (en A3 parfois ça fait un peu too much…). Par ailleurs, ça permet aussi de changer la police de caractères (certaines polices sont plus lisibles que d’autres.) Bref, c’était vraiment très appréciable mais je comprends que tous les profs ne le fassent pas, ça prend vraiment du temps de recopier les textes (je dis ça sans aucune ironie.)

C’est à partir de la 5° (dans mon nouveau collège) que cela s’est compliqué. Bien sûr, le secondaire est  beaucoup moins personnel que le primaire  chaque prof a plusieurs classes de 30 élèves qu’il ne voit que quelques heures par semaines là où mon instituteur ne s’occupait que d’une classe de 20… Mais il n’y pas que ça. Ma sixième en est la preuve.

Je n’osais pas / voulais pas réclamer, de peur de me faire remarquer et d’embêter le prof. Me faire remarquer était ma dernière envie. J’étais déjà bien suffisamment remarquée à mon goût : un ascenseur, une place obligatoire dans les premiers rangs, un double-jeu de livres, quelques minutes en plus qui pouvaient m’être accordées, des bonnes notes (et un raton-laveur.)

La plupart des professeurs ne comprenaient pas le pourquoi de cette mesure (cette partie de mon handicap est totalement invisible et je crois que la dyspraxie était encore assez méconnue) et donc ne la mettait pas en pratique (alors qu’en soit, cela étant inscrit sur le PPS, ils devraient la mettre en pratique sans se poser de question.) Nombreux étaient les profs qui arrivaient en classe et au moment de distribuer les feuilles me disaient « oh, je n’ai pas fait l’agrandissement, tu en as vraiment besoin ? Je peux y aller maintenant si vraiment ça te pose problème / Je pourrais le faire pour la prochaine fois… »

Bah oui j’en ai besoin. Je n’avais pas encore assez confiance en moi pour l’affirmer bien fort. Après tout je pouvais bien lire le texte sans. Donc tant pis pour cette fois-là (parce que bon, l’agrandissement c’est surtout au moment de travailler sur le texte que j’en ai besoin, pas après… Et puis y aller, là, pendant l’heure de cours, sérieusement ?)

Sauf qu’au bout d’un moment (un, deux, trois oublis…) les profs ont pensé « ob bah en fait elle se débrouille très bien sans, hein, ça va… Pas besoin que je m’embête à appuyer sur un bouton »

Et donc forcément les autres élèves me regardaient comme une bête curieuse, que ce soit devant ces profs oublieux (non, mais ça va, tu vas pas nous mettre en retard, là, c’est bon…) que devant les autres (mais pourquoi ils te font cet agrandissement alors que tu n’en as pas besoin ?) et me posaient des tas de questions auxquelles j’avais bien du mal à répondre.

Et puis plus on avance dans la scolarité plus l’idée de rentabiliser le cahier est importante, donc le rangement compliqué. J’ai donc abandonné. Au lycée l’aménagement figurait toujours dans mon PPS mais je n’ai jamais eu aucune photocopie agrandie, sauf parfois d’une prof d’anglais qui avait un fils dyspraxique et qui connaissait donc le problème.

Mes parents insistaient pour que je l’utilise, et même que  le réclame parce que selon tous les spécialistes de la dyspraxie et médecins scolaires il y a bel et bien un bénéfice… Mais moi, devant tous les problèmes subis (mauvaise volonté du professeur, regards en coin lors des maladresses, remarques sur le temps de rangement / l’inesthétique du cahier…) j’ai fini par ressentir cet aménagement comme une contraire qui m’était imposée par mes parents/ le médecin scolaire et je trouvais ça infantilisant : c’est les enfants qui lisent en gros caractères, les livres des adultes c’est en petit, c’est les enfants qui font tout tomber par terre… Mes parents pensent que j’ai besoin de l’agrandissement mais les nombreux oublis montrent bien que je me débrouille parfaitement sans ! Les profs « oubliaient » de me faire l’agrandissement je n’allais pas le réclamer non plus ! Voilà à peu près ce que je pensais.  Si l’attitude de l’enseignant avait été différente, la mienne l’aurait probablement été aussi…

Pour en revenir au bénéfice, je ne doute pas qu’il existe et ça semble même assez logique : quand tu te repères plus facilement dans un texte forcément tu vas plus vite et tu te fatigue moins, mais pour qu’il existe vraiment il faut que les conditions favorables soient réunies : que le bureau soit plus grand, que l’on puisse mettre en place un système de rangement adapté (cahier + porte-vue par exemple ou juste un classeur comme c’était le cas en primaire),  ou que l’agrandissement soit fait autrement comme cela a parfois été fait pour moi (des caractères plus gros sur une feuille format standard. Mais cela nécessite une implication du professeur), que les profs le fassent d’eux-même pour qu’il ne soit pas nécessaire de réclamer tous les jours.

Je vais donc probablement me répéter mais : l‘attitude de l’enseignant joue beaucoup sur l’attitude des enfants. Quand l’enseignement donne directement le format adapté à l’enfant, au même moment et dans le même geste que pour les autres élèves qui ont le format normal, l’élève est inclus dans la classe. Il a son format adapté, c’est normal, si le prof lui donne, c’est qu’il en a besoin. C’est un état de fait qui n’a pas à être remis en cause. A partir du moment où c’est l’élève qui réclame ça pose question : parce que le fait est pointé du doigt, parce que c’est l’élève qui semble décider à la place du maitre, comme s’il réclamait un privilège.

De plus, généralement quand l’enseignant intègre ainsi l’aménagement dans le déroulement de la vie de classe, c’est qu’il accepte, qu’il est à l’aise avec, donc que si des camarades posent des questions / émettent des critiques, il est prêt à répondre, à remettre les choses à leur place. Ce ne sera pas à l’élève de se justifier mais l’enseignant qui rappellera le cadre.

Je vous assure que les effets de l’attitude de l’enseignant sont très perceptibles. Non, les enfants ne sont pas cruels. Ils reproduisent simplement ce qu’ils entendent, voient, vivent, mais de manière plus naturelle et spontanée, sans filtre. Et c’est cette « pureté » qui peut faire ressentir leur comportement comme extrêmement violent. Alors que ce n’est qu’une reproduction de l’adulte -parent ou enseignant.

Donc si l’enfant voit que son camarade a un aménagement (ici une feuille plus grande mais c’est pareil pour tout) il va l’accepter comme tel (éventuellement en jetant des regards inquisiteurs / posant des questions parce que l’enfant est curieux) sauf si l’enseignant leur fait sentir que ça l’embête, que c’est pas normal, que l’élève peut bien se débrouiller sans.Même l’adolescent, c’est pareil. Il serait probablement plus critique et moqueur mais si l’enseignant recadre…

J’ai donc peu utilisé cet aménagement en cours, en revanche je l’ai utilisé pour tous mes examens (brevet et bac.)

Ce qui est bien aux examens c’est que tu as un grand bureau donc tu peux bien t’étaler.
Le seul moment où cet aménagement m’a posé question c’est pour l’épreuve d’histoire géo en terminale: le croquis de géographie est 2 fois plus grand ! Il y a donc  fois plus à colorier (vive le 1/3 temps 🙂 ) mais aussi une perte de repères ! Pendant l’année, je me suis entrainée sur des cartes A4, est-ce que j’allais m’y retrouver le jour de l’examen ? (Cette épreuve était une de mes plus grande hantise, j’ai eu énormément de mal à apprendre mes croquis.) Ce qui m’a finalement un peu rassurée c’est quand je me suis dit que je pouvais tout aussi bien refuser l’aménagement et demander une copie taille normale. (Parce que je voyais bien l’intérêt pour un planisphère où il faut mettre plein de petits symboles dans petits pays, moins sur un gros plan d’une région ou d’un pays comme l’Amérique du sud ou l’immense Russie. ) Finalement : le jour de l’examen j’avais l’exemplaire agrandi + l’exemplaire taille normale sans même avoir eu à le demander ! J’avais même 2 exemplaires agrandis et j’avais apprécié, ça voulait dire que je pouvais recommencer si je faisais une erreur / si c’était trop brouillon. Ils ont été très forts ! Finalement j’ai donc fait mon croquis sur le format agrandi (alors que c’était la Russie… ) Et j’ai bien fait, ça m’a permis de faire les choses bien proprement… et j’ai eu 17…

La majoration de temps (le 1/3 temps !)

Article s’inscrivant dans la série des aménagements scolaires. J’ai créé une catégorie dédiée rien que pour eux.

C’est l’aménagement qui est pour moi le plus utile mais sans doute aussi le plus difficile à mettre en place pendant l’année scolaire (en particulier à partir du collège) puisqu’il y a les contraintes de l’emploi du temps : quand une heure de cours est finie, elle enchaine sur la deuxième ! Toutefois il faut toujours le mettre dans le PPS, cela permet que les profs soient conscients de la difficulté et du besoin et donc plus attentifs et possiblement plus conciliants (pour laisser 5 minutes de plus à la fin par exemple) et pour que cela soit ça tout de même mis en place quand c’est possible. 

Souvent est évoquée en remplacement de cette majoration de temps impossible, une suppression de certaines questions. Mesure que j’ai toujours mal acceptée et donc jamais revendiquée en cours (puisque généralement les profs n’y pensent pas tous seuls.) Cependant, j’ai quelques souvenirs de profs du lycée qui me l’ont proposé et où j’ai « cédé » parce que je me rendais bien compte que je n’aurais pas le temps.  Mais je l’acceptais très mal puisque je vivais ça comme une injustice vis-à-vis de mes camarades, imaginez que tous les élèves aient séché sur cette question que je n’avais pas faite ? Pourquoi ils seraient plus pénalisés que moi qui n’avait pas plus les connaissances ? – Je note aujourd’hui que je n’ai jamais pensé dans le sens inverse : si je ne savais pas répondre à la Question 1 que je devais faire mais que je connaissais parfaitement la réponse à la question 8 que je ne devais pas faire…- Cette impression d’injustice était soigneusement entretenue par mes camarades qui ne comprenaient pas cette mesure (que ce soit la majoration du temps -pourquoi elle pourrait rester 5 minutes et pas moi ? – que pour la suppression d’une partie du sujet.)

Encore aujourd’hui, je trouve la majoration du temps très justifiée (je suis plus lente, si je veux produire un devoir de bonne qualité, je dois pouvoir aller à mon propre rythme -sinon, l’esthétique sera la première à en pâtir et on sait combien cela influence le correcteur, voire compte dans la notation.) Mais pas la suppression des questions (je veux/dois être évaluée sur le même contenu que tous !)

Parenthèse importante : Le tiers-temps est très bien connu des concernés, des centres d’examens, des médecins… Par contre dès qu’on en parle à un prof, on a l’impression qu’il tombe des nues et n’en a jamais entendu parler. Je rappelle donc le principe : un tiers du temps initial de l’épreuve est ajouté. Exemples :

  1.  une dissertation en 3h -> l’élève dispose de 4h (parce que 1/3 de 3 c’est 1 donc 3 (temps initial) + 1 (majoration) = 4.)
  2.  Un exercice d’une heure, ça donnera 1h20. 1/3 d’une heure = 1/3 de 60 minutes = 20 minutes ! Donc 1h +20 minutes.
  3. Pour un exercice de 15 min -> 20 min.
  4. Quand le temps n’est pas divisible par 3 on arrondit, généralement au-dessus.

Le tiers-temps pour les examens je l’ai dit c’est la base, il me semble que tous les élèves ayant un aménagement aux examens en ont un. D’abord pour des raisons pratiques : tous les élèves avec aménagement sont réunis dans une salle, imaginez qu’il faille demander à une partie de partir… ça ne serait pas vivable. Cependant, la raison principale c’est que le 1/3 dépasse la simple idée de lenteur. Le tiers-temps ça sert à pouvoir aller au toilettes plus souvent, à faire des pauses si c’est nécessaire, à avoir le temps d’un soin, à prendre son temps si on est brouillon (du fait de la dyspraxie, par exemple.), à se relire X fois pour un dyslexique, (liste absolument non exhaustive)

Fin de la parenthèse.

C’est pour moi un aménagement vital, qui me permet d’écrire à mon rythme donc bien proprement et sans me crisper. J’aurais du mal à m’en passer aujourd’hui. Pourtant ça n’est pas inné. Je pense que tous les élèves ont un jour rêvé d’avoir plus de temps pour une épreuve, le tiers-temps est un aménagement qui fait beaucoup de jaloux. Mais en fait ce n’est pas simple et pas sans inconvénient.

Parce que les épreuves durent généralement les épreuves durent 3 ou 4h ce n’est donc pas que quelques minutes en plus pour terminer rapidement sa conclusion (ce dont rêvent les élèves) mais vraiment un temps en plus qu’il faut savoir exploiter (et non, ce n’est absolument pas fait pour écrire plus !) Il faut donc d’abord apprendre ce qui nous prend du temps, apprendre à faire les épreuves dans ce temps là (quand tu as l’habitude de faire tes devoirs de 3h en 3h05, le jour de l’épreuve tu le fais en 3h10 ou 15 alors que tu aurais pu le faire en 4h en stressant moins, sauf que tu es conditionné.) Et puis il faut véritablement chercher tout ce à quoi ça peut servir : aller au toilettes, relire plus sa copie (pour un dyslexique), faire un brouillon bien détaillé avant de passer au propre, écrire bien proprement, faire retomber la pression, colorier la surface de la carte de façon appliquée, colorier une surface de carte 2 fois plus importante (du fait de l’agrandissement), prendre bien son temps pour souligner les titres, relire le texte et les questions plusieurs fois pour être sûr de n’avoir rien raté (pour un dyslexique ou dyspraxique), souligner les éléments importants du texte et poser les stylos sans précipitation (quand rien ne tombe, c’est plus agréable et ça enlève de la pression.), réfléchir à l’orthographe d’un mot (pour un dyslexique). Bref ça permet plein de choses. Pour moi ça apporte surtout de la tranquillité (le temps de me poser, de réfléchir) et un plus grand soin.

Idée que j’aime bien pour expliquer mon besoin du tiers-temps : quand on ne sait rien, on ne sait rien, le temps n’y changera rien (à part mouliner les idées noirs ou broder.) En revanche, quand on sait, il faut du temps pour mettre tout cela en forme, le poser bien proprement ; ça me permet de dissocier la tâche de la réflexion, et celle de l’écriture. Les deux me demandant de la concentration. Si je n’ai pas le temps qu’il faut la qualité de mon travail sera moindre.

Plus on est habitué au tiers temps mieux on s’en sert (parce qu’on apprend petit à petit à gérer le temps imparti, le temps qui nous est nécessaire pour chaque chose. C’est très bête, mais je sais aujourd’hui que pour une dissertation en 3h j’ai systématiquement besoin d’une heure pour préparer mes idées au brouillon + écrire l’intro et la conclu au brouillon. Puis un peu moins d’une heure pour chaque partie. Si je mets plus d’une heure au départ, je sais que je suis en retard.)
Pour les dissertations au lycée je ne m’en souviens plus mais j’avais aussi mes repères temporels. Mais j’insiste c’est très difficile à mettre en place, parce qu’en classe tu entends le discours général (au bout de … minutes il faut que vous ayez fini votre brouillon.), qui ne conviendra pas.Et pendant tous les exercices de l’année tu dois fonctionner selon ce schéma qui ne te correspond pas.

Enfin, au-delà du problème d’apprivoisement, il y a un autre inconvénient auquel on pense bien peu. Les conséquences sur les temps de repos.  Je prends l’exemple du bac parce que ça m’avait particulièrement frappé.

Le lundi : épreuve de philo le matin : 8h-12h > 8h-13h20, épreuve de littérature l’après-midi je crois qu’elle débutait à 14h30. Sauf qu’il faut être en salle avant. (14h15, je crois sans certitudes) et que, toute embrumée que j’étais, le temps de sortir de la salle et de retrouver mes amis à midi, j’ai commencé à manger à 13h45. Je n’ai pas eu le temps de me reposer autant que je le souhaitais.
La logique voudrait que les élèves plus fatigables aient plus de temps pour se reposer… Mais cette belle théorie est mise à mal par le tiers-temps (et alors là je ne vous parle même pas d’un élève qui a besoin de soins sur l’heure de midi…)

Pour finir le tiers-temps c’est génial mais ça a des limites : en prépa il y a des dissert’ de 6h. Si on applique le tiers-temps à la lettre ça donne une épreuve de 8h ! Peut-on vraiment tenir 8h ? Déjà au bout de mes 5h20 j’avais l’impression de comater…8h ça me laisse songeuse… Mais j’imagine qu’on s’y habitue et repousse les limites… (c’est aussi pour ça que s’entrainer pendant l’année est intéressant : s’habituer à tenir sur la longue durée.)

Cependant, comme je le disais en introduction, l’aménagement est un droit pas une obligation. Si l’élève a fini avant, il peut sortir avant. ça m’arrive, rarement, mais ça m’arrive. (Soit que je n’ai rien à dire, soit au contraire que l’épreuve était particulièrement facile pour moi.)