Férié ?!

Le 1er novembre est un jour férié, par tradition catholique, pour la Toussaint (donc Fête de Tous les Saints, à ne pas confondre avec le Jour des Morts qui est, dans la liturgie catholique, le 2 novembre.) (Parce que oui, la République Française est laïque – elle resptecte donc, au moins en théorie, toutes les religions- mais elle est historiquement de tradition catholique.) Mais bon, je peux comprendre que cela ne signifie rien pour certains et qu’ils aient envie de supprimer ce jour férié, comme tous les autres qui ont trait à la religion (Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, Noël) (ouais, Noël aussi c’est religieux, à l’origine.)

Bref, j’ai pas l’habitude de parler religion  et catholiscisme et rassurez-vous ça s’arrête ici. C’est juste l’introduction pour bien souligner ce qui m’énerve.

Le 11 novembre aussi est un jour férié. En commémoration de l’armistice de la Premiière Guerre Mondiale. Là la religion n’entre aucunement en compte, on parle juste d’Histoire. Comme le 8 mai, commémoration de l’armistice de la  Seconde Guerre Mondiale, le 14 juillet, commémoration de la prise de la Bastille et enfin, le 1er mai pour la « fête du Travail ». (J’ai failli l’oublier celui-là, coincidence ?) (Il y a un article intéressant par-là.)

Pourtant, même pour des faits purement historiques, qui devraient donc avoir du sens pour tous, le jour férié est en train de disparaître.

Petit point étymologique et lexical : férié est un adjectif qui provient du latin « feriatus » c’est-à-dire « oisif » pour une personne. Le verebe « ferier » a ensuite été utilisé au Moyen-Âge pour signifier « fêter, chômer ».

A l’heure actuellle, en l’occurence les jours fériés sont effectivement des jours de fêtes (religieuses) ou commémorations (historiques), en tout cas des jours où l’on chôme (normalement.)

D’ailleurs, c’est même la définition du TFLI (ici) :

Caractérisé par la cessation du travail, et lié à la célébration d’une fête (civile ou religieuse).

Hé bien moi j’ai l’impression que ces jours fériés disparaissent petit à petit, année après annnée.

D’ailleurs, c’est bizarre, le Larousse est plus prudent (là) :

Se dit d’un jour de fête légale en principe chômé.

Je note trois faits particuliers.

  • On oublie l’origine du jour férié. Il devient l’occasion d’un week-end prolongé, d’une pause dans la semaine ou de l’admiration du défilé. Mais on oublie la signification de la date, l’importance de la commémoration.
  • On oublie d’autant plus la signification-fonction du jour férié qu’on fait des ponts. (Le « jeudi » 11 novembre de l’année X est férié en commémoration de la signature de l’armistice de la guerre de 14-18. On chôme donc ce jour-là pour la commémoration mais pourquoi chôme-t-on le vendredi 12 ? Pour faire un week-end prolongé. Exit l’importance du jour férié.
  • Pour finir (vous devez l’avoir vu venir depuis longtemps) : de plus en plus de magasins sont ouverts sur les jours fériés. Ce ne sont donc plus des jours fériés (chômés)…. Ou alors seulement pour les plus riches ?

Ça m’a d’autant plus choquée aujourd’hui samedi 11 novembre.

** Attention je suis reprise par ma frénésie de peut-être dans les lignes qui suivent** (Je note au passage que c’est une manière pour moi de tempérer une trop forte émotion de type colère.)

Peut-être parce que du coup je ne voyais mon propre intéret d’avoir un jour chômé dans la semaine.

Peut-être parce que j’ai d’autant plus vu la bêtise, l’hypocrisie : d’un côté certaines administrations font de longs ponts tandis que de l’autre des magasins ouvrent sur des jours fériés, même lorsque c’est un samedi.

Peut-être parce que si, comme j’ai pu le dire au début, je comprends qu’un jour férié « religieux » n’est pas de signification pour tous, je ne comprends pas qu’on efface ainsi une commémoration historique. (2016 centenaire de la bataille de Verdun, 2017 centenaire de la bataille de la Marne… L’année prochaine centenaire de l’armistice… ça va changer(a) quelque chose ?)

Ou peut-être que mes études, à forte connotation historique, sont en train de me monter à la tête…

Bref, cette société capitaliste, consumériste et de loisirs m’excagace de plus en plus. Je comprends de moins en moins. Je sais pas si c’est une vue de l’esprit, qu’à l’échelle humaine on ne peut pas se rendre compte, qu’en fait ça a toujours été un peu comme ça… J’ai l’impression d’être une grande réac’ en pensant qu’on est en train de perdre le sens de l’Histoire, que « c’était mieux avant ». (Et pourtant, cette phrase m’énerve tellement !!)

** Message de service. **

Avec cet article (et son intro) j’ai grande crainte d’attirer les grands coincés de « c’était mieux avant », « c’est plus ce que c’était », « tout se perd ma pauvre dame », « vous êtes des paiens / mécréants allez bruler en enfer »… Pas la peine vous pouvez passer votre chemin. Je garde ma République mixte, laïque, ouverte, tolérante et tout ça qui ne vous plait pas.

**Fin de la communication.**

Pour conclure, au cours de la rédaction de l’article je me suis posée deux questions :

  1. pourquoi et depuis quand le 31 décembre est-il férié ? Célébration de la nouvelle année ? (ça ne me réconcilie pas avec la nouvelle année, ça, dis-donc.) (D’ailleurs, c’est marrant, il y a des anciens articles sur lesquels mon avis a dû évoluer, notamment ceux que j’ai écrit sur le sujet du handicap, mais alors celui-là pas du tout. Je pourrais le réécrire tout pareil.)
  2. Est-ce que l’effacement des jours fériés au profit du capitalisme (sans mauvais jeu de mots) est purement français ou ça se retrouve dans d’autres pays ? (Je pense surtout aux pays occidentaux.)

Toutes les réponses sont bienvenues…

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Quand l’accessibilité sépare…

Marie a commencé d’en parler extrêmement bien ici. Alors que de prime abord on pourrait penser que l’accessibilité va dans le sens de l’intégration c’est bien souvent paradoxalement opposé.

L’accessibilité d’un lieu ou d’une activité se fait au prix d’une séparation et je l’ai bien souvent vécu et surtout subi. J’en ai déjà un peu parlé par-ci, par là de manière éparpillé ou entre les lignes. Aujourd’hui j’ai envie d’y consacrer un article et de continuer la réflexion. (Attention, c’est un article rempli de « peut-être », si vous y êtes allergiques il faut partir.) (Plein de « peut-être » car je ne prétends pas posséder la Vérité et que ce ne sont que des pistes de réflexion.)

Quand j’étais au collège, au lycée, je ne pouvais prendre l’ascenseur qu’avec un(e) camarade. Bien sûr ça se comprend, bien sûr c’est logique et même heureusement que c’était le cas. Oui, mais ça n’est pas sans effet sur la vie sociale, ça implique de faire un choix entre les copains, de couper la bande, de désigner implicitement un(e) favori(te). Et donc si on se pose la question que pose Marie : n’y a -t-il vraiment aucune autre solution ? Hé si : rester dans la même classe, au rez-de-chaussée. (Dans tous les collèges et lycées que j’ai connu on privilégie la salle du prof à la salle de la classe. Pour certains cours -arts plastiques, techno, physique-chimie, svt- cela se comprend, pour d’autres beaucoup moins…) Bien évidemment les deux systèmes ne sont pas exclusifs, il n’y a pas forcément une salle par classe mais -au moins- cela ne pourrait-il pas être automatique dès lors qu’il y a un élève avec des difficultés de déplacement (mal-voyant, PMR, fauteuil roulant …?) Ceci-dit cela ne doit pas enlever l’ascenseur, l’élève doit avoir la possibilité d’accéder à tous les services (CDI, cantine, administration…) Notons aussi que si tous les ascenseurs étaient entretenus, rapides et faciles d’accès la question se poserait moins (un trajet d’ascenseur pourrait presque égaler un trajet d’escalier et donc la séparation n’aurait finalement presque pas lieu.) (Tout dépend de la configuration des lieux aussi, quand l’établissement est très étendu il est intéressant de n’être que dans une salle pas pour des raisons d’ascenseur mais juste de distance à parcourir…)

Certes, ça peut sembler un petit rien, un chipotage, un caprice. C’est effectivement un petit rien, c’est effectivement du chipotage mais ce n’est pas un caprice. C’est une invitation à réfléchir. Je pense que s’il n’y avait que ça, ça passerait très bien. Sauf que c’est révélateur d’un ensemble, c’est un exemple peut-être un peu trop manichéen et caricatural, mais qui forme la partie émergée de l’iceberg, qui est rapidement parlant pour tous.

Quand j’étais au collège et lycée, la mesure d’accessibilité qui m’a fait le plus souffrir, finalement, c’était la cantine : j’allais manger en entrant par la sortie avec une copine (ça aurait pu être un copain). Je n’avais pas le droit d’attendre le reste de la bande une fois à l’intérieur à cause du manque de place. Je n’avais pas non plus le droit de les guetter de l’extérieur pour rentrer quand elles arriveraient parce que « à quoi ça sert de ne pas passer par la file si tu restes quand même à attendre debout finalement ? » (Alors déjà ça sert à éviter de se faire bousculer. Mais il est vrai qu’il restait le gros problème de la station debout prolongée très fatigante.) Je n’avais pas d’autre solution mais j’ai énormément souffert de ce système. Qui a envie de manger avec une copine seulement ? Je pense malheureusement que ce système a grandement favorisé mes amitiés « uniques » et exclusives. Comment j’aurais pu avoir une bande de copines où elles soient toutes égales alors que chaque midi on devait manger en tête-à-tête ? Bien sûr chaque midi, j’aurais pu décider de manger avec une copine différente. Sauf qu’au delà du casse-tête logistique, cela cause une contrainte à laquelle personne n’a envie de se soumettre. Une contrainte que je ne voulais / pouvais pas imposer. Comment donc construire une amitié équilibrée alors que celle qui mange avec moi chaque midi le fait au détriment de ses autres amies ? Comment ne pas finir en amitié exclusive alors que celle qui accepte de manger avec moi en duo est forcément une copine qui tient vraiment beaucoup à moi ? (Parce que clairement moi je subissais le système à cause de mon handicap, elle qu’est-ce qui la forçait sinon son amitié pour moi ?) Bref, n’y a -t-il pas d’autres solutions ? évidemment, bien sûr que si. Pourquoi personne n’a -t-il jamais pensé à proposer de mettre une chaise à la sortie pour que je puisse simplement attendre assise ? Est-il à ce point anormal de vouloir manger avec la bande entière ? Finalement je n’ai vécu ça qu’en 6° parce que par la suite j’ai tout fait pour l’éviter : en 5° et 3° j’étais externe, en 4° j’étais externe sauf un jour où j’ai fait la queue comme tout le monde -dans un escalier pentu… pas du tout dangereux ni fatigant, donc- je n’ai pas voulu recommencer l’année d’après alors que ça me privait de la chorale, mais je n’ai rien dit à personne parce que je savais que la seule réponse qui me serait donnée c’était de manger avec une copine en passant par la sortie et que je n’avais à l’époque aucune autre solution à proposer. Au lycée j’étais soit externe soit je faisais la queue comme tout le monde soit -quand j’étais seule- je passais par la sortie.

Ces deux situations d’aménagement-exclusion, c’était pendant ma scolarité… Dès ma scolarité j’ai donc appris que les seuls aménagements possibles pour que l’école me soit accessible c’était de me séparer des autres. Dès la scolarité j’ai appris que quand on est handicapé on est seul, on est un poids pour les autres, les autres me font une faveur s’ils m’acceptent. Bien sûr, le changement des aménagements à lui seul ne suffit pas, il faut aussi un gros travail de sensibilisation à la différence et à la tolérance… Mais les deux vont ensemble. D’abord parce que ça aurait une certaine valeur symbolique et exemplaire et ensuite parce que c’est une histoire de changement du regard que la société porte sur les personnes handicapées et de la place qu’on veut bien leur donner (encore une fois, je rejoins donc Marie…)

J’ai déjà dû le dire ici un certain nombre de fois, c’est un cercle vicieux. Les personnes handicapées ne peuvent pas sortir de chez elles -> cela alimente l’idée qu’une personne handicapée ne veut pas ou n’a pas besoin de sortir de chez elle -> alors pourquoi /pour qui faire des aménagements ? De même : on a des aménagements (ascenseur and co) qui séparent la personne handicapée des autres -> « oui mais regardez ça fonctionne très bien ! » (bah…il n’y a pas d’autres choix) -> « et puis de toute façon pas de problème, elle est toujours avec la même copine, comme ça c’est parfait ! » Hmmm…

Dès la scolarité, dès l’enfance on inculque aux enfants que l’enfant handicapé est à part parce qu’il a des besoins particuliers alors on ne peut pas tout faire avec lui. C’est pas aussi drôle avec lui, on est toujours obligé de l’attendre, etc.

Pour les ascenseurs, au collège et au lycée, il fallait une clé. Aujourd’hui encore dans bon nombre d’endroits, l’accès aux ascenseurs, quand ils existent, est limité. Il faut une clé ou un code ou un pass magnétique, je ne peux donc pas les utiliser quand je ne l’ai pas ; ou alors ils sont cachés et il faut les connaître pour les utiliser ; ou encore ils sont à des km et il faut comparer les bénéfices d’un ascenseur à des km et ceux d’un escalier juste là. Tout ça (la clé, la cache, l’éloignement) parce que forcément sinon, il serait utilisé par tout le monde. Mais pourquoi ne peut-on pas dès le début faire un travail de sensibilisation ? Peut-être que ça éviterait qu’une fois adultes les gens décident de prendre l’ascenseur par confort (je vous laisse aller lire ce que David raconte par là), sans se soucier des priorités logiques.  (Pourquoi l’autre jour c’est moi -avec mon handicap invisible- qui ait dû sortir de l’ascenseur parce qu’il était trop chargé et pas la dernière personne avec sa grosse valise qui a fait un forcing pour rentrer ?) (je suis sortie parce que sinon on y serait toujours.) Peut-être que ça sensibiliserait au fait qu’il n’y a pas que les personnes en fauteuil qui ne peuvent pas monter les escaliers. Même si parfois ça ne se voit pas ou peu. Peut-être que ça sensibiliserait tout doucement et simplement au handicap invisible. (Bon, évidemment, il faudrait un travail de sensibilisation pour accompagner parce que sinon « Bouh la tricheuse ! »

Conclusion 1 : Peut-être qu’une accessibilité mieux faite pourrait construire une société plus ouverte.

Conclusion 2, beaucoup plus générale, concernant le fonctionnement global de la société actuelle : peut-être qu’il faudrait arrêter de construire la société en cachant les causes possibles de délits (au sens figuré comme au sens propre) mais plutôt en éduquant à ne pas faire ce délit. Ça s’appelle la prévention en fait. La prévention par l’éducation au lieu de la prévention par l’occultation.

(J’ai encore beaucoup à dire concernant le domaine de l’accessibilité… Le sujet n’est pas près de se tarir.)

Sortir du cercle vicieux

Sachant que je fais constamment l’éloge de « la part du colibri » ce serait abusé de ne rien faire… Et en plus, l’idée d’être empêché d’un projet (en particulier dans les études) par l’argent ça m’énerve… Donc voilà. Si vous pouviez au moins le lire, voire – soyons fous – participer à la cagnotte. (Certes, vous ne la connaissez pas… Moi non plus. Mais avec un peu d’imagination vous pouvez en faire un symbole de revanche contre cette société capitaliste qui marche sur la tête, ou bien un symbole de votre première action « reconnue » de colibri, ou bien un symbole de votre envie de promouvoir la naturopathie… Bref, soyons inventifs ! 🙂 )

Le problème de la réorientation, lorsqu’on est en recherche d’emploi, c’est que ça nous rend dépendant de trop de facteurs : Le bon vouloir de Pôle Emploi, de Cap Emploi ou d’autres organismes comme l’Agefiph : ils ont généralement leur propre carnet de formations, choisies en fonction de secteurs qu’ils jugent porteurs, et ça s’arrête […]

via Une cagnotte pour tenter de sortir la tête de l’eau ? — Une diplômée dans la ville

Les soldes, un plaisir ?

Chaque été c’est la même chose, chaque été je re-découvre les difficultés que j’ai à m’habiller et chaque année je re-découvre que vouloir faire les soldes ne me fait pas du bien, en fait…

En hiver, maintenant ça se passe plutôt bien : pas besoin de se poser de questions, c’est normal de porter des jeans en hiver. J’ai même quelques pantalons « autres » (de couleur marron surtout). Pour les hauts aussi c’est assez simple, je n’ai pas de mal à trouver des t-shirts qui me conviennent et avec des jeans ce n’est pas difficile à assortir. En plus, j’adore les pulls et gilets. Bref en hiver tout va bien.

Mais dès qu’arrive la saison de l’été avec les températures chaudes le casse-tête commence : je cumule les problèmes.

  • La visibilité des attelles

Je n’aime pas montrer mes attelles et pourtant j’en ai besoin la plus grande partie du temps. Il faut donc que je trouve des habits légers (pour ne pas trop mourir de chaud) qui les cachent. Pendant plusieurs années cette recherche était difficile, tout ce que je trouvais ne me plaisait pas ou me semblait vieillot / démodé. ça s’améliore parce que la mode des pantalons « fluides » se répand. J’ai maintenant 3 pantalons de ce style qui me plaisent beaucoup. Ajoutons à cela 2 autres pantalons au tissu léger et une sorte de jean d’été (tissu jean gris clair et forme plus aérée) plus anciens qui correspondent certainement moins au canon de la mode mais que j’aime personnellement tellement et qui sont si confortables que j’arrive à dépasser cette idée. Ensuite, un pantalon blanc très léger mais que je n’arrive plus à mettre parce que j’ai trop peur de le salir et 2 autres pantalons au tissu léger marron, que je n’aime pas mettre car j’ai l’impression d’être un sac à patates. Il faudrait que j’arrête de les garder en pensant qu’un jour ils me serviront… (Pour la mi-saison j’ai aussi un pantalon noir au tissu assez souple, mais c’est quand même trop chaud pour être mis en été.) Pendant longtemps, même en dehors de la question des attelles je détestais les shorts parce que je détestais mes jambes, depuis le lycée ça va beaucoup mieux : j’ai 4 shorts (1 gris, 1 écru et 2 marron) et un pantacourt (marron). Évidemment je ne les porte que lorsque que je n’ai pas mes attelles OU lorsque je suis en famille (depuis 2-3 ans j’arrive à ce que mes attelles soient visibles quand je suis en famille, comme si le fait d’être accompagnée m’offrait une protection aux regards… Enfin, c’est surtout que ça me permet de penser à autre chose qu’à ça…) J’ai aussi quelques jupes : une courte (donc même configuration que les shorts), deux mi-longues (qui laissent les attelles un peu visibles pour qui m’observe attentivement mais ça ne saute pas aux yeux donc ça va) et des robes (la plupart sont courtes.)

  • L’harmonie vêtements-chaussures

Pour les jupes et les robes, qu’elles montrent ou pas les attelles je suis gênée par les chaussures : je trouve que jupe / robe + converses c’est moche. Ma mère m’a soutenu plusieurs fois l’inverse. Sauf que, sans être totalement à côté de la plaque, ce n’est pas non plus une experte en matière de mode ET elle pourrait dire ça pour me décomplexer. Ça ne me convainc donc pas du tout ! (Je suis une grande complexée des robes, il y a tellement de belles robes, mais je ne les mettrais jamais, à quoi ça me servirait ?!)

Mais comme si ça ne suffisait pas il n’y a pas que les vêtements du bas qui me posent question, les hauts aussi !

  • Un problème d’assurance : sur les autres OUI, sur moi NON

Le nombre de t-shirts où je me dis « oh c’est super beau… mais jamais je n’oserais porter ça » quand je le vois en magasin ou sur internet OU  « ouah j’aime beaucoup son t-shirt… mais ça ne m’ira jamais » est faramineux. Je ne mets pas de débardeurs à fines bretelles car je trouve que ça me fait de grosses épaules, et PIRE je n’arrive pas à me dire que je pourrais porter un t-shirt avec certains motifs. Comme si ça faisait enfantin / ridicule / pas sérieux. Par exemple celui-là que je trouve pourtant super beau (la page de mon panier reste ouverte dans l’attente de mon paiement) et aussi tous ceux-là. Pourtant il y a bien des gens qui les portent ! Et à chaque fois que je les vois, je me dis qu’ils sont beaux, ça devrait suffire… Bref… (ça vous semble ridicule ces dessins ?)

  • Problèmes de confort et de facilité

Le confort est primordial dans mon choix de vêtements, ce qui ne colle pas toujours avec la mode ni même avec mes goûts : je ne porte pas de bustiers ou t-shirts sans épaules parce que je trouve ça inconfortable mais je trouve ça tellement beau ! La facilité d’utilisation aussi : si je ne peux pas enfiler un t-shirt toute seule ou que j’y passe 10 minutes parce que je me perds dedans, c’est inutile de l’acheter ! J’accepte ces deux faits assez facilement, ça ajoute juste des contraintes qui font que j’ai l’impression que je ne pourrais jamais ressembler aux filles bien habillées que j’admire.

  • A tous ces problèmes sus-cités qui relèvent plus du physique s’ajoutent deux problèmes plus psycho-éthiques.

Entre des finances non extensibles et une philosophie de vie qui s’oppose à la sur-consommation, mes parents m’ont toujours poussé à réfléchir chaque achat : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? est-ce que je suis vraiment sûre qu’il me plait que je vais le mettre ? Combien d’argent je suis prête à y mettre ? A chaque fois que j’ai envie d’acheter des vêtements pour me faire plaisir je suis donc rattrapée par une sorte de culpabilité de dépenser. Et comme j’ai en même temps envie d’acheter de manière plus éthique… c’est plus cher ! Bonjour le cercle vicieux… C’est pour ça que mes parents nous emmenaient plutôt dans des friperies / brocantes / à Emmaüs : on n’achète un vêtement en seconde vie donc on ne participe pas à la demande…  Sauf que du coup, on trouve plus difficilement encore ce que l’on recherche exactement… Re-bonjour cercle vicieux. Ça a aussi participé à mon complexe d’être démodée… Quand tu n’as pas des vêtements neufs et de marque, c’est forcément nul… C’est difficile de se défaire de cette idée qui a été si souvent soulignée.

Pour finir, je n’aime pas faire les magasins quand il y a plein de monde : faire les magasins c’est déjà fatiguant parce qu’on piétine beaucoup, avec le monde c’est pire. Donc je fais sur internet. Sauf que du coup, je ne peux pas essayer : donc je me décourage d’autant plus. (Et si je me trompais de taille, et si ça ne m’allait pas vraiment ? Et 10 euros de taxe c’est tellement abusé…)

(L’état de ma page internet est un bon résumé : après avoir supprimé trois articles sur 5, j’ai fermé l’onglet modetic et j’ai la page de Bonobo en attente mais elle va suivre le même chemin. (Si j’ai le courage j’irais voir direct en magasin.))

Ne pas acheter est encore la meilleure manière de faire des économies… C’est aussi le meilleur moyen de ne pas avoir une garde-robe qui me convient vraiment.

Chaque été je redécouvre cette déception – frustration après m’être dit « Oh, cette année je m’achèterais bien un t-shirt pour remplacer celui-ci et un t-shirt de plus qui puisse aller avec ce pantalon ». Ça va se finir par un achat en période hors-soldes si j’ai un coup de cœur en passant : donc cher et non-éthique, formidable, je m’exaspère.

Certes, ce n’est que de l’apparence, c’est pas très important. Sauf que les vêtements sont quand même importants pour se sentir bien. Et même si on s’en fout totalement (il fut un temps -lointain-, c’était mon cas, je mettais ce dans quoi j’étais bien, tout simplement) ce n’est pas le cas de la majorité dans la société actuelle… Donc ça nous retombe dessus. (Je suis déçue, quand même, de remarquer à quel point le regard des autres impacte sur mes décisions en terme d’habillage…)

Bref, pour la confiance en soi on repassera, pour le moment détente/bien-être aussi, et le plaisir des soldes tout ça, connaispas !

 

 

« Le Passeur » de Lois Lowry

ATTENTION : Je ne donnerai pas la quatrième de couverture, elle dit beaucoup trop à mon goût, il ne faut pas la lire avant d’avoir lu l’histoire (heureusement pour moi ce livre était dans la bibliothèque de ma soeur et je connaissais l’auteur, je me suis donc contentée des premières lignes pour décider de me plonger dedans.)

Dans ce qui suit je ne révèle absolument pas l’histoire, je donne juste le début et mon sentiment (très positif) pour donner envie de le lire !

C’est le deuxième livre de cet auteur que je lis, c’est le deuxième que j’apprécie grandement.

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source : Babelio

Le premier, L’Elue je l’ai lu il y a plusieurs années (au collège) j’en garde un bon souvenir. Un souvenir de réflexion, de réflexion philosophique, le souvenir d’une belle histoire, le souvenir d’une héroine à laquelle je me suis pas mal identifiée (une jeune fille handicapée à la jambe qui marche donc en boitant.)

 

Dans cette seconde histoire j’ai retrouvé un autre monde inventé, une autre belle histoire, une autre réflexion philosophique, un autre héros très intéressant (même si je ne m’y suis pas autant identifié, là n’est pas l’important…)

L’histoire

Cela se passe dans un village / une communauté appartenant au futur. Dans ce monde tout est réglé, codifié. Le matin on fait telle chose, le soir telle chose, en décembre il se passe tel évènement, à huit ans on fait tel truc et à neuf tel autre truc, quand une personne dit quelque chose on doit répondre une autre chose bien précise. Bref, tout est bien codifié pour le bien-être et la sécurité de tous. C’est tout poli / polissé / lisse / neutre / bienveillant.

Et donc, ce livre raconte l’histoire d’un garçon de onze ans dans ce monde.

Pourquoi j’ai aimé et pourquoi je le conseille ?

Pendant ma lecture j’ai pensé à Descartes et ses Méditations métaphysiques, à Platon aussi. J’ai pensé à tout plein de notion abordées en Terminale pendant mon cours de philosophie ( d’ailleurs j’ai regretté de ne pas l’avoir lu cette année-là ça aurait pu nourrir bon nombre de dissertations), je me suis posée énormément de questions, je me suis révoltée un peu aussi.

L’histoire est poétique, belle, juste (dans le sens de « bien-vue »), effrayante, triste… mais surtout très philosophique.

J’avais peur de la fin, peur d’être déçue, finalement je l’ai trouvée juste parfaite, bien à l’image de toute l’histoire. C’est assez admirable de la part de l’écrivaine d’avoir réussi à me contenter pour la fin. Parce que plus j’aime un contenu, plus il est facile de me décevoir 😉

Pour finir, je le conseille à toutes les personnes qui s’interrogent sur le futur, sur la perfection, sur le passé, sur le poids de l’histoire et sur le poids des mots, sur les émotions, sur l’importance des décisions et du choix, sur le hasard, sur les émotions… (à toutes les personnes qui se questionnent donc 😉 )

Je sais que comme L’Elue il est catégorisé littérature jeunesse mais il dépasse de loin ce cadre (j’ai envie de lire tous ses autres livres… Mais je vais me laisser le temps de digérer celui-là déjà !)