Petits bonheurs de novembre et de l’Avent

WordPress me dit que ça fait aujourd’hui 4 ans que j’ai commencé ce blog, 4 ans rien que ça… Fêter cet anniversaire avec un article de Petits bonheurs, me semble bien approprié et mérité 🙂

Pour la petite  histoire j’ai commencé à rédiger ces petits bonheurs un soir à la fin du mois du mois de novembre alors que, en pleine rédaction studieuse, j’ai remarqué en regardant par la fenêtre qu’il NEIGEAIT. J’ai commencé à écrire un article dédié tellement j’étais excitée comme une enfant à regarder les gros flocons tomber… (Même que j’ai tendu la main par la fenêtre et le flocon qui est tombé dedans n’a pas fondu tout de suite !!!)  J’étais tellement enthousiaste que j’imaginais déjà qu’il allait neiger toute la nuit et que la froideur de la nuit permettrait au tout de tenir un petit peu au sol… Incorrigible optimiste que je suis.

Finalement ça n’a pas duré bien longtemps, juste le temps de me donner envie d’écrire, de repenser aux petits bonheurs du mois passé (il y en a eu beaucoup, ce fut un bon mois malgré la charge de travail, le stress, la procrastination et la fatigue). Je me sentais un peu ridicule à écrire un article juste pour dire qu’il neigeait de gros flocons à Paris, l’intégrer dans des Petits bonheurs me paraissait plus … normal, sage, raisonnable. (Alors qu’on n’est bien d’accord rien ne devrait contraindre le bonheur à être sage, encore moins sur mon blog.)

Puis ça s’est arrêté, alors j’ai laissé tout en plan et repris ma tâche laborieuse, puis mangé puis… il s’est remis un peu à neiger… j’ai posé quelques petits nouveaux petits bonheurs et, alors que ça s’est arrêté de nouveau pour ne plus recommencer, j’ai relaissé en plan.

Ce qui est drôle c’est que le lendemain Renée-Lise, qui est au Canada, a écrit un article exactement sur le même sujet ! 🙂

Et donc, en plus de la neige qu’est-ce qui a enjolivé cette fin d’année ?

  • Il y a eu les petits bonheurs bien cachés dans les études :

la satisfaction de rendre un travail après avoir sué dessus (plus il y en a, plus il y a de satisfactions !) et la satisfaction des oraux qui suivent et se déroulent bien ; les anti-cafés, ce concept formidable ; le café pour se requinquer avant d’affronter le dernier cours de la (longue) journée.

  • Il y eu les petits bonheurs typiquement noëlesques :

Le Xmas addict Pomdepim grâce auquel je m’émerveille devant chaque décoration que je vois (autant dire que j’en vois partout)  et surtout grâce auquel je découvre chaque jour des décorations magnifiques du monde entier ; le calendrier de l’Avent avec Margot et Cordélia qui propose une vidéo par jour ; la recherche des cadeaux, ma sœur et ma mère au téléphone (pour les cadeaux, l’organisation de Noël, l’organisation d’après et tout le reste…)

  • Et encore d’autres petits bonheurs familiaux (et souvent gourmands) :

Une bonne journée avec bon repas (de l’aligot hmm), bonne musique et plein de bonnes nouvelles ; une autre bonne journée avec bon repas, bonnes nouvelles et discussions familiales. ; une naissance… (on verra le bébé à Noël ! 🙂 )

  • Il y a eu des petits bonheurs amicaux :

être invitée à deux soirées, je n’ai pu aller qu’à l’une des deux mais rien que le fait d’être invitée est pour moi très marquant et fort et je suis assez fière d’avoir réussi à dépasser mes peurs pour y aller. C’était pas ouf mais j’ai quand même fait une belle rencontre et je me suis surtout prouvée que oui, je pouvais avoir ma place dans une soirée ; apprendre qu’une amie a réussi son concours (elle le mérite tellement, je suis super heureuse par procuration) ; recevoir encore un mail de C.

  • Il y a eu plein de petits bonheurs culturels :

Novecento joué par André Dussollier, c’est une pure merveille ( au cas où ça ne serait pas clair : je conseille +++) ; Dans un recoin de ce monde au cinéma, un coup de cœur dont j’ai parlé ici ; étudier tout à côté du Louvre révèle parfois de belles surprises (on découvre de beaux endroits) ; une conférence bien intéressante au collège des Bernardins ; acheter et enfin lire Deux petits pas sur le sable mouillé d’Anne-Dauphine Julliand (ça fait longtemps que je voulais le lire, très longtemps, sans jamais oser de peur de tout ce que ferait remonter… C’est fait, je l’ai dévoré en un dimanche, comme attendu c’est très beau et très émouvant, comme attendu ça m’a beaucoup remuée.) ; l’exposition de la Fondation Vuitton (Être moderne : le MoMA à Paris) dont je retiens quelques oeuvres marquantes (j’ai un article bientôt prêt sur l’accessibilité de la fondation et l’expo aux PMR) et l’exposition de l’Institut du Monde Arabe, (Les Chrétiens d’Orient : deux mille ans d’histoire) très intéressante et bien présentée.

  • Pour finir, il y a eu évidemment des petits bonheurs très simples, faits de rien, la meilleure illustration de « il en faut peu pour être heureux » :

la lumière automnale qui donne une couleur dorée et douce à tout (surtout à l’arbre aux feuilles jaune dans la cour de derrière que je vois par la fenêtre) ; la recherche des cadeaux ; l’huile de noix de coco dans les cheveux, la crème aux pétales de rose sur les mains ; acheter plein (plein) de yogi tea ; mettre une guirlande à ma fenêtre ;  le soir écouter de la musique à la lumière d’une bougie (ça fait scintiller la guirlande c’est magnifique…) Ce soir à la lumière d’une bougie… C’est le top de cette catégorie (avec la neige.)

Un article de petits bonheurs pour 4 ans de blog, de la neige au début et de la neige à la fin, des jolies choses à aller voir à Paris ou sur le Net pour attendre Noël (ou pour occuper ses vacances et se remonter le moral si vous n’aimez pas cette période… ) Cet article est absolument parfait pour finir cette année. En effet, cette semaine je me déconnecte pour les vacances jusqu’à début janvier. Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes avec. de l’amour, de la joie, du bonheur. (Si vous en manquez, considérez que cet article, et surtout cette phrase, en est une distribution pour vous.)

 

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Tag de Noël

Je continue donc mon rythme de publication effrené.  (Au pire, vous lirez quand vous aurez le temps ou vous découvrirez au hasard dans longtemps… Comme d’habitude finalement…) (Voilà il m’a fallu un sondage -avec 1 résultat- pour réaliser ça… Ahah)

Récemment, Pomdepin a fait un tag de Noël qui m’a bien plu, alors je le reprend. En plus ça y est c’est dans moins d’un mois, il faut bien se mettre dans le bain ! D’ailleurs les décorations commencent à apparaitre et illuminer la ville… (et une fois n’est pas coutume j’ai déjà commencé à acheter les cadeaux !)

Bref, c’est parti !

 

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Traineau naviguant sur la glace, Andries Vermeulen, huile sur toile, 1790-1814, conservée au Rijksmusueum d’Amsterdam (image libre de droit) (Le titre est une traduction aproximative du néérlandais aidée par Reverso…) NB : Toutes les images de ce musée sont libres de droits et peuvent être retouchées et réutilisées à l’infini.

1- Votre tradition de Noël préférée ? Les grandes tablées familiales.

2- Vrai ou faux sapin ? Vrai, pour l’odeur du sapin et pour le plaisir d’en avoir un différent chaque année.

3- Votre film de Noël préféré ? L’étrange Noël de Mr Jack de Tim Burton (The Nigthmare before Christmas que je préfère d’ailleurs de loin dans sa version originale) (ou Le Père Noël est une ordure… Mais c’est moins original…)

4- Votre chanson de Noël préfèrée ? J’en ai pas. Certes, ça casse un peu l’ambiance, bon… La BO de Mr Jack ! (un extrait ici)

5- Votre gourmandise de Noël préfèrée ? J’ai eu du mal à me détacher de l’idée des marrons glacés, (je suis ardéchoise de coeur, ne l’oublions pas, et c’est teeellement bon) j’ai bien cru que je ne trouverais pas et que je serais obligée de copier Pomdepin …. Mais, finalement, les truffes au chocolat, ça se défend très bien !

6- Le meilleur cadeau que vous ayez jamais reçu ? Trop difficile de choisir, je ne sais paaaas. Peut-être bien le déguisement de fée, avec une robe de fée, un chapeau pointu de fée et une baguette magique de fée, tout ça fait-main, évidemment.

7- Et le pire ? Un monopoly… On a osé m’offrir un monopoly alors que je déteste ça ! (Pourtant j’ai essayé mais je suis assez hérmétique à l’objectif, l’intérêt, l’esprit du jeu…)

8- Le meilleur cadeau que vous ayez fait ? Un livre avec une super belle dédicace d’Enki Bilal (j’étais tellement contente d’être à Paris ce jour-là !)

9Et le pire, celui où vous avez fait un flop complet ? La boite à énigmes médiévales, je crois bien qu’elle n’a jamais été ouverte. Bon, ce qui est rassurant c’est que j’avais bien l’impression de manquer d’inspiration sur ce coup-là.

10- L’endroit rêvé pour passer Noël ? En famille. (Quoi c’est pas un endroit ?)

11- Un souvenir d’enfance de Noël ? Celui qui me vient immédiatement c’est le Noël de mes 10 ans. On n’a pas pu aller en famille cette année-là, pour se consoler on a fait les choses bien : un repas aux chandelles, des ravioles et une charlotte aux fruits rouges. C’était très bien !!! 🙂

12- Les cadeaux, le 24 ou le 25 ? Les 2. L’un avec la famille maternelle, l’autre avec la famille paternelle et en bonus un autre jour encore indéterminé pour la fête en petit comité.

13- Un mot (et un seul) pour décrire Noël ? Fête.

14- Un voeu pour ce Noël ? Que ma grand-mère ne soit pas trop paniquée par le monde (et le bruit et le temps qui passe…) et puisse profiter du moment.

 

Garder le contact…

J’en ai déjà parlé ici plusieurs fois. Pour moi l’amitié et surtout la durabilité de celle-ci dans le temps c’est compliqué. (Si vous ne voyez pas de quoi je parle je vous laisse cliquer sur le tag amitié, il y a pléthore de lectures…) (J’en ai profité pour en relire certains… Ouah, ça fait du bien…)

C’est encore plus compliqué quand il y a de la distance géographique qui s’ajoute au temps qui passe. Et encore plus compliqué quand de la souffrance se surajoute.

(Attention cet article est assez triste, à ne pas lire si vous avez le cafard… Le plus important c’est la conclusion que je résume ici : c’est important de donner / demander des nouvelles aux gens qu’on aime même s’ils ne répondent pas. Parce que ce n’est pas forcément volontaire et qu’ils sont potentiellement très seuls, dans ce cas votre message leur fera potentiellement du bien. Même s’ils ne répondent pas. « Pas de nouvelles bonnes nouvelles », c’est vrai parfois, mais c’est surtout le meilleur moyen de se donner conscience tranquille. )

J’ai inconsciemment beaucoup réfléchi à ça cet été. Parce que, avec ma grande amie d’enfance, C., ça fait plusieurs années que c’est compliqué. C’est ma première amie d’enfance, nous nous sommes connues à la maternelle et plus quittées ensuite jusqu’au collège. Nous étions très proches. Chacune donnait à l’autre ce qu’elle avait besoin (de la douceur / de l’attention / de l’écoute / de la bonne humeur), chacune comprenait ce que voulait dire et impliquait le mot handicap, chacune n’en avait rien à faire des apparences. Aucune n’avait peur de la différence. Bref, nous nous sommes bien trouvées, nous étions les meilleures amies du monde.

Mais là dessus nous avons grandi et le temps à passé. D’un côté, elle se faisait d’autres copains et copines alors que moi j’y peinais toujours autant.  De l’autre ses parents se sont séparés alors que les miens formaient toujours un couple soudé. En plus, en grandissant, nos expériences de ce handicap ont varié : elle le vivait en tant que proche, moi en tant que directement concernée, et par ailleurs, nous avons aussi pris conscience que le mot « handicap » qui nous avait soudé recouvrait différentes réalités : moi c’était destiné à aller vers le mieux, pour son frère c’était l’extrême inverse…. Puis un  de mes proches a été a malade, nouveau changement, une souffrance en plus, à prendre en compte de part et d’autre. Nous avions chacune de plus de mal à comprendre ce que vivait l’autre. Cependant, jusqu’au collège ça a tenu bon.

En 5° j’ai déménagé à plusieurs centaines de km de là, promesses d’amitié pour la vie (qui n’en a pas fait ?) promesses de visites. Là encore, ça a tenu bon, au moyen d’une correspondance épistolaire régulière (eh oui, internet n’était pas encore si développé !) et de visites chez elle. Il y a eu des déceptions C’était très difficile pour elle de quitter sa maison, j’ai mis du temps à comprendre et  accepter que son amitié pour moi ne pouvait pas égaler/dépasser son amour pour son frère au point de dépasser cette peur. Mais j’ai laissé ça de côté et ça a tenu, encore. Je suis allée la voir et le fait est que quand je lui envoyait de longs mails en 3° et 2nde parce que je n’allais pas bien et que je n’avais que ça à faire pour occupper ma solitude, elle a toujours répondu présente.

C’est pourtant là, je crois, que l’écart a commencé à se creuser. Et c’est juste après qu’il s’est matérialisé. Au lycée, j’allais moins souvent la voir et il y a la crise d’ado qu’elle a faite et pas moi. Il y a les nouvelles copines qui font aussi cette crise d’ado. Il y a toutes les expériences que nous n’avons pas pu vivre ensemble et qui changeaient notre vision du monde. Et il y a ce fossé de souffrance qui se creusait. Ma famille allait de nouveau bien, très bien, tandis que dans la sienne ça continuait à dégringoler. Forcément, elle s’est trouvé d’autres amies plus proches géographiquement qui pouvaient mieux la comprendre et la soutenir au quotidien. Mais moi j’avais du mal à m’en détacher. Et j’étais inquiète et elle ne répondait pas à cette inquiétude.

Au bout d’un moment qu’elle me renvoyait l’image d’aller si bien, alors que moi j’avais l’impression inverse, je l’ai crue. J’ai cru que cette impression venait du fait que moi-même je n’allais pas si bien et que je faisais une sorte de transfert, comme si j’avais envie qu’elle aille mal parce que j’allais mal. Ou que j’avais envie qu’elle aille mal parce que j’avais gardé l’image d’une fille qui allait mal. Et puis j’avais aussi l’impression d’un déséquilibre : forcément dans mes longs mails de solitude je lui faisais beaucoup de confidences, je m’ouvrais beaucoup à elle, elle en face me rassurait, me consolait, mais ne faisait pas autant de confidences sur elle. C’était donc difficile pour moi de savoir comment elle allait vraiment. Parfois j’étais plus insistante, plus explicite dans mes inquiétudes, elle n’y répondait pas. Elle répondait « à côté de la plaque », au reste du mail mais pas celle-là, comme si elle n’avait jamais existé. Elle me disait je vais bien. Elle me parlait de ses voyages, de ses sorties, de ses loisirs. J’ai donc tu mes inquiétudes et décidé de lui faire confiance : elle va bien, c’est super, je me réjouis pour elle.

Et ayant de nouvelles amies moi aussi, j’ai pris de la distance, j’ai suivi son attitude, je me suis détachée. J’ai décidé que je lui donnerai autant que ce qu’elle me donnerait, pas plus, pas moins. Un mail = un mail. En fait, j’ai surtout calqué le fonctionnement de mes autres amitiés sur celle-ci. C’est une époque où je réfléchissais aux amitiés toxiques, je me rappelais cette « copine » qui m’avait vampirisée sans donner de contre-partie et j’avais l’impression que c’était la même chose quand j’écrivais de longs mails auxquels elle ne répondait qu’à moitié, voire auxquels elle ne répondait pas du tout, quand j’étais sans cesse à faire le premier pas, j’ai pensé que finalement elle ne tenait plus à moi, qu’elle avait d’autres amies et donc n’avait plus/pas besoin de moi. Dire un mail = un mail était tellement plus facile.

Je ne saurais  jamais si certaines de mes inquiétudes étaient fondées (a-t-elle eu, comme je le pense, un trouble du comportement alimentaire qui a été stoppé avant que ça ne soit trop alarmant/trop tard ?) Je ne saurais jamais si il y a vraiment une époque où elle allait bien et que je m’inquiétais dans le vide. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que ce n’est plus le cas. Elle donne toujours cette impression dans ses (très rares) messages mais tous les autres signaux que je reçois me disent le contraire. Elle ne sait pas où elle est, elle ne sait pas où elle va.

J’en ai parlé avec ma sœur aussi, cet été. Elle est amie avec son frère, ils se voient et s’écrivent encore de temps en temps. Mais elle aussi a du mal à savoir où placer le curseur : je m’inquiète trop / je ne donne pas assez de nouvelles. Elle aussi a du mal à redonner encore des nouvelles même si elle n’en reçoit pas. Mais parfois elle en a. Et ces rares fois lui renvoient l’image de quelqu’un et d’une famille qui ne va pas bien. De quelqu’un et d’une famille qui est isolée. Elle a l’impression que nous sommes parmi leurs rares amis. Alors elle a conclu que même si c’est dur c’est important. Important d’envoyer des nouvelles et d’en demander. Pour garder le contact, juste garder le contact. Pour dire qu’on pense à eux, parce que oui, on pense à eux. Pour qu’ils se sentent moins seuls. Pour creuser un peu moins le fossé, au moins un tout petit peu moins.

Toutefois, nous savons que la mère va très mal, elle a vu le père et le fils, qui semblent donc isolés et n’aller pas si bien, elle ne l’a pas vue elle. Peut-on généraliser ? Mais comment pourrait-elle aller bien alors que tout va mal autour ? Même si elle s’est maintenant éloignée géographiquement ça me semble difficile. Ce toutefois est une sorte de déni, en fait…

Alors maintenant que je me sens beaucoup plus stable en amitié, j’ai refait un premier pas. J’ai renvoyé un mail, j’espère recevoir un mail de réponse, mais peut-être que ça ne sera pas le cas. Tant pis, dans quelques mois, quand je penserais de nouveau fort à elle, je lui en reverrait un. Parce que de toute façon je ne pourrai pas m’empêcher de penser fort à elle et parce que ce n’est pas parce qu’elle ne répond pas que ça ne lui est pas important. Si ça se trouve elle ne sait juste pas quoi répondre, parce que le fossé s’est creusé et qu’il lui semble insurmontable et parce que quand ça va mal, parfois on a pas grand chose à dire (et tout semble plus insurmontable encore). Surtout quand on veut faire semblant. Je vais continuer de lui envoyer des mails de temps en temps et peut-être un jour j’aurais une réponse. Peut-être qu’un jour j’aurais la preuve que ça aura servi à quelque chose.

Parce que ma grande peur c’est d’apprendre qu’elle va très mal et que je n’ai pas été là, que personne n’a été là. Parce que je ne sais pas actuellement qui elle a autour d’elle. Maintenant qu’elle aussi a déménagé pour ses études, maintenant qu’elle aussi est partie de chez ses parents, qui reste-t-il de ses anciens amis ? Parle-t-elle aux nouveaux de sa famille ? Et qui peut comprendre tout ce qu’elle a vécu, ce qu’elle vit ? Peut-être qu’il y en a, mais je ne le sais pas. Je n’ai aucun signe ni dans un sens ni dans l’autre et aucun moyen de le savoir.

Ce dont ma sœur a le plus peur, c’est de ne pas  être mise au courant quand finalement ça arrivera. Parce que oui, un jour, dans pas si longtemps sûrement, quelques années tout au plus, il mourra. Il n’est pas si vieux, mais pourtant il l’est. Quand elle m’a dit ça je me suis écriée qu’il n’y avait pas de raison, que bien sûr que si. Elle le connait, je la connais, ses parents connaissent mes parents et ils ont toutes nos coordonnées. Mais au fond, moi aussi j’ai peur. Parce que si nous ne gardons pas contact, pourquoi le feraient-ils ? Parce qu’ils connaissent tous les membres de la famille et que nous avons été amis plus de 10 ans ? Parce que nous avons été parmi leurs premiers et plus fidèles amis pendant longtemps ? C’est tentant de penser comme ça. Mais tellement facile. Pourquoi ce serait à eux de faire l’effort dans un moment si difficile ? Ils auront autre chose à faire que de rechercher les coordonnées de tous leurs anciens amis ce jour-là. Alors, oui, moi aussi ça me fait peur, moi aussi j’y avais déjà pensé.

Alors certes, envoyer ces mails sans recevoir de réponse, c’est un peu coûteux, et ça fait un peu mal à chaque fois. Parce que ça renvoie en arrière ; parce que ça signifie que le fossé est toujours là, toujours aussi grand ; parce que ça veut dire que potentiellement elle va toujours aussi mal en faisant semblant ; parce que je ne sais pas l’effet que ça lui fait ; parce que je ne sais pas quoi dire vraiment. Mais au moins quand ça arrivera et qu’ils nous le diront j’aurais un peu moins mal, un peu moins de regrets. C’est un peu égoïste, c’est un peu se donner la conscience tranquille tous les 3 mois, mais au moins ça aura servi à quelque chose.  Et je continue d’espérer que ça lui fait du bien, au moins un tout petit peu.

C’est aussi tout ce que j’ai pu lire par ici qui m’a fait y réfléchir… Tous ces gens qui racontent que la maladie / la différence les a isolés. Que d’un coup il y a des tas de gens qui ne leur ont plus donné de nouvelles. Je n’ai pas envie qu’eux vivent ça, et pourtant, manifestement ils le vivent  déjà. Je n’ai pas envie de faire partie de ces gens-là. Malheureusement je ne peux pas réduire la distance géographique. Mais je peux dire que je suis là.

Alors oui, je vais continuer à envoyer ces mails, même si elle ne répond pas. Parce que c’est important de dire que je suis toujours là et pense à elle, à eux. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, c’est juste le plus grand mensonge de l’univers. Pas de nouvelles c’est juste pas nouvelles.

« Le soleil est pour toi » de Jandy Nelson

Une nouvelle lecture, une nouvelle bonne surprise. (De manière générale j’aime beaucoup scripto. Il y a des maisons d’éditions  comme ça, qui ne me déçoivent pas… (je n’ai pas de conflits d’intérêts, ce billet est totalement libre !))

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source : priceminister

Encore une fois, je préfère vous faire mon propre résumé :

Il s’agit d’une famille : un père, une mère, un garçon et une fille – des jumeaux. Le récit se fait alternativement par les yeux du garçon, Noah, 13 ans et demi, et par les yeux de la fille, Jude, presque 3 ans plus tard (à 16 ans donc, si vous suivez bien).

Les deux jumeaux ont des caractères très différents et sont pourtant très proches. Ils ont deux visions différentes, deux manières de s’exprimer différentes et pourtant se comprennent très bien. Un lien très fort les unit : ils sont jumeaux. (Je me répète un peu…)

Au fil du récit, on s’installe dans les pensées de Jude et de Noah, ceux-ci nous apprennent chacun à leur manière les évènements qui bouleversent ou ont bouleversé leur vie. Noah parle du présent, Jude entremêle son présent avec le passé qui la hante, ainsi s’entremêlent leurs vies, leurs récits, leurs vécus, leurs visions … différents mais parallèles.

Au fil du récit on découvre ce qui les sépare / ce qui les a séparé peu à peu.

Pour finir, ça a peut-être de l’importance pour certains, ça se passe aux États-Unis, sur la côte (Est ou Ouest je ne sais plus…), tout proche de l’océan.

Ce que j’en ai pensé :

J’ai beaucoup aimé cette écriture alternante. J’ai beaucoup aimé me plonger dans la peau des personnages. Il m’a fallu cependant un certain temps d’adaptation, je n’ai pas accroché tout de suite. J’ai bien aimé la vision poétique du monde qu’ils ont chacun (je me suis sentie plus rapidement proche du monde de Noah). J’aime beaucoup leur manière d’analyser / d’exprimer leurs sentiments.  J’ai beaucoup aimé la folie des personnages, leur passé torturé.

Bon et puis, soyons honnêtes, c’est entre autres l’histoire d’un drame familial et j’aime bien lire des histoires de drame familial. (Pourquoi ? Je ne sais…)

C’est aussi des histoires d’amour, ça ce n’est pas trop mon truc mais ça parle de  l’apprivoisement des sentiments, et ça me parle déjà plus. Mais aussi l’acceptation et le choix (ou non choix) de sa vie, ça aussi ça me parle. C’est aussi l’histoire de personnages qui se cherchent et se découvrent, qui mentent – aux autres mais aussi à eux-mêmes – qui n’osent pas parler, n’osent pas se montrer tels qu’ils sont…. ça encore ça me parle. (Le dernier épisode est tout récent… c’est ici)

Pourtant, malgré tous ces ingrédients que j’aime, j’ai failli abandonner.

Parce que les chapitres sont trop longs pour moi. Je préfère m’arrêter à la fin d’un chapitre, or là si j’attends la fin du chapitre… Je lis trop longtemps ! C’est dû au souhait de l’écrivaine de faire alterner les voix de Jude et de Noah, et forcément pour que ça ait un sens et qu’on ne s’y perde pas, il faut raconter tout un évènement… et donc c’est long. Je pense que le livre aurait gagné à être découpé en parties puis chapitres, ou chapitres et sous-chapitres…

Parce qu’ il m’a fallu un certain temps pour entrer dans le monde de Jude mais aussi pour « accepter » l’écriture attachée à Noah. (Question de traduction ou du style de l’écrivaine ?) Il m’a fallu aussi un certain temps pour me détacher de ce que j’avais lu en quatrième de couverture. (Ne lisez donc pas la quatrième de couverture 🙂 ) J’attendais quelque chose qui ne venait pas. Il y a eu mésentente entre la quatrième de couverture et moi. Ou alors l’éditeur et moi n’avons pas la même vision de l’histoire. Ou alors la quatrième de couverture va beaucoup trop loin dans l’histoire…

Cependant, j’ai bien fait de m’accrocher, j’ai finalement été happée par l’histoire, par les personnages, par leurs sentiments. J’en ai beaucoup retiré à propos de la vérité et du mensonge, du cours de la vie, du choix et non-choix, du rapport aux autres.

Je suis contente de m’être accrochée même si ça m’a fait aussi un peu peur et mal. C’est poétique et plein d’amour. Mais aussi plein (plein) de douleur, de haine et de tristesse. Je vais mettre un petit temps à m’en remettre je crois. (Bref, il faut avoir le cœur bien accroché quand on commence, je crois.)

« Le Passeur » de Lois Lowry

ATTENTION : Je ne donnerai pas la quatrième de couverture, elle dit beaucoup trop à mon goût, il ne faut pas la lire avant d’avoir lu l’histoire (heureusement pour moi ce livre était dans la bibliothèque de ma soeur et je connaissais l’auteur, je me suis donc contentée des premières lignes pour décider de me plonger dedans.)

Dans ce qui suit je ne révèle absolument pas l’histoire, je donne juste le début et mon sentiment (très positif) pour donner envie de le lire !

C’est le deuxième livre de cet auteur que je lis, c’est le deuxième que j’apprécie grandement.

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source : Babelio

Le premier, L’Elue je l’ai lu il y a plusieurs années (au collège) j’en garde un bon souvenir. Un souvenir de réflexion, de réflexion philosophique, le souvenir d’une belle histoire, le souvenir d’une héroine à laquelle je me suis pas mal identifiée (une jeune fille handicapée à la jambe qui marche donc en boitant.)

 

Dans cette seconde histoire j’ai retrouvé un autre monde inventé, une autre belle histoire, une autre réflexion philosophique, un autre héros très intéressant (même si je ne m’y suis pas autant identifié, là n’est pas l’important…)

L’histoire

Cela se passe dans un village / une communauté appartenant au futur. Dans ce monde tout est réglé, codifié. Le matin on fait telle chose, le soir telle chose, en décembre il se passe tel évènement, à huit ans on fait tel truc et à neuf tel autre truc, quand une personne dit quelque chose on doit répondre une autre chose bien précise. Bref, tout est bien codifié pour le bien-être et la sécurité de tous. C’est tout poli / polissé / lisse / neutre / bienveillant.

Et donc, ce livre raconte l’histoire d’un garçon de onze ans dans ce monde.

Pourquoi j’ai aimé et pourquoi je le conseille ?

Pendant ma lecture j’ai pensé à Descartes et ses Méditations métaphysiques, à Platon aussi. J’ai pensé à tout plein de notion abordées en Terminale pendant mon cours de philosophie ( d’ailleurs j’ai regretté de ne pas l’avoir lu cette année-là ça aurait pu nourrir bon nombre de dissertations), je me suis posée énormément de questions, je me suis révoltée un peu aussi.

L’histoire est poétique, belle, juste (dans le sens de « bien-vue »), effrayante, triste… mais surtout très philosophique.

J’avais peur de la fin, peur d’être déçue, finalement je l’ai trouvée juste parfaite, bien à l’image de toute l’histoire. C’est assez admirable de la part de l’écrivaine d’avoir réussi à me contenter pour la fin. Parce que plus j’aime un contenu, plus il est facile de me décevoir 😉

Pour finir, je le conseille à toutes les personnes qui s’interrogent sur le futur, sur la perfection, sur le passé, sur le poids de l’histoire et sur le poids des mots, sur les émotions, sur l’importance des décisions et du choix, sur le hasard, sur les émotions… (à toutes les personnes qui se questionnent donc 😉 )

Je sais que comme L’Elue il est catégorisé littérature jeunesse mais il dépasse de loin ce cadre (j’ai envie de lire tous ses autres livres… Mais je vais me laisser le temps de digérer celui-là déjà !)