Première expérience chez l’ostéopathe

Ça fait un certain temps que j’en entendais parler dans mon entourage, un certain temps que j’en entendais les bienfaits et que je voulais tenter l’expérience tout en hésitant.

Il faut bien l’avouer j’avais un peu peur.

D’abord parce que je ne vais pas tant que ça chez le médecin et que je ne suis jamais à l’aise lors des premiers contacts pour expliquer mon handicap (même dans le milieu médical certains ne connaissent pas l’IMC ou alors quand ils le connaissent ils peuvent réagir en disant « ah oui mais ça aurait pu être bien plus grave… Vous avez de la chance ». NB : Je le sais, pas besoin de ton avis, pas venue pour ça. ) Je peux dire l’origine sans problème mais cela n’explique pas par le menu toutes les conséquences que cela comporte, or je ne peux pas les donner vu que je ne suis pas médecin ! Je connais certaines choses, des trucs conseillés ou au contraire contre indiqués, mais certainement pas tout ! C’est donc important que celui qui me prenne en charge connaisse la pathologie.

J’avais aussi peur que l’ostéopathe modifie quelque chose qui « empire » la situation. Je m’explique : je sais que l’IMC a pour conséquence de me faire favoriser certaines postures qui peuvent être considérées à première vue comme mauvaises mais parfois c’est le seul moyen que mon corps a trouvé pour fonctionner. Parfois cela a même pu entrainer des déformations osseuses (mes pieds plats par exemple.) Je craignais donc que l’ostéopathe modifie quelque chose qui était pour moi primordial pour fonctionner. C’est peut-être irraisonné et impossible, aucune idée. (Mais ce n’est pas en demandant à un médecin ou kiné conventionnels que je vais avoir la réponse ^^)

Bref, avec toutes ces craintes, j’ai fini par me décider pour aller chez l’ostéopathe familial réputé très doux et à l’écoute. Ma mère m’a un peu poussé, elle ne semblait pas partager ces craintes et en plus, j’ai lu plusieurs témoignages de personnes IMC allant régulièrement chez l’ostéo et ça n’avait pas l’air de leur poser problème.

Bilan des courses : c’était très bien !

1° bon point, il connaissait l’IMC et n’a fait aucun jugement. 2° bon point, il était effectivement très doux et à l’écoute. Il ne cherchait absolument pas à forcer.

Ça m’a procuré un moment de détente assez similaire à la kiné. Pour les suites par contre c’est différent : après le kiné je suis détendue, alors qu’après l’ostéo j’ai bien senti les points qui avaient été travaillés. Et rien n’a été détraqué ! (logique puisqu’il n’a rien forcé.)

J’ai bien apprécié aussi qu’il m’explique TOUT  ce qu’il observait et faisait et dans quel but, c’est rassurant. Il était aussi très clair sur ce qu’il voulait que je fasse moi (inspirer profondément et tout relâcher au moment de l’expi. Où mettre mes bras, si je pouvais les bouger ou pas, etc.) ce qui me rassurait aussi et m’aidait bien à me détendre. Enfin, c’était très « satisfaisant » d’entendre tout ça parce que ça faisait écho à tout ce que me disaient mes kinés.

Sans surprise (parce que c’est toujours le cas) la jambe droite était plus raide. Il a d’ailleurs remarqué que du coup j’étais plus contractée sur le côté droit aussi en haut du corps (ça peut aussi être une conséquence du fait que je suis droitière : je mobilise beaucoup plus mon bras droit -> épaule plus tendue de ce côté là.) En revanche je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit si raide que ça. Je ne m’en été pas aperçue. L’année prochaine il faut vraiment que je retrouve un kiné.

Autre point sans surprise j’étais très contractée vers l’épaule/la nuque (plus du côté gauche), ça ne m’étonne pas parce que je sais que c’est le premier endroit que je crispe (avec la mâchoire.)

Par contre, lui (et moi) avons été surpris de la bonne mobilité de mon bassin. Apparemment il le trouvait assez souple (en tout cas en sachant que j’avais une IMC). j’étais assez contente qu’il me le dise parce que c’est un point qu’on avait beaucoup travaillé avec ma kiné et ma psychomotricienne au lycée. Et que j’essaie de maintenir tout ça par des étirements réguliers.

Il m’a aussi fait remarquer que mon diaphragme était très contracté, comme s’il restait toujours en position haute, je ne le relâche jamais entièrement. Pour moi c’était une découverte. Il m’a donné un exercice de respi pour essayer d’y remédier. J’ai pu constater à l’occasion que je ne savais toujours pas dissocier la respiration du ventre et celle du thorax. Avec toutes les expériences en chorale et en yoga que j’ai, ça me désespère pas mal.

Là où j’ai pu apprécier qu’il connaissait vraiment l’IMC c’est quand la spasticité s’est manifestée. Il n’a pas marqué de surprise particulière. Une première fois alors qu’il était en train de tester ma jambe droite, il a remarqué qu’elle s’est crispée d’un coup, il a compris que ce n’était pas le moment, est passé à autre chose et est revenu dessus quelques minutes plus tard. Ensuite alors qu’on était en train de s’occuper du haut (l’épaule je crois), il y a eu une réaction spastique relativement forte pour moi. Les deux jambes se sont entièrement crispées en même temps. Ce n’est pas extrêmement étonnant, c’est fréquent que la spasticité se manifeste quand je suis concentrée sur autre chose, mais là la réaction était tellement forte que j’ai été surprise, il me semble qu’il l’a forcément senti, ça a quasiment fait un sursaut. Pourtant il n’a rien dit et pas bougé d’un iota. En fait la réaction n’était pas forcément plus forte que certaines fois où je suis assise à mon bureau à travailler mais je l’ai ressentie particulièrement forte car j’étais très connectée à mon corps à ce moment-là. (D’ailleurs ça me perturbe pas mal, j’ai l’impression que je sens plus ma spasticité qu’avant. Je ne sais pas si elle est effectivement plus présente (parce que je vieillis ou parce que je n’ai plus de séances de kiné depuis un bout de temps) ou si c’est simplement parce que je comprends mieux ce que veut dire ce mot et que donc je ressens plus le phénomène… Peut-être un combo des deux.)

Je ne pense pas qu’aller chez l’ostéo aussi régulièrement que chez le kiné ou quasi (certains parents d’enfants IMC le font) soit réellement bénéfique.
Certes ça m’a donné la même sensation de relaxation mais ce n’est pas la même chose ! Le « désordre squelettique » que « règle » l’ostéo n’est qu’une conséquence des problèmes musculaires (d’ailleurs cet ostéo ne faisait pas craquer, il travailler indirectement par le relâchement des muscles). C’est donc assez inutile de faire une séance ostéo régulière si le kiné ne suit pas derrière. Et en une semaine, deux semaines ou même un mois, je doute qu’un changement notable apparaisse au point de devoir être traité immédiatement. Tous les six mois ou même une seule fois tous les ans ça me semble suffire largement. (Surtout que vu que mon bras m’a « tiré » pendant une semaine après la séance je ne me verrais pas avoir une séance hebdomadaire, ni même mensuelle.)

Mais oui, j’y retournerais certainement.
Le problème c’est que celui-ci est dans le sud, donc je ne peux pas me dire que j’irais le voir la prochaine fois que j’ai un mal de dos persistant (ça fait assez longtemps que je suis tranquille de ce point de vue là, youpi !) Et je n’ai pas envie de piocher un ostéo dans un annuaire…

Je suis ouverte à toute remarque ou question 🙂

Moi et mon corps on est bizarre mais on s’entend bien (2)

Comme je disais dans la première partie (là), j’ai à la fois une grande connaissance et une grande méconnaissance de mon corps.

La conscience de ma position dans l’espace  et de mes sensations se fait comme par à coups : « ah zut, j’ai les genoux très fléchis là », ou « ah ben dis donc le pied est méga rentré là » ou, « ah mince, je n’ai pas les pieds totalement à plat », ou encore « oups il faudrait peut-être que je me redresse là » (mais bon, pour ça il faudrait que j’ai un miroir, puisque apparemment je suis généralement plus droite que je ne le pense.)

Et encore cela ne concerne pas que les membres inférieurs mais aussi tout le reste : « oups je suis hyper crispée de la mâchoire / des épaules / du cou », « ah ouais j’ai mal à la main en fait » (là généralement je suis en pleine prise de notes et d’un coup j’ai du mal à suivre et alors je me rends compte que j’ai mal… ) Ceci dit pour tout ça les séances de yoga m’ont été d’un grand secours, j’ai pu me rendre compte que j’étais loin d’être la seule (à avoir des crispations ou des positions dont je n’étais pas consciente) … La rééducation m’avait au contraire donné plus de clés pour m’en apercevoir (mais contrairement aux autres qui corrigent assez rapidement après s’en être aperçus, moi des mois / des années après, je galère encore.)

Ces problèmes de proprioception (définition de l’Académie de médecine = Sensibilité de l’organisme à la position de chacun de ses membres et à son propre mouvement .) me causent quelques désagréments. Pas bien graves, ça me fait plus rire qu’autre chose : je me cogne contre les meubles (et en arrivant chez le kiné je m’aperçois que j’ai une collection de bleus dont je ne me rappelle même plus la provenance tellement c’est fréquent et banal… Eux ça les surprend toujours que je ne m’en souvienne pas quand ils voient la taille et la couleur de certains), je lâche des objets que j’ai dans la main quand je suis concentrée sur autre chose et que j’ai oublié que je les tiens (ce n’est jamais quelque chose de cassant, ça j’oublie pas…), je rentre dans les gens, je me ratatine pour passer alors qu’il n’y a pas besoin, je marche sur les pieds. J’en oublie certainement.

Par ailleurs, mon corps n’obéit pas toujours comme je le voudrais, mais c’est tellement mineur que je l’accepte très bien, et là encore ça me fait plus rire qu’autre chose. Parfois quand je veux me lever ça ne va pas jusqu’au bout, après m’être soulevée de quelques centimètres, les muscles se relâchent et je retombe sur le siège. C’est pas grave, je recommence et ça fonctionne, mais ça peut surprendre ceux qui m’entourent. Ça m’arrive aussi de manière assez drôle quand je suis accroupie (ce que je ne fais pas souvent, devant mon frigo en fait) : je suis accroupie et d’un coup je tombe sur les fesses. Pareil, ce n’est pas grave, je me relève, mais ça peut surprendre mon entourage.

Souvent quand je veux m’arrêter rapidement il y a un décalage entre ma pensée et le moment où ça se fait. Comme une inertie, le temps que je stoppe mon élan. Je crois que mes amis en ont pris l’habitude (ou pas, en fait) et pour éviter tout problème, ils me stoppent physiquement (quand on arrive à un passage piéton sur lequel on s’engage et qu’une voiture grille le feu par exemple.) C’est finalement d’autant plus appréciable que je ne sais pas faire marche arrière, cela me demande encore plus de réflexion, je n’ai aucun réflexe dans ce sens. C’est le seul truc réellement gênant, le seul truc qui ne me fait pas rire, parce que c’est dangereux : la surprise me tétanise, je stoppe mais je suis incapable de reculer, j’ai l’impression que si je recule je tombe, ce qui serait pire que tout…

Dans le domaine  »mon corps ne m’obéit pas », il y aussi la spasticité. (Je découvre la définition du dictionnaire médical de l’Académie de Médecine, c’est assez génial, je n’avais jamais eu de définition si précise et ça correspond tout à fait à ce que je vis -mais en jargon médical… !) Cette raideur des muscles affectionne en particulier les séances de kiné : en plein étirement, d’un coup, il y a une résistance. Le plus drôle, c’est que parfois je sens que ça me pend au nez, qu’il ne faut surtout pas que je parle car à la moindre parole ou au moindre geste (que ce soit « oui », « hum » ou même un hochement de tête) elle va s’exprimer. Ça donne des situations assez cocasses : l’étirement se passe bien, la kiné me le fait remarquer / me demande si ça va / me dit que j’ai une tête bizarre (parce que j’essaie de me concentrer pour que ça n’arrive pas), je réponds, bim une résistance !

La spasticité s’exprime aussi sans que je la commande (mais assez à propos) quand je descends ou monte des escaliers sans me tenir . En effet dans ces moments-là c’est comme un réflexe, les muscles se raidissent pour répondre à l’effort demandé, je suis comme montée sur ressorts. Du coup ce n’est pas vraiment moi qui commande ce qui se passe mais généralement ça se passe bien ! (il n’y a qu’une fois où ça a mal fini parce que c’était un grand escalier et qu’après avoir raté une marche, j’ai été incapable de m’arrêter, je me suis mal réceptionnée à l’arrivée et me suis cassée le pied.)

C’est aussi le cas quand je dois enjamber un obstacle ou quand je suis en équilibre (dans le bus en marche par exemple.) Dans ces moments-là il ne faut pas m’en demander trop : je ne maitrise pas forcément ma trajectoire, je marche sur des pieds, je suis lente, etc… (ça aussi je l’accepte très bien : tant pis pour les pieds, pour les gens derrière, de toute façon ça n’est pas possible autrement, inutile de me regarder avec des yeux assassins, vous allez pas mourir.) Plus je fais attention plus je suis lente (si je ne veux pas cogner quelqu’un qui a une attelle pour une entorse par exemple.) Soit je vais vite et je ne maitrise pas la trajectoire, soit je maitrise la trajectoire mais je pense alors à chaque décomposition de mon geste et ça prend des années… ^^

(J’ai dû relire ces deux articles une bonne dizaine de fois et à chaque fois je trouvais des fautes ou des tournures de phrase à modifier… J’espère que le résultat est satisfaisant…)

Mon corps et moi on est bizarres mais on s’entend bien (1)

Il y a beaucoup à dire sur mon rapport au corps et c’est un peu fouillis, tout se mêle, j’espère réussir à en faire quelque chose de clair et d’intéressant.

J’ai eu très tôt l’habitude que l’on m’examine, plus ou moins habillée, que l’on me manipule et que je doive me laisser faire. En effet jusqu’à la fin de mon lycée (jusqu’à la fin de ma croissance plus précisément) l’évolution de mon handicap était particulièrement suivie. (La croissance des os va plus vite que la croissance des muscles. Les muscles rétractés et les mauvaises positions -prises pour compenser le non-fonctionnement de certains muscles- peuvent entrainer des déformations qui s’aggravent si on ne les enraye pas.) J’avais donc un grand nombre de rendez-vous médicaux et para-médicaux qui nécessitaient que je me sois examinée plus ou moins déshabillée (rarement moins qu’en sous-vêtement cependant) par des personnes plus ou moins inconnues.

J’étais une fille très pudique, qui avait du mal à se montrer à la piscine par exemple, comme beaucoup. (Maintenant beaucoup moins, mais je reste assez pudique quand même, faut pas pousser mémé dans les orties.) Ma pudeur était en fait presque de la honte, je n’aimais pas me voir dans un miroir, je ne voyais que mon handicap et les défauts qu’il engendrait (les genoux fléchis, les jambes en X et les pieds en dedans notamment.) je n’étais pas aidée par mes camarades de primaire et du collège, qui, bien sûr, le soulignaient. (Ils le soulignaient évidemment d’autant plus que j’étais complexée, bonjour le cercle vicieux.) Depuis le lycée, entre le fait qu’avec la rééducation ça se voit moins, que je suis moins complexée, que les gens sont moins focalisés sur l’apparence, il n’y a plus que moi qui le remarque (je ne compte plus les gens qui me disent « je n’avais pas vu que tu étais handicapée avant que tu me le dise / avant de voir tes attelles. »

Pourtant moi, même si ça ne me complexe plus, je continue à le remarquer à chaque fois que je me vois dans un miroir et je continue à penser que ces jambes en X et les pieds en varus (=pointe en dedans) c’est moche et les genoux fléchis vus de profil encore plus.) Je continue à remarquer le petit détail qui tue sur chaque photo, alors que tout le monde s’en fout. C’est assez compliqué d’expliquer ce paradoxe : je le remarque tout le temps, je ne trouve pas ça joli et j’aimerais que cela disparaisse au moins sur certaines photos pour paraître normale, mais je ne suis pas particulièrement complexée et je suis consciente qu’il n’y a que moi qui le remarque.

Comme je l’ai déjà dit plus haut, je suis une fille très pudique qui a été longtemps complexée et pourtant je n’ai jamais eu aucun problème à me déshabiller devant les nombreux inconnus (et connus) que j’ai croisé pendant mes rendez-vous médicaux et paramédicaux : médecins spécialisés dans la rééducation de la marche, kinés, orthopédistes, appareilleurs (ceux qui font les orthèses, prothèses, semelles et chaussures adaptées), radiologues, etc.

En effet je savais / je sais qu’ils portaient sur mon corps un regard purement professionnel, un regard scientifique dénué de tout jugement ou sentiment. D’ailleurs je n’ai jamais senti, vu, ou entendu le moindre jugement, regard, ou dire déplacé de leur part. (Depuis, des amis m’ont raconté des trucs qui me font dresser les cheveux sur la tête : ai-je eu de la chance ou eux de la malchance ? Un peu des deux sûrement.)

Parmi ces examens médicaux, il y a les AQM qui démontrent parfaitement mon rapport ambigu au corps (l’accepter et le trouver moche en même temps.)  AQM signifie Analyse quantifiée de la Marche. En gros je fais un défilé, sur un tapis gris bourré de capteurs, avec également des capteurs en forme de petits oignons gris placés sur des points stratégiques du corps (stratégiques = savamment calculés et choisis par les personnes compétentes), des caméras me filment et retransmettent les infos à un ordinateur qui calcule la vitesse de la marche, la dimension des pas, l’angle des articulations et tout un tas d’autres choses qui intéressent visiblement les médecins…

Après le défilé (avec attelles, sans attelles, poses sous différents angles au centre et tout le tralala) tu peux admirer le squelette de tes jambes marcher tout seul, c’est très drôle – c’est un peu moins drôle quand tu vois la vraie image filmée en revanche : je n’aime pas voir ma démarche, je trouve ça moche…

C’est assez étrange aussi de remarquer que j’ai en même temps une grande connaissance et une grande méconnaissance de mon corps, de sa forme et de son fonctionnement.

En effet, je suis en même temps pleinement consciente de sa raideur et pourtant à chaque fois surprise par le décalage entre ce que je peux ressentir dans la rue et ce qui ressort pendant la séance de kiné : je peux arriver chez le kiné en disant « je suis comme d’habitude » alors qu’en fait je suis plus raide, tandis qu’à d’autres moments le sentiment de raideur est parfaitement ressenti et se vérifie.

Je suis en même temps pleinement consciente que mes pieds entrent en dedans et que mes genoux sont fléchis… et pourtant je suis surprise à chaque fois que je me regarde dans un miroir.

Par ailleurs, je n’ai pas encore compris que je suis encore plus mince que telle amie qui me paraît pourtant bien mince (pourtant tout le monde est formel), je n’ai pas non plus encore compris comment je peux me sentir constamment avachie alors qu’il semblerait que je me tiens hyper-droite.

Pour finir, je sais parfaitement si le kiné peut aller plus loin pour étirer ou pas mais je suis incapable de lui quantifier ma douleur sur une échelle. Cela est compliqué par le fait que je n’appellerais pas ça « douleur » en fait. Comment définir cette sensation ressentie lors d’un étirement ? Il ne faut pas aller plus loin, c’est physiquement pas possible parfois (l’os ne permet pas d’aller plus loin), mais parfois c’est le muscle qui résiste, je sens que l’étirer plus ne serait pas supportable, comme s’il aller claquer, et pourtant, je ne dirais pas que c’est une douleur, je suis capable de tenir la position très longtemps. Alors que je lui ai dit stop, plus loin c’est pas possible et que vraiment ça tire beaucoup. C’est une sensation très présente, que je ne pourrais pas occulter mais pas une « douleur ».

Pour comprendre mon corps, j’ai toujours beaucoup apprécié que le médecin / le kiné me parle pendant qu’il m’examine / me manipule. Comme pour partager ses observations à voix haute (par exemple : « ah, là c’est un peu moins souple que d’habitude » ou « ah, là on a gagné de l’amplitude, c’est bien. ») ça me permettait de préciser mes ressentis, de discuter si je ne l’avais pas ressenti pareil ou au contraire de confirmer certaines impressions ou encore de remarquer des choses que je n’avais pas noté et de mettre des mots sur des trucs que je ne comprenais pas.

J’ai toujours été écoutée et respectée par mes médecins /kinés/ soignants. C’est très appréciable de savoir que mon avis / mon expérience est pris en compte. Aussi très appréciable de savoir qu’ils vont me demander mon avis sur la présence de mes parents (autant j’ai toujours accepté de me déshabiller devant les médecins, autant me déshabiller devant mes parents … ça dépend des âges), m’annoncer chaque geste inhabituel ou invasif, me laisser maitresse de la situation. (Là aussi je crois que j’ai eu beaucoup de chance.)

Les kinés font des étirements sur lesquels je n’ai aucun pouvoir. Au contraire, plus je me relâche, plus je me laisse faire, mieux c’est. Pourtant, j’ai tout de même mon mot à dire (j’ai toujours eu mon mot à dire.) C’est moi qui dit « oui on peut aller plus loin » ou « stop là on a atteint la limite » ou « stop là j’aimerais bien qu’on relâche. »Tous les kinés que j’ai croisé ont toujours été à mon écoute sur ce sujet. C’est très appréciable de ne pas avoir à insister pour être écoutée, de sentir que son ressenti de la douleur est écouté et respecté C’est très important pour pouvoir établir un lien de confiance en fait. Sans ça je ne pourrais pas me relâcher comme c’est nécessaire pour les étirements.

… Suite au prochain épisode (si je vous avais tout mis d’un coup vous n’auriez pas survécu)…

Ces parents qui s’expriment à la place de leurs enfants #1 : préambule

S’il y a bien une chose qui m’énerve, une manière d’écrire, une attitude, c’est ça.

Bien sûr il y a les parents qui calquent leurs envies et leurs frustrations sur leurs enfants :

Je n’ai pas pu faire de piano, tu seras le meilleur !

Et ça m’énerve aussi beaucoup (laissez votre enfant exprimer SES goûts, SES envies !!!)

Mais moi, je pense plutôt à certains parents d’enfants différents qui ouvrent un blog et s’expriment à la première personne,  comme si leur enfant de 1 an pensait et parlait déjà comme un adulte…

Aujourd’hui j’ai fait de la kiné, j’ai eu mal mais j’ai été très courageux !

NON NON ET NON !!!

D’avance cher lecteur je te demande pardon pour l’article qui va suivre, ça va être long (le titre en lui-même donne un avant-goût 😉 ) et sûrement un peu brutal aussi. Parce que ça m’énerve vraiment énormément.

J’aurais aimé écrire quelque chose de plus joyeux, il y en a bien besoin ces temps-ci. Sauf que : j’ai pas trop le temps, comme tout le monde (ou presque) je suis en rogne en ce moment et ça fait assez longtemps que ce coup de gueule attend et vous l’avez réclamé… Or un coup de gueule c’est parfois difficile à écrire tellement ça remue des émotions (de la colère par exemple… je dis ça au hasard, bien sûr…)

Oui, moi je suis comme ça : quand il y a trop d’émotions, c’est le bazar et plus rien ne sort. Alors que certains c’est l’inverse, tout sort d’un coup. Mais je crois que je préfère mon mode ça permet d’avoir le temps de tout reposer à plat et de réfléchir avant de dire des bêtises. Mais bon, parfois c’est embêtant quand même…
Bref je m’éloigne…

Donc je disais : un coup de gueule c’est parfois difficile à écrire et à mettre en ordre. Or aujourd’hui ça a bien voulu se faire (peut -être que les temps sont propices aux coup de gueule en fait :-D)  (Peut-être aussi parce que je suis en pleine opération de procrastination, hum. ) Donc je le publie, voilà. A vous de voir quand vous voulez le lire : quand vous êtes déjà déprimé et en colère contre tout -ou presque- ou quand vous irez mieux… Ou jamais (c’est une option :-D) (Dans ce cas sautez les deux prochains post sur le sujet 😉 )

Sachez toutefois que j’ai quand même un beau petit bonheur en face de moi : il y a du soleil, le ciel est bleu et l’arbre est couvert de feuilles mordorées (il semblerait qu’il soit encore loin d’avoir tout perdu :-D)

2° petit bonheur : j’ai racheté une plante ! (Oui finalement j’ai même pas tenté de déterrer l’ancienne, parce que ça m’aurait pris trop de temps et salit partout pour un résultat incertain et parce que cette plante semi mourante me déprimait -ce qui est contraire au but recherché- et qu’il y a une promo qui m’a fait de l’œil alors j’ai plus voulu attendre…) (Peut-être qu’un voisin courageux a récupéré l’ancienne près des poubelles…)

3° en option si j’arrête de procrastiner : ce soir tout sera propre chez moi !

Kiné, balnéo et chamallow

Quand j’étais petite fille la kiné c’était beaucoup d’exercices : de la marche (pas de fourmi, pas de géants, pas en arrière…) des sauts (pas-chassés, pieds-joints, à cloche-pied, sauts kangourou…) de l’équilibre (marcher sur un banc, tenir sur un pied, tenir sur le plateau à bascule, tenir assise sur le gros ballon, divers exercices sur le trampoline) Mais il y avait toujours déjà pour commencer une partie de la séance consacrée aux étirements musculaires.

Je ne me rappelle de l’effet que ça me faisait quand j’étais en primaire, je ne me rappelle pas non plus de comment je le supportais… Plutôt bien il me semble puisque je pouvais discuter avec ma kiné… Et je crois avoir été assez vite mise à contribution pour savoir si ça tirait bien, si elle pouvait aller plus loin, … (c’est une des rares choses de mon ressenti corporel que je maitrise bien : savoir quand ça tire, quand on peut aller plus loin ou quand il faut dire stop.) Il ne me semble pas que ces séances de kiné m’aient pesé quand j’étais à l’école. Je n’y allais pas forcément avec plaisir non plus, mais en tout cas pas à reculons. Je me suis toujours bien entendu avec mes kinés, ça aide ( ça a changé avec le déménagement hélas mais c’est une toute autre histoire qui n’a pas sa place ici.)
Mais je pense que je devais tout de même sentir un bienfait sinon je ne l’aurais pas accepté aussi facilement (je n’aime pas quand je ne comprend pas la raison de quelque chose)

Bref, en tout cas les premières séances de kiné dont je me souvient se déroulaient ainsi : quelques étirements sur la table dans la petite pièce puis on allait dans le grand gymnase pour faire les exercices. Au début c’est ma mère qui m’emmenait parfois accompagnée de ma soeur ainée, puis c’est un VSL qui est venu me chercher (soit à la maison soit à l’école) VSL = Véhicule Sanitaire Léger, mais on va dire taxi, parce que c’est plus la classe, et puis n’oubliez pas : je suis une petite fille ! 🙂 )

Puis en CE2 le Sessad s’est rajouté à la prise en charge libérale (Service Educatif spécialisé de Soins A Domicile). C’est donc la kiné qui venait chez moi mais l’idée était la même : on commençait par des étirements et finissait par des exercices. Et le Sessad a proposé que j’ai des séances de balnéothérapie, donc le mercredi après-midi un taxi venait me chercher à la maison et m’emmenait à l’hôpital pour la séance. La balnéo c’est une piscine chauffée (l’eau est à environ 30° de mémoire) : double effet bénéfique, l’eau offre une résistance supplémentaire (en même temps qu’elle porte) et la chaleur relaxe (je vais pas vous faire un dessin tout le monde a déjà apprécié un bon bain chaud.)

Le contexte était différent mais le principe toujours le même : quelques étirements puis des exercices. (qui dégénéraient facilement en jeux.) Clairement la balnéo j’y allais avec grand, grand plaisir. Les étirements étaient beaucoup plus faciles, moins douloureux et et forcément plus efficaces et en plus je m’amusais bien.

C’est à ce moment là que j’ai découvert, ou surtout que j’ai identifié, l’effet-chamallow.
L’effet-chamallow c’est un état, un ressenti, une sensation… de détente totale.

Quand je sortais de la piscine j’étais méga-détendue, tellement détendue que je m’habillais 2 fois plus lentement, que je m’endormais à moitié dans le taxi au retour et qu’une fois arrivée chez moi j’avais toutes les peines du monde à décoller de l’endroit où je m’étais assise pour enlever mes chaussures.

C’est à ce moment que je l’ai découvert-identifié tout simplement parce qu’il était à son apogée.

Depuis que j’ai arrété la balnéo je n’ai pas pu retrouvé par moi même un tel degré de perfection du chamallow mais je retrouve malgré tout ce formidable effet à des degrés divers par plusieurs moyens :

  • en allant à la piscine : je ressors tout autant détendue MAIS il faut que je m’étire après pour ne pas avoir un contre-coup terrible et l’effet et de toute façon moins durable (déjà, je ne prends pas le taxi pour rentrer !)
  • en allant chez mon ou ma kiné : si la séance a été assez longue proportionellement à l’état du jour, je peux sortir avec la sensation du bien-être chamallow mais ça ne dure hélas vraiment pas longtemps (je ne reviens pas non plus en taxi !), la séance est tout de même moins agréable (ce n’est pas le bagne non plus ! je fais toujours la discute) et surtout depuis que je suis à Paris le temps est souvent trop court, je n’ai qu’une demi-heure, là où trois-quarts d’heure/une heure seraient nécessaires pour atteindre la détente totale. C’est-à-dire qu’en hiver, quand il fait froid, ça n’arrive pas… (c’est donc arrivé une fois en février parce que la météo fait des siennes.)
    En tout cas je sais si j’ai atteint le point-chamallow avant même de me relever de la table, c’est très simple : j’ai les yeux qui picotent et je resterais bien faire une sieste…
  • en faisant du yoga ou du taï-chi. J’en ai fait en 2nde et en première, 2 heures hebdomadaires pour remplacer l’EPS. En sortant des 2 heures j’étais complétement lessivée mais j’avais atteint le point-chamallow, presque comme en balnéo …. SAUF QUE la période pendant était tout de même moins facile, je fournissais beaucoup plus d’efforts en yoga qu’en balnéo !
  • en prenant un bain : oui c’est sûr avec un bain chaud j’atteins le point-chamallow MAIS il n’y a plus de baignoire assez grande pour que je puisse m’y allonger complètement (j’ai grandi !!!)  et en plus, dans mon studio, je n’ai tout simplement pas de baignoire ! C’est un peu foutu quoi.
  • faire l’auto-étirement de la chandelle. C’est l’étirement de la mort qui tue. Si je le fais sérieusement, je suis sûre que j’aurais bien étiré mes jambes, et donc j’aurais atteint le point chamallow pour les jambes. Mais, cet étirement est vraiment difficile et je rechigne un peu à m’y astreindre (en général c’est que j’ai atteint un point critique, comme là maintenant : il fait froid, la séance de la semaine dernière avait déjà été limite insuffisante et la séance de cette semaine vient de sauter : auto-étirement devenu indispensable pour faire disparaitre (du moins je l’espère !) certaines douleurs musculaires qui résistent à l’arnica.)

Et là, vous vous dites qu’en fait, j’ai écrit cet article (beaucoup plus long que je ne le pensais) dans le seul but de me motiver… et vous avez totalement raison ! Je suis en plein processus de motivation (et ça fonctionne plutôt bien : j’ai mangé, j’ai mis la tenue adéquate, j’ai relu l’article… yapuqua allumer le chauffage, mettre mes grosses chaussettes de laine et me poser tête en bas, musique dans les oreilles pour m’auto-torturer dans la joie et la bonne humeur ! 🙂 )