« Le Passeur » de Lois Lowry

ATTENTION : Je ne donnerai pas la quatrième de couverture, elle dit beaucoup trop à mon goût, il ne faut pas la lire avant d’avoir lu l’histoire (heureusement pour moi ce livre était dans la bibliothèque de ma soeur et je connaissais l’auteur, je me suis donc contentée des premières lignes pour décider de me plonger dedans.)

Dans ce qui suit je ne révèle absolument pas l’histoire, je donne juste le début et mon sentiment (très positif) pour donner envie de le lire !

C’est le deuxième livre de cet auteur que je lis, c’est le deuxième que j’apprécie grandement.

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source : Babelio

Le premier, L’Elue je l’ai lu il y a plusieurs années (au collège) j’en garde un bon souvenir. Un souvenir de réflexion, de réflexion philosophique, le souvenir d’une belle histoire, le souvenir d’une héroine à laquelle je me suis pas mal identifiée (une jeune fille handicapée à la jambe qui marche donc en boitant.)

 

Dans cette seconde histoire j’ai retrouvé un autre monde inventé, une autre belle histoire, une autre réflexion philosophique, un autre héros très intéressant (même si je ne m’y suis pas autant identifié, là n’est pas l’important…)

L’histoire

Cela se passe dans un village / une communauté appartenant au futur. Dans ce monde tout est réglé, codifié. Le matin on fait telle chose, le soir telle chose, en décembre il se passe tel évènement, à huit ans on fait tel truc et à neuf tel autre truc, quand une personne dit quelque chose on doit répondre une autre chose bien précise. Bref, tout est bien codifié pour le bien-être et la sécurité de tous. C’est tout poli / polissé / lisse / neutre / bienveillant.

Et donc, ce livre raconte l’histoire d’un garçon de onze ans dans ce monde.

Pourquoi j’ai aimé et pourquoi je le conseille ?

Pendant ma lecture j’ai pensé à Descartes et ses Méditations métaphysiques, à Platon aussi. J’ai pensé à tout plein de notion abordées en Terminale pendant mon cours de philosophie ( d’ailleurs j’ai regretté de ne pas l’avoir lu cette année-là ça aurait pu nourrir bon nombre de dissertations), je me suis posée énormément de questions, je me suis révoltée un peu aussi.

L’histoire est poétique, belle, juste (dans le sens de « bien-vue »), effrayante, triste… mais surtout très philosophique.

J’avais peur de la fin, peur d’être déçue, finalement je l’ai trouvée juste parfaite, bien à l’image de toute l’histoire. C’est assez admirable de la part de l’écrivaine d’avoir réussi à me contenter pour la fin. Parce que plus j’aime un contenu, plus il est facile de me décevoir 😉

Pour finir, je le conseille à toutes les personnes qui s’interrogent sur le futur, sur la perfection, sur le passé, sur le poids de l’histoire et sur le poids des mots, sur les émotions, sur l’importance des décisions et du choix, sur le hasard, sur les émotions… (à toutes les personnes qui se questionnent donc 😉 )

Je sais que comme L’Elue il est catégorisé littérature jeunesse mais il dépasse de loin ce cadre (j’ai envie de lire tous ses autres livres… Mais je vais me laisser le temps de digérer celui-là déjà !)

 

 

Etudes, prestige, avenir et gloubiboulga

Oui, je sais que ce titre ne veut rien dire mais ça sonne bien je trouve. J’aurais pu sinon intituler « études, prestige et régression » ou « L’avenir : rêve et réalité » ou « L’avenir ce sac de nœuds » ou .. (enfin bref, vous voyez je manque pas d’idées, mais j’ai choisi celui qui ne veut rien dire (ou presque, ça vous dit quand même que je vais parler d’études, d’avenir et que ça ressemblera probablement à rien de plus qu’un gros tas.)

J’aime bien la blogosphère parce que ça fait réfléchir, ça fait voir d’autres expériences, ça met tout le monde sur un pied d’égalité quelque soit l’âge et la nationalité et le vécu. Tout se mélange en un énorme partage d’expérience et de connaissances qui font cogiter.

Et puis parfois ça fait des étincelles. Cet article est né d’une de ses étincelle, quand j’ai lu cet article de Bibouman.

En effet, je me questionne beaucoup sur mon avenir, sur mon métier. Ce que je suis capable de faire d’un côté et ce que je veux faire de l’autre. C’est pas nouveau. Mais ça fait partie des sujets que j’ai du mal à évoquer ici (autant que en face-à-face d’ailleurs.) Parce que ça touche à des réflexions très profondes et personnelles et donc c’est tellement un sac de noeuds (tant au niveau de la réflexion que des émotions) que c’est compliqué d’en parler.

Mais bon, là je me lance.

Je ne sais plus vraiment si j’en ai déjà parlé ici (sûrement) : j‘ai eu beaucoup de mal à trouver quelles études je ferai après mon bac. Tout simplement parce que je ne trouvais pas un métier qui me satisfasse entièrement donc je ne savais pas dans quoi m’embarquer. J’ai finalement eu un coup de cœur pour les enseignements proposés par l’École du Louvre mais sans savoir vraiment plus ce que j’en ferais ensuite. Mais ça répondait à plusieurs de mes aspirations (un aspect histoire + un aspect ethnologie / connaissance de l’Autre + un aspect « culture » . J’avais aussi, il faut bien le dire, déjà l’idée (que mes parents ont dû beaucoup contribuer à me donner…) que plus je visais haut, plus j’avais de chance de m’en sortir. Que si je faisais des études prestigieuses ça compenserait en quelque sorte le désavantage induit par le handicap (oui, « désavantage causé par le handicap »c’est un pléonasme, mais c’est comme ça que les gens réfléchissent aujourd’hui.) Il y avait aussi un sens du défi (même si parfois je me déteste de me compliquer toujours la vie de la sorte) et une envie d’autonomie (même si la semaine précédent le départ, je me suis bien maudite d’avoir choisi de partir et j’aurais bien fait machine arrière.)

En commençant à l’École du Louvre, j’avais cette idée que les conseillers d’orientation m’avaient donné : l’École du Louvre sert à devenir conservateur ou conservatrice. Point. Bah, en fait, scoop : il n’y a pas que ce débouché-là (heureusement pour nous.) Mais bon, j’arrive donc avec cette très belle et noble idée en tête : devenir conservateur.

La première année passe, je galère un peu mais tout va bien; c’est le temps d’adaptation, tout ça, c’est cool. La deuxième année passe, je travaille dur et c’est génial, je rencontre plusieurs chargés de TD qui nous expliquent à quel point le concours de conservateur est sélectif et difficile, je commence à remettre en cause l’idée d’avenir. Troisième année, je travaille toujours beaucoup, je galère encore un peu et je me rends compte que conservateur c’est bien beau mais c’est pas trop pour moi : un niveau de sélection beaucoup trop élevé (bien sûr que je pourrais tenter mais pas envie de trimer comme une dingue et devoir repasser le concours 2 ou 3 fois…) et trop de responsabilités à la clé. En troisième année je commençais à découvrir tous les autres métiers possibles : archéologue, historien de l’art -enseignant régisseur, documentaliste (en musée pas le documentaliste du lycée.), médiateur, guide-conférencier, …

Puis j’ai du redoubler ma troisième année. Parce que je ne pouvais pas passer en master avec les notes obtenues. Je n’avais qu’une UE à repasser donc que 3 heures et demi de cours par semaine, donc beaucoup de temps libre. J’en ai profité pour bien creuser la question. Il faut dire qu’en plus le fait de redoubler m’a aussi obligée à me remettre en question et à penser à une autre issue (je n’avais pas de plan B pour un autre master à l’époque.) J’ai rencontré des gens (une conseillère d’orientation, un professionnel), j’ai participé à des actions de médiation professionnalisantes proposées par l’École, j’ai postulé pour des stages et fait un stage de deux mois. Tout cela m’a permis de confirmer que : régisseur n’était pas pour moi et documentaliste me plaisait bien.

Régisseur ça m’avait bien tentée car contact direct avec les œuvres, idée de voir le travail en coulisses, travail d’équipe nécessitant de la diplomatie… Mais visiblement très physique (beaucoup de déplacements, des transports d’œuvres), assez manuel aussi (transporter les œuvres, concevoir des emballages sur mesure, mesurer…) et des mathématiques (mesures, réalisations de budgets…) Mon père m’a bien fait remarquer qu’il y avait un potentiel créatif (dans la gestion du budget impliquant des choix notamment) mais le régisseur n’est pas en haut de l’échelle donc quelle marge de manœuvre a -t-il réellement ? Et puis ça faisait beaucoup de défauts accumulés, un peu trop…

Guide-conférencière / médiateur, je restais bloquée sur l’idée que j’étais bien trop timide et mal à l’aise à l’oral pour ça. Mon expérience avec l’École m’a montré qu’en fait c’était surtout un entrainement à acquérir, que ça pouvait se dépasser. Il y a aussi l’idée de transmission et de rendre accessible à tous qui me plaisait beaucoup. Et puis beaucoup de créativité. Deux points noirs au tableau : des guide-conférencier il y a en a beaucoup mais peu de débouchés. Quant à « médiateur culturel » pour arriver à un poste réellement intéressant (c’est-à-dire avec un potentiel créatif et de décisions pour la mise en accessibilité) il faut d’abord passer par beaucoup plus ingrat (réaliser des études de public) et ça, ça me plait beaucoup moins. La perspective de passer par là et d’y rester un temps indéterminé (parce que dépend aussi des postes disponible) me plaisait moyen. (et il y aussi une part de paperasse et de budget assez rebutante.)

Reste : documentaliste en musée. C’est dans ce domaine que j’ai fait un stage et même si ça a changé ma vision de certains aspects du métier, c’est resté le coup de cœur initial.Il y a d’abord toujours l’idée de transmission (on organise les connaissances générées par le musée en vue de leur transmission aux professionels, aux chercheurs, et au public aussi en théorie.) Il y a aussi mon amour pour les livres qui s’est rappelé à moi. Même si je ne les ouvre pas ou les lit pas, l’idée/le fait de me retrouver entourée de tant de livres…. ça m’enthousiasme. (C’est absolument inexplicable. Mais le fait est que j’ai du répéter cette raison de mon engouement pour le métier une bonne dizaine de fois.) Restent quelques réserves : les rares débouchés et le concours à passer (mais qui sont au fond comme pour tout autre métier dans ce domaine, il va falloir que je m’y fasse…) et le fait que selon les institutions, l’aspect accueil du public est plus ou moins élitiste. Il y a bien service public mais indirect, pas bien visible directement.

Du coup il y a souvent une petite voix qui s’agite « eh, tu sais que bibliothécaire, un des premiers auxquels tu as pensé au collège, ça répond à tous tes critères ? » Oui j’y pense. (Puisque je vous le dis.)

  • Il y l’idée de transmission.
  • Il y a le rapport au public, plus varié et avec un service beaucoup plus direct.
  • Il y a les livres.

Oui mais, il y a les œuvres en moins. En travaillant comme documentaliste je garde un rapport plus ou moins fréquent avec elles, pas en bibliothèque. (Oui, je suis une titilleuse en titre…)

En outre, il y a aussi je crois l’impression de « régresser » et la peur de décevoir.

L’impression de régresser parce que c’est un métier auquel je pense depuis très longtemps mais que j’ai écarté parce que… parce que, je sais pas trop en fait : métier trop « commun », trop « répandu », trop « facile »? ((Sens de l’ambition et du défi bonjour, ne peux-tu pas me laisser tranquille deux minutes ?)) Parce que zut, j’y pense depuis super longtemps est-ce que c’est pas un signe ça ?

Peur de décevoir parce que « j’ai fait une belle école, très prestigieuse, pointue et spécialisée, pour finalement devenir une simple bibliothécaire, c’est un peu dommage…. » Cette peur est très certainement alimentée par mon propre ressenti (qu’est-ce que le sentiment de régression sus-cité sinon une sorte de peur de me décevoir moi-même ?) mais pas que… Mon grand-père me l’a déjà dit… (Sans savoir qu’il alimentait là de puissants rouages !)

Pour reparler un peu de l’ambition (oui, parce que j’aime pas me faire remarquer mais j’ai de l’ambition… Hyper pratique !) plusieurs personnes m’ont déjà parlé de connaissances à elles qui ont fait l’École du Louvre et sont devenues bibliothécaires. Comme une sorte d’issue par défaut parce que pas de place ailleurs. Donc moi, si je choisis finalement bibliothécaire, je viendrais donc en quelque sorte grossir leurs rangs… Alors que ça ne sera pas un choix par défaut puisque comme je viens de le dire ce métier me plairait énormément… Sauf que l’idée me dérange (madame ne veut pas se faire remarquer mais être comme tout le monde quand même c’est surfait… Ou comment faire simple quand on peut faire compliqué….)

La conclusion de tout ça c’est que de toute façon il y aura une forte intervention du contexte économique et des postes proposés dans mes choix. Qu’il faut que je refasse un stage en musée pour confirmer mon ressenti passé (en travaillant dans un autre établissement donc avec une autre équipe et d’autre méthodes, d’autres contenus…)

Au fond le problème n’est pas tant quel métier j’aurai mais quel master 2 je vais faire. La grosse interrogation du moment. Parce que l’idée de départ était le M2 de l’École sauf que les échos de la masse de travail, en parallèle avec mes grosses difficultés de cette année pour m’en sortir me font beaucoup douter. Si je suis sélectionnée -ce qui est loin d’être acquis avec mes résultats actuels- est-ce que je fais ce master-là ou un autre ? Mais alors lequel ? (et là, je ne crois pas que vous puissiez m’aider…)

(Cet article a été l’occasion de faire une recherche rapide sur les bibliothèques en prison… ça n’a pas l’air jojo… Il faudra que je creuse l’idée quand j’aurai du temps -en vacances- mais a priori c’est pas là que je trouverai du boulot…)

La confiance en soi… Encore aux abonnés absents

Cette année je suis en master 1, je dois donc faire un mémoire. Ça engendre beaucoup :

  • un travail de recherche (c’est nouveau et comme tout apprentissage nouveau pour moi il faut il faut long temps d’adaptation)
  • des attentes, des comptes à rendre (autrement plus importants que le contrôle de maths..)
  • Un contact direct avec des profs qui sont habituellement distants.
  • Tout ça résulte en beaucoup de stress et de pression.

La pression résulte aussi des paroles des profs eux-même.

(On me dit d’affirmer mon point de vue Ahah ahah ahah… )

On travaille en séminaire -> en groupe  : cela permet effectivement de partager des problèmes méthodologiques mais ça permet aussi de voir/penser combien les autres se débrouillent mieux (pas toujours ok), combien les autres vont plus vite, combien les autres trouvent ça intuitif, combien les autres se posent les bonnes questions.

Ça a aussi pour conséquence que les profs disent au groupe comme une généralité (sans nommer) alors qu’en fait c’est plutôt une remarque individuelle. (Je ne pense pas qu’il faille nommer juste on choisit de l’assumer et de le dire en face à face ou alors on reste correct et on ne le dit pas / dit autrement. Parce que bon : « je pense qu’il y a un manque de maturité intellectuelle »….. C’est pas tellement une remarque constructive…Je sais même pas ce qu’elle entendait par là en fait.) Cette remarque ne m’était a priori pas destinée, mais qu’elle le soit ou pas je l’ai prise pour moi (parce qu’étant déclarée comme une généralité ça laisse une ambigüité, un doute). Parce que c’est un peu ce que je ressens en fait « un manque de maturité intellectuelle » même si je ne l’aurais pas dit comme ça, parce que c’est hyper violent. Mais j’ai effectivement à me voir comme une adulte qui a des responsabilités, comme une adulte qui a des comptes à rendre, surtout comme une adulte qui a des capacités. Capacité à se poser les bonnes questions, capacité à faire tout ce travail qu’on attend de moi en temps voulu, capacité à avoir mon propre avis sur la question différent de X et de Y.

Ces mêmes personnes qui mettent la pression m’ont dit aujourd’hui au moins 10 fois que mon exercice-exposé était bien, que je devrais prendre davantage confiance en moi.

Alors en fait, comment vous dire, on ne prend pas confiance en soi avec la pression sur le dos, la pression c’est paralysant en fait, on prend confiance avec des encouragements et avec une conduite constante, pas des réactions en yo yo ou en clignotant…

Et puis la confiance en soi ça nous tombe pas dessus comme ça du jour au lendemain. (j’aimerais, hein, mais non…)

Je vais donc continuer à faire de mon mieux et espérer que cela ira le jour de la soutenance.

*** J’ai écrit tout ce qui précède dans une grande phase de découragement, après une séance de groupe de recherche où on nous avait fait plusieurs reproches collectifs (tout en me disant de prendre confiance en moi donc) alors que je ne comprenais toujours pas vers où je devais diriger mon travail. Ce soir-là je n’ai pas voulu le publier … et les jours suivants je ne voulais même pas le relire, persuadée que c’était pleurnichard (et parce que ça me déprimait aussi.) C’est étonnant, parce que aujourd’hui que je le relis, je trouve ça finalement plutôt neutre… Comme quoi … Je n’ai rien changé à ce que j’avais écrit ce soir-là, juste corrigé quelques fautes d’orthographe et rajouté ou enlevé quelques sauts à la ligne. Je me suis forcée à ne rien faire de plus.

***

Aujourd’hui, la situation a changé, j’ai bien avancé dans mes lectures, ça m’a donné des idées et des pistes de réflexion pour la rédaction. J’ai eu une entrevue avec ma directrice de recherche qui semble contente de mon avancée et qui m’a fait certains compliments. Nous avons pu avoir (pour la première fois depuis le début de l’année) avoir une discussion posée, où nous avons évoqué les points forts et les points faibles, ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire. J’avais fait mon premier bilan avant d’y aller, elle m’a conforté dans mes ressentis : j’ai avancé  mais maintenant que cela prend je m’aperçois de la masse qui reste encore et le temps passe vite, il ne faut pas trainer.

Ça m’a fait du bien et mis un peu de baume au cœur de savoir que ça y est je suis bien lancée dans la bonne direction, qu’il y a des points forts dans mon travail, que je suis soutenue.

J’ai apprécié aussi qu’elle se soit rendue compte que trop de pression n’était pas bénéfique … (et je crois qu’elle a pu en apercevoir les effets !)

Mais je suis consciente qu’il reste beaucoup de travail et peu de temps… Que je risque de repasser par des zones de turbulences et de doutes. Le contexte et l’humeur ont changé mais la conclusion reste la même : la confiance en moi est loin d’être stable, je vais donc continuer à faire de mon mieux et espérer que cela ira le jour de la soutenance.

 

Trouver un rythme

[Hier j’ai écrit ça. Pour me mettre un coup de pied au derrière en quelque sorte, sauf que maintenant je trouve ça ridicule/je me trouve ridicule, j’hésite donc à le publier… et l’effet coup de pied perd de son ampleur… Je vais le publier quand même parce que il y a bon nombre de choses que je trouvais ridicules qui ont finalement trouvé écho (et parce que rien que le fait de publier est un véritable effort-coup de pied en soi. Vraiment.) Mais s’il disparait du jour au lendemain, ne vous étonnez-pas.]

Déjà l’année dernière j’avais eu un peu ce problème mais cette année, comme elle est plus chargée, c’est encore plus flagrant : depuis que je vis seule je n’arrive pas à m’imposer un rythme quotidien régulier. Je me lève à n’importe quelle heure, je me couche à n’importe quelle heure, je mange à n’importe quelle heure… Les seules contraintes étant les cours. Et les éventuels autres rendez-vous.

Le reste c’est n’importe quoi. Et ça m’énerve parce que je ne me comprends pas… Je ne comprends pas pourquoi je suis devenue cette fille semi-paresseuse qui repousse les devoirs au dernier moment, qui préfère sauter un repas que se faire l’effort de le préparer. Je n’ai pas l’habitude d’âtre paresseuse comme ça. Je n’ai pas l’habitude de ce manque de volonté, ça m’énerve, c’est pas moi. Vraiment pas. Et pourtant, si.

Je sais qu’il y a déjà 3 facteurs :

  • je suis toute seule.
  • je suis beaucoup trop sur internet, or c’est difficile de s’en détacher une fois qu’on y est.
  • Je suis stressée.

Prenons chacun l’un après l’autre.

  • Bon le premier je ne peux pas y changer grand chose. Il faut que je me prenne en main un point c’est tout.
  • Concernant internet, le problème c’est que dans ma vie actuelle j’ai sans cesse besoin de l’ordinateur et d’internet : pour lire mes mails, mon principal moyen de communication avec l’extérieur, pour écouter de la musique, pour chercher une recette de cuisine, pour des questions de cours, pour des powerpoint de cours… Et donc une fois que j’y suis j’y traine. Il faut que j’arrive à changer cette habitude : écouter de la musique à la radio, pour toutes les activités sur ordi, débrancher internet le plus possible (pas besoin d’internet pour lire les cd sur mon ordi ni pour lire des powerpoint de cours.) Regarder mes mails à des horaires fixes et surtout pas le matin (en espérant que cette résolution puisse tenir avec les impératifs des études…). Retourner à des loisirs hors internet. (mandalas, promenades, lectures…)
  • Je suis stressée, en fait ça n’est pas en rapport direct avec internet mais surtout avec la procrastination intensive de cette année, procrastination qui trouve une application facile sur internet ! Sauf que le serpent se mord la queue là : je suis stressée-je procrastine-je stresse encore plus. Parce que je me vois en train de foncer dans le mur, c’est méga énervant. Parce que, en plus, évidemment comme je procrastine en ayant jamais l’esprit tout à fait tranquille et ne faisant que rarement des vrais loisirs, j’ai l’impression de travailler tout le temps, de ne jamais me poser vraiment. Je me répète mais : c’est méga-énervant.

Je me vois foncer dans le mur sans arriver à bifurquer mais là j’en ai vraiment marre, je profite du changement de semestre pour tenter une remise en ordre.

Au semestre prochain, j’aurais cours certains jours le matin (9h et 9h30) d’autres l’après-midi, d’autres pas du tout. Cours à 9h ça implique de se lever à 7h30. Je décide donc d’essayer de me réveiller tous les jours à 7h30. Jour de cours : je me prépare pour le cours. Jours de pas cours, je peux rester écouter la radio dans mon lit (il y a les infos à 7h30 sur France Inter ou alors la matinale sur France Musique) jusque 8h ou me mettre au yoga, j’ai un livre qui n’attend que ça depuis des mois. (Peut-être que ça pourrait aider à me déstresser ?)

à 8h je me lève -douche et petit-déj’-, 9h je suis prête pour bosser (hors internet impératif.)

à 12h je regarde mes mails /12h30 je me mets au repas (horaire qui fonctionne pour tous les jours même quand j’ai cours l’après-midi) et puis ça me permet d’écouter « Le jeu des 1000 » à 12h45 sur France Inter.

L’après-midi je bosse (avec des pauses loisirs) jusqu’à quand je peux. Soit chez moi soit en bibliothèque. à 18h ou 19h je cale un temps internet. (Avant ça je peux aller faire mes courses/ma lessive. ) 19h30 je me prépare le repas (possiblement plus long/complexe que le midi.) Puis selon la charge de travail, je bosse ou je me détends.

Vais-je arriver à m’y tenir ?

Pour m’aider : Les bibliothèques qui obligent au sérieux. La radio le matin, ça pourrait m’aider beaucoup… Et il faut que je recommence à faire des listes pour m’organiser.

Ce texte sert de témoin-lancement.

(Bon, en revanche, je crois que je pars avec problème dès le départ : le premier facteur de ma procrastination intensive c’est le stress, or aujourd’hui, 24h après avoir rédigé tout ça, il est déjà de retour à son maximum et je n’ai absolument aucun remède contre : je ne me sens absolument pas capable de faire ce qui est attendu de moi -à savoir : écrire un mémoire… De nouveau je me sens en décalage avec mon niveau d’études… Cette mauvaise impression m’aura donc laissé tranquille environ 6 mois…  J’en ai marre…)

Lâcher prise

En ce moment je suis assez contente, je réussis à lâcher prise (et par résonance à prendre de l’assurance) dans plusieurs domaines qui étaient jusqu’à maintenant assez épineux :

  • M’assoir dans le bus.

En fait ça a commencé aux arrêts de bus. Je me suis dit un jour « Maintenant je vais faire attention à m’asseoir sur le banc s’il y a une place (il y en a souvent) et même si c’est que pour 2 minutes. et je reste assise jusqu’au bout (quand le bus il est là devant, pas seulement, tout près, là-bas, arrêté au feu.) Tant pis de ce que les gens y pensent. (En pensent-ils vraiment quelque chose ? Et surtout ce quelque chose importe -t- il ? NON.)

Au même moment, il y a eu aussi la vidéo de Margot et ses commentaires qui m’ont fait réfléchir. Dans le bus s’asseoir est une autre affaire…

bus Je n’ose jamais demander une place et je n’osais jamais non plus prendre les places dites prioritaires [qui sont à l’avant du bus] parce que je me disais que je n’avais pas besoin de celles là. « J’ai juste besoin d’une place assise pas forcément d’y arriver rapidement. » Ce qui est est à moitié vrai. D’abord parce que mon équilibre est plus ou moins vaillant selon les jours. (Certes ça ne met pas ma vie en danger, mais si je pouvais éviter de me faire détester de tout le bus en écrasant tous les pieds et bousculant tout le monde, ça serait pas si mal.) De plus, le temps d’arriver au fond du bus, souvent, les places vides ont été prises. Enfin, il semblerait que dans la tête des gens il est plus logique que je demande à m’asseoir à une place prioritaire qu’à une autre parce qu’elles sont faites pour ça. (Ce raisonnement m’énerve ) (Si ça vous intéresse je pourrais peut-être faire un article spécifique sur « M’asseoir dans les transports en commun » pour récapituler ce que j’ai déjà dû dire de-ci de-là et rajouter ce genre de choses…)

Je me suis plusieurs fois retrouvée absurdement coincée entre demander une place avec ma carte mais ne pas oser -car là-bas la place prioritaire est libre-, et ne pas oser aller s’asseoir à cette place dite prioritaire -parce qu’impression d’illégitimité (En écrivant ça je me rends compte à quel point c’est profondément idiot). Je me suis aussi très souvent retrouvée debout parce que je me suis dit « Non je ne vais pas prendre ces places-là [les place prioritaires] il y en a au fond » et finalement quand j’arrive, il n’y en a plus… (et, rappelons-le, je n’ose pas demander.)

Alors un jour j’ai réfléchi autrement.

  1. « Cette place est libre et j’ai besoin de m’asseoir »
  2. « Cette place est une place prioritaire et je suis prioritaire. »
    (J’ai une carte prioritaire [et celle-là je n’ai même pas eu à insister pour l’avoir…] = je suis prioritaire)
  3. « M’asseoir ici m’évite les problèmes d’équilibre jusqu’au fond du bus et j’épargne les pieds des gens.
  4. « Bon, je m’assois. » (!)

En 1 mois, (oui cette révolution date de quelques semaines seulement) j’ai dû le faire 3 ou 4 fois, toujours sur le même long trajet (c’est-à-dire une trentaine de minutes pour aller ou revenir de l’École), je n’ai encore jamais eu de remarque.

carte_de_prioritePeut-être des regards, je ne sais pas trop en fait puisque j’ai pris le parti de ne pas regarder les gens, je m’en fiche de ce qu’ils pensent (j’essaye). En fait, pour être sûre de ne pas me sentir gênée en croisant un regard réprobateur, je regarde par la fenêtre (mais c’est beaucoup moins le stress et la fuite qu’avant… Avant j’étais fixée-vissée à la fenêtre, maintenant je suis juste tournée vers… Je ne sais pas si vous visualisez la différence d’attitude…) Je ne me sens pas encore capable d’affronter tous les regards mais il y a quand même une grande évolution… J’ai un peu lâché-prise.

Peut être que la prochaine étape va être de sortir la carte pour demander une place quand il n’y en a pas ?

  • Les courses.

J’arrête de me presser/stresser à la caisse. Curieusement, ça se déroule beaucoup plus facilement. Clairement, je prends du temps : alors que j’ai à peine fini de vider mon panier sur le tapis, le caissier ou la caissière a déjà passé la moitié [de ce que j’ai posé]. Et donc le temps que je paye et range tout, s’il y a une (voire 2) personne derrière il doit attendre ou se débrouiller autrement. Hé bien tant pis. Je ne me presse pas pour autant. Je mettrais du temps de toute manière, pas la peine de rajouter au ridicule s’il y en a

Je crois que j’ai aussi été aidée pour ça par l’observation de mes amis (c’est-à-dire que JE les observe), je crois que je suis très complexée par ma lenteur… Mais qu’en fait eux n’en ont rien à faire. Parfois même je me dépêche tellement pour ne pas être lente que c’est moi qui les attend (Comment c’est possible ? Je fais tout à moitié ou de travers, eux s’appliquent et vont jusque au bout…) Il faut que je continue à travailler dessus. J’ai avancé mais le complexe est encore là.

  • Les relations amicales.

J’ai aussi lâché du lest dans ce domaine [J’ai continué à…] mais c’est un peu compliqué à expliquer en quelques mots, parce que tout ça est un sacré chantier, encore inachevé. Mais ça avance, je monte dans les étages… (et il n’y a pas eu de casse, juste une petite fêlure, aujourd’hui colmatée…)

Ce qui est génial dans tout ça : ces  petites avancées ont -il me semble- des répercussions plus globales… Je me fais plus confiance !*

*Pour une fois je suis sûre que ça n’est pas le processus inverse : la première fois que je me suis assise sur la place prioritaire je n’avais pas plus confiance en moi qu’avant. C’était un crash test. Crash test qui a été couronné de succès,  cela m’a donné plus d’assurance, de motivation, pour réessayer la fois d’après et encore après.