Vrac presque en brèves

Il y a de drôles de coincidences. Il y a peu, je remarquais que je n’étais pas capable d’écrire des articles de vrac, où j’évoquerais de manière brève divers sujets qui n’ont rien à voir les uns avec les autres.

J’ai essayé plusieurs fois mais à chaque tentative chaque idée que je voulais brève était finalement tellement développée qu’elle suffisait à faire un article entier. Bref, jusqu’ici toutes mes tentatives ont été des fiascos totaux. (il fallait que je le case quelquepart, j’aime bien le son de « fiascos totaux ».)

Et pourtant je crois bien qu’aujourd’hui je vais y arriver. Suffirait-il de constater un « échec » (en lequel je ne crois pas) pour le dépasser ?

***

Première nouvelle importante du soir : ça vaut le coup d’être culottée ça paye. (Je vous laisse vous rafraichir la mémoire ici, si nécessaire.)

Je suis complètement déphasée. Je m’aperçois que je me suis comportée jusqu’à maintenant avec l’idée que mon culot n’aboutirait pas. Qu’au fond c’était tant mieux si je n’étais pas retenue parce que de toute façon j’avais envie de changer d’air. Et pendant toute cette attente, j’ai trouvé tous les points positifs du cursus que j’allais suivre ailleurs. (Et mes amies ont abondé dans ce sens.) Depuis 3 jours j’en étais même clairement convaincue, ce cursus pouvait être formidablement enrichissant. Seul bémol : la distance (donc long trajet tous les jours ce qui n’est pas idéal pour la fatigue.)

Bref (oui, c’est censé être une brève tout de même) finalement je suis admise… Et donc j’ai le choix. Et donc je suis perdue. D’autant plus perdue que tous se réjouissent autour de moi, ils expriment tous un enthousiasme que je ne ressens pas moi.

Je me retrouve avec un choix cornélien : choisir de continuer mon école, rester dans le prestige, « l’enseignement d’excellence », aller au bout du cursus commencé. Mais accepter une année avec beaucoup de travail (ce que je ne souhaite pas.) Mes parents, et une certaine partie de ma raison, me poussent dans cette voie. Elle a d’autres avantages à ne pas oublier : le trajet depuis mon logement actuel est bien plus court : pas besoin de déménager ou de faire de longs trajets quotidiens. De plus, cela me plait tout de même beaucoup par l’immersion dans le monde pro et je suis certaine que les cours me plairont.

Choix B : aller dans une fac (où j’ai également été admise) pour acquérir des compétences plus généralistes mais très techniques (ce qui me fera peut-être défaut dans la 1° formation) Mais la fac est décentrée donc soit déménagement soit longs trajets, je n’ai envie ni de l’un ni de l’autre. Et même si la plaquette me semble prometteuse et que j’ai entendu beaucoup de bien de cette fac… Et si j’étais finalement déçue ?

Au fond, je crois bien que mon choix est déjà fait. Pour l’option A. Mais qu’il me faut du temps pour me faire à l’idée de recommencer une année chargée. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti cette peur du regret face à un choix. En choisissant l’option A j’ai peur de regretter d’avoir accepté cette nouvelle année chargée. Mais en choisissant l’option B j’ai peur de rater une occasion. Peut-être que je réfléchis trop. Peut-être que je me projettes trop loin. Peut-être que réfléchir aux amménagements, les accepter plus largement, suffirait à régler ce problème de charges.

Depuis la lecture des résultats et des admissions je retourne en boucle l’histoire du paysan indien / du paysan chinois (l’histoire est la même, seule la culture de celui qui raconte change le contexte…) Donc chaque choix est bon, chaque choix aura des répercussions différentes que je ne pas voir de là où je suis. Mais ça ne m’aide pas à trancher.

En discutant avec une amie j’ai pu saisir les différents problèmes que cela soulève et qui me remuent : il y a la confiance en moi (encore et toujours), il y a le syndrome de l’imposteur, il y a la peur de décevoir, il y a la difficulté à accepter de l’aide là où j’aimerais me débrouiller seule (tout le temps, donc) et il y a mon ego/ mon ambition.

Bref, je vais encore y réfléchir pas mal de temps.

****

J’ai plusieurs articles en brouillon écrits progressivement ce mois-ci. J’en ai notamment écrit un sur mon expérience du mémoire. Comme tout ce qui touche au mémoire, il est j’ai du mal. C’est marrant parce qu’il y a quelques jours alors que je l’augmentais encore un peu j’ai pensé attendre la publication des résultats pour le publier car ce serait une manière de tourner la page. Comme quoi, je pensais vraiment que je ne serai pas admise. Avec toutes les questions que me posent les résultats je n’ai plus envie de le publier maintenant. Peut-être plus tard … Ou peut-être pas.

***

Je me sentais enfin reposée, enfin sereine. Et puis finalement non, c’est reparti pour un tour de questionnements et de doutes. Heureusement que c’est les vacances. Car oui, c’est le deuxième élément important à retenir de ces brèves : demain je prends le train, je pars de Paris pour l’été… Je pars aussi de la blogosphère (pour l’été seulement, bien sûr !)

****

Vie culturelle de l’été :

Si vous êtes à Paris ou si vous passez par là, je vous recommande l’exposition Nous et les autres du Musée de l’Homme, très instructive. Ainsi que l’exposition Rodin du Grand Palais (magnifique pour ceux qui aiment Rodin, évidemment.)

Je ne sais pas combien de temps il reste en replay mais je vous conseille aussi « Même le vent semble pleurer » sur Arte. Très beau. (mais il faut avoir le cœur bien accroché, surtout au début.)

Et merci Anick Anouck et The Miss :  deux des livres prévus (dont un déjà commencé) pour cet été sont issus de vos conseils – lectures !

Voilà, voilà, je trouve que pour un premier vrac c’est pas mal. (Mon premier titre était « Brèves en vrac » mais par honnêteté je l’ai changé 😀 )

 

 

Citation pour se connaitre

(Pas besoin que je vous le dise, vous savez que c’est Lilo…)
Les relations sont sûrement le miroir dans lequel on se découvre soi-même.
Jiddu Krishnamurti

 

J’aime beaucoup, beaucoup (beaucoup), cette citation…

Je pense effectivement que nos relations nous permettent de mieux nous connaitre.

D’une part parce que nos amis nous offrent un regard extérieur et objectif. Ils voient des qualités que nous ne voyons pas et détrompent des défauts que nous pensons.

D’autre part, en fonction de notre personnalité mais aussi de notre attitude les relations que nous nouons sont différentes. Chaque personne a un cercle d’amis différent, chaque personne entretient ses relations d’une manière différente aussi. Je pense donc que chaque ami reflète une facette de nous-mêmes (nous sommes amis parce qu’il y a un point commun) et la manière dont le lien est entretenu nous révèle aussi, si on y fait attention, une part de notre état d’esprit/ psychologie.

« Le Passeur » de Lois Lowry

ATTENTION : Je ne donnerai pas la quatrième de couverture, elle dit beaucoup trop à mon goût, il ne faut pas la lire avant d’avoir lu l’histoire (heureusement pour moi ce livre était dans la bibliothèque de ma soeur et je connaissais l’auteur, je me suis donc contentée des premières lignes pour décider de me plonger dedans.)

Dans ce qui suit je ne révèle absolument pas l’histoire, je donne juste le début et mon sentiment (très positif) pour donner envie de le lire !

C’est le deuxième livre de cet auteur que je lis, c’est le deuxième que j’apprécie grandement.

cvt_lelue_7816

source : Babelio

Le premier, L’Elue je l’ai lu il y a plusieurs années (au collège) j’en garde un bon souvenir. Un souvenir de réflexion, de réflexion philosophique, le souvenir d’une belle histoire, le souvenir d’une héroine à laquelle je me suis pas mal identifiée (une jeune fille handicapée à la jambe qui marche donc en boitant.)

 

Dans cette seconde histoire j’ai retrouvé un autre monde inventé, une autre belle histoire, une autre réflexion philosophique, un autre héros très intéressant (même si je ne m’y suis pas autant identifié, là n’est pas l’important…)

L’histoire

Cela se passe dans un village / une communauté appartenant au futur. Dans ce monde tout est réglé, codifié. Le matin on fait telle chose, le soir telle chose, en décembre il se passe tel évènement, à huit ans on fait tel truc et à neuf tel autre truc, quand une personne dit quelque chose on doit répondre une autre chose bien précise. Bref, tout est bien codifié pour le bien-être et la sécurité de tous. C’est tout poli / polissé / lisse / neutre / bienveillant.

Et donc, ce livre raconte l’histoire d’un garçon de onze ans dans ce monde.

Pourquoi j’ai aimé et pourquoi je le conseille ?

Pendant ma lecture j’ai pensé à Descartes et ses Méditations métaphysiques, à Platon aussi. J’ai pensé à tout plein de notion abordées en Terminale pendant mon cours de philosophie ( d’ailleurs j’ai regretté de ne pas l’avoir lu cette année-là ça aurait pu nourrir bon nombre de dissertations), je me suis posée énormément de questions, je me suis révoltée un peu aussi.

L’histoire est poétique, belle, juste (dans le sens de « bien-vue »), effrayante, triste… mais surtout très philosophique.

J’avais peur de la fin, peur d’être déçue, finalement je l’ai trouvée juste parfaite, bien à l’image de toute l’histoire. C’est assez admirable de la part de l’écrivaine d’avoir réussi à me contenter pour la fin. Parce que plus j’aime un contenu, plus il est facile de me décevoir 😉

Pour finir, je le conseille à toutes les personnes qui s’interrogent sur le futur, sur la perfection, sur le passé, sur le poids de l’histoire et sur le poids des mots, sur les émotions, sur l’importance des décisions et du choix, sur le hasard, sur les émotions… (à toutes les personnes qui se questionnent donc 😉 )

Je sais que comme L’Elue il est catégorisé littérature jeunesse mais il dépasse de loin ce cadre (j’ai envie de lire tous ses autres livres… Mais je vais me laisser le temps de digérer celui-là déjà !)

 

 

Etudes, prestige, avenir et gloubiboulga

Oui, je sais que ce titre ne veut rien dire mais ça sonne bien je trouve. J’aurais pu sinon intituler « études, prestige et régression » ou « L’avenir : rêve et réalité » ou « L’avenir ce sac de nœuds » ou .. (enfin bref, vous voyez je manque pas d’idées, mais j’ai choisi celui qui ne veut rien dire (ou presque, ça vous dit quand même que je vais parler d’études, d’avenir et que ça ressemblera probablement à rien de plus qu’un gros tas.)

J’aime bien la blogosphère parce que ça fait réfléchir, ça fait voir d’autres expériences, ça met tout le monde sur un pied d’égalité quelque soit l’âge et la nationalité et le vécu. Tout se mélange en un énorme partage d’expérience et de connaissances qui font cogiter.

Et puis parfois ça fait des étincelles. Cet article est né d’une de ses étincelle, quand j’ai lu cet article de Bibouman.

En effet, je me questionne beaucoup sur mon avenir, sur mon métier. Ce que je suis capable de faire d’un côté et ce que je veux faire de l’autre. C’est pas nouveau. Mais ça fait partie des sujets que j’ai du mal à évoquer ici (autant que en face-à-face d’ailleurs.) Parce que ça touche à des réflexions très profondes et personnelles et donc c’est tellement un sac de noeuds (tant au niveau de la réflexion que des émotions) que c’est compliqué d’en parler.

Mais bon, là je me lance.

Je ne sais plus vraiment si j’en ai déjà parlé ici (sûrement) : j‘ai eu beaucoup de mal à trouver quelles études je ferai après mon bac. Tout simplement parce que je ne trouvais pas un métier qui me satisfasse entièrement donc je ne savais pas dans quoi m’embarquer. J’ai finalement eu un coup de cœur pour les enseignements proposés par l’École du Louvre mais sans savoir vraiment plus ce que j’en ferais ensuite. Mais ça répondait à plusieurs de mes aspirations (un aspect histoire + un aspect ethnologie / connaissance de l’Autre + un aspect « culture » . J’avais aussi, il faut bien le dire, déjà l’idée (que mes parents ont dû beaucoup contribuer à me donner…) que plus je visais haut, plus j’avais de chance de m’en sortir. Que si je faisais des études prestigieuses ça compenserait en quelque sorte le désavantage induit par le handicap (oui, « désavantage causé par le handicap »c’est un pléonasme, mais c’est comme ça que les gens réfléchissent aujourd’hui.) Il y avait aussi un sens du défi (même si parfois je me déteste de me compliquer toujours la vie de la sorte) et une envie d’autonomie (même si la semaine précédent le départ, je me suis bien maudite d’avoir choisi de partir et j’aurais bien fait machine arrière.)

En commençant à l’École du Louvre, j’avais cette idée que les conseillers d’orientation m’avaient donné : l’École du Louvre sert à devenir conservateur ou conservatrice. Point. Bah, en fait, scoop : il n’y a pas que ce débouché-là (heureusement pour nous.) Mais bon, j’arrive donc avec cette très belle et noble idée en tête : devenir conservateur.

La première année passe, je galère un peu mais tout va bien; c’est le temps d’adaptation, tout ça, c’est cool. La deuxième année passe, je travaille dur et c’est génial, je rencontre plusieurs chargés de TD qui nous expliquent à quel point le concours de conservateur est sélectif et difficile, je commence à remettre en cause l’idée d’avenir. Troisième année, je travaille toujours beaucoup, je galère encore un peu et je me rends compte que conservateur c’est bien beau mais c’est pas trop pour moi : un niveau de sélection beaucoup trop élevé (bien sûr que je pourrais tenter mais pas envie de trimer comme une dingue et devoir repasser le concours 2 ou 3 fois…) et trop de responsabilités à la clé. En troisième année je commençais à découvrir tous les autres métiers possibles : archéologue, historien de l’art -enseignant régisseur, documentaliste (en musée pas le documentaliste du lycée.), médiateur, guide-conférencier, …

Puis j’ai du redoubler ma troisième année. Parce que je ne pouvais pas passer en master avec les notes obtenues. Je n’avais qu’une UE à repasser donc que 3 heures et demi de cours par semaine, donc beaucoup de temps libre. J’en ai profité pour bien creuser la question. Il faut dire qu’en plus le fait de redoubler m’a aussi obligée à me remettre en question et à penser à une autre issue (je n’avais pas de plan B pour un autre master à l’époque.) J’ai rencontré des gens (une conseillère d’orientation, un professionnel), j’ai participé à des actions de médiation professionnalisantes proposées par l’École, j’ai postulé pour des stages et fait un stage de deux mois. Tout cela m’a permis de confirmer que : régisseur n’était pas pour moi et documentaliste me plaisait bien.

Régisseur ça m’avait bien tentée car contact direct avec les œuvres, idée de voir le travail en coulisses, travail d’équipe nécessitant de la diplomatie… Mais visiblement très physique (beaucoup de déplacements, des transports d’œuvres), assez manuel aussi (transporter les œuvres, concevoir des emballages sur mesure, mesurer…) et des mathématiques (mesures, réalisations de budgets…) Mon père m’a bien fait remarquer qu’il y avait un potentiel créatif (dans la gestion du budget impliquant des choix notamment) mais le régisseur n’est pas en haut de l’échelle donc quelle marge de manœuvre a -t-il réellement ? Et puis ça faisait beaucoup de défauts accumulés, un peu trop…

Guide-conférencière / médiateur, je restais bloquée sur l’idée que j’étais bien trop timide et mal à l’aise à l’oral pour ça. Mon expérience avec l’École m’a montré qu’en fait c’était surtout un entrainement à acquérir, que ça pouvait se dépasser. Il y a aussi l’idée de transmission et de rendre accessible à tous qui me plaisait beaucoup. Et puis beaucoup de créativité. Deux points noirs au tableau : des guide-conférencier il y a en a beaucoup mais peu de débouchés. Quant à « médiateur culturel » pour arriver à un poste réellement intéressant (c’est-à-dire avec un potentiel créatif et de décisions pour la mise en accessibilité) il faut d’abord passer par beaucoup plus ingrat (réaliser des études de public) et ça, ça me plait beaucoup moins. La perspective de passer par là et d’y rester un temps indéterminé (parce que dépend aussi des postes disponible) me plaisait moyen. (et il y aussi une part de paperasse et de budget assez rebutante.)

Reste : documentaliste en musée. C’est dans ce domaine que j’ai fait un stage et même si ça a changé ma vision de certains aspects du métier, c’est resté le coup de cœur initial.Il y a d’abord toujours l’idée de transmission (on organise les connaissances générées par le musée en vue de leur transmission aux professionels, aux chercheurs, et au public aussi en théorie.) Il y a aussi mon amour pour les livres qui s’est rappelé à moi. Même si je ne les ouvre pas ou les lit pas, l’idée/le fait de me retrouver entourée de tant de livres…. ça m’enthousiasme. (C’est absolument inexplicable. Mais le fait est que j’ai du répéter cette raison de mon engouement pour le métier une bonne dizaine de fois.) Restent quelques réserves : les rares débouchés et le concours à passer (mais qui sont au fond comme pour tout autre métier dans ce domaine, il va falloir que je m’y fasse…) et le fait que selon les institutions, l’aspect accueil du public est plus ou moins élitiste. Il y a bien service public mais indirect, pas bien visible directement.

Du coup il y a souvent une petite voix qui s’agite « eh, tu sais que bibliothécaire, un des premiers auxquels tu as pensé au collège, ça répond à tous tes critères ? » Oui j’y pense. (Puisque je vous le dis.)

  • Il y l’idée de transmission.
  • Il y a le rapport au public, plus varié et avec un service beaucoup plus direct.
  • Il y a les livres.

Oui mais, il y a les œuvres en moins. En travaillant comme documentaliste je garde un rapport plus ou moins fréquent avec elles, pas en bibliothèque. (Oui, je suis une titilleuse en titre…)

En outre, il y a aussi je crois l’impression de « régresser » et la peur de décevoir.

L’impression de régresser parce que c’est un métier auquel je pense depuis très longtemps mais que j’ai écarté parce que… parce que, je sais pas trop en fait : métier trop « commun », trop « répandu », trop « facile »? ((Sens de l’ambition et du défi bonjour, ne peux-tu pas me laisser tranquille deux minutes ?)) Parce que zut, j’y pense depuis super longtemps est-ce que c’est pas un signe ça ?

Peur de décevoir parce que « j’ai fait une belle école, très prestigieuse, pointue et spécialisée, pour finalement devenir une simple bibliothécaire, c’est un peu dommage…. » Cette peur est très certainement alimentée par mon propre ressenti (qu’est-ce que le sentiment de régression sus-cité sinon une sorte de peur de me décevoir moi-même ?) mais pas que… Mon grand-père me l’a déjà dit… (Sans savoir qu’il alimentait là de puissants rouages !)

Pour reparler un peu de l’ambition (oui, parce que j’aime pas me faire remarquer mais j’ai de l’ambition… Hyper pratique !) plusieurs personnes m’ont déjà parlé de connaissances à elles qui ont fait l’École du Louvre et sont devenues bibliothécaires. Comme une sorte d’issue par défaut parce que pas de place ailleurs. Donc moi, si je choisis finalement bibliothécaire, je viendrais donc en quelque sorte grossir leurs rangs… Alors que ça ne sera pas un choix par défaut puisque comme je viens de le dire ce métier me plairait énormément… Sauf que l’idée me dérange (madame ne veut pas se faire remarquer mais être comme tout le monde quand même c’est surfait… Ou comment faire simple quand on peut faire compliqué….)

La conclusion de tout ça c’est que de toute façon il y aura une forte intervention du contexte économique et des postes proposés dans mes choix. Qu’il faut que je refasse un stage en musée pour confirmer mon ressenti passé (en travaillant dans un autre établissement donc avec une autre équipe et d’autre méthodes, d’autres contenus…)

Au fond le problème n’est pas tant quel métier j’aurai mais quel master 2 je vais faire. La grosse interrogation du moment. Parce que l’idée de départ était le M2 de l’École sauf que les échos de la masse de travail, en parallèle avec mes grosses difficultés de cette année pour m’en sortir me font beaucoup douter. Si je suis sélectionnée -ce qui est loin d’être acquis avec mes résultats actuels- est-ce que je fais ce master-là ou un autre ? Mais alors lequel ? (et là, je ne crois pas que vous puissiez m’aider…)

(Cet article a été l’occasion de faire une recherche rapide sur les bibliothèques en prison… ça n’a pas l’air jojo… Il faudra que je creuse l’idée quand j’aurai du temps -en vacances- mais a priori c’est pas là que je trouverai du boulot…)

La confiance en soi… Encore aux abonnés absents

Cette année je suis en master 1, je dois donc faire un mémoire. Ça engendre beaucoup :

  • un travail de recherche (c’est nouveau et comme tout apprentissage nouveau pour moi il faut il faut long temps d’adaptation)
  • des attentes, des comptes à rendre (autrement plus importants que le contrôle de maths..)
  • Un contact direct avec des profs qui sont habituellement distants.
  • Tout ça résulte en beaucoup de stress et de pression.

La pression résulte aussi des paroles des profs eux-même.

(On me dit d’affirmer mon point de vue Ahah ahah ahah… )

On travaille en séminaire -> en groupe  : cela permet effectivement de partager des problèmes méthodologiques mais ça permet aussi de voir/penser combien les autres se débrouillent mieux (pas toujours ok), combien les autres vont plus vite, combien les autres trouvent ça intuitif, combien les autres se posent les bonnes questions.

Ça a aussi pour conséquence que les profs disent au groupe comme une généralité (sans nommer) alors qu’en fait c’est plutôt une remarque individuelle. (Je ne pense pas qu’il faille nommer juste on choisit de l’assumer et de le dire en face à face ou alors on reste correct et on ne le dit pas / dit autrement. Parce que bon : « je pense qu’il y a un manque de maturité intellectuelle »….. C’est pas tellement une remarque constructive…Je sais même pas ce qu’elle entendait par là en fait.) Cette remarque ne m’était a priori pas destinée, mais qu’elle le soit ou pas je l’ai prise pour moi (parce qu’étant déclarée comme une généralité ça laisse une ambigüité, un doute). Parce que c’est un peu ce que je ressens en fait « un manque de maturité intellectuelle » même si je ne l’aurais pas dit comme ça, parce que c’est hyper violent. Mais j’ai effectivement à me voir comme une adulte qui a des responsabilités, comme une adulte qui a des comptes à rendre, surtout comme une adulte qui a des capacités. Capacité à se poser les bonnes questions, capacité à faire tout ce travail qu’on attend de moi en temps voulu, capacité à avoir mon propre avis sur la question différent de X et de Y.

Ces mêmes personnes qui mettent la pression m’ont dit aujourd’hui au moins 10 fois que mon exercice-exposé était bien, que je devrais prendre davantage confiance en moi.

Alors en fait, comment vous dire, on ne prend pas confiance en soi avec la pression sur le dos, la pression c’est paralysant en fait, on prend confiance avec des encouragements et avec une conduite constante, pas des réactions en yo yo ou en clignotant…

Et puis la confiance en soi ça nous tombe pas dessus comme ça du jour au lendemain. (j’aimerais, hein, mais non…)

Je vais donc continuer à faire de mon mieux et espérer que cela ira le jour de la soutenance.

*** J’ai écrit tout ce qui précède dans une grande phase de découragement, après une séance de groupe de recherche où on nous avait fait plusieurs reproches collectifs (tout en me disant de prendre confiance en moi donc) alors que je ne comprenais toujours pas vers où je devais diriger mon travail. Ce soir-là je n’ai pas voulu le publier … et les jours suivants je ne voulais même pas le relire, persuadée que c’était pleurnichard (et parce que ça me déprimait aussi.) C’est étonnant, parce que aujourd’hui que je le relis, je trouve ça finalement plutôt neutre… Comme quoi … Je n’ai rien changé à ce que j’avais écrit ce soir-là, juste corrigé quelques fautes d’orthographe et rajouté ou enlevé quelques sauts à la ligne. Je me suis forcée à ne rien faire de plus.

***

Aujourd’hui, la situation a changé, j’ai bien avancé dans mes lectures, ça m’a donné des idées et des pistes de réflexion pour la rédaction. J’ai eu une entrevue avec ma directrice de recherche qui semble contente de mon avancée et qui m’a fait certains compliments. Nous avons pu avoir (pour la première fois depuis le début de l’année) avoir une discussion posée, où nous avons évoqué les points forts et les points faibles, ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire. J’avais fait mon premier bilan avant d’y aller, elle m’a conforté dans mes ressentis : j’ai avancé  mais maintenant que cela prend je m’aperçois de la masse qui reste encore et le temps passe vite, il ne faut pas trainer.

Ça m’a fait du bien et mis un peu de baume au cœur de savoir que ça y est je suis bien lancée dans la bonne direction, qu’il y a des points forts dans mon travail, que je suis soutenue.

J’ai apprécié aussi qu’elle se soit rendue compte que trop de pression n’était pas bénéfique … (et je crois qu’elle a pu en apercevoir les effets !)

Mais je suis consciente qu’il reste beaucoup de travail et peu de temps… Que je risque de repasser par des zones de turbulences et de doutes. Le contexte et l’humeur ont changé mais la conclusion reste la même : la confiance en moi est loin d’être stable, je vais donc continuer à faire de mon mieux et espérer que cela ira le jour de la soutenance.