La majoration de temps (le 1/3 temps !)

Article s’inscrivant dans la série des aménagements scolaires. J’ai créé une catégorie dédiée rien que pour eux.

C’est l’aménagement qui est pour moi le plus utile mais sans doute aussi le plus difficile à mettre en place pendant l’année scolaire (en particulier à partir du collège) puisqu’il y a les contraintes de l’emploi du temps : quand une heure de cours est finie, elle enchaine sur la deuxième ! Toutefois il faut toujours le mettre dans le PPS, cela permet que les profs soient conscients de la difficulté et du besoin et donc plus attentifs et possiblement plus conciliants (pour laisser 5 minutes de plus à la fin par exemple) et pour que cela soit ça tout de même mis en place quand c’est possible. 

Souvent est évoquée en remplacement de cette majoration de temps impossible, une suppression de certaines questions. Mesure que j’ai toujours mal acceptée et donc jamais revendiquée en cours (puisque généralement les profs n’y pensent pas tous seuls.) Cependant, j’ai quelques souvenirs de profs du lycée qui me l’ont proposé et où j’ai « cédé » parce que je me rendais bien compte que je n’aurais pas le temps.  Mais je l’acceptais très mal puisque je vivais ça comme une injustice vis-à-vis de mes camarades, imaginez que tous les élèves aient séché sur cette question que je n’avais pas faite ? Pourquoi ils seraient plus pénalisés que moi qui n’avait pas plus les connaissances ? – Je note aujourd’hui que je n’ai jamais pensé dans le sens inverse : si je ne savais pas répondre à la Question 1 que je devais faire mais que je connaissais parfaitement la réponse à la question 8 que je ne devais pas faire…- Cette impression d’injustice était soigneusement entretenue par mes camarades qui ne comprenaient pas cette mesure (que ce soit la majoration du temps -pourquoi elle pourrait rester 5 minutes et pas moi ? – que pour la suppression d’une partie du sujet.)

Encore aujourd’hui, je trouve la majoration du temps très justifiée (je suis plus lente, si je veux produire un devoir de bonne qualité, je dois pouvoir aller à mon propre rythme -sinon, l’esthétique sera la première à en pâtir et on sait combien cela influence le correcteur, voire compte dans la notation.) Mais pas la suppression des questions (je veux/dois être évaluée sur le même contenu que tous !)

Parenthèse importante : Le tiers-temps est très bien connu des concernés, des centres d’examens, des médecins… Par contre dès qu’on en parle à un prof, on a l’impression qu’il tombe des nues et n’en a jamais entendu parler. Je rappelle donc le principe : un tiers du temps initial de l’épreuve est ajouté. Exemples :

  1.  une dissertation en 3h -> l’élève dispose de 4h (parce que 1/3 de 3 c’est 1 donc 3 (temps initial) + 1 (majoration) = 4.)
  2.  Un exercice d’une heure, ça donnera 1h20. 1/3 d’une heure = 1/3 de 60 minutes = 20 minutes ! Donc 1h +20 minutes.
  3. Pour un exercice de 15 min -> 20 min.
  4. Quand le temps n’est pas divisible par 3 on arrondit, généralement au-dessus.

Le tiers-temps pour les examens je l’ai dit c’est la base, il me semble que tous les élèves ayant un aménagement aux examens en ont un. D’abord pour des raisons pratiques : tous les élèves avec aménagement sont réunis dans une salle, imaginez qu’il faille demander à une partie de partir… ça ne serait pas vivable. Cependant, la raison principale c’est que le 1/3 dépasse la simple idée de lenteur. Le tiers-temps ça sert à pouvoir aller au toilettes plus souvent, à faire des pauses si c’est nécessaire, à avoir le temps d’un soin, à prendre son temps si on est brouillon (du fait de la dyspraxie, par exemple.), à se relire X fois pour un dyslexique, (liste absolument non exhaustive)

Fin de la parenthèse.

C’est pour moi un aménagement vital, qui me permet d’écrire à mon rythme donc bien proprement et sans me crisper. J’aurais du mal à m’en passer aujourd’hui. Pourtant ça n’est pas inné. Je pense que tous les élèves ont un jour rêvé d’avoir plus de temps pour une épreuve, le tiers-temps est un aménagement qui fait beaucoup de jaloux. Mais en fait ce n’est pas simple et pas sans inconvénient.

Parce que les épreuves durent généralement les épreuves durent 3 ou 4h ce n’est donc pas que quelques minutes en plus pour terminer rapidement sa conclusion (ce dont rêvent les élèves) mais vraiment un temps en plus qu’il faut savoir exploiter (et non, ce n’est absolument pas fait pour écrire plus !) Il faut donc d’abord apprendre ce qui nous prend du temps, apprendre à faire les épreuves dans ce temps là (quand tu as l’habitude de faire tes devoirs de 3h en 3h05, le jour de l’épreuve tu le fais en 3h10 ou 15 alors que tu aurais pu le faire en 4h en stressant moins, sauf que tu es conditionné.) Et puis il faut véritablement chercher tout ce à quoi ça peut servir : aller au toilettes, relire plus sa copie (pour un dyslexique), faire un brouillon bien détaillé avant de passer au propre, écrire bien proprement, faire retomber la pression, colorier la surface de la carte de façon appliquée, colorier une surface de carte 2 fois plus importante (du fait de l’agrandissement), prendre bien son temps pour souligner les titres, relire le texte et les questions plusieurs fois pour être sûr de n’avoir rien raté (pour un dyslexique ou dyspraxique), souligner les éléments importants du texte et poser les stylos sans précipitation (quand rien ne tombe, c’est plus agréable et ça enlève de la pression.), réfléchir à l’orthographe d’un mot (pour un dyslexique). Bref ça permet plein de choses. Pour moi ça apporte surtout de la tranquillité (le temps de me poser, de réfléchir) et un plus grand soin.

Idée que j’aime bien pour expliquer mon besoin du tiers-temps : quand on ne sait rien, on ne sait rien, le temps n’y changera rien (à part mouliner les idées noirs ou broder.) En revanche, quand on sait, il faut du temps pour mettre tout cela en forme, le poser bien proprement ; ça me permet de dissocier la tâche de la réflexion, et celle de l’écriture. Les deux me demandant de la concentration. Si je n’ai pas le temps qu’il faut la qualité de mon travail sera moindre.

Plus on est habitué au tiers temps mieux on s’en sert (parce qu’on apprend petit à petit à gérer le temps imparti, le temps qui nous est nécessaire pour chaque chose. C’est très bête, mais je sais aujourd’hui que pour une dissertation en 3h j’ai systématiquement besoin d’une heure pour préparer mes idées au brouillon + écrire l’intro et la conclu au brouillon. Puis un peu moins d’une heure pour chaque partie. Si je mets plus d’une heure au départ, je sais que je suis en retard.)
Pour les dissertations au lycée je ne m’en souviens plus mais j’avais aussi mes repères temporels. Mais j’insiste c’est très difficile à mettre en place, parce qu’en classe tu entends le discours général (au bout de … minutes il faut que vous ayez fini votre brouillon.), qui ne conviendra pas.Et pendant tous les exercices de l’année tu dois fonctionner selon ce schéma qui ne te correspond pas.

Enfin, au-delà du problème d’apprivoisement, il y a un autre inconvénient auquel on pense bien peu. Les conséquences sur les temps de repos.  Je prends l’exemple du bac parce que ça m’avait particulièrement frappé.

Le lundi : épreuve de philo le matin : 8h-12h > 8h-13h20, épreuve de littérature l’après-midi je crois qu’elle débutait à 14h30. Sauf qu’il faut être en salle avant. (14h15, je crois sans certitudes) et que, toute embrumée que j’étais, le temps de sortir de la salle et de retrouver mes amis à midi, j’ai commencé à manger à 13h45. Je n’ai pas eu le temps de me reposer autant que je le souhaitais.
La logique voudrait que les élèves plus fatigables aient plus de temps pour se reposer… Mais cette belle théorie est mise à mal par le tiers-temps (et alors là je ne vous parle même pas d’un élève qui a besoin de soins sur l’heure de midi…)

Pour finir le tiers-temps c’est génial mais ça a des limites : en prépa il y a des dissert’ de 6h. Si on applique le tiers-temps à la lettre ça donne une épreuve de 8h ! Peut-on vraiment tenir 8h ? Déjà au bout de mes 5h20 j’avais l’impression de comater…8h ça me laisse songeuse… Mais j’imagine qu’on s’y habitue et repousse les limites… (c’est aussi pour ça que s’entrainer pendant l’année est intéressant : s’habituer à tenir sur la longue durée.)

Cependant, comme je le disais en introduction, l’aménagement est un droit pas une obligation. Si l’élève a fini avant, il peut sortir avant. ça m’arrive, rarement, mais ça m’arrive. (Soit que je n’ai rien à dire, soit au contraire que l’épreuve était particulièrement facile pour moi.)

Lâcher prise

En ce moment je suis assez contente, je réussis à lâcher prise (et par résonance à prendre de l’assurance) dans plusieurs domaines qui étaient jusqu’à maintenant assez épineux :

  • M’assoir dans le bus.

En fait ça a commencé aux arrêts de bus. Je me suis dit un jour « Maintenant je vais faire attention à m’asseoir sur le banc s’il y a une place (il y en a souvent) et même si c’est que pour 2 minutes. et je reste assise jusqu’au bout (quand le bus il est là devant, pas seulement, tout près, là-bas, arrêté au feu.) Tant pis de ce que les gens y pensent. (En pensent-ils vraiment quelque chose ? Et surtout ce quelque chose importe -t- il ? NON.)

Au même moment, il y a eu aussi la vidéo de Margot et ses commentaires qui m’ont fait réfléchir. Dans le bus s’asseoir est une autre affaire…

bus Je n’ose jamais demander une place et je n’osais jamais non plus prendre les places dites prioritaires [qui sont à l’avant du bus] parce que je me disais que je n’avais pas besoin de celles là. « J’ai juste besoin d’une place assise pas forcément d’y arriver rapidement. » Ce qui est est à moitié vrai. D’abord parce que mon équilibre est plus ou moins vaillant selon les jours. (Certes ça ne met pas ma vie en danger, mais si je pouvais éviter de me faire détester de tout le bus en écrasant tous les pieds et bousculant tout le monde, ça serait pas si mal.) De plus, le temps d’arriver au fond du bus, souvent, les places vides ont été prises. Enfin, il semblerait que dans la tête des gens il est plus logique que je demande à m’asseoir à une place prioritaire qu’à une autre parce qu’elles sont faites pour ça. (Ce raisonnement m’énerve ) (Si ça vous intéresse je pourrais peut-être faire un article spécifique sur « M’asseoir dans les transports en commun » pour récapituler ce que j’ai déjà dû dire de-ci de-là et rajouter ce genre de choses…)

Je me suis plusieurs fois retrouvée absurdement coincée entre demander une place avec ma carte mais ne pas oser -car là-bas la place prioritaire est libre-, et ne pas oser aller s’asseoir à cette place dite prioritaire -parce qu’impression d’illégitimité (En écrivant ça je me rends compte à quel point c’est profondément idiot). Je me suis aussi très souvent retrouvée debout parce que je me suis dit « Non je ne vais pas prendre ces places-là [les place prioritaires] il y en a au fond » et finalement quand j’arrive, il n’y en a plus… (et, rappelons-le, je n’ose pas demander.)

Alors un jour j’ai réfléchi autrement.

  1. « Cette place est libre et j’ai besoin de m’asseoir »
  2. « Cette place est une place prioritaire et je suis prioritaire. »
    (J’ai une carte prioritaire [et celle-là je n’ai même pas eu à insister pour l’avoir…] = je suis prioritaire)
  3. « M’asseoir ici m’évite les problèmes d’équilibre jusqu’au fond du bus et j’épargne les pieds des gens.
  4. « Bon, je m’assois. » (!)

En 1 mois, (oui cette révolution date de quelques semaines seulement) j’ai dû le faire 3 ou 4 fois, toujours sur le même long trajet (c’est-à-dire une trentaine de minutes pour aller ou revenir de l’École), je n’ai encore jamais eu de remarque.

carte_de_prioritePeut-être des regards, je ne sais pas trop en fait puisque j’ai pris le parti de ne pas regarder les gens, je m’en fiche de ce qu’ils pensent (j’essaye). En fait, pour être sûre de ne pas me sentir gênée en croisant un regard réprobateur, je regarde par la fenêtre (mais c’est beaucoup moins le stress et la fuite qu’avant… Avant j’étais fixée-vissée à la fenêtre, maintenant je suis juste tournée vers… Je ne sais pas si vous visualisez la différence d’attitude…) Je ne me sens pas encore capable d’affronter tous les regards mais il y a quand même une grande évolution… J’ai un peu lâché-prise.

Peut être que la prochaine étape va être de sortir la carte pour demander une place quand il n’y en a pas ?

  • Les courses.

J’arrête de me presser/stresser à la caisse. Curieusement, ça se déroule beaucoup plus facilement. Clairement, je prends du temps : alors que j’ai à peine fini de vider mon panier sur le tapis, le caissier ou la caissière a déjà passé la moitié [de ce que j’ai posé]. Et donc le temps que je paye et range tout, s’il y a une (voire 2) personne derrière il doit attendre ou se débrouiller autrement. Hé bien tant pis. Je ne me presse pas pour autant. Je mettrais du temps de toute manière, pas la peine de rajouter au ridicule s’il y en a

Je crois que j’ai aussi été aidée pour ça par l’observation de mes amis (c’est-à-dire que JE les observe), je crois que je suis très complexée par ma lenteur… Mais qu’en fait eux n’en ont rien à faire. Parfois même je me dépêche tellement pour ne pas être lente que c’est moi qui les attend (Comment c’est possible ? Je fais tout à moitié ou de travers, eux s’appliquent et vont jusque au bout…) Il faut que je continue à travailler dessus. J’ai avancé mais le complexe est encore là.

  • Les relations amicales.

J’ai aussi lâché du lest dans ce domaine [J’ai continué à…] mais c’est un peu compliqué à expliquer en quelques mots, parce que tout ça est un sacré chantier, encore inachevé. Mais ça avance, je monte dans les étages… (et il n’y a pas eu de casse, juste une petite fêlure, aujourd’hui colmatée…)

Ce qui est génial dans tout ça : ces  petites avancées ont -il me semble- des répercussions plus globales… Je me fais plus confiance !*

*Pour une fois je suis sûre que ça n’est pas le processus inverse : la première fois que je me suis assise sur la place prioritaire je n’avais pas plus confiance en moi qu’avant. C’était un crash test. Crash test qui a été couronné de succès,  cela m’a donné plus d’assurance, de motivation, pour réessayer la fois d’après et encore après.

Rétrospective : petits bonheurs de juin

Le mois de juin c’est les derniers partiels (les oraux) puis le repos bien mérité (avec une vie amicale et culturelle débridée…)

En juin, rappelez-vous la météo était complètement folle (il n’y a pas que moi qui était débridée), et pendant que certains souffraient de grandes inondations, moi je me réjouissais des gros orages et averses qui éclataient d’un coup et j’ai découvert le Zouave de l’Alma à cette occasion. (J’ai l’air d’une grosse égoïste dit comme ça… J’étais en révisions, ça passe comme excuse ?)

Le mois de juin c’était les oraux, ce qui est peu réjouissant au premier abord et pourtant : ils étaient bien organisés (ça change) donc sans stress ajouté, et, cerise sur le gâteau, pendant ces oraux j’ai reçu des félicitations en direct, pour un devoir particulièrement réussi et apprécié (c’est le genre de compliment qui fait doublement plaisir puisque qu’au simple plaisir du compliment s’ajoute le plaisir de savoir que c’est juste et mérité, que le travail a été considéré à sa juste valeur…)

Ensuite, bien évidemment, c’était les vacances, ce qui est un bonheur en soit.

J’ai choisi délibérément de rester tout le mois de juin à Paris pour profiter de ma solitude, ma liberté et mon temps libre.

La météo a continué à faire sa capricieuse : de la pluie…de la pluie…de la pluie… DU SOLEIL… de la pluie… des nuages… un temps gris… DU CIEL BLEU

Comme il pleuvait, je suis allée au cinéma, j’ai vu Julietta de Pedro Almodovar. (La fin est dure et inattendue mais Ohlala que c’est beau ! -même là que je vous ai dit ça, si vous le regardez ce sera toujours dur et inattendu, je n’ai rien spoilé…)

J’ai découvert le Théâtre de Poche, avec une pièce magnifique…

J’ai découvert la Philarmonie lors des journées portes ouvertes, c’est un beau lieu, j’ai appris plein de trucs sur son fonctionnement (acoustique et régie), j’ai assisté à un concert d’orgue très intrigant, j’ai discuté, j’ai assisté à un concert de percussions tout aussi original.

J’ai passé un samedi extra au Musée du Quai Branly (chanson russes, guide-conteuse, toit-terrasse avec belle vue et bougies)

Je suis allée au musée Rodin voir une superbe exposition d’art contemporain (une des rares fois de ma vie j’ai trouvé que de l’art contemporain ça pouvait émouvoir), puis j’ai continué par la visite du musée que j’ai encore plus aimé : je trouve certaines œuvres super émouvantes, elles parlent beaucoup à ma sensibilité… et c’est un musée accessible.

Pour bien terminer la visite, il y a là-bas un très beau jardin avec pleeein de fleurs, j’ai donc pris pleeein de photos (je suis accro aux photos de fleurs.)

J’ai lu un livre dans mon lit (Cette histoire-là d’Alessandro Baricco, j’ai beaucoup aimé, merci AnnickAnouck pour la découverte !)

J’ai bu un très bon capuccino avec un bon cheescake, dans un endroit très agréable (tellement que j’y suis retournée deux fois depuis, le coup de cœur n’a pas été démenti, je vais me ruiner !)

Et puis, comme il faisait beau aussi de temps en temps, j’ai pris des photos, des photos et encore des photos…

Tout ça c’était la dimension culturelle, et généralement solitaire, de mon mois de juin mais ce mois a aussi été plein d’amitiés.

Il y a eu une ballade nocturne avec M. et N. (Paris la nuit avec des amis, c’est le top…), il y a eu un coup de téléphone de C., avec des vacances en perspective… (ça fait partie des petits bonheurs des vacances !). Il y a eu un message de B., encore en vadrouille et toujours attentive. Il y a eu beaucoup de bavardages et de rires autour d’un repas coréen. Il y a eu une crêpe au chocolat avec M. C’est bien quand les amis vont bien ! (Ceux que tu n’avais pas vus depuis longtemps et qui vont encore mieux que quand tu les avais laissé ou ceux qui n’allaient pas bien la semaine d’avant, c’est pareil, bien pareil.). Il y a eu une carte postale de B., j‘adore les cartes postales (autant les écrire que les lire…). Enfin, il y a eu un super repas aux côtés de E., M, N et C. (du bien aux papilles et au cœur en même temps, que demander de plus !)

°°°

C’est étrange de repenser à tout ça maintenant. ça semble si loin alors qu’en fait pas tellement. Mais il s’est passé tellement de belles choses entre temps ! Et ça semble si proche alors qu’en fait pas tellement. Tellement de choses on changé entre temps ! 3 mois. 2 mois de vacances, 1 mois de rentrée.

Je ne traduirez pas mes 2 mois d’été et de vacances en petits bonheurs ici. Parce qu’il y aurait trop à dire, parce que c’était tellement bien que j’aurais du mal à le transcrire ici, parce que je ne veux pas tout raconter et que j’aurais l’impression de trahir la réalité en ne racontant que la moitié. Ils sont tous bien notés dans mon carnet et gravés dans ma tête. C’était très très très super. Je ne l’oublierais pas de sitôt.

Par contre le mois de septembre va suivre (peut-être couplé avec octobre…)

Écrire la page qui se tourne et le remue-ménage

Voilà, les vacances d’été sont finies.

C’étaient probablement mes dernières grandes vacances. Après il y a les études, les stages et les boulots qui vont en prendre la place…

C’étaient probablement aussi mes dernières vacances en famille. Parce que la famille change. Bouge. Se disperse. C’est normal, c’est la vie, le temps qui passe et la transmission de génération en génération. J’aurais tort de critiquer, j’ai quand même été la première à partir…

Bref, c’était un été charnière. Mon enfance est définitivement derrière. Je rentre dans le monde des adultes. En fait j’y suis même déjà un peu… Mais je ne réalise pas… Je ne suis pas prête à travailler, à rendre des comptes, à me dire que je travaille pour les autres, que je vis sur ce que je gagne. J’en rêve (être véritablement autonome, décisionnaire et rendre service aux autres par mon travail) mais je ne veux pas. Il y a un fossé entre le rêve et la réalité. Qui me fait peur. Que je ne veux pas franchir, je ne sais même pas comment c’est possible… Et pourtant tout le monde le fait. Donc ça doit bien se faire. Si ça se trouve c’est même facile. Si ça trouve c’est comme le bac, on s’en fait un énorme film… et puis en fait, ça passe… C’est juste que je ne m’imagine pas « adulte qui travaille » dans ma tête je ne le suis pas, dans ma tête je suis toujours une petite fille dépendante… Heureusement le monde du travail ce n’est pas encore pour tout à fait tout de suite.

Bref, bref, bref, je suis partie très loin, je n’avais pas prévu d’écrire tout ça (mais maintenant que c’est là, ça va y rester)

Tout ça pour dire, donc, que c’est un été charnière qui vient de se terminer. Et que j’ai une année bien chargée en perspective (au niveau des études en particulier). Et que en ce moment on me demande beaucoup de me projeter et que j’ai du mal, et que je cogite à fond, et que ça se bouscule un peu. Moins que l’année dernière parce que je commence dans du positif (l’année dernière je devais redoubler, cette année j’entre en master) et que, mine de rien, j’ai muri et évolué pendant cette année de jachère. Je sais un peu mieux où j’en suis et ce que je veux. Et que mes cours semblent très intéressants. 

Mais quand même, je cogite et ça remue…

Et en fait, les pensées vont beaucoup plus vite que la parole ou l’écriture. Du coup c’est difficile d’écrire tout ce cafouillis. Difficile de prendre chaque pensée une à une pour y mettre de l’ordre. Difficile de mettre des mots sur un ressenti, une impression, une émotion.

Et du coup, je n’arrive pas à écrire, ni à lire d’ailleurs. Je n’arrive pas (d’ailleurs vous le voyez bien mon texte est tout décousu, avec plein de phrases commençant par « et » pour simuler un semblant de lien) et je n’ai pas vraiment envie non plus. J’ai la tête trop occupée pour ça et d’autres priorités.

Conclusion : ne vous inquiétez pas si je ne donne plus signe de vie, c’est juste une pause. Pause à durée indéterminée parce que je ne sais pas quand je retrouverais le temps et l’envie.

Un trimestre de bonheurs

Cela fait un certain temps et un temps certain que je ne vous ai pas fait part de mes petits bonheurs… En mars, avec le week-end de Pâques bien occupé, c’est passé à l’as (et je culpabilisais de ne parler que de mon anniversaire :P) ..J’ai donc repoussé en avril mais comme j’étais en pleine révisions je n’ai pas privilégié le blog pour m’évader… Et en mai, suite des révisions et examens, j’ai été inspirée par d’autres sujets… Les voilà donc enfin !

En mars :

Pour mon anniversaire, j’ai reçu une invitation dans mon salon de thé préféré (et donc je me suis régalée 😛 ), j’ai reçu en cadeau une belle lecture inspirante et une jolie carte et encore d’autres belles cartes dans la boîte aux lettres (ça fait toujours très plaisir). J’ai vu une très belle exposition au Palais Galliera (sur la comtesse de Greffulhe, muse de Proust). J’ai préparé mon séjour à Dublin. Je me suis achetée quelques bouquins (en prévision des temps de voyage.) Tradition –vielle de 4 ans- oblige, j’ai retrouvé P. et son fils le temps d’une journée : un festin pour les papilles et un concert pour régaler les oreilles. J’ai profité du week-end de Pâques pour aller retrouver famille et amis et voir la mer dans le Sud. Lors d’un apéro d’au-revoir plein d’émotions j’ai retrouvé des amies perdues de vue (C. et K.) et profité du soleil sur la terrasse. Avec C. nous sommes allées au cinéma régresser en regardant Zootopie (mais quoi de mieux que ce Disney pour un dimanche soir ?!) J’ai entendu le récit -longtemps attendu- de ma naissance. J’ai trouvé des chaussures (techniquement 1/ elles conviennent, 2/ esthétiquement elles me plaisent et 3 / (bonus) elles ne sont pas trop chères : un exploit !)

En avril :

J’ai pris l’avion et j’ai découvert Dublin. J’ai écrit des jolies cartes. Je suis allée au cinéma voir The Assassin (esthétiquement magnifique) et Le Coeur Régulier (sublime à tous points de vues…) J’ai participé aux JOP au Louvre (=les Jeunes Ont la Parole), ça a été une belle expérience de partage, de parole, d’observation et d’écoute … et une bonne occasion pour recevoir des sourires et des compliments (en français ou en anglais 😉) et même une carte de visite ! J’ai découvert avec M. le quartier du canal Saint-Martin et  des aspects cachés de Paris par une belle ballade en péniche, puis nous nous sommes réchauffées dans notre salon de thé préféré, nous avons construit des châteaux en Espagne et des plans sur la comète …

 

En mai :

J’ai partagé un bon repas avec ma tante et mes grands -parents ( avec grapillage de petites anecdotes du passé et de compliments de-ci de-là),  j’ai vu une belle exposition au Musée du Luxembourg (il n’y avait pas autant de découverte de l’art hongrois que je l’attendais mais de belles oeuvres malgré tout…), je suis allée voir Brooklyn avec L. (un très beau film) et Tout sur ma mère, seule (aller au cinéma seule de temps en temps, ça a un charme certain, j’adore !) J’ai découvert le Lucernaire, un centre d’arts et d’essais, lieu très original et surprenant. J’ai attendu avec impatience chaque nouvel épisode de Game of Thrones (la série s’essouffle et manque d’inspiration mais ça reste un bon moment.) J’ai fait un joli tour au Musée des Arts et Métiers pendant la Nuit des Musées (sans surprise ce musée est encore plus magique la nuit… et c’était très intéressant !) J’ai mangé une crêpe « de fête foraine » avec M., comme ça, sans préméditation. J’ai partagé avec M. un repas impromptu à la bonne franquette et j’ai découvert la Coulée Verte (encore un autre bel endroit de Paris) par une journée chaude et ensoleillée. Par une autre journée chaude et ensoleillée, nous avons flâné dans le Marais et nous sommes régalées d’une légère tarte aux pommes avec sa boule de vanille (oui, nous mangeons beaucoup… J’assume ! 😀) Très important aussi, j’ai réussi à expliquer mon handicap clairement et succinctement (c’est-à-dire sans les perdre dans des détails inutiles) à un groupe de gens en chair et en os (donc à l’oral, pas à l’écrit derrière mon écran…) C’est assez nouveau, l’avenir me dira si c’est vraiment réussi (Ont-ils vraiment compris et vont-ils s’en souvenir ou devrais-je réexpliquer ?)

J’ai eu grand plaisir à écrire cet article et à me remémorer tout ces petits moments… Des instants qui semblent si lointains et si proches en même temps. Ce sont comme des repères, des phares, qui éclairent tout le reste et font prendre conscience du chemin parcouru…  Chaque post de petits bonheurs me fait le même effet que le feuilletage d’un album photos : tout un tas d’émotions et de ressentis qui remontent, une plongée dans le passé comme si c’était de nouveau le présent…