Tag de la route

Pomdepin m’a donnée envie avec ce tag... de lecture.

-Parking : Combien de livres as-tu dans ta PAL (Pile à lire) ?

Je n’ai pas à proprement parler de PAL, plutôt une liste, qui s’agrandit sans cesse (beaucoup plus vite qu’elle ne diminue, c’est ça le drame…)

-Limitation de vitesse : quelle limitation donnes-tu à ta PAL ?

Je ne donne aucune limite à ma liste. En revanche, depuis mon bac, je sais que si je prends plus de trois livres en allant à la bibliothèque ils ne seront pas lus dans le délai du prêt (et même trois livres ça devient rare, hélas.)

-Route prioritaire : Quel livre est ta prochaine priorité ?

Il faut que je le lise avant ma rentrée !

-Réservé au camions : Quel pavé liras-tu prochainement ?

Alors prochainement ça m’étonnerait. (Je ne vais pas lire un pavé pendant l’année !) Mais un jour, très certainement, je lirais Sourde, muette et aveugle : l’histoire de ma vie d’Helen Keller.
Bon, recherche faite, il ne fait que 275 pages, ce n’est donc pas vraiment un pavé, mais dans mon imaginaire c’en est un. Et si vous voulez savoir pourquoi il va falloir vous accrocher parce que je vais partir en digression lointaine…
Enfant j’ai été abonné à Images Doc. Dans un numéro de ce magazine un jour ils ont parlé de l’histoire de la langue des signes mais aussi d’Helen Keller, d’Emmanuelle Laborit… ça m’avait marqué. J’ai alors lu L’histoire d’Helen Keller par Lorenaa A. Hickok qui m’a énormément plu. Dans ce livre j’ai découvert qu’elle avait écrit sa propre histoire. Dès lors, plusieurs fois, pendant mon adolescence, je l’ai cherché à la bibliothèque municipale sans le trouver. Mais l’idée est toujours là. Cet été j’ai enfin lu Le cri de la mouette d’Emmanuelle Laborit (qui me tend les bras depuis la même époque), j’ai trouvé ça très intéressant. Donc je vais redoubler d’efforts pour le trouver
Tout ça ne vous explique pas pourquoi je l’ai rangé dans la catégorie « pavé ». il y a en fait trois raisons, aucune n’est vraiment logique
– dans L’histoire d’Helen Keller il est dit que les livres en braille sont très épais, mon esprit d’enfant a donc imaginé que le livre d’Helen Keller, bien qu’écrit en anglais traditionnel, serait tout aussi épais.
– mon esprit d’enfant pensait aussi que cette dame très intelligente et sage qui avait vécu tant « d’aventures » aurait beaucoup a raconter, donc forcément ça fait un pavé.
– cette idée de pavé a ensuite été savament entretenue par les bibliothèques puisque les rares fois où je le trouvais dans le catalogue il était placé en réserve. Ce qui à l’époque correspondait pour moi à « attention grosse oeuvre fragile ».
Voilà, voilà. Et donc il ne fait que 275 pages. Grosse découverte du soir. Tout de suite, ça me semble plus accessible.

-Réservé au bus : Un livre que tu réserves à une période spéciale ?

Euh… non.

-Stop : Un livre que tu as abandonné ?

J’ai beaucoup de mal à abandonner un livre, je me force toujours … jusqu’au blocage. Malgré tous mes efforts, je n’ai jamais réussi à terminer le Journal d’Anne Franck.

-Issue de secours : un livre que tu as arrêté mais que tu vas reprendre pendant une autre période ?
Le premier Homme d’Albert Camus. Je n’ai pas choisi d’arrêter j’y ai été contrainte (par les études, évidemment) mais j’ai adoré ce que j’en ai lu. C’est certain que le lirais quand j’aurais plus de temps.

-Sens interdit : quel genre de livre ne t’attire pas particulièrement ?

Les livres d’auteurs à succès comme Marc Lévy ou Guillaume Musso.

-A quel genre de livres donneras-tu ta chance cette année ?

Aucune idée.

-Feu tricolore : Un livre qui t’a fait passer par plusieurs émotions ?

Mais enfin, il y en a une tonne !

-Rond point : Un livre qui t’a fait tourner en rond ?

-Route à double-sens: Un livre que tu as aimé et détesté à la fois ?

Alors non, ça c’est pas possible. Si je déteste, c’est que je n’aime pas. (Ahem)

-Hôtel : Quel livre t’a volé ton sommeil ?

Il y a plein de livres que j’ai lu sous la couette jusqu’à pas d’heure.  Le dernier en date : Le saut de l’ange de Lisa Gardner. Ce qui est fou c’est que ce n’est pas le suspense de l’histoire qui m’a fait veiller juste que je voulais l’avoir fini avant de partir de chez mes amis à qui il appartenait. Mais en fait ce n’est pas un livre que je recommenderais. Le style n’est pas absolument remarquable, le suspense pas insoutenable et il y a plein d’incohérences qui enlèvent de la crédibilité à l’histoire et de passages qui ne servent finalement à rien.

-Monument historique : Le livre qui est pour toi un monument (une pépite de ta bibliothèque) ?

La Promesse de l’aube de Romain Gary. Un de mes livres préférés. Un des livres qui m’a le plus ému. (Peut-être bien qu’il m’a fait pleurer, d’ailleurs…)

-Autoroute : Qui tagues-tu ?

Publicités

Questionnaire de Flow : 48 à 55

48) Dans votre maison, quelle est votre pièce préférée ?
Alors là où j’habite actuellement c’est un studio : je n’ai donc que deux choix : sdb – wc ou chambre – cuisine …. Pas très difficile de faire un choix !
Mais bon, si je fouille dans mes souvenirs de tous les autres endroits où j’ai habité, ma pièce préférée a toujours été ma chambre.

australian_shepherd_sandy

source : wiki

49) Quand avez-vous caressé un chien (ou un autre animal) pour la dernière fois ?
Lundi, je suis allée manger en famille chez ma tante et elle a un magnifique berger australien (donc un gros chien avec beaucoup de longs poils, comme sur la photo, et très affectueux et vif : tout ce que j’aime ! )

50) Quand vous sentez-vous au mieux de votre forme ?
Le matin quand je sors de la douche.
51) Avec qui avez-vous échangé votre premier baiser ? Joker.

La-traversee-de-la-nuit

source : fnac

52) Quel livre vous a beaucoup impressionné ?
Le dernier en date (et donc le premier qui me vient à l’esprit) c’est La traversée de la nuit de Geneviève de Gaulle – Anthonioz (résistante déportée à Ravensbrück, nièce du général de Gaulle, transférée au Panthéon en 2015.) En fait je ne l’ai pas lu en entier, je l’ai vu posé dans la bibliothèque, j’ai voulu le feuilleter, je me suis laisser happer par les premières lignes et j’en ai finalement lu presque cinquante pages. ça m’a foutu un gros coup à l’estomac, le même que quand j’ai lu Si c’est un homme de  Primo Levi ou Être sans destin de Imre Kertész. Pour à peu près la millième fois, je me suis demandée comment des gens pouvaient oser dire que les camps n’ont jamais existé face à de tels témoignages. C’est un témoignage où tu as l’impression d’y être, tout en ressentant bien que tu n’y es pas car tu es confortablement chez toi. Tu as pleinement conscience de l’atrocité que c’était tout en sachant qu’en fait tu ne peux pas l’imaginer. Bref, tu sens bien que ce qui est raconté a été vécu même si ça semble impossible d’inhumanité.

53) Que signifie la musique pour vous ?
Euh, beaucoup ? (difficile de donner une réponse constructive à cette question !) Mes parents sont musiciens de profession et ils considèrent que l’apprentissage de la musique fait partie de l’éducation. J’ai donc grandi dedans, j’ai appris à jouer du violoncelle, j’ai chanté dans des chorales, un de mes premiers cadeaux a été un poste cd-cassette-radio et je ne peux pas passer une journée sans écouter un minimum de musique.

54) Avez-vous peur de l’obscurité ?
Plutôt oui, enfin ce n’est pas une grande peur mais je ne suis pas très tranquille seule dans l’obscurité. M’enfin dans endroit connu tout va bien, c’est quand c’est l’inconnu que ça me fait peur. Bon et puis après il y a des degrés d’obscurité divers, moi en bonne ardéchoise j’ai connu la nuit profonde où on ne voit rien du tout du tout. Dès que j’ai une lampe torche c’est ok. Par contre le noir déclenche chez moi une claustrophobie que je n’ai pas d’habitude. Le noir + l’espace restreint ou rentrer dans un espace dont je ne connais pas le volume, là « j’aime pas trop beaucoup ça ».

55) Quels bijoux portez-vous tous les jours ?
Une paire de boucles d’oreilles (qui peut varier) et ma montre (mais en vacances je suis plus laxiste sur la montre.)

Questionnaire de Flow : 26 à 35

26. Étiez-vous un enfant heureux ?
Oui, j’étais heureuse et je le suis toujours.

27. Achetez-vous souvent des fleurs ?
Je pense et souhaite souvent en acheter mais je le fais finalement rarement (je p devant le fleuriste au mauvais moment, quand ce n’est pas possible !

28. Quel est votre plus grand rêve ?
« Le plus grand » c’est très exclusif et précis… Disons donc un de mes plus grands rêves… Que chaque personne ait la liberté de ses choix sans être contrainte par un quelconque dictat de la société. (Merci Buline, c’est grâce à toi que j’y ai réfléchi…)

29. Dans combien de maisons différentes avez-vous vécu ?
On a changé plusieurs fois quand j’étais encore toute petite mais je ne sais pas exactement combien (2 ou 3 appartements différents) depuis que je m’en souviens, j’ai vécu dans cinq logements différents : 3 en famille, deux depuis que je suis seule.

30. Quel est votre péché mignon ?
Le chocolat sous toutes ses formes.

31. Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
ça fait tellement longtemps !! (Je ne compte évidemment pas les livres studieux) J’ai essayé Ce que le jour doit à la nuit en janvier mais je n’ai lu que les 2O premières pages (il faut dire que ce n’était pas le livre adapté, j’avais besoin de me vider la tête…) Avant ça, ça doit être La Consolante d’Anna Gavalda, c’était une  relecture et ça m’a autant plu et émue que la première fois….

32. Que pensez-vous de votre coupe de cheveux actuelle ?
Elle est très bien, mes cheveux manquent juste un peu de vitalité en ce moment mais vu ma forme actuelle ce n’est pas étonnant.

33. Êtes-vous accro à votre téléphone ? Non

34. Êtes-vous cigale ou fourmi ?
Aucun des deux. Ou les deux. Fourmi : je réfléchis à chaque achat, son utilité, ma réelle envie, est-ce qu’il vaut son prix… Cigale : je dépense facilement pour mon plaisir (gustatif ou intellectuel) et celui des autres.

35. Quel est votre magasin préféré ? Les librairies.

36. Au café, quelle boisson commandez-vous ?
Café (expresso ou cappuccino) ou chocolat.

 

***Note de service***

Je vais être absente du blog (et de la blogosphère en général) pendant les deux semaines qui arrivent et potentiellement encore peu présente jusqu’à la mi-mai…

Etudes, prestige, avenir et gloubiboulga

Oui, je sais que ce titre ne veut rien dire mais ça sonne bien je trouve. J’aurais pu sinon intituler « études, prestige et régression » ou « L’avenir : rêve et réalité » ou « L’avenir ce sac de nœuds » ou .. (enfin bref, vous voyez je manque pas d’idées, mais j’ai choisi celui qui ne veut rien dire (ou presque, ça vous dit quand même que je vais parler d’études, d’avenir et que ça ressemblera probablement à rien de plus qu’un gros tas.)

J’aime bien la blogosphère parce que ça fait réfléchir, ça fait voir d’autres expériences, ça met tout le monde sur un pied d’égalité quelque soit l’âge et la nationalité et le vécu. Tout se mélange en un énorme partage d’expérience et de connaissances qui font cogiter.

Et puis parfois ça fait des étincelles. Cet article est né d’une de ses étincelle, quand j’ai lu cet article de Bibouman.

En effet, je me questionne beaucoup sur mon avenir, sur mon métier. Ce que je suis capable de faire d’un côté et ce que je veux faire de l’autre. C’est pas nouveau. Mais ça fait partie des sujets que j’ai du mal à évoquer ici (autant que en face-à-face d’ailleurs.) Parce que ça touche à des réflexions très profondes et personnelles et donc c’est tellement un sac de noeuds (tant au niveau de la réflexion que des émotions) que c’est compliqué d’en parler.

Mais bon, là je me lance.

Je ne sais plus vraiment si j’en ai déjà parlé ici (sûrement) : j‘ai eu beaucoup de mal à trouver quelles études je ferai après mon bac. Tout simplement parce que je ne trouvais pas un métier qui me satisfasse entièrement donc je ne savais pas dans quoi m’embarquer. J’ai finalement eu un coup de cœur pour les enseignements proposés par l’École du Louvre mais sans savoir vraiment plus ce que j’en ferais ensuite. Mais ça répondait à plusieurs de mes aspirations (un aspect histoire + un aspect ethnologie / connaissance de l’Autre + un aspect « culture » . J’avais aussi, il faut bien le dire, déjà l’idée (que mes parents ont dû beaucoup contribuer à me donner…) que plus je visais haut, plus j’avais de chance de m’en sortir. Que si je faisais des études prestigieuses ça compenserait en quelque sorte le désavantage induit par le handicap (oui, « désavantage causé par le handicap »c’est un pléonasme, mais c’est comme ça que les gens réfléchissent aujourd’hui.) Il y avait aussi un sens du défi (même si parfois je me déteste de me compliquer toujours la vie de la sorte) et une envie d’autonomie (même si la semaine précédent le départ, je me suis bien maudite d’avoir choisi de partir et j’aurais bien fait machine arrière.)

En commençant à l’École du Louvre, j’avais cette idée que les conseillers d’orientation m’avaient donné : l’École du Louvre sert à devenir conservateur ou conservatrice. Point. Bah, en fait, scoop : il n’y a pas que ce débouché-là (heureusement pour nous.) Mais bon, j’arrive donc avec cette très belle et noble idée en tête : devenir conservateur.

La première année passe, je galère un peu mais tout va bien; c’est le temps d’adaptation, tout ça, c’est cool. La deuxième année passe, je travaille dur et c’est génial, je rencontre plusieurs chargés de TD qui nous expliquent à quel point le concours de conservateur est sélectif et difficile, je commence à remettre en cause l’idée d’avenir. Troisième année, je travaille toujours beaucoup, je galère encore un peu et je me rends compte que conservateur c’est bien beau mais c’est pas trop pour moi : un niveau de sélection beaucoup trop élevé (bien sûr que je pourrais tenter mais pas envie de trimer comme une dingue et devoir repasser le concours 2 ou 3 fois…) et trop de responsabilités à la clé. En troisième année je commençais à découvrir tous les autres métiers possibles : archéologue, historien de l’art -enseignant régisseur, documentaliste (en musée pas le documentaliste du lycée.), médiateur, guide-conférencier, …

Puis j’ai du redoubler ma troisième année. Parce que je ne pouvais pas passer en master avec les notes obtenues. Je n’avais qu’une UE à repasser donc que 3 heures et demi de cours par semaine, donc beaucoup de temps libre. J’en ai profité pour bien creuser la question. Il faut dire qu’en plus le fait de redoubler m’a aussi obligée à me remettre en question et à penser à une autre issue (je n’avais pas de plan B pour un autre master à l’époque.) J’ai rencontré des gens (une conseillère d’orientation, un professionnel), j’ai participé à des actions de médiation professionnalisantes proposées par l’École, j’ai postulé pour des stages et fait un stage de deux mois. Tout cela m’a permis de confirmer que : régisseur n’était pas pour moi et documentaliste me plaisait bien.

Régisseur ça m’avait bien tentée car contact direct avec les œuvres, idée de voir le travail en coulisses, travail d’équipe nécessitant de la diplomatie… Mais visiblement très physique (beaucoup de déplacements, des transports d’œuvres), assez manuel aussi (transporter les œuvres, concevoir des emballages sur mesure, mesurer…) et des mathématiques (mesures, réalisations de budgets…) Mon père m’a bien fait remarquer qu’il y avait un potentiel créatif (dans la gestion du budget impliquant des choix notamment) mais le régisseur n’est pas en haut de l’échelle donc quelle marge de manœuvre a -t-il réellement ? Et puis ça faisait beaucoup de défauts accumulés, un peu trop…

Guide-conférencière / médiateur, je restais bloquée sur l’idée que j’étais bien trop timide et mal à l’aise à l’oral pour ça. Mon expérience avec l’École m’a montré qu’en fait c’était surtout un entrainement à acquérir, que ça pouvait se dépasser. Il y a aussi l’idée de transmission et de rendre accessible à tous qui me plaisait beaucoup. Et puis beaucoup de créativité. Deux points noirs au tableau : des guide-conférencier il y a en a beaucoup mais peu de débouchés. Quant à « médiateur culturel » pour arriver à un poste réellement intéressant (c’est-à-dire avec un potentiel créatif et de décisions pour la mise en accessibilité) il faut d’abord passer par beaucoup plus ingrat (réaliser des études de public) et ça, ça me plait beaucoup moins. La perspective de passer par là et d’y rester un temps indéterminé (parce que dépend aussi des postes disponible) me plaisait moyen. (et il y aussi une part de paperasse et de budget assez rebutante.)

Reste : documentaliste en musée. C’est dans ce domaine que j’ai fait un stage et même si ça a changé ma vision de certains aspects du métier, c’est resté le coup de cœur initial.Il y a d’abord toujours l’idée de transmission (on organise les connaissances générées par le musée en vue de leur transmission aux professionels, aux chercheurs, et au public aussi en théorie.) Il y a aussi mon amour pour les livres qui s’est rappelé à moi. Même si je ne les ouvre pas ou les lit pas, l’idée/le fait de me retrouver entourée de tant de livres…. ça m’enthousiasme. (C’est absolument inexplicable. Mais le fait est que j’ai du répéter cette raison de mon engouement pour le métier une bonne dizaine de fois.) Restent quelques réserves : les rares débouchés et le concours à passer (mais qui sont au fond comme pour tout autre métier dans ce domaine, il va falloir que je m’y fasse…) et le fait que selon les institutions, l’aspect accueil du public est plus ou moins élitiste. Il y a bien service public mais indirect, pas bien visible directement.

Du coup il y a souvent une petite voix qui s’agite « eh, tu sais que bibliothécaire, un des premiers auxquels tu as pensé au collège, ça répond à tous tes critères ? » Oui j’y pense. (Puisque je vous le dis.)

  • Il y l’idée de transmission.
  • Il y a le rapport au public, plus varié et avec un service beaucoup plus direct.
  • Il y a les livres.

Oui mais, il y a les œuvres en moins. En travaillant comme documentaliste je garde un rapport plus ou moins fréquent avec elles, pas en bibliothèque. (Oui, je suis une titilleuse en titre…)

En outre, il y a aussi je crois l’impression de « régresser » et la peur de décevoir.

L’impression de régresser parce que c’est un métier auquel je pense depuis très longtemps mais que j’ai écarté parce que… parce que, je sais pas trop en fait : métier trop « commun », trop « répandu », trop « facile »? ((Sens de l’ambition et du défi bonjour, ne peux-tu pas me laisser tranquille deux minutes ?)) Parce que zut, j’y pense depuis super longtemps est-ce que c’est pas un signe ça ?

Peur de décevoir parce que « j’ai fait une belle école, très prestigieuse, pointue et spécialisée, pour finalement devenir une simple bibliothécaire, c’est un peu dommage…. » Cette peur est très certainement alimentée par mon propre ressenti (qu’est-ce que le sentiment de régression sus-cité sinon une sorte de peur de me décevoir moi-même ?) mais pas que… Mon grand-père me l’a déjà dit… (Sans savoir qu’il alimentait là de puissants rouages !)

Pour reparler un peu de l’ambition (oui, parce que j’aime pas me faire remarquer mais j’ai de l’ambition… Hyper pratique !) plusieurs personnes m’ont déjà parlé de connaissances à elles qui ont fait l’École du Louvre et sont devenues bibliothécaires. Comme une sorte d’issue par défaut parce que pas de place ailleurs. Donc moi, si je choisis finalement bibliothécaire, je viendrais donc en quelque sorte grossir leurs rangs… Alors que ça ne sera pas un choix par défaut puisque comme je viens de le dire ce métier me plairait énormément… Sauf que l’idée me dérange (madame ne veut pas se faire remarquer mais être comme tout le monde quand même c’est surfait… Ou comment faire simple quand on peut faire compliqué….)

La conclusion de tout ça c’est que de toute façon il y aura une forte intervention du contexte économique et des postes proposés dans mes choix. Qu’il faut que je refasse un stage en musée pour confirmer mon ressenti passé (en travaillant dans un autre établissement donc avec une autre équipe et d’autre méthodes, d’autres contenus…)

Au fond le problème n’est pas tant quel métier j’aurai mais quel master 2 je vais faire. La grosse interrogation du moment. Parce que l’idée de départ était le M2 de l’École sauf que les échos de la masse de travail, en parallèle avec mes grosses difficultés de cette année pour m’en sortir me font beaucoup douter. Si je suis sélectionnée -ce qui est loin d’être acquis avec mes résultats actuels- est-ce que je fais ce master-là ou un autre ? Mais alors lequel ? (et là, je ne crois pas que vous puissiez m’aider…)

(Cet article a été l’occasion de faire une recherche rapide sur les bibliothèques en prison… ça n’a pas l’air jojo… Il faudra que je creuse l’idée quand j’aurai du temps -en vacances- mais a priori c’est pas là que je trouverai du boulot…)

Un jour-un livre # Flashback

Pendant mon défi, javais manqué d’inspiration pour le livre à lire le jour de mon mariage. Là ça y est, je l’ai trouvé : Un extrait de Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke.

001954587-hq-168-80Ce livre est magnifique et me fait beaucoup réfléchir. Parfois je suis d’accord avec l’auteur, parfois non. Parfois je suis d’accord au début du raisonnement mais pas à la fin. Mais que je sois d’accord ou pas c’est écrit avec beaucoup de je sais pas… poésie ? (en même temps c’est un poète !) beauté ? (oui, indéniablement mais pas que…) lyrisme ? (C’est peut-être le terme le plus adapté..) Je sais pas comment dire, c’est une lecture qui me nourrit énormément, autant par la réflexion que par la beauté de l’écriture !

Et donc, dans ce livre, dans la lettre VII, il parle de sa conception de l’amour et du couple … Et je trouve ça magnifique… En voici un petit aperçu.

L’amour ce n’est pas dès l’abord se donner, s’unir à un autre. (Que serait l’union de deux êtres encore imprécis, inachevés, dépendants ?) L’amour c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme pour devenir soi-même un monde pour l’amour de l’être aimé. C’est une haute exigence, une ambition qui fait de celui qui aime un élu qu’appelle le large (…) Et ces mots « jeune fille », « femme », ne signifient plus seulement le contraire du mâle, mais quelque chose de propre, valant en soi-même ; non point un simple complément, mais une forme complète de la vie : la femme dans sa véritable humanité. Un tel progrès transformera la vie amoureuse aujourd’hui si pleine d’erreurs (…) L’amour ne sera plus le commerce d’un homme avec une femme mais celui d’une humanité avec une autre. (…) Il sera cet amour que nous préparons, en luttant durement : deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant et s’inclinant l’une devant l’autre.

Je trouve que l’auteur (qui écrit en 1904 !) fait preuve d’une grande modernité. Il est déjà très avancé dans le féminisme et, même s’il ne conçoit pas encore (du moins il ne l’exprime pas), la possibilité d’un couple homosexuel, la porte est ouverte : dans la suite de son raisonnement c’est possible et absolument pas absurde !

Bref, j’approuve ce discours d’un bout à l’autre…
Quoi de plus beau à lire pour mon mariage ?!