Questionnaire de Flow : 56 à 72

(Aujourd’hui c’est un gros morceau, je l’ai écrit petit à petit avant de me décider à finaliser la mise en forme pour le publier.)

56) Pourquoi avez-vous choisi le travail que vous faites actuellement ?
Je transforme la question : Pourquoi j’ai choisi les études que je fais actuellement ?
J’en ai déjà parlé plusieurs fois ici : l’enseignement proposé par cette école m’attirait beaucoup, il était à la croisée de plusieurs domaines qui m’intéressaient. Et j’ai continué dans cette école après le premier cycle (équivalent de la licence) parce que en y étudiant j’y ai découvert des métiers qui me plaisaient et le deuxième cycle était la suite logique pour y arriver.

57) Quels films préférez-vous regarder à la maison plutôt qu’au cinéma ?
Au premier abord j’ai eu envie de répondre aucun, le cinéma c’est trop bien. Mais en fait, il y a quand même des films que je ne paierais pas pour aller les voir au cinéma mais que je regarde avec plaisir quand ils passent à la télé : j’appellerais ça les films « divertissants » (certains films d’action, certains films à l’eau de rose : les acteurs / le scénario / le tournage ne sont pas forcément excellents mais ça fait passer un bon moment) et aussi les films très très commerciaux que je n’ai pas envie d’enrichir davantage  en allant au ciné.

58) À quel point vos jugements sont-ils indulgents ?
Je suis généralement très (parfois sûrement trop) indulgente. Je pense toujours qu’il peut y avoir derrière ce que je juge une raison que je ne connais pas (un handicap, un travail difficile, un quotidien compliqué, une journée pourrie…) et que le moment X que je vois n’est forcément représentatif. Mais il y a quand même certains domaines où je le suis beaucoup moins : l’orthographe par exemple, la curiosité gustative aussi (ne pas manger que pâtes-jambon.) Et les jugements sur moi-même ne sont pas du tout indulgents, au contraire.

59) Dormez-vous bien ?
Oui, j’ai cette grande chance, même quand je suis stressée je dors bien (dans ce cas le plus difficile est de s’endormir mais ça arrive toujours et après tout marche comme sur des roulettes.)

60) Quelle est votre dernière découverte ?
Question difficile : découverte à quel niveau ? Niveau gustatif j’ai découvert le poulet cuit à la vapeur froid c’est super bon ! (par contre chaud j’aime moins.) Niveau pro j’ai découvert le métier d’iconographe (enfin j’en avais déjà entendu parler avant mais là j’ai eu une présentation beaucoup plus complète qui m’a fait vraiment découvrir le métier.) Niveau études j’ai découvert des cursus très intéressants pour ce métier…. à Lyon (et quelques uns à Paris aussi).

61) Croyez-vous à la vie après la mort ?
Hmmm encore une question difficile. Oui j’y crois fermement. Une vie physique je ne sais pas (j’ai du mal à apréhender le concept de « résurrection de la chair » … je suis une mécréante 😉 ) mais spirituelle clairement oui.

62) Êtes-vous en colère contre quelqu’un ? Si oui, qui ?
Il y a quelques jours j’aurais dit « contre moi-même » mais ça va mieux. Et du coup, actuellement : non.

63) Prenez-vous souvent les transports en commun ?
Oui, minimum deux fois par jour en semaine (il est fréquent que je ne sorte pas le dimanche ou alors juste pour marcher.)

64) Qu’est–ce qui vous a causé le plus de chagrin ?
Et encore. Je ne sais pas. La mort de N. peut-être. Ou le divorce des parents de C. Ou le constat que je ne partageais plus rien avec C. qui était pourtant ma meilleure amie d’enfance (cette-même C.)

65) Êtes-vous devenu ce que vous vouliez être quand vous étiez enfant ?
Quand j’étais petite enfant (vers 4/5 ans je pense) je voulais être dresseuse de dauphin ou boulangère. Bon, c’est pas le cas. Mais quelques années plus tard j’avais dans l’idée d’être jardinier (pas le cas non plus mais je n’abandonne pas l’idée de remplir mon chez moi de plantes) ou archéologue ou bibliothécaire. Je m’en approche je crois ! Et puis si je sors du domaine des études, enfant je voulais devenir autonome, ça j’ai réussi !

66) Quelle chanson vous donne envie de danser toute la nuit ?
Je suis pas très danse… Du coup rien ne me vient…

67) Quel trait de caractère appréciez-vous vraiment chez un proche ?
La tolérance / l’ouverture d’esprit.

68) Quel a été votre plus gros achat ?
Mon ordinateur, acheté grâce à un gros chèque reçu pour mes dix-huit ans.

69) Donnez-vous une seconde chance aux gens ?
Oui beaucoup (l’indulgence tout ça…) parfois même une troisième, mais alors ce n’est généralement pas une bonne idée….

70) Avez-vous beaucoup d’amis ?
Non. Enfin, si je compte mes amis actuels – par « amis j’entends personne à qui je suis prête à me confier et que je sais qu’ils me répondront si je demande de l’aide – j’arrive à 13. Ce qui est plutôt pas mal. Mais, pour une raison que je ne comprends pas mes relations amicales ne durent jamais dans le temps. Je ne parle plus à mes amis du lycée ni à mes rares amis du collège, encore moins à ceux de primaire… Sur les 13 : j’en ai connu une au lycée, 10 depuis mon bac (à l’école ou au foyer étudiant), et deux cette année (à l’école.) J’ai l’espoir que mes amis post-bac résistent au potentiel déménagement… On verra.

71) Quel mot vous fait grincer des dents ?
L’expression « si j’aurais » pour la grammaire et tous les mots insultants utilisés contre une personne (dans le but d’insulter) pour le sens…

72) Avez-vous déjà eu le coup de foudre ?
Non.

Questionnaire de Flow : 11 à 15

11. Quelle ancienne amitié vous manque le plus ?
N. sans hésitation. Quand nous avons déménagé, je ne sais pas pour quelle raison je n’ai pas gardé contact avec elle. Vraiment ça défie ma logique. Il a dû se passer un truc dont je ne me souviens pas. Une brouille de dernière minute ou je ne sais quoi. Toujours est-il que je pensais souvent à elle, parce que ça avait été une très bonne amie (et très importante pour mon épanouissement personnel) mais que je n’ai pas sauté le pas de lui envoyer une lettre, alors que je connaissais son nom et son adresse. Puis, presque deux ans après le déménagement j’ai appris par une autre amie avec qui j’avais gardé contact et qui était dans le même collège, qu’elle était morte. Elle n’est pas passée par la case « maladie » c’était juste une mort soudaine et « naturelle ». ça a été extrêmement brutal. Je regrette de ne pas lui avoir écrit de lettre, bien que ça n’aurait rien changé sur la suite, je regrette d’avoir laissé cette amitié se terminer comme ça. ***Ce petit moment émotion vous a été gratuitement offert par Crevette.***

12. Qu’aimeriez-vous vraiment acheter ?
Un four (mais quand je serai dans un logement où j’aurais le droit.) Un vélo avec assistance électrique (mais quand je n’habiterais plus à la capitale parce que ici de toute façon je ne m’en servirai pas…) Une machine à coudre (mais quand j’aurai la place.) Bref, tout ça pour dire, que généralement quand je veux vraiment acheter quelque chose, je l’achète si c’est dans mes possibilités du moment (ou je me le fait offrir). Il y a aussi un gros chien, un lave-vaisselle (quel repos !), un fauteuil à bascule, une place dans toutes les balles salles de concert d’Europe (Vienne, Amsterdam, Berlin…) Mais je suis très heureuse avec ce que j’ai et je n’ai pas d’ambitions démesurées (bon à part peut-être la place dans toutes les belles salles de concert…) Je ne peux pas dire, par exemple, que je veux vraiment acheter la maison de mes rêves que je vous ai déjà décrite. Parce que si elle arrivait maintenant ce serait prématuré, il n’y aurait pas eu toute la construction petit bout par petit bout avant. Je ne veux pas que la maison m’arrive dessus comme ça, je veux en faire quelque chose petit à petit. En achetant petit à petit ce qui va la remplir.

13. Quel trait de caractère aimeriez-vous avoir ?
Ahah alors je ne suis pas sûre de vous surprendre beaucoup en disant : la confiance ! Sauf que pas n’importe quelle confiance quand même, pas au point d’être imbue, suffisante, hautaine et madame je-sais-tout. Non, juste une confiance simple tout en gardant une ouverture, une capacité d’écoute et de remise en question. (Mais du coup, grosse question : c’est vraiment un trait de caractère ?) (Sinon y en a pas d’autre, je l’aime bien mon caractère, moi…)

14. Que préférez-vous regarder à la télévision ?
Les films programmés en soirée (quasi tous les genres confondus : action, histoire, drame, …) Seuls genres exclus de la liste : les films d’horreur -épouvante et les films « érotiques » comme 50 nuances de Grey.

15. Quand êtes-vous allé pour la dernière fois dans un parc à thème ?
Il y a trois ans en été au Puy du Fou. C’est plutôt un bon souvenir.

Petits bonheurs, souvenirs d’Automne…

J’ai passé la serpillère

Je suis allée au Théâtre

J’ai vu des belles expos

Ça fait bien trop longtemps que je n’ai pas écrit ici mes petits bonheurs, il est temps de rattraper ça… Comme d’habitude, je pose tout en vrac et vous offre un petit retour en arrière et plein de couleurs… (tout ça fait vraiment du bien 🙂 )

Je suis allée à la piscine

J’ai acheté un nouveau pyjama, beau, hyper confortable, doux et chaud et en coton bio.

L. m’a invitée à manger chez elle avec M.-A. et J.

J’ai participé à une séance de yoga
(j’ai d’ailleurs failli m’inscrire à un cours mais trop de manque de temps… L’année prochaine peut-être ? Ou après les études !)

J’ai profité du soleil aux Tuileries

J’ai regardé les Jeux paralympiques

J’ai fait connaissance avec ma voisine

J’ai savouré une crêpe avec C., N et A

J’ai mangé des anneaux de calmar frits

J’ai retrouvé mon appartement bien à moi

J’ai servi d’audio-descriptrice (particulière), c’est une très chouette expérience et le film était très drôle…

J’ai été invitée à manger chez mes grands parents

J’ai acheté deux belles nouvelles paires de chaussures

J’ai eu un nouveau téléphone après une longue coupure

J’ai regardé Les petits meurtres d’Agatha Christie à la TV

Je me suis promenée dans Paris à l’occasion de la Nuit Blanche.

J’ai visité Metz et Nancy avec C. et E.

J’ai des cours intéressants, j’apprends beaucoup de nouveaux trucs…

Un chat ça joue avec n’importe quoi (genre des sacs) et c’est vraiment super drôle à voir.

J’ai dévoré 2 bons hamburgers (des hamburgers gastronomiques ^^)

J’ai  regardé mes sœurs se faire coiffer. Se faire maquiller (juste un peu.)

Juste en ouvrant les yeux, j’ai vu par la fenêtre le ciel coloré par le lever du soleil…

Je savais que j’allais bientôt retrouver une partie de ma famille pas vue depuis des années

J’ai profité des Journées du Patrimoine :
une belle bibliothèque  et un atelier de pianos (passionnant),
avec un bon petit repas en intermède.

J’ai passé une soirée à la Bellevilloise, avec un petit goût international
(Angleterre-France-Allemagne-Suisse)

J‘ai dégusté une bière et un gâteau au chocolat
(il y avait aussi un très bon plat mais je ne sais plus ce que c’était …)

J’ai fait les courses de rentrée dans un supermarché
(oui, je suis un peu bizarre, j’adore les supermarchés, je sais absolument pas pourquoi…)

Je me suis replongée dans des photos « très anciennes »
que je n’ai pas eu souvent l’occasion de voir

(j’en ai même découvert certaines, qui ont mon âge ou un peu plus 🙂 )

J’ai acheté un « tableau » au gars du porte-à-porte qui cherche à se réinsérer
et, du même coup, j’ai décoré un peu plus chez moi..

J’ai assisté à une grande grande fête magique, une fête avec pleins de belles robes, un passage chez l’esthéticienne et un chez la coiffeuse. (ça s’appelle un mariage… ^^ et une faillle spatio-temporelle.)

2 séances cinéma (Polina dont j’ai parlé ici et Réparer les vivants.)

Petit à petit j’ai réussi à m’intégrer dans ma nouvelle promo, avec l’aide de L.

Le repas avec E. et M… Une faille spatio-temporelle (bis).

 

Lâcher prise

En ce moment je suis assez contente, je réussis à lâcher prise (et par résonance à prendre de l’assurance) dans plusieurs domaines qui étaient jusqu’à maintenant assez épineux :

  • M’assoir dans le bus.

En fait ça a commencé aux arrêts de bus. Je me suis dit un jour « Maintenant je vais faire attention à m’asseoir sur le banc s’il y a une place (il y en a souvent) et même si c’est que pour 2 minutes. et je reste assise jusqu’au bout (quand le bus il est là devant, pas seulement, tout près, là-bas, arrêté au feu.) Tant pis de ce que les gens y pensent. (En pensent-ils vraiment quelque chose ? Et surtout ce quelque chose importe -t- il ? NON.)

Au même moment, il y a eu aussi la vidéo de Margot et ses commentaires qui m’ont fait réfléchir. Dans le bus s’asseoir est une autre affaire…

bus Je n’ose jamais demander une place et je n’osais jamais non plus prendre les places dites prioritaires [qui sont à l’avant du bus] parce que je me disais que je n’avais pas besoin de celles là. « J’ai juste besoin d’une place assise pas forcément d’y arriver rapidement. » Ce qui est est à moitié vrai. D’abord parce que mon équilibre est plus ou moins vaillant selon les jours. (Certes ça ne met pas ma vie en danger, mais si je pouvais éviter de me faire détester de tout le bus en écrasant tous les pieds et bousculant tout le monde, ça serait pas si mal.) De plus, le temps d’arriver au fond du bus, souvent, les places vides ont été prises. Enfin, il semblerait que dans la tête des gens il est plus logique que je demande à m’asseoir à une place prioritaire qu’à une autre parce qu’elles sont faites pour ça. (Ce raisonnement m’énerve ) (Si ça vous intéresse je pourrais peut-être faire un article spécifique sur « M’asseoir dans les transports en commun » pour récapituler ce que j’ai déjà dû dire de-ci de-là et rajouter ce genre de choses…)

Je me suis plusieurs fois retrouvée absurdement coincée entre demander une place avec ma carte mais ne pas oser -car là-bas la place prioritaire est libre-, et ne pas oser aller s’asseoir à cette place dite prioritaire -parce qu’impression d’illégitimité (En écrivant ça je me rends compte à quel point c’est profondément idiot). Je me suis aussi très souvent retrouvée debout parce que je me suis dit « Non je ne vais pas prendre ces places-là [les place prioritaires] il y en a au fond » et finalement quand j’arrive, il n’y en a plus… (et, rappelons-le, je n’ose pas demander.)

Alors un jour j’ai réfléchi autrement.

  1. « Cette place est libre et j’ai besoin de m’asseoir »
  2. « Cette place est une place prioritaire et je suis prioritaire. »
    (J’ai une carte prioritaire [et celle-là je n’ai même pas eu à insister pour l’avoir…] = je suis prioritaire)
  3. « M’asseoir ici m’évite les problèmes d’équilibre jusqu’au fond du bus et j’épargne les pieds des gens.
  4. « Bon, je m’assois. » (!)

En 1 mois, (oui cette révolution date de quelques semaines seulement) j’ai dû le faire 3 ou 4 fois, toujours sur le même long trajet (c’est-à-dire une trentaine de minutes pour aller ou revenir de l’École), je n’ai encore jamais eu de remarque.

carte_de_prioritePeut-être des regards, je ne sais pas trop en fait puisque j’ai pris le parti de ne pas regarder les gens, je m’en fiche de ce qu’ils pensent (j’essaye). En fait, pour être sûre de ne pas me sentir gênée en croisant un regard réprobateur, je regarde par la fenêtre (mais c’est beaucoup moins le stress et la fuite qu’avant… Avant j’étais fixée-vissée à la fenêtre, maintenant je suis juste tournée vers… Je ne sais pas si vous visualisez la différence d’attitude…) Je ne me sens pas encore capable d’affronter tous les regards mais il y a quand même une grande évolution… J’ai un peu lâché-prise.

Peut être que la prochaine étape va être de sortir la carte pour demander une place quand il n’y en a pas ?

  • Les courses.

J’arrête de me presser/stresser à la caisse. Curieusement, ça se déroule beaucoup plus facilement. Clairement, je prends du temps : alors que j’ai à peine fini de vider mon panier sur le tapis, le caissier ou la caissière a déjà passé la moitié [de ce que j’ai posé]. Et donc le temps que je paye et range tout, s’il y a une (voire 2) personne derrière il doit attendre ou se débrouiller autrement. Hé bien tant pis. Je ne me presse pas pour autant. Je mettrais du temps de toute manière, pas la peine de rajouter au ridicule s’il y en a

Je crois que j’ai aussi été aidée pour ça par l’observation de mes amis (c’est-à-dire que JE les observe), je crois que je suis très complexée par ma lenteur… Mais qu’en fait eux n’en ont rien à faire. Parfois même je me dépêche tellement pour ne pas être lente que c’est moi qui les attend (Comment c’est possible ? Je fais tout à moitié ou de travers, eux s’appliquent et vont jusque au bout…) Il faut que je continue à travailler dessus. J’ai avancé mais le complexe est encore là.

  • Les relations amicales.

J’ai aussi lâché du lest dans ce domaine [J’ai continué à…] mais c’est un peu compliqué à expliquer en quelques mots, parce que tout ça est un sacré chantier, encore inachevé. Mais ça avance, je monte dans les étages… (et il n’y a pas eu de casse, juste une petite fêlure, aujourd’hui colmatée…)

Ce qui est génial dans tout ça : ces  petites avancées ont -il me semble- des répercussions plus globales… Je me fais plus confiance !*

*Pour une fois je suis sûre que ça n’est pas le processus inverse : la première fois que je me suis assise sur la place prioritaire je n’avais pas plus confiance en moi qu’avant. C’était un crash test. Crash test qui a été couronné de succès,  cela m’a donné plus d’assurance, de motivation, pour réessayer la fois d’après et encore après.

Le temps passe, la fille reste.

J’ai eu longtemps (voire j’ai toujours mais ça fait assez longtemps que cela ne m’a pas dérangé) un problème avec le temps qui passe sur les relations. Je m’explique.

Quand moi je grandis je ne m’en rends pas compte, c’est juste mon évolution naturelle, c’est tellement naturel que de l’intérieur je ne le perçois pas ( c’est un glissement trop subtil.)
Je suppose qu’on a tous observé ça : on ne se voit pas grandir, on est trop dedans. C’est en s’arrêtant et en comparant 2 points que l’on peut s’en apercevoir (et encore…)

Là où ça devient compliqué c’est quand 2 personnes sont impliquées ensemble : tu as quitté ton ami en juillet à un point A et tu le retrouve  6 mois plus tard –ou l’année suivante ou 2 ans après– à un point B. Au fond, il a fait comme toi, il a suivi son chemin. Sauf que tu ne l’a pas vu… Du coup ça fait un choc.

Le deuxième choc c’est quand en plus il y a un décalage entre les attentes de chacun. Un décalage dans l’évolution de chacun par rapport à la relation en question.

20089538C’est un truc que l’on voit bien et beaucoup dans les films (ma dernière référence sur le sujet : Blanche-neige et le chasseur. Oui, c’est grâce à Blanche-Neige que cet article voit le jour.)

Les 2 amis sont séparés. L’un fait le « deuil » de la relation (ou simplement modifie la nature de cette relation, la prend comme elle vient) alors que l’autre reste bloqué sur le passé. Sur la vision passée de cette relation, sur la vision passée de cet ami.  (La nature du lien ET la personne, ce sont 2 choses différentes.)

 

Du coup, forcément, quand tu retrouves ton ami au point B, qui a fait le chemin, le deuil, tout ça et autre chose peut-être, ça fait un choc, et même ça fait mal. Parce qu’au delà de l’impression que tu n’as pas vécu tout ce que tu voulais avec lui, tu te retrouves face à une illusion (ou plutôt tu réalise le décalage entre la réalité et ton illusion.) Ça a changé sans ta permission ! Sans que tu en aies conscience, sans que tu le veuilles mais inéluctablement. Parce que c’est logique et naturel que la relation change quand de la distance se pose.. Et même sans ça d’ailleurs, juste avec le temps qui passe et les parcours différents.

Quand on voit ça dans les films on se dit :  »Ah mais quel idiot celui là il ne voit pas que ça a changé ? Qu’elle ne l’aime plus parce que l’eau a coulé sous les ponts et que la vie a continué sans lui ? » Sauf que dans la vie moi je ressemble / ressemblais (j’aimerais bien que ce soit au passé, parce que c’est vraiment pénible et douloureux cette prise de conscience et ce décalage) plutôt à celui-là, celui qui n’arrive pas à faire le deuil, celui qui reste fixé sur une image figée du passé érigée comme une vérité immuable. Alors que c’est tellement idiot, ça m’exaspère. (Donc, vous l’aurez compris, je m’exaspère…)

Il y a un livre qui me bouleverse aussi sur cette problématique (des gens qui changent en étant séparés, de ceux qui font le deuil et ceux qui gardent l’image figée) : Le chagrin du roi mort de Jean-Claude Mourlevat. (J’ai déjà parlé d’un livre de cet auteur ici.)

61ygh15ymal-_sy291_bo1204203200_ql40_Ce livre quand je le lis j’ai le cœur serré de tristesse et de bonheur mélangés (parce que ça dépend des moments. Et que parfois même si c’est triste c’est immensément beau.) Ça parle aussi des choses contre lesquelles tu ne peux rien faire, même en les voyant venir, des situations où tu es perdue entre le marteau et l’enclume… Tout ça c’est très très beau, très très bien raconté. Tellement que j’en pleure d’émotion quelque soient les conditions de lecture (et ça ce n’est pas facile : pleurer quand je suis seule dans mon lit oui, mais quand je lis dans le canapé en général ça ne vient pas. Là si. Seulement à la place de laisser couler des torrents je vais juste avoir des larmes dans les yeux.)

C’est un livre dit « de jeunesse » mais que les adultes peuvent tout autant lire à mon avis…