Le travail, ce truc angoissant

J’aime pas trop publier des articles proches les uns des autres, comme si le deuxième allait oculter celui d’avant mais j’ai besoin d’écrire, d’extérioriser. Beaucoup d’émotions positives et négatives se mêlent en ce moment… ça fait un joyeux foutoir.

C’est une histoire de stage.

J’ai été prise dans le premier stage pour lequel j’avais postulé. Ça a été un grand soulagement mais aussi une grande surrprise. Ça a été trop vite pour moi. Dans ma tête j’allais avoir le temps d’envoyer d’autres candidatures avant de recevoir une réponse. Dans ma tête, j’écrivais et envoyais d’abord celle-là parce que c’était la plus facile à écrire (parce que la seule qui répondait à une offre existante et qui ne soit pas une candidature spontanée) mais que c’était seulement pour me lancer, ensuite j’aurais le temps d’en écrire d’autres en attendant une réponse. Sauf que non, la réponse a été très rapide. Trop. J’étais partagée entre le soulagement de ne plus avoir à m’occuper de ça (parce qu’on ne le dit pas assez mais faire des lettres de motivation c’est ultra déprimant -même quand on est très motivé.) et un sentiment de pression (parce que si ils répondent si vite, c’est a priori qu’ils sont très intéressés), le sentiment d’être coupée dans mon élan et d’avoir l’herbe coupée sous le pied.

Bon, ensuite j’ai eu un petit temps avant l’entrevue, dans l’intervalle j’ai donc envoyé une autre candicandidature (spontannée celle-ci) qui me motivait beaucoup. En partie pour m’enlever cette impression de « mais j’avais pas prévu ça comme ça », en partie pour pouvoir répondre si jamais on me demandait « et vous avez postulé ailleurs ? », en partie aussi pour avoir une autre possibilité si finalement l’entretien n’était pas concluant et enfin, en partie pour justifier d’un « dynamisme » de recherche auprès de mes profs si cet entretien n’aboutissait pas. Bref, envoyer cette deuxième candidature m’a permis de me tranquiliser.

Je me suis servie de mes expériences précédentes d’entretien (qui malgré leur petite préparation n’avait pas été très glorieux) pour bien me préparer. C’était bien mieux, j’ai été bien moins déroutée et beaucoup plus dégourdie. Je suis assez fière de moi sur ce coup. Parce que ma préparation m’a donné de l’assurance et je sais que ça a joué sur la décision finale.

Maintenant que le sentiment ambivalent du stage arrivé trop vite est retombé (ça va vraiment être passionnant), je me retrouve face à un autre problème : est-ce que je vais être à la hauteur ? Est-ce que je vais être capable d’accomplir le travail qu’on attend de moi ?  Parce que très clairement le contexte de ce stage est très différent de ma précédente expérience : ce n’est pas un stage de découverte / perfectionnement, c’est un stage de fin d’études. Ce n’est pas un stage où je vais butiner partout et faire des petites tâches bien encadrées mais un stage avec une grande mission directrice, avec probablement encore plus d’autonomie. Ce n’est pas un stage où je vais apprendre, découvrir mais un stage où je dois mettre en application mes compétences. Encore plus que le précédent je le vois comme une confirmation du fait de savoir si je suis capable de travailler ou non, si je suis apte au travail que j’ai choisi malgré mon handicap, si celui-ci n’induit pas trop de lenteur ou trop de fatigue. (Personne ne m’a jamais dit que je n’étais pas apte à travailler mais suis-je bien adaptée au marché du travail actuel où on demande toujours plus de rentabilité ?) (Quand on dit que c’est la société qui crée le handicap…)

Bon et puis, le master 1 et son mémoire sont passés par là aussi. Je me pose d’autant plus de questions, évidemment. Est-ce que je suis vraiment capable de m’organiser, de faire front face à une tonne d’activités ? Je me sais depuis longtemps très mauvaise à la double tâche, je gère les choses par bloc. Ça avait été un de mes grands problèmes l’an dernier, mon emploi du temps était tellement chargé que sur mon temps libre je n’arrivais pas à dégager des blocs de temps suffisants pour chaque « front » : la recherche du mémoire, la révision des cours, l’intendance du domicile et le repos. Du coup je faisais les choses par à-coup en alternance. L’alternance entre les différents blocs a toujours été mon fonctionnement, sauf que là les écarts étaient trop grands. Donc, comment cela se passera-t-il dans le monde du travail ?

Ce qui me rassure un peu c’est qu’a priori j’aurais une demande particulière à laquelle répondre, des directions tracées. Pas un vaste sujet dans lequel je dois me plonger et chercher moi-même les questions à me poser. Donc moins de risques de m’éparpiller, me perdre ou m’attarder sur quelque chose qui n’est finalement pas utile. (C’est notamment pour ça que j’ai choisi ce métier, c’est un métier dans lequel je réponds à des demandes ou missions précises. Je m’adapte aux demandes mais je pose pas les questions initiales –ou alors des questions toutes faites.- Et ça justment, je sais bien faire, normalement. J’ai une question, je cherche la réponse, j’ai un cadre vide, je le remplis, j’ai une demande précise, je m’y adapte et répond en fonction.)

Ce qui me rassure aussi un peu c’est que l’an dernier malgré toutes les difficultés, j’ai quand même acquis des compétences, une maitrise de certains outils et méthodes, qui vont me resservir. Et je suis en train d’acquérir de nouvelles compétences que je mets directement en application (merci le parcours bien fait 🙂 ) et je les maitrise bien.

Bref. ça devrait le faire ce stage. Le problème c’est que je le vis vraiment comme une préfiguration du monde du travail (parce que bon, après un M2 pro en général… on travaille, ahem), et ça … ça le fait pas du tout.

D’abord, ma première possibilité de travail passe par un concours. J’aime pas les concours. Déjà rien que le principe me hérisse (ai-je besoin d’expliquer pourquoi ? Je n’aime pas me mesurer aux autres. Je serais forcément moins bonne, moins rentable.) (ouais, parce que ok je souris, je suis optimiste, généreuse, joyeuse etc mais toutes ces qualités ne rentrent pas dans le résultat d’un concours -ou très peu.) (et pour l’instant dans les qualités « studieuses » je n’ai pour moi que la rigueur, l’observation, et l’écoute. BON, ça fait déjà 3.) (ahem, avez-vous remarqué l’avalanche de qualités ?) (j’arrête avec les parenthèses si je veux) En plus c’est un concours rare et avec peu de places. Youpi.

Bon, le truc rassurant, c’est que je suis dans le secteur culturel. Un domaine où les gens sont assez tolérants et ouverts face au handicap. Donc, si ils estiment que j’ai des qualités, je serais jugée sur elles et non mon handicap. Sauf que c’est aussi un secteur en crise et manque de sous, donc s’ils considèrent que ma lenteur est un frein, que je ne suis pas suffisament « rentable »… bah, ils privilégiront quelqu’un d’autre avec peu ou prou les mêmes qualités que moi. (Ouais, je suis optimiste mais quand même ça dépend des sujets, faut pas pousser mémé dans les orties, je suis un peu réaliste aussi.)

Donc… les autres possibilités de travail c’est où ? Bah, dans le privé. Donc dans des entrepirses qui accordent probablement encore plus d’importance à la rentabilité.  Je suis mal barrée.

Précisons que pour les deux candidatures faites (comme pour mes précédentes candidatures en 3° année de licence) je n’ai pas précisé que j’avais la RQTH. Les gens sont ouverts et tolérants en milieu culturel mais il faut pas abuser non plus, je n’avais pas envie de tenter le diable et d’essuyer les refus parce que j’ai effrayé. Et encore moins l’envie de me poser incessament la question « est-qu’ils ont rejetté ma candidature à cause de ça ? » De plus, j’assume mon handicap sans problème mais je ne suis absolument pas prête à en parler en entretien, quoi dire qui ne me sois pas préjudiciable ? (Je ne sais pas si je serais un jour capable d’utiliser ce truc.) (ahmandieu… Je sais pas jusqu’à quand va la reconnaissance, faudrait que je m’en préoccupe pour en refaire la demande…) Soit ils s’en rendent compte en cours de route et je compose soit non et je fais comme d’habitude. (Le petit démon dit que la dernière fois que je n’ai rien dit en espérant à moitié qu’on s’en rende compte/ que cela se voit et sois compris -l’année dernière- ça m’a menée au désastre… Chut.) (visiblement ça n’avait pas été vu et considéré comme des signes de « fille pas bien dégourdie ».) (J’ai pas l’intention de laisser la situation se dégrader jusque là, ça sera dit avant, si le besoin se fait sentir.) (chut petit démon, oui je suis sûre.) (oui c’est la fête des parenthèses.)

Au départ, je pensais aussi écrire sur deux autres sujets qui m’ont un peu perturbée ce week-end. Mais finalement c’est déjà bien long et surtout écrire ça a suffi à me calmer (!) Peut-être que ces deux petits sujets épineux m’ont blessée uniquement parce que celui-là me turlipinait déjà pas mal. L’arbre qui cache la forêt.

 

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Petits bonheurs fin d’été – début d’automne…

Fin d’été début d’automne ça résume parfaitement les petits bonheurs que j’ai pu récolter ces derniers temps.

(ça fait longtemps que je n’ai pas publié de petits pas parce qu’ils sont moins présents mais juste que quand j’ai moins le temps pour écrire et beaucoup à dire… ça me semble le moins prioritaire à publier…) (J’essaie de faire semblant de faire comme si ça ne faisait pas si longtemps.. Chut m’enfin.)

Il y en a tellement, procédons par catégories. Des plus aux moins attendus.

Les petits bonheurs amicaux et gourmands.

Le repas avec A. (soupe à la betterave …hmmm), le café avec K. (ça faisait siiii longtemps et si plaisir.), la pièce de théâtre avec C. (avec l’invitation de L. !!), la Nuit Blanche avec C. et la crêperie, le chocolat avec M. Prochainement le thé avec A. et L. et le brunch.

Et les petits bonheurs gourmands tout court.

Toutes les autres crêpes mangées sur le pouce, les haricots beurre à la vapeur (c’est teeellement bon) et le riz à la vapeur encore et encore (je ne le cuit plus que comme ça, jamais raté), le boudin, le raisin, les poires, la faisselle, les quenelles… La liste est longue.

Les petits bonheurs vestimentaires.

Cette nouvelle veste, justement dont je suis tombée amoureuse… Elle trop belle, trop confortable, trop pratique ! ( Je désespérais de trouver une aussi bien que la précédente qui arrivait à la fin de sa vie… Une qui ferme avec des boutons jusqu’en haut. Une qui soit ni trop chaude ni trop légère. Une qui ait des poches –sans poches je suis toute perdue. Une qui a une couleur passe partout mais pas noire ni grise, ni blue jean –j’ai tenté mais non. Une qui ne fasse pas trop chic mais pas non plus survêt, bref un truc citadin passe partout et pratique et confortable quoi… Rien que ça… J’ai trouvééé ! Mais aussi LE poncho, un poncho trop beau, cousu amoureusement par ma maman, avec une capuche (!) C’est un de ces vêtements dans lequel je me sens bien et chic en même temps. (Je vous en reparlerai, peut-être…) Et enfin, le nouveau foulard, long, doux, chaud, et beau évidemment (quelle belle idée de perdre son foulard favori rien que pour avoir une excuse pour en acheter enfin un nouveau… En plus c’est mieux avec la nouvelle veste. Bel acte manqué.)

Les petits bonheurs culturels.

La pièce de théâtre avec C. (je me répète parce qu’au delà du plaisir d’être invitée et d’être ensemble c’était une belle pièce. Une magnifique exposition de costumes traditionnels espagnols à la Maison de Victor Hugo. Ma découverte de la bibliothèque Richelieu. (C’est beau !) Ma découverte des archives de Paris (et surtout, j’ai consulté un microfilm… TROP BIEN !), écouter France culture en direct ou en replay, lire Le Monde du Week-end (m’abonner était vraiment une bonne idée.)

Les petits bonheurs météorologiques.

Cette lumière si magnifique du soir. Sur l’immeuble en brique rouge en face de chez moi. Ou sur la Seine et le musée d’Orsay. Ou sur la Seine, le pont des Arts et l’institut de France. Ces jours encore bien ensoleillés où on peut se balader avec une simple petite veste. Ce moment où le ciel bleu revient alors qu’il a fait gris toute la journée.

Les petits bonheurs inespérés.

La rentrée de bonne augure avec des camarades super, des profs super, des cours super…. Être acceptée dans le premier stage demandé (donc le premier choix.)
Le mail de C. qui m’a fait si plaisir.

shakespeareandcoEt ce soir là aussi, alors que j’étais déjà bien crevée parce que c’était le jour des inscriptions et que pour d’obscures raisons un truc qui pourrait prendre 10 minutes a pris 3 heures. Et que j’avais déjà pas mal marché et attendu debout (ah oui, j’avais cherché LA veste et pas trouvé évidemment). Bref,  ce soir-là je voulais rentrer chez moi. Sauf que manifestation de grève. Tout (TOUT) autour de chez moi était bloqué. Il auraient dessiné un cercle autour de mon logement c’était pareil. Pas moyen de rentrer ni par métro, ni par bus, ni par taxi. Après que j’ai bien cherché dans tous les sens, j’étais encore plus crevée. Ne nous abattons pas j’ai été manger une crêpe et lire (ce livre) à la Shakespeare and Company (le seul endroit au monde où, entourée de vieux et nouveaux livres dans un vielle bicoque charmante, tu peux entendre en même temps le son d’un piano et le cliquetis d’une machine à écrire. Bref, le paradis.)

 

Pour finir (ex-aequo avec les inéspérés.) : les inclassables.

Le changement d’heure qui permet de gagner une heure sans trop savoir comment. (Certains diront une heure de sommeil moi j’ai surtout l’impression de gagner une heure « de journée »), l’eau chaude qui revient après deux jours d’absence, les articles écrits ici (parfois en ajoutant des couleurs, c’est si joli.)

 

 N’oubliez pas tous les petits détails qui font la différence.

Bonne semaine !

²

La kiné – 1 : Pourquoi arrêter ?

J’ai plein de boulot mais besoin d’écrire ça, on va voir ce que ça donnera…

Quand j’étais enfant, une de mes kinés me disait souvent « Courage, à 18/20 ans tu seras tranquille. »

Bon, je n’en faisais pas grand cas 18/20 ans quand on en 6 ans ou même 10… C’est tellement loin ! Il est vrai que penser que je ne ferais pas ces exercices toute ma vie était un peu réconfortant, parfois, mais en même temps je ne pouvais m’empêcher de penser « qu’est-ce que ça veut dire au juste ? » Comment il fonctionnerait mon corps sans ces soins hebdomadaires ? ça veut dire qu’à 18 ans, pouf, il fonctionnerait normalement ? Ben non… je le savais déjà. Rien de triste là-dedans, j’étais juste pleinement consciente de ma différence. Pleinement consciente, déjà (je crois) que même si mon corps évoluait et mes capacités aussi, jamais je n’atteindrais les capacités des autres, ceux qu’à l’époque j’appelais (au moins dans ma tête) les « Normaux ». Rien de triste, je le répète, car j’étais assez rarement jalouse de ces capacités. Sauf si on me mettais dans une situation dans laquelle je me retrouvée lésée (mais alors je n’étais pas jalouse, juste frustrée.) (illustration-exemple sorti tout droit de mon imagination : des copains montent une échelle pour aller jouer dans un grenier, me disent de suivre, je réponds que je ne peux pas. Là il y a deux solutions > ils redescendent, fin du problème. Ou > ils restent là haut en disant « ah zut, bon t’inquiètes pas tu nous attend on redescend dans 10 minutes ! » > frustration.) (La frustration ça s’apprend et s’apprivoise, mais à 10 ans, ce genre de situations courantes est dur.)

Tout ça pour dire qu’après j’ai grandi, j’ai rencontré d’autres kinés, d’autres médecins, je me suis rapprochée des 18 / 20 ans. Le médecin qui me suivait alors a bien insisté sur l’importance de continuer à voir un kiné. (Bon, ça a beaucoup plus traumatisé ma mère que moi. Je me rappelle juste confusément de la recommandation, elle se souvient qu’il ait parlé de certaines conséquences possibles.)

C’était donc la grande crainte de ma mère quand je suis partie à Paris, que je n’ai plus de kiné. Pourtant, finalement, ça s’est fait tout seul, naturellement. Tout simplement parce qu’après avoir eu une voire deux séances de kiné hebdomadaires toute son enfance il est facile de les intégrer virtuellement dans son emploi du temps. (Je nuancerais ce point après.) Aussi parce qu’au cours du lycée avec les quelques cours de Yoga suivis et les séances de psychomotricité, j’ai beaucoup plus pris conscience de mon corps, pris en compte mes sensations. Je m’étais alors bien rendue compte, concrètement, des bienfaits de la kiné.

Parenthèse.

Déjà avant bien sûr, je sentais que j’étais bien mieux après ma séance de kiné, globalement détendue. Mais au lycée, j’ai fait plus dans le détail, j’ai appris à nommer plus précisément chaque partie du corps, à localiser les raideurs, les douleurs, à comprendre mes postures. C’est encore loin, très loin d’être parfait, mais déjà bien mieux. J’en suis sûre parce que tout simplement je n’arriverais pas à mettre des mots sur mes sensations d’avant. Sans voir de photos, je serais incapable de dire comment je me tenais étant petite. Je serais incapable aussi de dire si mes réactions spastiques (raideurs principalement et quelques effets « ressort ») ont toujours été les mêmes. Et pourtant, les sensations étaient déjà là, et je le connaissais déjà. D’ailleurs les médecins ont toujours dit que c’était à moi de dire stop, de savoir quand j’étais trop fatiguée, et les kinés m’ont toujours demandé de dire stop dans un étirement. Et je l’ai toujours fait. Elles existaient donc bien. Mais c’étaient des sensations sans mots. Les mots sont arrivés dessus petit à petit, et cela arrive aujourd’hui encore. Encore aujourd’hui j’apprends que je me tiens bien droite alors que j’ai l’impression d’avoir le dos rond, encore aujourd’hui j’apprends que je marche avec les pieds très proches alors que pour l’équilibre il serait mieux qu’ils soient plus écartés, dans l’alignement du bassin. Encore aujourd’hui j’apprends (je réapprends) que le balancement des bras a aussi de l’importance dans l’équilibre et que moi je ne les balance pas. Il faut que je m’y exerce, pour l’instant si je balance les bras je suis plus déséquilibrée… (et encore plus lente.)

Bref, fin de la parenthèse. Continuer d’aller chez un kiné une fois à Paris, ça s’est fait tout naturellement, disais-je :  quand je suis arrivée à Paris j’ai « naturellement » appelé un kiné qui exerçait à coté de chez moi. Parce que je savais que ces séances hebdomadaires me faisaient grand bien et je savais qu’une heure par semaine au fond ce n’est pas grand chose. Il était sympa, et en plus le hasard fait qu’il avait étudié en fin d’études un cas particulier d’IMC, donc il connaissait bien ma pathologie. ça tombait bien, ça me rassurait. Et puis il était assez bavard ça me permettait de ne pas parler beaucoup, au moins dans un premier temps, ça aussi me rassurait. (« Dans un premier temps » parce qu’après avoir sympathisé je devais parler autant que lui…. (et sympathiser avec le kiné c’est rapide quand le courant passe. Les rendez-vous hebdomadaires + la proximité et le contact physique + la nécessaire mise en confiance pour le soin amènent rapidement à des confidences…)

Bref, cela a duré 3 ans. Au début de la 4°année c’est une remplaçante que j’ai retrouvée, congé maladie. Bon, ce qui est bien c’est que je me suis tout aussi bien entendue avec elle. Mais ça n’a duré qu’un an. Parce qu’à la fin de l’année il est mort (hé oui), donc le remplacement prenait fin et elle ne prenait pas la suite.

C’est ainsi que l’été dernier je me suis retrouvée brusquement sans kiné. C’était juste avant les vacances d’été. J’ai alors pensé « je m’arrête juste pour l’été (comme d’habitude, donc) puis à la rentrée je retrouverai un kiné proche de chez moi. »

(Suite au prochain épisode…)

Vrac presque en brèves

Il y a de drôles de coincidences. Il y a peu, je remarquais que je n’étais pas capable d’écrire des articles de vrac, où j’évoquerais de manière brève divers sujets qui n’ont rien à voir les uns avec les autres.

J’ai essayé plusieurs fois mais à chaque tentative chaque idée que je voulais brève était finalement tellement développée qu’elle suffisait à faire un article entier. Bref, jusqu’ici toutes mes tentatives ont été des fiascos totaux. (il fallait que je le case quelquepart, j’aime bien le son de « fiascos totaux ».)

Et pourtant je crois bien qu’aujourd’hui je vais y arriver. Suffirait-il de constater un « échec » (en lequel je ne crois pas) pour le dépasser ?

***

Première nouvelle importante du soir : ça vaut le coup d’être culottée ça paye. (Je vous laisse vous rafraichir la mémoire ici, si nécessaire.)

Je suis complètement déphasée. Je m’aperçois que je me suis comportée jusqu’à maintenant avec l’idée que mon culot n’aboutirait pas. Qu’au fond c’était tant mieux si je n’étais pas retenue parce que de toute façon j’avais envie de changer d’air. Et pendant toute cette attente, j’ai trouvé tous les points positifs du cursus que j’allais suivre ailleurs. (Et mes amies ont abondé dans ce sens.) Depuis 3 jours j’en étais même clairement convaincue, ce cursus pouvait être formidablement enrichissant. Seul bémol : la distance (donc long trajet tous les jours ce qui n’est pas idéal pour la fatigue.)

Bref (oui, c’est censé être une brève tout de même) finalement je suis admise… Et donc j’ai le choix. Et donc je suis perdue. D’autant plus perdue que tous se réjouissent autour de moi, ils expriment tous un enthousiasme que je ne ressens pas moi.

Je me retrouve avec un choix cornélien : choisir de continuer mon école, rester dans le prestige, « l’enseignement d’excellence », aller au bout du cursus commencé. Mais accepter une année avec beaucoup de travail (ce que je ne souhaite pas.) Mes parents, et une certaine partie de ma raison, me poussent dans cette voie. Elle a d’autres avantages à ne pas oublier : le trajet depuis mon logement actuel est bien plus court : pas besoin de déménager ou de faire de longs trajets quotidiens. De plus, cela me plait tout de même beaucoup par l’immersion dans le monde pro et je suis certaine que les cours me plairont.

Choix B : aller dans une fac (où j’ai également été admise) pour acquérir des compétences plus généralistes mais très techniques (ce qui me fera peut-être défaut dans la 1° formation) Mais la fac est décentrée donc soit déménagement soit longs trajets, je n’ai envie ni de l’un ni de l’autre. Et même si la plaquette me semble prometteuse et que j’ai entendu beaucoup de bien de cette fac… Et si j’étais finalement déçue ?

Au fond, je crois bien que mon choix est déjà fait. Pour l’option A. Mais qu’il me faut du temps pour me faire à l’idée de recommencer une année chargée. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti cette peur du regret face à un choix. En choisissant l’option A j’ai peur de regretter d’avoir accepté cette nouvelle année chargée. Mais en choisissant l’option B j’ai peur de rater une occasion. Peut-être que je réfléchis trop. Peut-être que je me projettes trop loin. Peut-être que réfléchir aux amménagements, les accepter plus largement, suffirait à régler ce problème de charges.

Depuis la lecture des résultats et des admissions je retourne en boucle l’histoire du paysan indien / du paysan chinois (l’histoire est la même, seule la culture de celui qui raconte change le contexte…) Donc chaque choix est bon, chaque choix aura des répercussions différentes que je ne pas voir de là où je suis. Mais ça ne m’aide pas à trancher.

En discutant avec une amie j’ai pu saisir les différents problèmes que cela soulève et qui me remuent : il y a la confiance en moi (encore et toujours), il y a le syndrome de l’imposteur, il y a la peur de décevoir, il y a la difficulté à accepter de l’aide là où j’aimerais me débrouiller seule (tout le temps, donc) et il y a mon ego/ mon ambition.

Bref, je vais encore y réfléchir pas mal de temps.

****

J’ai plusieurs articles en brouillon écrits progressivement ce mois-ci. J’en ai notamment écrit un sur mon expérience du mémoire. Comme tout ce qui touche au mémoire, il est j’ai du mal. C’est marrant parce qu’il y a quelques jours alors que je l’augmentais encore un peu j’ai pensé attendre la publication des résultats pour le publier car ce serait une manière de tourner la page. Comme quoi, je pensais vraiment que je ne serai pas admise. Avec toutes les questions que me posent les résultats je n’ai plus envie de le publier maintenant. Peut-être plus tard … Ou peut-être pas.

***

Je me sentais enfin reposée, enfin sereine. Et puis finalement non, c’est reparti pour un tour de questionnements et de doutes. Heureusement que c’est les vacances. Car oui, c’est le deuxième élément important à retenir de ces brèves : demain je prends le train, je pars de Paris pour l’été… Je pars aussi de la blogosphère (pour l’été seulement, bien sûr !)

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Vie culturelle de l’été :

Si vous êtes à Paris ou si vous passez par là, je vous recommande l’exposition Nous et les autres du Musée de l’Homme, très instructive. Ainsi que l’exposition Rodin du Grand Palais (magnifique pour ceux qui aiment Rodin, évidemment.)

Je ne sais pas combien de temps il reste en replay mais je vous conseille aussi « Même le vent semble pleurer » sur Arte. Très beau. (mais il faut avoir le cœur bien accroché, surtout au début.)

Et merci Anick Anouck et The Miss :  deux des livres prévus (dont un déjà commencé) pour cet été sont issus de vos conseils – lectures !

Voilà, voilà, je trouve que pour un premier vrac c’est pas mal. (Mon premier titre était « Brèves en vrac » mais par honnêteté je l’ai changé 😀 )

 

 

Courir après le temps, tout le temps

C’est l’impression que je garde de cette année. Une grande course contre la montre. Dans laquelle j’avais / j’ai toujours du retard. (C’est pas nouveau la vitesse ce n’est pas mon truc, les courses qu’elles soient réelles ou virtuelles non plus !

Du retard pour apprendre mes cours : j’en ai sacrifié certains que j’ai décidé passer aux rattrapages.

Du retard dans ma bibliographie à lire pour le mémoire.

Du retard pour comprendre le fonctionnement des bases de données.

Arriver en retard en cours parce que trop fatiguée et donc réveil difficile.

Arriver en retard à certains rendez-vous parce que le lieu n’est pas facile d’accès et que les transports n’y mettent pas du leur.

Rendre un mémoire incomplet parce que retard accumulé. Écrire pour obtenir un délai supplémentaire, compléter, rendre un truc tout autant insatisfaisant. (à mon goût, de leur côté elles ont aussi remarqué que c’était incomplet mais également la grande avancée entre les deux.)

Se reposer un tout petit peu et enchainer sur le ddépôt des candidatures en M2, l’envoi d’un dossier -exercice d’évaluation.

Puis les révisions des rattrapages.

Puis la semaine de rattrapage et  la soutenance (relire un mémoire dont on est pas satisfaite c’est vraiment pas une partie de plaisir mais bon, la soutenance s’est bien passée), puis s’occuper de la candidature pour l’École.

Normalement la dite limite de dépôt c’était aujourd’hui, sauf que à 19h date de fermeture du magasin d’impression et dernière levée de la poste … j’avais pas fini. Et j’apprends qu’à l’École ils ont enlevé la boite de dépôt dédiée à 17h15 (heure de fermeture du pôle pédagogique mais bien avant la fermeture de l’École à 20h.), ce qui signifie très clairement qu’ils sont hyper à cheval sur la date limite, beaucoup plus que d’autres fac…

Du coup j’hésite :

option A : remodifier quand même ma lettre ce soir (parce qu’en plus j’ai vu que je n’ai pas donner la forme souhaitée / répondu à certaines attentes) et l’envoyer au culot par la poste demain (peut-être qu’ils ne regarderons pas le timbre parce que trop de paperasse ou peut-être qu’ils me feront une fleur parce qu’ils connaissent mes difficultés.)

option B : non tant pis, laisse tomber et va dormir tu en rêves, de toute façon en recevant l’enveloppe ils regarderont forcément le timbre et ils l’élimineront direct sans se soucier de qui est qui, c’est un pré-tri hyper efficace, et puis l’Ecole n’est que ton choix 3.

  • avantages de l’option A : je n’aurais pas de regrets parce que j’aurais tenté le tout pour le tout. J’ai déjà marché au culot comme ça pour une autre formation (mon choix 1, ma candidature hélas pas été retenue mais à cause du nombre de dossiers reçus pas de la date limite) et pour demander un délai pour mon mémoire, les deux fois ça  a porté des fruits.  Alors pourquoi pas tenter ?
  • défauts de l’option A : j’en ai vraiment marre de courrir, je suis juste fatiguée. Ok, ça a servi à quelque chose ces deux fois mais le résultat n’était pas ouf non plus (le 2° rendu m’a finalement tout autant déçue que le 1° et ma candidature n’a pas été retenue.) J’ai tout sauf envie de m’occuper de ça ce soir pour un résultat hypothétique. (Surtout que c’est considérer que j’ai
  • Avantages de l’option B : je dors enfin. Je ne gaspille pas mon énergie à quelque chose d’inutile.
  • Défauts de l’option B : oui, j’en ai marre de l’École mais quand même cette formation peut-être super intéressante. Ce n’est que mon choix 3 sauf que : choix 1 -> refus ; choix 2 et 2bis -> un en suspens (un entretien à passer) et un refus ; choix 4 -> acceptée (mais 4 c’est après 3 … donc…) et puis l’idée même de baisser les bras ne me plait pas. Et puis mon ego en prendra un coup parce que le choix 4 est moins prestigieux que les trois premiers…)

Bref si on regarde comme ça l’option A semble privilégiée… Sauf que la fatigue ça pèse quand même très lourd sur la balance… Je vais appeler chez moi, ils auront les idées plus claires…

J’ai donc appelé – > option B, modifications plus légères que je ne pensais… ça m’a pris une heure. Ne reste plus (pour demain, ce soir c’est finiiii !!!) qu’à assembler les autres pièces déjà prêtes, les imprimer et envoyer le tout . Alea Jacta est. (Et puis bon, peut-être que l’entretien va bien se passer et le choix n° 2 va fonctionner !)