« De Rouille et d’os » de Jacques Audiard

Il est passé récemment à la TV, je l’ai donc regardé pour la … 4° ou 5° fois. (Quand j’ai commencé à rédiger, c’était un peu plus récent 😉 )

J’aime beaucoup ce film (ça explique que je le regarde encore 😉 ).

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Pourquoi je l’aime ?

Déjà, généralement j’aime bien Audiard, ses scénarios et sa manière de filmer me plaisent généralement beaucoup. En plus, même si je ne suis pas fan de Marion Cotillard, je trouve que dans ce film elle joue très bien, et Matthias Schoenaerts alors là c’est l’apothéose (je suis fan, il est beau et il joue super bien.) Tout ça pour dire que les deux personnages principaux sont très bien joués… Et les autres ne gâchent rien.

Mais bon, au-delà, si j’ai regardé ce film plusieurs fois, c’est parce que je suis fascinée par l’histoire et les personnages. (Analyser la psychologie des personnages, les comprendre, c’est quelque chose que je fais beaucoup avec ce genre de film.)

Ici, je ne m’identifie absolument pas aux personnages, leur vie est vraiment très éloignée de la mienne, je ne connais pas cette précarité et cette violence, ni cette volonté de draguer tout le temps pour savoir que je plais, ni cette sexualité à outrance.

Pourtant le film est tellement bien fait que j’arrive à me sentir proche des personnages ou, tout du moins, à les comprendre dans une certaine mesure. Il y a vraiment une grande profondeur psychologique.

En plus, il y a une réelle réflexion sur la sexualité. Ce que je vais dire peut sembler paradoxal et pourtant : c’est montré de manière très crue et en même temps très respectueuse. C’est la première fois, ou une des premières fois, où j’ai vu des scènes de sexe qui ne me faisaient pas sentir « voyeuriste » ou gênée. Parce que c’est extrêmement bien filmé et que ça sert un propos construit, réfléchi.

Ensuite, j’aime beaucoup la profondeur des personnages. Tous les ressorts de leur réflexion et leur évolution sont montrés. On peut les voir ou pas, les comprendre ou pas, mais ils sont là, suggérés, et je trouve ça très fort. Tout semble très vraisemblable. On imagine très bien que ça se passe effectivement plus ou moins comme ça pour une personne qui est amputée. De même, bien que ce ne soit pas ma vie, j’imagine très bien d’anciens camarades avoir vécu dans dans cette pauvreté et cette violence. Or, c’est pour moi l’un des rôles du cinéma et de la littérature, que ça me fasse rêver / m’échapper de ma vie quotidienne, tout en gardant une illusion de réalité, une vraisemblance qui fait que je peux entrer dans cet « autre monde » ou cette « autre réalité » (même si c’est de la science-fiction ). Je trouve que c’est très réussi.

Et pourtant, il n’y a qu’un moment qui fait écho à quelque chose que j’ai moi-même vraiment vécu : lorsqu’elle est en boite. Elle est alors gênée, elle ne se sent pas à sa place, elle aimerait cacher ses prothèses. Cette gêne, cette impression de ne pas être à sa place et de montrer quelque chose que l’on voudrait cacher, ça me parle beaucoup. Le sentiment d’abandon qui transparait quand il part, aussi.

Le film n’est tout de même pas parfait, (il en faudrait pour que je juge quelque chose de parfait !) je retiens en particulier deux points noirs :

  • D’abord je trouve dommage que la dépression soit limitée à  » je ne sors pas de chez moi, je ne prends pas soin de moi, je suis seule » et hop ça se règle dès que quelqu’un arrive et me fait sortir et voir le soleil.
  • Ensuite, je trouve aussi dommage que la reconstruction passe forcément par le fait de retrouver des jambes et que le coût de celles-ci soit éclipsée assez rapidement (en une phrase : l’appareilleur parle de » pieds suédois qui ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale »)

Cela répond certainement à une certaine forme de réalité mais ça conforte aussi certains clichés. Dommage que le scénariste n’ait pas pu dépasser cela…

Pourquoi le regarder autant ?

Je dis qu’il y a tous les ressorts pour nous permettre de comprendre… Malgré ça il y a tout de même des éléments qui restent mystérieux pour moi, même après 4 ou 5 visionnages : je commence à peine à comprendre comment elle a pu changer d’avis sur la boxe et accepter d’être son « dealer ». Et je ne comprends toujours pas pourquoi il décide de continuer la boxe après s’être cassé les mains, ce final reste pour moi un mystère complet. (Si quelqu’un a une explication je prends.)

D’habitude quand je ne comprends pas quelque chose comme ça, ça me bloque, ça m’énerve, là non. Je pense simplement que je n’ai pas saisi toutes les clés, et je suis prête à le revoir encore et encore. (Pas sûre cependant que j’en comprendrais plus ainsi.)

Si je suis prête à le regarder encore tant et plus, c’est aussi parce que je suis extrêmement touchée par le personnage d’Ali. On pourrait dire qu’il est dur, rude, vulgaire, impoli, irrespectueux, mais finalement je le vois surtout comme quelqu’un de très entier, très authentique. Il pense quelque chose il le dit, il veut quelque chose il le fait. Il ne s’emberlificote pas dans des hésitations, dans des bonnes manières. J’admire cette simplicité, cette authenticité, même si évidemment on aurait envie qu’il y ait la violence en moins. Cette violence n’est que le fruit de son histoire, son enfance, son vécu, elle n’empêche pas la sensibilité qui se révèle au fur et à mesure.

Je serais capable de regarder ce film un million de fois juste pour cette authenticité. C’est ce que j’en retiens le plus (avec tout le processus de recherche et reconstruction de Stéphanie aussi.)

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Etudes, prestige, avenir et gloubiboulga

Oui, je sais que ce titre ne veut rien dire mais ça sonne bien je trouve. J’aurais pu sinon intituler « études, prestige et régression » ou « L’avenir : rêve et réalité » ou « L’avenir ce sac de nœuds » ou .. (enfin bref, vous voyez je manque pas d’idées, mais j’ai choisi celui qui ne veut rien dire (ou presque, ça vous dit quand même que je vais parler d’études, d’avenir et que ça ressemblera probablement à rien de plus qu’un gros tas.)

J’aime bien la blogosphère parce que ça fait réfléchir, ça fait voir d’autres expériences, ça met tout le monde sur un pied d’égalité quelque soit l’âge et la nationalité et le vécu. Tout se mélange en un énorme partage d’expérience et de connaissances qui font cogiter.

Et puis parfois ça fait des étincelles. Cet article est né d’une de ses étincelle, quand j’ai lu cet article de Bibouman.

En effet, je me questionne beaucoup sur mon avenir, sur mon métier. Ce que je suis capable de faire d’un côté et ce que je veux faire de l’autre. C’est pas nouveau. Mais ça fait partie des sujets que j’ai du mal à évoquer ici (autant que en face-à-face d’ailleurs.) Parce que ça touche à des réflexions très profondes et personnelles et donc c’est tellement un sac de noeuds (tant au niveau de la réflexion que des émotions) que c’est compliqué d’en parler.

Mais bon, là je me lance.

Je ne sais plus vraiment si j’en ai déjà parlé ici (sûrement) : j‘ai eu beaucoup de mal à trouver quelles études je ferai après mon bac. Tout simplement parce que je ne trouvais pas un métier qui me satisfasse entièrement donc je ne savais pas dans quoi m’embarquer. J’ai finalement eu un coup de cœur pour les enseignements proposés par l’École du Louvre mais sans savoir vraiment plus ce que j’en ferais ensuite. Mais ça répondait à plusieurs de mes aspirations (un aspect histoire + un aspect ethnologie / connaissance de l’Autre + un aspect « culture » . J’avais aussi, il faut bien le dire, déjà l’idée (que mes parents ont dû beaucoup contribuer à me donner…) que plus je visais haut, plus j’avais de chance de m’en sortir. Que si je faisais des études prestigieuses ça compenserait en quelque sorte le désavantage induit par le handicap (oui, « désavantage causé par le handicap »c’est un pléonasme, mais c’est comme ça que les gens réfléchissent aujourd’hui.) Il y avait aussi un sens du défi (même si parfois je me déteste de me compliquer toujours la vie de la sorte) et une envie d’autonomie (même si la semaine précédent le départ, je me suis bien maudite d’avoir choisi de partir et j’aurais bien fait machine arrière.)

En commençant à l’École du Louvre, j’avais cette idée que les conseillers d’orientation m’avaient donné : l’École du Louvre sert à devenir conservateur ou conservatrice. Point. Bah, en fait, scoop : il n’y a pas que ce débouché-là (heureusement pour nous.) Mais bon, j’arrive donc avec cette très belle et noble idée en tête : devenir conservateur.

La première année passe, je galère un peu mais tout va bien; c’est le temps d’adaptation, tout ça, c’est cool. La deuxième année passe, je travaille dur et c’est génial, je rencontre plusieurs chargés de TD qui nous expliquent à quel point le concours de conservateur est sélectif et difficile, je commence à remettre en cause l’idée d’avenir. Troisième année, je travaille toujours beaucoup, je galère encore un peu et je me rends compte que conservateur c’est bien beau mais c’est pas trop pour moi : un niveau de sélection beaucoup trop élevé (bien sûr que je pourrais tenter mais pas envie de trimer comme une dingue et devoir repasser le concours 2 ou 3 fois…) et trop de responsabilités à la clé. En troisième année je commençais à découvrir tous les autres métiers possibles : archéologue, historien de l’art -enseignant régisseur, documentaliste (en musée pas le documentaliste du lycée.), médiateur, guide-conférencier, …

Puis j’ai du redoubler ma troisième année. Parce que je ne pouvais pas passer en master avec les notes obtenues. Je n’avais qu’une UE à repasser donc que 3 heures et demi de cours par semaine, donc beaucoup de temps libre. J’en ai profité pour bien creuser la question. Il faut dire qu’en plus le fait de redoubler m’a aussi obligée à me remettre en question et à penser à une autre issue (je n’avais pas de plan B pour un autre master à l’époque.) J’ai rencontré des gens (une conseillère d’orientation, un professionnel), j’ai participé à des actions de médiation professionnalisantes proposées par l’École, j’ai postulé pour des stages et fait un stage de deux mois. Tout cela m’a permis de confirmer que : régisseur n’était pas pour moi et documentaliste me plaisait bien.

Régisseur ça m’avait bien tentée car contact direct avec les œuvres, idée de voir le travail en coulisses, travail d’équipe nécessitant de la diplomatie… Mais visiblement très physique (beaucoup de déplacements, des transports d’œuvres), assez manuel aussi (transporter les œuvres, concevoir des emballages sur mesure, mesurer…) et des mathématiques (mesures, réalisations de budgets…) Mon père m’a bien fait remarquer qu’il y avait un potentiel créatif (dans la gestion du budget impliquant des choix notamment) mais le régisseur n’est pas en haut de l’échelle donc quelle marge de manœuvre a -t-il réellement ? Et puis ça faisait beaucoup de défauts accumulés, un peu trop…

Guide-conférencière / médiateur, je restais bloquée sur l’idée que j’étais bien trop timide et mal à l’aise à l’oral pour ça. Mon expérience avec l’École m’a montré qu’en fait c’était surtout un entrainement à acquérir, que ça pouvait se dépasser. Il y a aussi l’idée de transmission et de rendre accessible à tous qui me plaisait beaucoup. Et puis beaucoup de créativité. Deux points noirs au tableau : des guide-conférencier il y a en a beaucoup mais peu de débouchés. Quant à « médiateur culturel » pour arriver à un poste réellement intéressant (c’est-à-dire avec un potentiel créatif et de décisions pour la mise en accessibilité) il faut d’abord passer par beaucoup plus ingrat (réaliser des études de public) et ça, ça me plait beaucoup moins. La perspective de passer par là et d’y rester un temps indéterminé (parce que dépend aussi des postes disponible) me plaisait moyen. (et il y aussi une part de paperasse et de budget assez rebutante.)

Reste : documentaliste en musée. C’est dans ce domaine que j’ai fait un stage et même si ça a changé ma vision de certains aspects du métier, c’est resté le coup de cœur initial.Il y a d’abord toujours l’idée de transmission (on organise les connaissances générées par le musée en vue de leur transmission aux professionels, aux chercheurs, et au public aussi en théorie.) Il y a aussi mon amour pour les livres qui s’est rappelé à moi. Même si je ne les ouvre pas ou les lit pas, l’idée/le fait de me retrouver entourée de tant de livres…. ça m’enthousiasme. (C’est absolument inexplicable. Mais le fait est que j’ai du répéter cette raison de mon engouement pour le métier une bonne dizaine de fois.) Restent quelques réserves : les rares débouchés et le concours à passer (mais qui sont au fond comme pour tout autre métier dans ce domaine, il va falloir que je m’y fasse…) et le fait que selon les institutions, l’aspect accueil du public est plus ou moins élitiste. Il y a bien service public mais indirect, pas bien visible directement.

Du coup il y a souvent une petite voix qui s’agite « eh, tu sais que bibliothécaire, un des premiers auxquels tu as pensé au collège, ça répond à tous tes critères ? » Oui j’y pense. (Puisque je vous le dis.)

  • Il y l’idée de transmission.
  • Il y a le rapport au public, plus varié et avec un service beaucoup plus direct.
  • Il y a les livres.

Oui mais, il y a les œuvres en moins. En travaillant comme documentaliste je garde un rapport plus ou moins fréquent avec elles, pas en bibliothèque. (Oui, je suis une titilleuse en titre…)

En outre, il y a aussi je crois l’impression de « régresser » et la peur de décevoir.

L’impression de régresser parce que c’est un métier auquel je pense depuis très longtemps mais que j’ai écarté parce que… parce que, je sais pas trop en fait : métier trop « commun », trop « répandu », trop « facile »? ((Sens de l’ambition et du défi bonjour, ne peux-tu pas me laisser tranquille deux minutes ?)) Parce que zut, j’y pense depuis super longtemps est-ce que c’est pas un signe ça ?

Peur de décevoir parce que « j’ai fait une belle école, très prestigieuse, pointue et spécialisée, pour finalement devenir une simple bibliothécaire, c’est un peu dommage…. » Cette peur est très certainement alimentée par mon propre ressenti (qu’est-ce que le sentiment de régression sus-cité sinon une sorte de peur de me décevoir moi-même ?) mais pas que… Mon grand-père me l’a déjà dit… (Sans savoir qu’il alimentait là de puissants rouages !)

Pour reparler un peu de l’ambition (oui, parce que j’aime pas me faire remarquer mais j’ai de l’ambition… Hyper pratique !) plusieurs personnes m’ont déjà parlé de connaissances à elles qui ont fait l’École du Louvre et sont devenues bibliothécaires. Comme une sorte d’issue par défaut parce que pas de place ailleurs. Donc moi, si je choisis finalement bibliothécaire, je viendrais donc en quelque sorte grossir leurs rangs… Alors que ça ne sera pas un choix par défaut puisque comme je viens de le dire ce métier me plairait énormément… Sauf que l’idée me dérange (madame ne veut pas se faire remarquer mais être comme tout le monde quand même c’est surfait… Ou comment faire simple quand on peut faire compliqué….)

La conclusion de tout ça c’est que de toute façon il y aura une forte intervention du contexte économique et des postes proposés dans mes choix. Qu’il faut que je refasse un stage en musée pour confirmer mon ressenti passé (en travaillant dans un autre établissement donc avec une autre équipe et d’autre méthodes, d’autres contenus…)

Au fond le problème n’est pas tant quel métier j’aurai mais quel master 2 je vais faire. La grosse interrogation du moment. Parce que l’idée de départ était le M2 de l’École sauf que les échos de la masse de travail, en parallèle avec mes grosses difficultés de cette année pour m’en sortir me font beaucoup douter. Si je suis sélectionnée -ce qui est loin d’être acquis avec mes résultats actuels- est-ce que je fais ce master-là ou un autre ? Mais alors lequel ? (et là, je ne crois pas que vous puissiez m’aider…)

(Cet article a été l’occasion de faire une recherche rapide sur les bibliothèques en prison… ça n’a pas l’air jojo… Il faudra que je creuse l’idée quand j’aurai du temps -en vacances- mais a priori c’est pas là que je trouverai du boulot…)

Le musée des arts et métiers en fauteuil roulant

C’est un musée que j’apprécie vraiment beaucoup et que j’ai visité de nombreuses fois et de nombreuses manières : pour des cours avec l’école (en fauteuil), seule debout (pour une visite normale ou des occasions particulières comme la nuit des musées où il y a plus de monde), seule en fauteuil, en fauteuil accompagnée.

La dernière en date était « en fauteuil accompagnée », c’est d’elle que je vais vous parler mais en ayant les autres en tête pour comparaison.

À savoir en préambule : les musées ont 2 lois pour les inciter à l’accessibilité : la loi de 2005 bien connue, mais aussi la loi du 4 janvier 2002 relative aux Musées de France. En effet, selon l’article 2 de cette-dernière une des missions permanentes du musée est de  » Rendre leurs collections accessibles au public le plus large ». On peut pas dire que ce soit vraiment le cas partout (ahem.)

Pourtant, en 2007, le ministère de la culture a publié ce guide pratique de l’accessibilité. Très complet et clair, il recense les différents types de handicaps, les contraintes et les besoins impliqués par chacun et les solutions qui peuvent être mis en œuvre pour y remédier ou compenser. (Si le sujet vous intéresse, je vous en conseille vivement la lecture.)

Les musées ont donc toutes les clés en main pour agir. Sauf les sous me direz-vous… Les sous ont bon dos ! Parce que même quand on a les sous il faut y mettre un chouia de réflexion et de bonne volonté… C’est loin d’être le cas partout ! (j’ai un exemple tout trouvé au Louvre mais bon, c’est pas le sujet, je vais me retenir 😉 )

Fin du préambule, passons aux choses sérieuses.

Dans le manuel sus-cité, pour les personnes à mobilité réduite (ils parlent de « personnes très fatiguables » c’est pas idiot je trouve) ils conseillent le prêt de fauteuil. C’est en effet un dispositif adopté dans beaucoup de musées et que j’utilise beaucoup. C’est le cas au musée des Arts et métiers.

Une fois arrivée au musée, nous avons donc acheté nos billets d’entrée (gratuit pour moi car -25 ans, payant pour mon accompagnatrice), j’ai ensuite demandé si je pouvais prendre un fauteuil roulant (en général demandez soit à la caisse soit au point/information-acceuil,parfois ils vous redirigeront ailleurs, vers les vestiaires notamment) : aucun problème il me l’apporte en échange de ma carte d’identité (système très fréquent.) Je m’installe dans le fauteuil (en très bon état -c’est pas le cas partout- et confortable.) Nous récupérons un plan, les ascenseurs y sont indiqués c’est parfait (très appréciable de ne pas avoir à demander un plan spécifique.) Nous voilà parties pour la visite.

 

Nous commençons par l’abbaye de St-Martin-des-Champs. Pour voir le pendule de Foucault aucun problème. Les objets dans les vitrine c’est déjà un peu moins bien : je les apprécierais plus s’ils étaient placés un tout petit peu plus bas (ou avec un miroir pour pouvoir tout voir) et seule, je ne peux pas lire les cartels explicatifs, qui sont placés trop hauts (à plat horizontalement sur la cimaise de présentation.) Il y avait aussi apparemment quelques objets dans des vitrines en contrebas, mais inaccessibles car il y avait quelques marches et aucune rampe (dommage, je pense que pour cet espace ça ne doit pas être trop difficile à mettre en place : peu de marches, beaucoup d’espace…)

 

 

Pour les grosses machines dans la nef aucun problème. Notons cependant que les cartels sont assez sombres et écrits petits, placés à nos pieds : même moi assise en fauteuil j’avais du mal à lire ! Ensuite nous avons voulu monter (voir les voitures « suspendues. ») Le gardien nous a indiqué le monte-charge à emprunter la marche à suivre (maintenir le bouton appuyé tout du long, comme pour tout monte-charge d’après mon expérience.) Mais le monte-charge ne fonctionnait pas (la porte s’ouvrait et se fermait sur commande mais il ne montait pas … C’est dommage c’est sa fonction normalement 😉 ) Du coup, le gardien nous a laissé passer par la rampe qu’empruntent tous les visiteurs normaux (normalement le fauteuil ne passe pas par là pour des raisons de sécurité : la pente est raide !) Nous avons donc pu voir le premier étage de la mezzanine, mais pas au-dessus car l’accès se fait par des escaliers (le monte-charge aussi s’arrête au premier étage, il est donc de tout façon impossible d’aller plus haut en fauteuil.)

 

Ensuite nous avons voulu passer aux toilettes : les plus proches étaient en haut d’un escalier, nous sommes donc allées aux plus lointaines… Si on excepte la porte à passer pour y accéder (elle tout juste assez large pour passer et il faut être accompagné pour pouvoir l’ouvrir et la maintenir ouverte… Toutefois en étant seul c’est juste à côté du restaurant, on peut toujours demander.) ça m’a semblé tout à fait accessible et adapté au fauteuil en termes de dimension et d’aménagement. (J’ai pas besoin de me transférer puisque je me lève je ne peux donc pas dire si pour ça c’est bien foutu !)

Ensuite nous sommes montées dans les étages. Pour des questions de temps nous avons  décidé de ne faire que le premier étage (normalement si on suit le parcours de visite c’est 2° puis 1°)

Il y a normalement 3 ascenseurs dans ce musée, un d’un côté (vers la section transports, au cas où ça parlerait à quelqu’un) et les 2 autres du côté de l’entrée. Nous avions su avant de passer aux toilettes que l’ascenseur côté transports ne fonctionnait pas. Côté entrée un seul sur les 2 fonctionnait. Heureusement ce bâtiment est assez simple : chaque niveau est plane et continu (pas de demi-niveaux, pas de lieux accessibles seulement d’un côté.) Ainsi même avec un seul ascenseur en état de marche on peu visiter l’intégralité des collections. (Mais bon il faudrait pas qu’il tombe en rade aussi, là ils seraient bien embêtés…  Les ascenseurs en panne chez eux ça a l’air assez fréquent, voire habituel, même si ils ne l’ont jamais été tous en même temps dans mon expérience, il faudrait peut-être qu’ils s’en préoccupent un jour… Je dis ça comme ça. )

Nous sommes donc allées au premier étage.

Là aucun problème pour voir les objets en vitrine, en revanche les cartels explicatifs sont toujours placés de telle manière que je ne peux pas les lire. Ils sont à plat : il faudrait qu’ils soient beaucoup plus bas pour être à portée de mon regard ! Pour améliorer cela il suffirait de les placer différemment : sur le devant de la vitrine.

Il y a des écrans explicatifs avec des vidéos, selon les endroits ça n’est pas toujours facile de se placer devant (sièges fixes ou mobiles) globalement c’est pas mal, mais améliorable.

 

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La joueuse de tympanon, très impressionante. (source photo.)

Il y a à cet étage le théâtre des automates, certains étaient un peu trop hauts/ trop loin dans la vitrine pour pouvoir être pleinement visibles et appréciés. Mais globalement c’est bien. L’écran avec les vidéos d’automates en fonctionnement est bien accessible, on peut bien se positionner devant l’enceinte et l’écran. (Il y a un ou deux écrans dans les gradins donc inaccessibles mais ils montrent les même contenus : un écran est donc bien suffisant…)

 

Au bout du premier étage il y a une mezzanine, à laquelle on accède normalement par un petit escalier en colimaçon, j’ai aperçu qu’il y avait un monte-charge à l’autre-bout de la pièce, dommage qu’il ne soit pas plus indiqué, on pourrait renoncer en pensant que c’est inaccessible. (Pour des raisons de temps je n’y suis pas montée, je ne peux donc pas vous dire s’il fonctionne ou pas…)

Nous avons ensuite décidé de nous arrêter là et de nous diriger vers la sortie. Donc vers les l’ascenseur. Nous comprenons rapidement (2 ou 3 minutes) qu’il ne fonctionne pas. Ou plutôt si, fonctionne, il bouge mais il ne nous « entend » pas… C’est le bouton ne remplit pas son office. Donc l’ascenseur ne s’arrête pas au 1°, par contre l’écran nous fait bien remarquer qu’il passe allègrement du 0 au 2°… Nous cherchons un gardien (2 minutes). Je pensais alors qu’il pourrait simplement alerter quelqu’un qui pourrait nous l’envoyer (étant donné que nous l’avons emprunté pour monter pas de raison pour cela ne fonctionne pas !) Nous lui expliquons bien la situation et je lui propose aussi ma solution, mais il ressent quand même le besoin de vérifier par lui-même. Au bout de 5 minutes, il se décide à appeler un collègue. Je pense alors qu’il l’appelle pour qu’il nous envoie l’ascenseur comme je l’ai suggéré, que nenni ! (Ce serait trop simple !) Le collègue (un technicien visiblement) arrive … et il essaye aussi ! Je lui explique, je lui suggère ma solution mais non il veut vraiment voir par lui-même. (Genre « au bout d’un moment ça fonctionne et moi j’ai de l’or au bout des doigts ») Le gardien veut aussi lui faire entendre raison (parce que bon lui aussi, il commence à en avoir marre ça fait 10 minutes qu’il est sur l’affaire…) mais non. « Non mais ça va fonctionner vous allez voir, je vais pas vous laisser tomber j’ai tout mon temps » (oui mais pas nous…) « Non mais vous énervez pas ça va fonctionner » (en fait c’est toi qui m’énerve…) et là  (le gars est là depuis juste 2 minutes, l’ascenseur en est à son 2° aller-retour alors que depuis que nous sommes devant il en a fait au moins 15) Poum, il s’ouvre !  « Bah voilà vous voyez ! » (oui je vois qu’il y avait des personnes dedans qui voulaient visiblement arriver ici et avaient donc appuyé sur le bouton qui fonctionne à l’intérieur !! Ce bouton que ça fait 20 minutes que je demande qu’on aille appuyer dessus…) Le gars a donc fini sa journée persuadé que tout va bien le bouton fonctionne (une fois sur 4, 5 ou 6 … mais il fonctionne…) et moi ça m’énerve. Parce que du coup il ne va probablement pas arranger la situation et le prochain qui en aura besoin se retrouvera dans la même situation… (à moins qu’un jour cet ascenseur ne fonctionne plus non plus -> plus d’ascenseur…)

http://www.arts-et-metiers.net/musee/personnes-mobilite-reduite : tout ça c’est très bien, mais si les ascenseurs ne fonctionnent plus on ne va plus très loin…

Les ascenseurs qui ne fonctionnent pas c’est comme les toilettes handicapées fermées à clé / occupées par les produits ménagers ou comme les cabine d’essayage handicapées remplies de cartons ou comme les caisses prioritaires / les guichets adaptés constamment fermés. ça fait semblant de respecter la loi, ça fait illusion, ça fait beau, mais ça sert à rien du tout. Personnellement, ça m’énerve encore plus que les lieux franchement non accessibles ou non adaptés…

C’est comme le Louvre qui rénove ses espaces d’accueil, prévoit un lieu spécifique pour le retrait de fauteuils roulants (et poussettes) et ferme cet espace par des portes… que la personne en fauteuil ne peut pas ouvrir seule… (trop lourde, heureusement elle est en verre donc transparente, mais bon… )

 

 

Polina : danser sa vie

Ce soir, après plusieurs jours de stress et de travail (le genre de stress qui me fait procrastiner tant que je peux, j’en reparlerais probablement bientôt), j’avais besoin d’une bonne séance de cinéma. Pas pour retrouver des amis, mais juste pour passer un moment posé, calme, juste à moi, sans avoir besoin de réfléchir à quoi que ce soit, et passer un moment agréable en se laissant embarquer.

affiche_8J’avais trouvé le film idéal (je demande le minimum : un truc pas trop violent et pas trop triste, un truc avec de la douceur et de l’espoir dedans) depuis longtemps et d’ailleurs ça tombait parfaitement bien, il sortait le jour même de la fin des « hostilités studieuses » (il y a quand même de ces coïncidences !)

Je suis donc allée voir Polina : danser sa vie, et c’était parfait.

Je vous invite à aller voir la bande-d’annonce pour vous donner une idée : elle est vraiment représentative du film sans gâcher le plaisir de la découverte (c’est donc une bande d’annonce super bien faite…)

Parce que moi, comme à mon habitude quand je parle de cinéma ici, je ne vais poser ici que des bribes. Mon but étant de raconter mon ressenti, ce qu’il me reste du bon moment, sans raconter l’histoire.

 

Polina, c’est un bel hommage à la danse, par l’histoire-même d’abord bien sûr et par les chorégraphies (de Angelin Prejolcaj, ça n’est pas rien…), mais aussi par les réflexions qui sont faites, parfois seulement lâchées à demi-mot et enfin, par la manière de filmer.

Polina, c’est une belle histoire de vie, la vie d’une fille, Polina (ahah quelle surprise !) qui semble connaitre sa passion dès le début mais qui, en fait, va passer son temps à se chercher, quitte peut-être à se perdre…

Polina, c’est un film qui embarque par sa musique en symbiose parfaite avec l’image. Comme si le film entier était une chorégraphie. En tout cas, c’est sûr, il est tout entier rythmé par elle(s).

Polina, c’est un film où il y a quelques touches de violence, de souffrance, de misère mais où il y a surtout plein de beauté, de douceur et de poésie.

J’ai passé une très bonne soirée et, pour une fois, j’y suis allée rapidement après la sortie (doux euphémisme 😀) et j’en parle aussitôt ! Je vous conseille vivement d’aller le voir !

(Dans le même registre de douceur et d’espoir il y aussi Réparer les vivants en ce moment que je recommande.) (Mais pas autant, il arrive en seconde position.)

Rétrospective : petits bonheurs de juin

Le mois de juin c’est les derniers partiels (les oraux) puis le repos bien mérité (avec une vie amicale et culturelle débridée…)

En juin, rappelez-vous la météo était complètement folle (il n’y a pas que moi qui était débridée), et pendant que certains souffraient de grandes inondations, moi je me réjouissais des gros orages et averses qui éclataient d’un coup et j’ai découvert le Zouave de l’Alma à cette occasion. (J’ai l’air d’une grosse égoïste dit comme ça… J’étais en révisions, ça passe comme excuse ?)

Le mois de juin c’était les oraux, ce qui est peu réjouissant au premier abord et pourtant : ils étaient bien organisés (ça change) donc sans stress ajouté, et, cerise sur le gâteau, pendant ces oraux j’ai reçu des félicitations en direct, pour un devoir particulièrement réussi et apprécié (c’est le genre de compliment qui fait doublement plaisir puisque qu’au simple plaisir du compliment s’ajoute le plaisir de savoir que c’est juste et mérité, que le travail a été considéré à sa juste valeur…)

Ensuite, bien évidemment, c’était les vacances, ce qui est un bonheur en soit.

J’ai choisi délibérément de rester tout le mois de juin à Paris pour profiter de ma solitude, ma liberté et mon temps libre.

La météo a continué à faire sa capricieuse : de la pluie…de la pluie…de la pluie… DU SOLEIL… de la pluie… des nuages… un temps gris… DU CIEL BLEU

Comme il pleuvait, je suis allée au cinéma, j’ai vu Julietta de Pedro Almodovar. (La fin est dure et inattendue mais Ohlala que c’est beau ! -même là que je vous ai dit ça, si vous le regardez ce sera toujours dur et inattendu, je n’ai rien spoilé…)

J’ai découvert le Théâtre de Poche, avec une pièce magnifique…

J’ai découvert la Philarmonie lors des journées portes ouvertes, c’est un beau lieu, j’ai appris plein de trucs sur son fonctionnement (acoustique et régie), j’ai assisté à un concert d’orgue très intrigant, j’ai discuté, j’ai assisté à un concert de percussions tout aussi original.

J’ai passé un samedi extra au Musée du Quai Branly (chanson russes, guide-conteuse, toit-terrasse avec belle vue et bougies)

Je suis allée au musée Rodin voir une superbe exposition d’art contemporain (une des rares fois de ma vie j’ai trouvé que de l’art contemporain ça pouvait émouvoir), puis j’ai continué par la visite du musée que j’ai encore plus aimé : je trouve certaines œuvres super émouvantes, elles parlent beaucoup à ma sensibilité… et c’est un musée accessible.

Pour bien terminer la visite, il y a là-bas un très beau jardin avec pleeein de fleurs, j’ai donc pris pleeein de photos (je suis accro aux photos de fleurs.)

J’ai lu un livre dans mon lit (Cette histoire-là d’Alessandro Baricco, j’ai beaucoup aimé, merci AnnickAnouck pour la découverte !)

J’ai bu un très bon capuccino avec un bon cheescake, dans un endroit très agréable (tellement que j’y suis retournée deux fois depuis, le coup de cœur n’a pas été démenti, je vais me ruiner !)

Et puis, comme il faisait beau aussi de temps en temps, j’ai pris des photos, des photos et encore des photos…

Tout ça c’était la dimension culturelle, et généralement solitaire, de mon mois de juin mais ce mois a aussi été plein d’amitiés.

Il y a eu une ballade nocturne avec M. et N. (Paris la nuit avec des amis, c’est le top…), il y a eu un coup de téléphone de C., avec des vacances en perspective… (ça fait partie des petits bonheurs des vacances !). Il y a eu un message de B., encore en vadrouille et toujours attentive. Il y a eu beaucoup de bavardages et de rires autour d’un repas coréen. Il y a eu une crêpe au chocolat avec M. C’est bien quand les amis vont bien ! (Ceux que tu n’avais pas vus depuis longtemps et qui vont encore mieux que quand tu les avais laissé ou ceux qui n’allaient pas bien la semaine d’avant, c’est pareil, bien pareil.). Il y a eu une carte postale de B., j‘adore les cartes postales (autant les écrire que les lire…). Enfin, il y a eu un super repas aux côtés de E., M, N et C. (du bien aux papilles et au cœur en même temps, que demander de plus !)

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C’est étrange de repenser à tout ça maintenant. ça semble si loin alors qu’en fait pas tellement. Mais il s’est passé tellement de belles choses entre temps ! Et ça semble si proche alors qu’en fait pas tellement. Tellement de choses on changé entre temps ! 3 mois. 2 mois de vacances, 1 mois de rentrée.

Je ne traduirez pas mes 2 mois d’été et de vacances en petits bonheurs ici. Parce qu’il y aurait trop à dire, parce que c’était tellement bien que j’aurais du mal à le transcrire ici, parce que je ne veux pas tout raconter et que j’aurais l’impression de trahir la réalité en ne racontant que la moitié. Ils sont tous bien notés dans mon carnet et gravés dans ma tête. C’était très très très super. Je ne l’oublierais pas de sitôt.

Par contre le mois de septembre va suivre (peut-être couplé avec octobre…)