Visite PMR à la Fondation Vuitton /2

Dans la première partie je vous parlais de l’accès global à la fondation.

Parlons à présent de l’exposition « Être moderne : le MoMA à Paris ».

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source : site de vente de billets sur la Fnac.

Mon but dans cet article n’est pas  de parler de toute l’expo mais seulement des points qui sont ou auraient pu être problématiques avec le fauteuil.

Parenthèse : Je l’ai déjà dit PMR et personnes en fauteuil ce n’est pas tout à fait la même chose. Cependant pour les musées, le fauteuil est pour moi le meilleur instrument d’accessibilité. Pour moi parce que pour d’autres, un petit siège pliant peut être très bien. Ce qui est sûr c’est que les sièges fixes placés dans l’expo ne sont jamais suffisants et ne correspondent pas aux besoins (on ne peut alors que regarder les œuvres de loin.) Fin de la parenthèse.

Comme à ma première visite beaucoup de monde sur les deux premiers étages, beaucoup moins ensuite. Une exposition fréquentée en fauteuil c’est fatigant parce qu’il faut s’imposer (mais ça ce n’est pas un problème de l’institution mais plus un problème de l’éducation des gens et de ma confiance en moi, j’en reparlerai une autre fois.)

Sinon, la seule autre chose qui m’a gêné avec le fauteuil ce sont les textes écrits trop petit, légèrement plus gros ça aurait suffit (et ceci n’est pas un défaut uniquement pour les personnes en fauteuil, des valides le remarquaient aussi.) Cela a été particulièrement gênant avec la frise historique (encore une fois c’était un problème général, amplifié par le fauteuil) : celle ci était écrite en plusieurs niveaux, certaines photos étaient placées vraiment hautes, donc parfois elles étaient difficiles à voir (en se dévissant le cou et encore à cause des lumières) mais surtout leurs légendes étaient impossibles à lire, écrites bien trop petit !

Pour un PMR, qu’il soit debout ou en fauteuil, les grosses écritures c’est toujours mieux, parce que :

  •  ça donne plus de facilité d’approche : les gens se massent moins près autour et donc c’est plus facile pour la personne en fauteuil de s’approcher pour lire (et la PMR debout se fera moins bousculer, sera plus à l’aise pour s’approcher.)
  • ça compense la distance plus grande avec le mur : du fait de la profondeur du fauteuil, la personne en fauteuil est plus éloignée du mur qu’un valide (ou alors il faut se mettre de profil et tourner la tête ce qui n’est pas confortable et pas forcément le plus facile pour circuler.)
  • ça augmente le confort qui est une problématique importante des PMR : une grande partie des personnes en fauteuil sont des personnes avec des douleurs chroniques / des faiblesses musculaires/ une mobilité restreinte (pas que pour les jambes, je veux dire) donc se dévisser le cou vers l’avant ou sur le côté c’est pas top …
  • De même, une bonne partie des personnes en fauteuil ont aussi des troubles de la vision, donc…
  • Même si la Personne à Mobilité Réduite n’est pas en fauteuil, une plus grosse écriture lui sera profitable car ça permet de moins avoir à se pencher donc moins se fatiguer.

Dans le même ordre d’idée, parfois deux cartels d’œuvres étaient alignés au bout du mur pour des œuvres distantes d’un ou deux mètres. C’est dommage ça fait embouteillage pour rien. (Mais ça ce n’est pas le fauteuil qui pose le problème, il l’accentue juste pour toutes les raisons déjà énoncées ci-dessus.)

inclusion-fauteuil_roulantSur le reste, tout était bien :

Il y a des œuvres présentées à plat, elles étaient à la bonne hauteur pour moi : je pouvais lire les cartels et voir les œuvres sans me dévisser le cou et (TRES IMPORTANT) le bas du meuble était vide, ce qui permet au fauteuil de se glisser dessous (donc je pouvais me placer frontalement devant et non de profil en me dévissant la tête.) (et donc je prends moins de place et c’est beaucoup plus confortable.)

Il y a aussi des jeux vidéos à manipuler, les deux sont prévus à deux hauteurs différentes : pour une personne debout et pour une personne en fauteuil ou de petite taille (un enfant typiquement.) Il y avait aussi une œuvre participative (le nom est inscrit sur le mur au sommet de notre tête.) J’ai demandé si elle préférait que je me lève ou je reste assise, elle m’a laissé le choix (et ne m’a pas regardé éberluée quand je me suis levée.)

Il y a aussi une œuvre sonore : 40 enceintes disposées en ovale dans une pièce, chacune diffuse une voix différente, le visiteur est invité à se balader dans la pièce (pour entendre les différentes voix se détacher, faire différentes écoutes d’une même œuvre polyphonique), avec la différence de hauteur (parce que c’était placée à la hauteur moyenne (env. 1M60) donc au-dessus du fauteuil (1M10 ?), et la distance (parce que les enceintes avaient des pieds en croix) j’avais peur de ne pas bien entendre, finalement aucun problème. Bien sûr l’expérience est très probablement différente debout mais cela ne me pose pas de problème étant donné que l’expérience sera forcément différente pour chacun, le principal était que l’expérience n’était pas empêchée !

Bilan :

  • En l’état actuel, la navette ne règle pas le problème d’accessibilité pour les PMR : attendre la navette das le froid et faire le trajet debout a probablement été aussi fatigant pour moi que le faire à pied.
  • Dommage que les écritures soient si petites… Quand on est en fauteuil c’est gênant parce qu’il faut se dévisser le cou, quand on est debout génant car il faut se baisser… Il suffirait que ce soit un petit peu plus gros.
  • Points positifs : grande facilité à se déplacer à l’intérieur, un mobilier bien pensé, un personnel attentif et bien formé.

Quant à l’exposition elle-même, elle est assez chouette, il y a quelques œuvres que je voulais voir depuis longtemps qui y sont exposées (c’était l’occasion puisque je ne suis pas sûre d’aller visiter le MoMA un jour..) et quelques œuvres sont très marquantes (notamment l’œuvre sonore de Janett Cardiff.)

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Visite PMR à la Fondation Vuitton /1

(Cet article est programmé, comme un petit cadeau pour les Fêtes, pile le premier janvier, mes petits bonheurs restent ainsi la conclusion de 2017. J’espère que je n’ai pas fait de bêtise et que ça fonctionnera comme je veux.)

En cours de M1 nous avons beaucoup parlé de la Fondation Vuitton, qui a été construite récemment et a fait l’objet d’une grande réflexion sur l’accessibilité (tout comme le musée du Quai Branly précédemment). Quand on regarde ça de loin, qu’on écoute le discours, la théorie, comme d’habitude; ça a l »air formidable. Tout est pensé dans ses moindres détails : une navette relie la place Charles de Gaulle (point stratégique pour les transports) à la fondation, en effet sinon il y a bien 15 minutes de marche depuis la ligne 1 (arrêt Les Sablons) ; il y a une entrée spécifique pour les PMR, séparée de la file ; des fauteuils sont prêtés à l’accueil…
(Il y a aussi des mesures prises pour le public mal ou non-voyant mais je n’en parlerais pas dans cet article car non concernée, je ne l’ai pas éprouvé !)

Qu’est-ce que cela donne en pratique ?

J’ai déjà été deux fois à la fondation Vuitton : pour l’exposition de la collection Chtchoukine et pour l’exposition sur l’histoire du MoMA. J’ai eu pour ces deux visites deux attitudes et deux expériences un peu différentes qui se complètent. (J’aurais assurément plus de critiques- que je souhaite constructives- suite à ma deuxième visite parce que la première fois j’avais été éblouie par la beauté de l’exposition, et que les souvenirs de ma deuxième visite sont évidemment plus frais…)

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source : http://baamadou.over-blog.fr/2016/10/fondation-louis-vuitton-a-paris-16eme-icones-de-l-art-moderne-la-collection-chtchoukine-par-m.amadou-bal-ba-http/baamadou.over-blog

À ma première visite j’étais venue avec le métro jusqu’aux Sablons, parce que je ne savais pas bien où se trouvait précisément la navette, j’avais peur de me perdre (je n’avais pas pris de billet à l’avance.) De plus, il est dit que la fondation est à 10/15 minutes de la station donc je m’étais dit « ok, allez on tente. » Bon en fait pour moi c’est plutôt 15/20 minutes… donc ça commence à faire beaucoup…

Ensuite j’avais sorti ma carte de priorité (parce que la queue était astronomique…), et en passant par l’entrée spécifique, j’étais allée acheter un billet. Puis j’avais décidé de faire ma visite debout (parce qu’avec le monde, le fauteuil ça n’est pas toujours facile.)… Mais je me suis rapidement rendue compte que je ne pourrais pas faire toute la visite comme ça, je suis retournée chercher un fauteuil (et j’ai bien fait, parce qu’en plus aux niveaux suivants il y avait beaucoup moins de monde.)

A la fin de la visite, j’ai rendu le fauteuil, la personne à l’accueil m’a demandé si je souhaitais prendre la navette, je me suis dit pourquoi pas… Il m’a donc montré l’arrêt et je suis allée jusqu’à la place de l’Etoile en navette. J’ai trouvé ça bien confortable et me suis dit « pour la prochaine fois, je la prendrai aussi à l’aller ».

2° visite. Cette fois-ci, j’ai acheté mon billet à l’avance (avec le succès de l’expo ça semblait plus sûr.) Sur le billet imprimé, il est indiqué l’emplacement exact de la navette (sur le site aussi, en fait.) J’ai donc fait comme je l’avais dit : j’ai pris le métro jusque Charles-de-Gaulle-Etoile puis j’ai été à l’arrêt de la navette.

Là commencent mes critiques :

  • Quand on sait où il est, il se trouve facilement, dommage que cela ne soit pas indiqué sur les panneaux de sortie du métro…
  • L’abri est tout petit avec un banc minuscule (mais ça c’est la RATP avec son design ridicule…) Je suis arrivée là juste quelques minutes avant l’heure supposée de la navette, évidemment il y avait déjà une grande file. Je n’ai pas osé bousculer tout le monde pour voir s’il y avait de la place sur le banc, je n’ai pas osé m’imposer en début de file avec ma carte (C’est toujours délicat : est-ce que vraiment il y a une priorité entre les personnages âgées et moi ?) Bref, j’ai attendu sagement comme tout le monde dans le froid. La navette est toute petite donc forcément, tout le monde n’est pas rentré dans la 1° arrivée, ni même dans la 2°. Je suis rentrée dans la 3°… (heureusement il n’y avait pas 15 minutes d’intervalle entre chaque comme indiqué.) Évidemment j’étais une des dernières entrée dans la navette : adieu la place assise. Heureusement j’étais bien calée.
  • Mais tout ça (l’attente debout dans le froid + le trajet de navette debout) me fait dire que finalement le métro, c’est peut-être mieux… Ou pareil. En tout cas, pour moi ça veut dire que la navette ne remplit pas son objectif : elle ne règle pas le problème pour les personnes à mobilité réduite (qui sont très nombreuses dès qu’on y inclut les personnes âgées.)

Une fois entrée dans le musée je ne me suis même pas posée la question : fauteuil direct. (Parce que même si le monde c’est enquiquinant pour avancer en fauteuil… Debout ça veut aussi dire plus de piétinement et de potentielles bousculades.)

Point positif à noter : les gens de l’accueil sont vraiment sympathiques et attentifs, ils indiquent bien où se trouve l’ascenseur.

Truc vraiment bien : l’ascenseur n’est pas caché dans un recoin, il est au même endroit que les escalators : pas de séparation spatiale ! Autre point positif de l’ascenseur, il est suffisamment large pour passer facilement, si on est seul on peut même faire demi-tour dans l’ascenseur (sinon marche arrière assez simple aussi.) Et il y a deux ascenseurs donc peu d’attente.

Dernière remarque-critique générale :

Je trouve étonnant et dommage que dans un bâtiment neuf il n’est pas prévu plus de place pour les toilettes et les vestiaires  (il y a toujours la queue.)

Pour les toilettes c’est probablement en partie un manque de signalisation (j’ose espérer qu’il n’y a pas que celles du rez-de-chaussée qu’il faut déjà bien chercher : une personne qui ne va pas aux vestiaires ne les verra pas.)

Mais pas que, c’est aussi un problème de nombre : au rez-de-chaussée donc, à côté des vestiaires il y a : 1 pour enfants (cuvette petite et basse) + une handicapée (et table à langer) + 2 simples. Cette organisation m’interroge vraiment : c’est pr-s des vestiaures donc on se doute que beaucoup de monde va y aller (d’autant plus que ce sont les seules du rez-de-chaussée donc les seules auxquelles on accède avant de voir l’exposition). Or c’est dans un tout petit recoin donc difficile de voir lesquelles sont occupées ou non et le monde s’entasse facilement pour attendre. Par ailleurs je m’interroge sur la pertinence de mettre des toilettes enfants : est-ce que ce n’est pas de la place perdue, une toilette supplémentaire normale aurait pu être mise à sa place… Si l’idée est de faciliter la vie au public famille qui est un public-cible du musée, pourquoi alors ne pas mettre la table à langer dans un espace totalement dédié ?  (Bref, vous l’aurez compris : pourquoi un si petit espace toilette pour une si grande institution toute neuve ?)

Je conclurais par un truc important à savoir pour les PMR : toute personne peut demander un fauteuil, aucun justificatif n’est demandé, seulement une pièce d’identité comme caution, le justificatif ça peut être à l’entrée de l’expo -temporaire ou permanente- si vous avez la carte orange et que ça vous donne droit à un tarif réduit / la gratuité.

NB : je dis tous les musées, évidemment sous-entendu les musées qui en ont. Certains petits musées remplis d’escaliers et sans ascenseurs ou montes-charges n’en proposent pas. Mais sinon c’est assez répandu. Ce n’est pas inscrit dans la loi mais c’est une des mesures « d’aide au cheminement » conseillées par le ministère de la culture pour l’accessibilité des institutions culturelles (qui est, elle, inscrite dans la loi…)

 

La suite est programmée dans 2 jours…

 

Petits bonheurs fin d’été – début d’automne…

Fin d’été début d’automne ça résume parfaitement les petits bonheurs que j’ai pu récolter ces derniers temps.

(ça fait longtemps que je n’ai pas publié de petits pas parce qu’ils sont moins présents mais juste que quand j’ai moins le temps pour écrire et beaucoup à dire… ça me semble le moins prioritaire à publier…) (J’essaie de faire semblant de faire comme si ça ne faisait pas si longtemps.. Chut m’enfin.)

Il y en a tellement, procédons par catégories. Des plus aux moins attendus.

Les petits bonheurs amicaux et gourmands.

Le repas avec A. (soupe à la betterave …hmmm), le café avec K. (ça faisait siiii longtemps et si plaisir.), la pièce de théâtre avec C. (avec l’invitation de L. !!), la Nuit Blanche avec C. et la crêperie, le chocolat avec M. Prochainement le thé avec A. et L. et le brunch.

Et les petits bonheurs gourmands tout court.

Toutes les autres crêpes mangées sur le pouce, les haricots beurre à la vapeur (c’est teeellement bon) et le riz à la vapeur encore et encore (je ne le cuit plus que comme ça, jamais raté), le boudin, le raisin, les poires, la faisselle, les quenelles… La liste est longue.

Les petits bonheurs vestimentaires.

Cette nouvelle veste, justement dont je suis tombée amoureuse… Elle trop belle, trop confortable, trop pratique ! ( Je désespérais de trouver une aussi bien que la précédente qui arrivait à la fin de sa vie… Une qui ferme avec des boutons jusqu’en haut. Une qui soit ni trop chaude ni trop légère. Une qui ait des poches –sans poches je suis toute perdue. Une qui a une couleur passe partout mais pas noire ni grise, ni blue jean –j’ai tenté mais non. Une qui ne fasse pas trop chic mais pas non plus survêt, bref un truc citadin passe partout et pratique et confortable quoi… Rien que ça… J’ai trouvééé ! Mais aussi LE poncho, un poncho trop beau, cousu amoureusement par ma maman, avec une capuche (!) C’est un de ces vêtements dans lequel je me sens bien et chic en même temps. (Je vous en reparlerai, peut-être…) Et enfin, le nouveau foulard, long, doux, chaud, et beau évidemment (quelle belle idée de perdre son foulard favori rien que pour avoir une excuse pour en acheter enfin un nouveau… En plus c’est mieux avec la nouvelle veste. Bel acte manqué.)

Les petits bonheurs culturels.

La pièce de théâtre avec C. (je me répète parce qu’au delà du plaisir d’être invitée et d’être ensemble c’était une belle pièce. Une magnifique exposition de costumes traditionnels espagnols à la Maison de Victor Hugo. Ma découverte de la bibliothèque Richelieu. (C’est beau !) Ma découverte des archives de Paris (et surtout, j’ai consulté un microfilm… TROP BIEN !), écouter France culture en direct ou en replay, lire Le Monde du Week-end (m’abonner était vraiment une bonne idée.)

Les petits bonheurs météorologiques.

Cette lumière si magnifique du soir. Sur l’immeuble en brique rouge en face de chez moi. Ou sur la Seine et le musée d’Orsay. Ou sur la Seine, le pont des Arts et l’institut de France. Ces jours encore bien ensoleillés où on peut se balader avec une simple petite veste. Ce moment où le ciel bleu revient alors qu’il a fait gris toute la journée.

Les petits bonheurs inespérés.

La rentrée de bonne augure avec des camarades super, des profs super, des cours super…. Être acceptée dans le premier stage demandé (donc le premier choix.)
Le mail de C. qui m’a fait si plaisir.

shakespeareandcoEt ce soir là aussi, alors que j’étais déjà bien crevée parce que c’était le jour des inscriptions et que pour d’obscures raisons un truc qui pourrait prendre 10 minutes a pris 3 heures. Et que j’avais déjà pas mal marché et attendu debout (ah oui, j’avais cherché LA veste et pas trouvé évidemment). Bref,  ce soir-là je voulais rentrer chez moi. Sauf que manifestation de grève. Tout (TOUT) autour de chez moi était bloqué. Il auraient dessiné un cercle autour de mon logement c’était pareil. Pas moyen de rentrer ni par métro, ni par bus, ni par taxi. Après que j’ai bien cherché dans tous les sens, j’étais encore plus crevée. Ne nous abattons pas j’ai été manger une crêpe et lire (ce livre) à la Shakespeare and Company (le seul endroit au monde où, entourée de vieux et nouveaux livres dans un vielle bicoque charmante, tu peux entendre en même temps le son d’un piano et le cliquetis d’une machine à écrire. Bref, le paradis.)

 

Pour finir (ex-aequo avec les inéspérés.) : les inclassables.

Le changement d’heure qui permet de gagner une heure sans trop savoir comment. (Certains diront une heure de sommeil moi j’ai surtout l’impression de gagner une heure « de journée »), l’eau chaude qui revient après deux jours d’absence, les articles écrits ici (parfois en ajoutant des couleurs, c’est si joli.)

 

 N’oubliez pas tous les petits détails qui font la différence.

Bonne semaine !

²

« De Rouille et d’os » de Jacques Audiard

Il est passé récemment à la TV, je l’ai donc regardé pour la … 4° ou 5° fois. (Quand j’ai commencé à rédiger, c’était un peu plus récent 😉 )

J’aime beaucoup ce film (ça explique que je le regarde encore 😉 ).

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Pourquoi je l’aime ?

Déjà, généralement j’aime bien Audiard, ses scénarios et sa manière de filmer me plaisent généralement beaucoup. En plus, même si je ne suis pas fan de Marion Cotillard, je trouve que dans ce film elle joue très bien, et Matthias Schoenaerts alors là c’est l’apothéose (je suis fan, il est beau et il joue super bien.) Tout ça pour dire que les deux personnages principaux sont très bien joués… Et les autres ne gâchent rien.

Mais bon, au-delà, si j’ai regardé ce film plusieurs fois, c’est parce que je suis fascinée par l’histoire et les personnages. (Analyser la psychologie des personnages, les comprendre, c’est quelque chose que je fais beaucoup avec ce genre de film.)

Ici, je ne m’identifie absolument pas aux personnages, leur vie est vraiment très éloignée de la mienne, je ne connais pas cette précarité et cette violence, ni cette volonté de draguer tout le temps pour savoir que je plais, ni cette sexualité à outrance.

Pourtant le film est tellement bien fait que j’arrive à me sentir proche des personnages ou, tout du moins, à les comprendre dans une certaine mesure. Il y a vraiment une grande profondeur psychologique.

En plus, il y a une réelle réflexion sur la sexualité. Ce que je vais dire peut sembler paradoxal et pourtant : c’est montré de manière très crue et en même temps très respectueuse. C’est la première fois, ou une des premières fois, où j’ai vu des scènes de sexe qui ne me faisaient pas sentir « voyeuriste » ou gênée. Parce que c’est extrêmement bien filmé et que ça sert un propos construit, réfléchi.

Ensuite, j’aime beaucoup la profondeur des personnages. Tous les ressorts de leur réflexion et leur évolution sont montrés. On peut les voir ou pas, les comprendre ou pas, mais ils sont là, suggérés, et je trouve ça très fort. Tout semble très vraisemblable. On imagine très bien que ça se passe effectivement plus ou moins comme ça pour une personne qui est amputée. De même, bien que ce ne soit pas ma vie, j’imagine très bien d’anciens camarades avoir vécu dans dans cette pauvreté et cette violence. Or, c’est pour moi l’un des rôles du cinéma et de la littérature, que ça me fasse rêver / m’échapper de ma vie quotidienne, tout en gardant une illusion de réalité, une vraisemblance qui fait que je peux entrer dans cet « autre monde » ou cette « autre réalité » (même si c’est de la science-fiction ). Je trouve que c’est très réussi.

Et pourtant, il n’y a qu’un moment qui fait écho à quelque chose que j’ai moi-même vraiment vécu : lorsqu’elle est en boite. Elle est alors gênée, elle ne se sent pas à sa place, elle aimerait cacher ses prothèses. Cette gêne, cette impression de ne pas être à sa place et de montrer quelque chose que l’on voudrait cacher, ça me parle beaucoup. Le sentiment d’abandon qui transparait quand il part, aussi.

Le film n’est tout de même pas parfait, (il en faudrait pour que je juge quelque chose de parfait !) je retiens en particulier deux points noirs :

  • D’abord je trouve dommage que la dépression soit limitée à  » je ne sors pas de chez moi, je ne prends pas soin de moi, je suis seule » et hop ça se règle dès que quelqu’un arrive et me fait sortir et voir le soleil.
  • Ensuite, je trouve aussi dommage que la reconstruction passe forcément par le fait de retrouver des jambes et que le coût de celles-ci soit éclipsée assez rapidement (en une phrase : l’appareilleur parle de » pieds suédois qui ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale »)

Cela répond certainement à une certaine forme de réalité mais ça conforte aussi certains clichés. Dommage que le scénariste n’ait pas pu dépasser cela…

Pourquoi le regarder autant ?

Je dis qu’il y a tous les ressorts pour nous permettre de comprendre… Malgré ça il y a tout de même des éléments qui restent mystérieux pour moi, même après 4 ou 5 visionnages : je commence à peine à comprendre comment elle a pu changer d’avis sur la boxe et accepter d’être son « dealer ». Et je ne comprends toujours pas pourquoi il décide de continuer la boxe après s’être cassé les mains, ce final reste pour moi un mystère complet. (Si quelqu’un a une explication je prends.)

D’habitude quand je ne comprends pas quelque chose comme ça, ça me bloque, ça m’énerve, là non. Je pense simplement que je n’ai pas saisi toutes les clés, et je suis prête à le revoir encore et encore. (Pas sûre cependant que j’en comprendrais plus ainsi.)

Si je suis prête à le regarder encore tant et plus, c’est aussi parce que je suis extrêmement touchée par le personnage d’Ali. On pourrait dire qu’il est dur, rude, vulgaire, impoli, irrespectueux, mais finalement je le vois surtout comme quelqu’un de très entier, très authentique. Il pense quelque chose il le dit, il veut quelque chose il le fait. Il ne s’emberlificote pas dans des hésitations, dans des bonnes manières. J’admire cette simplicité, cette authenticité, même si évidemment on aurait envie qu’il y ait la violence en moins. Cette violence n’est que le fruit de son histoire, son enfance, son vécu, elle n’empêche pas la sensibilité qui se révèle au fur et à mesure.

Je serais capable de regarder ce film un million de fois juste pour cette authenticité. C’est ce que j’en retiens le plus (avec tout le processus de recherche et reconstruction de Stéphanie aussi.)

Etudes, prestige, avenir et gloubiboulga

Oui, je sais que ce titre ne veut rien dire mais ça sonne bien je trouve. J’aurais pu sinon intituler « études, prestige et régression » ou « L’avenir : rêve et réalité » ou « L’avenir ce sac de nœuds » ou .. (enfin bref, vous voyez je manque pas d’idées, mais j’ai choisi celui qui ne veut rien dire (ou presque, ça vous dit quand même que je vais parler d’études, d’avenir et que ça ressemblera probablement à rien de plus qu’un gros tas.)

J’aime bien la blogosphère parce que ça fait réfléchir, ça fait voir d’autres expériences, ça met tout le monde sur un pied d’égalité quelque soit l’âge et la nationalité et le vécu. Tout se mélange en un énorme partage d’expérience et de connaissances qui font cogiter.

Et puis parfois ça fait des étincelles. Cet article est né d’une de ses étincelle, quand j’ai lu cet article de Bibouman.

En effet, je me questionne beaucoup sur mon avenir, sur mon métier. Ce que je suis capable de faire d’un côté et ce que je veux faire de l’autre. C’est pas nouveau. Mais ça fait partie des sujets que j’ai du mal à évoquer ici (autant que en face-à-face d’ailleurs.) Parce que ça touche à des réflexions très profondes et personnelles et donc c’est tellement un sac de noeuds (tant au niveau de la réflexion que des émotions) que c’est compliqué d’en parler.

Mais bon, là je me lance.

Je ne sais plus vraiment si j’en ai déjà parlé ici (sûrement) : j‘ai eu beaucoup de mal à trouver quelles études je ferai après mon bac. Tout simplement parce que je ne trouvais pas un métier qui me satisfasse entièrement donc je ne savais pas dans quoi m’embarquer. J’ai finalement eu un coup de cœur pour les enseignements proposés par l’École du Louvre mais sans savoir vraiment plus ce que j’en ferais ensuite. Mais ça répondait à plusieurs de mes aspirations (un aspect histoire + un aspect ethnologie / connaissance de l’Autre + un aspect « culture » . J’avais aussi, il faut bien le dire, déjà l’idée (que mes parents ont dû beaucoup contribuer à me donner…) que plus je visais haut, plus j’avais de chance de m’en sortir. Que si je faisais des études prestigieuses ça compenserait en quelque sorte le désavantage induit par le handicap (oui, « désavantage causé par le handicap »c’est un pléonasme, mais c’est comme ça que les gens réfléchissent aujourd’hui.) Il y avait aussi un sens du défi (même si parfois je me déteste de me compliquer toujours la vie de la sorte) et une envie d’autonomie (même si la semaine précédent le départ, je me suis bien maudite d’avoir choisi de partir et j’aurais bien fait machine arrière.)

En commençant à l’École du Louvre, j’avais cette idée que les conseillers d’orientation m’avaient donné : l’École du Louvre sert à devenir conservateur ou conservatrice. Point. Bah, en fait, scoop : il n’y a pas que ce débouché-là (heureusement pour nous.) Mais bon, j’arrive donc avec cette très belle et noble idée en tête : devenir conservateur.

La première année passe, je galère un peu mais tout va bien; c’est le temps d’adaptation, tout ça, c’est cool. La deuxième année passe, je travaille dur et c’est génial, je rencontre plusieurs chargés de TD qui nous expliquent à quel point le concours de conservateur est sélectif et difficile, je commence à remettre en cause l’idée d’avenir. Troisième année, je travaille toujours beaucoup, je galère encore un peu et je me rends compte que conservateur c’est bien beau mais c’est pas trop pour moi : un niveau de sélection beaucoup trop élevé (bien sûr que je pourrais tenter mais pas envie de trimer comme une dingue et devoir repasser le concours 2 ou 3 fois…) et trop de responsabilités à la clé. En troisième année je commençais à découvrir tous les autres métiers possibles : archéologue, historien de l’art -enseignant régisseur, documentaliste (en musée pas le documentaliste du lycée.), médiateur, guide-conférencier, …

Puis j’ai du redoubler ma troisième année. Parce que je ne pouvais pas passer en master avec les notes obtenues. Je n’avais qu’une UE à repasser donc que 3 heures et demi de cours par semaine, donc beaucoup de temps libre. J’en ai profité pour bien creuser la question. Il faut dire qu’en plus le fait de redoubler m’a aussi obligée à me remettre en question et à penser à une autre issue (je n’avais pas de plan B pour un autre master à l’époque.) J’ai rencontré des gens (une conseillère d’orientation, un professionnel), j’ai participé à des actions de médiation professionnalisantes proposées par l’École, j’ai postulé pour des stages et fait un stage de deux mois. Tout cela m’a permis de confirmer que : régisseur n’était pas pour moi et documentaliste me plaisait bien.

Régisseur ça m’avait bien tentée car contact direct avec les œuvres, idée de voir le travail en coulisses, travail d’équipe nécessitant de la diplomatie… Mais visiblement très physique (beaucoup de déplacements, des transports d’œuvres), assez manuel aussi (transporter les œuvres, concevoir des emballages sur mesure, mesurer…) et des mathématiques (mesures, réalisations de budgets…) Mon père m’a bien fait remarquer qu’il y avait un potentiel créatif (dans la gestion du budget impliquant des choix notamment) mais le régisseur n’est pas en haut de l’échelle donc quelle marge de manœuvre a -t-il réellement ? Et puis ça faisait beaucoup de défauts accumulés, un peu trop…

Guide-conférencière / médiateur, je restais bloquée sur l’idée que j’étais bien trop timide et mal à l’aise à l’oral pour ça. Mon expérience avec l’École m’a montré qu’en fait c’était surtout un entrainement à acquérir, que ça pouvait se dépasser. Il y a aussi l’idée de transmission et de rendre accessible à tous qui me plaisait beaucoup. Et puis beaucoup de créativité. Deux points noirs au tableau : des guide-conférencier il y a en a beaucoup mais peu de débouchés. Quant à « médiateur culturel » pour arriver à un poste réellement intéressant (c’est-à-dire avec un potentiel créatif et de décisions pour la mise en accessibilité) il faut d’abord passer par beaucoup plus ingrat (réaliser des études de public) et ça, ça me plait beaucoup moins. La perspective de passer par là et d’y rester un temps indéterminé (parce que dépend aussi des postes disponible) me plaisait moyen. (et il y aussi une part de paperasse et de budget assez rebutante.)

Reste : documentaliste en musée. C’est dans ce domaine que j’ai fait un stage et même si ça a changé ma vision de certains aspects du métier, c’est resté le coup de cœur initial.Il y a d’abord toujours l’idée de transmission (on organise les connaissances générées par le musée en vue de leur transmission aux professionels, aux chercheurs, et au public aussi en théorie.) Il y a aussi mon amour pour les livres qui s’est rappelé à moi. Même si je ne les ouvre pas ou les lit pas, l’idée/le fait de me retrouver entourée de tant de livres…. ça m’enthousiasme. (C’est absolument inexplicable. Mais le fait est que j’ai du répéter cette raison de mon engouement pour le métier une bonne dizaine de fois.) Restent quelques réserves : les rares débouchés et le concours à passer (mais qui sont au fond comme pour tout autre métier dans ce domaine, il va falloir que je m’y fasse…) et le fait que selon les institutions, l’aspect accueil du public est plus ou moins élitiste. Il y a bien service public mais indirect, pas bien visible directement.

Du coup il y a souvent une petite voix qui s’agite « eh, tu sais que bibliothécaire, un des premiers auxquels tu as pensé au collège, ça répond à tous tes critères ? » Oui j’y pense. (Puisque je vous le dis.)

  • Il y l’idée de transmission.
  • Il y a le rapport au public, plus varié et avec un service beaucoup plus direct.
  • Il y a les livres.

Oui mais, il y a les œuvres en moins. En travaillant comme documentaliste je garde un rapport plus ou moins fréquent avec elles, pas en bibliothèque. (Oui, je suis une titilleuse en titre…)

En outre, il y a aussi je crois l’impression de « régresser » et la peur de décevoir.

L’impression de régresser parce que c’est un métier auquel je pense depuis très longtemps mais que j’ai écarté parce que… parce que, je sais pas trop en fait : métier trop « commun », trop « répandu », trop « facile »? ((Sens de l’ambition et du défi bonjour, ne peux-tu pas me laisser tranquille deux minutes ?)) Parce que zut, j’y pense depuis super longtemps est-ce que c’est pas un signe ça ?

Peur de décevoir parce que « j’ai fait une belle école, très prestigieuse, pointue et spécialisée, pour finalement devenir une simple bibliothécaire, c’est un peu dommage…. » Cette peur est très certainement alimentée par mon propre ressenti (qu’est-ce que le sentiment de régression sus-cité sinon une sorte de peur de me décevoir moi-même ?) mais pas que… Mon grand-père me l’a déjà dit… (Sans savoir qu’il alimentait là de puissants rouages !)

Pour reparler un peu de l’ambition (oui, parce que j’aime pas me faire remarquer mais j’ai de l’ambition… Hyper pratique !) plusieurs personnes m’ont déjà parlé de connaissances à elles qui ont fait l’École du Louvre et sont devenues bibliothécaires. Comme une sorte d’issue par défaut parce que pas de place ailleurs. Donc moi, si je choisis finalement bibliothécaire, je viendrais donc en quelque sorte grossir leurs rangs… Alors que ça ne sera pas un choix par défaut puisque comme je viens de le dire ce métier me plairait énormément… Sauf que l’idée me dérange (madame ne veut pas se faire remarquer mais être comme tout le monde quand même c’est surfait… Ou comment faire simple quand on peut faire compliqué….)

La conclusion de tout ça c’est que de toute façon il y aura une forte intervention du contexte économique et des postes proposés dans mes choix. Qu’il faut que je refasse un stage en musée pour confirmer mon ressenti passé (en travaillant dans un autre établissement donc avec une autre équipe et d’autre méthodes, d’autres contenus…)

Au fond le problème n’est pas tant quel métier j’aurai mais quel master 2 je vais faire. La grosse interrogation du moment. Parce que l’idée de départ était le M2 de l’École sauf que les échos de la masse de travail, en parallèle avec mes grosses difficultés de cette année pour m’en sortir me font beaucoup douter. Si je suis sélectionnée -ce qui est loin d’être acquis avec mes résultats actuels- est-ce que je fais ce master-là ou un autre ? Mais alors lequel ? (et là, je ne crois pas que vous puissiez m’aider…)

(Cet article a été l’occasion de faire une recherche rapide sur les bibliothèques en prison… ça n’a pas l’air jojo… Il faudra que je creuse l’idée quand j’aurai du temps -en vacances- mais a priori c’est pas là que je trouverai du boulot…)