Les soldes, un plaisir ?

Chaque été c’est la même chose, chaque été je re-découvre les difficultés que j’ai à m’habiller et chaque année je re-découvre que vouloir faire les soldes ne me fait pas du bien, en fait…

En hiver, maintenant ça se passe plutôt bien : pas besoin de se poser de questions, c’est normal de porter des jeans en hiver. J’ai même quelques pantalons « autres » (de couleur marron surtout). Pour les hauts aussi c’est assez simple, je n’ai pas de mal à trouver des t-shirts qui me conviennent et avec des jeans ce n’est pas difficile à assortir. En plus, j’adore les pulls et gilets. Bref en hiver tout va bien.

Mais dès qu’arrive la saison de l’été avec les températures chaudes le casse-tête commence : je cumule les problèmes.

  • La visibilité des attelles

Je n’aime pas montrer mes attelles et pourtant j’en ai besoin la plus grande partie du temps. Il faut donc que je trouve des habits légers (pour ne pas trop mourir de chaud) qui les cachent. Pendant plusieurs années cette recherche était difficile, tout ce que je trouvais ne me plaisait pas ou me semblait vieillot / démodé. ça s’améliore parce que la mode des pantalons « fluides » se répand. J’ai maintenant 3 pantalons de ce style qui me plaisent beaucoup. Ajoutons à cela 2 autres pantalons au tissu léger et une sorte de jean d’été (tissu jean gris clair et forme plus aérée) plus anciens qui correspondent certainement moins au canon de la mode mais que j’aime personnellement tellement et qui sont si confortables que j’arrive à dépasser cette idée. Ensuite, un pantalon blanc très léger mais que je n’arrive plus à mettre parce que j’ai trop peur de le salir et 2 autres pantalons au tissu léger marron, que je n’aime pas mettre car j’ai l’impression d’être un sac à patates. Il faudrait que j’arrête de les garder en pensant qu’un jour ils me serviront… (Pour la mi-saison j’ai aussi un pantalon noir au tissu assez souple, mais c’est quand même trop chaud pour être mis en été.) Pendant longtemps, même en dehors de la question des attelles je détestais les shorts parce que je détestais mes jambes, depuis le lycée ça va beaucoup mieux : j’ai 4 shorts (1 gris, 1 écru et 2 marron) et un pantacourt (marron). Évidemment je ne les porte que lorsque que je n’ai pas mes attelles OU lorsque je suis en famille (depuis 2-3 ans j’arrive à ce que mes attelles soient visibles quand je suis en famille, comme si le fait d’être accompagnée m’offrait une protection aux regards… Enfin, c’est surtout que ça me permet de penser à autre chose qu’à ça…) J’ai aussi quelques jupes : une courte (donc même configuration que les shorts), deux mi-longues (qui laissent les attelles un peu visibles pour qui m’observe attentivement mais ça ne saute pas aux yeux donc ça va) et des robes (la plupart sont courtes.)

  • L’harmonie vêtements-chaussures

Pour les jupes et les robes, qu’elles montrent ou pas les attelles je suis gênée par les chaussures : je trouve que jupe / robe + converses c’est moche. Ma mère m’a soutenu plusieurs fois l’inverse. Sauf que, sans être totalement à côté de la plaque, ce n’est pas non plus une experte en matière de mode ET elle pourrait dire ça pour me décomplexer. Ça ne me convainc donc pas du tout ! (Je suis une grande complexée des robes, il y a tellement de belles robes, mais je ne les mettrais jamais, à quoi ça me servirait ?!)

Mais comme si ça ne suffisait pas il n’y a pas que les vêtements du bas qui me posent question, les hauts aussi !

  • Un problème d’assurance : sur les autres OUI, sur moi NON

Le nombre de t-shirts où je me dis « oh c’est super beau… mais jamais je n’oserais porter ça » quand je le vois en magasin ou sur internet OU  « ouah j’aime beaucoup son t-shirt… mais ça ne m’ira jamais » est faramineux. Je ne mets pas de débardeurs à fines bretelles car je trouve que ça me fait de grosses épaules, et PIRE je n’arrive pas à me dire que je pourrais porter un t-shirt avec certains motifs. Comme si ça faisait enfantin / ridicule / pas sérieux. Par exemple celui-là que je trouve pourtant super beau (la page de mon panier reste ouverte dans l’attente de mon paiement) et aussi tous ceux-là. Pourtant il y a bien des gens qui les portent ! Et à chaque fois que je les vois, je me dis qu’ils sont beaux, ça devrait suffire… Bref… (ça vous semble ridicule ces dessins ?)

  • Problèmes de confort et de facilité

Le confort est primordial dans mon choix de vêtements, ce qui ne colle pas toujours avec la mode ni même avec mes goûts : je ne porte pas de bustiers ou t-shirts sans épaules parce que je trouve ça inconfortable mais je trouve ça tellement beau ! La facilité d’utilisation aussi : si je ne peux pas enfiler un t-shirt toute seule ou que j’y passe 10 minutes parce que je me perds dedans, c’est inutile de l’acheter ! J’accepte ces deux faits assez facilement, ça ajoute juste des contraintes qui font que j’ai l’impression que je ne pourrais jamais ressembler aux filles bien habillées que j’admire.

  • A tous ces problèmes sus-cités qui relèvent plus du physique s’ajoutent deux problèmes plus psycho-éthiques.

Entre des finances non extensibles et une philosophie de vie qui s’oppose à la sur-consommation, mes parents m’ont toujours poussé à réfléchir chaque achat : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? est-ce que je suis vraiment sûre qu’il me plait que je vais le mettre ? Combien d’argent je suis prête à y mettre ? A chaque fois que j’ai envie d’acheter des vêtements pour me faire plaisir je suis donc rattrapée par une sorte de culpabilité de dépenser. Et comme j’ai en même temps envie d’acheter de manière plus éthique… c’est plus cher ! Bonjour le cercle vicieux… C’est pour ça que mes parents nous emmenaient plutôt dans des friperies / brocantes / à Emmaüs : on n’achète un vêtement en seconde vie donc on ne participe pas à la demande…  Sauf que du coup, on trouve plus difficilement encore ce que l’on recherche exactement… Re-bonjour cercle vicieux. Ça a aussi participé à mon complexe d’être démodée… Quand tu n’as pas des vêtements neufs et de marque, c’est forcément nul… C’est difficile de se défaire de cette idée qui a été si souvent soulignée.

Pour finir, je n’aime pas faire les magasins quand il y a plein de monde : faire les magasins c’est déjà fatiguant parce qu’on piétine beaucoup, avec le monde c’est pire. Donc je fais sur internet. Sauf que du coup, je ne peux pas essayer : donc je me décourage d’autant plus. (Et si je me trompais de taille, et si ça ne m’allait pas vraiment ? Et 10 euros de taxe c’est tellement abusé…)

(L’état de ma page internet est un bon résumé : après avoir supprimé trois articles sur 5, j’ai fermé l’onglet modetic et j’ai la page de Bonobo en attente mais elle va suivre le même chemin. (Si j’ai le courage j’irais voir direct en magasin.))

Ne pas acheter est encore la meilleure manière de faire des économies… C’est aussi le meilleur moyen de ne pas avoir une garde-robe qui me convient vraiment.

Chaque été je redécouvre cette déception – frustration après m’être dit « Oh, cette année je m’achèterais bien un t-shirt pour remplacer celui-ci et un t-shirt de plus qui puisse aller avec ce pantalon ». Ça va se finir par un achat en période hors-soldes si j’ai un coup de cœur en passant : donc cher et non-éthique, formidable, je m’exaspère.

Certes, ce n’est que de l’apparence, c’est pas très important. Sauf que les vêtements sont quand même importants pour se sentir bien. Et même si on s’en fout totalement (il fut un temps -lointain-, c’était mon cas, je mettais ce dans quoi j’étais bien, tout simplement) ce n’est pas le cas de la majorité dans la société actuelle… Donc ça nous retombe dessus. (Je suis déçue, quand même, de remarquer à quel point le regard des autres impacte sur mes décisions en terme d’habillage…)

Bref, pour la confiance en soi on repassera, pour le moment détente/bien-être aussi, et le plaisir des soldes tout ça, connaispas !

 

 

Courir après le temps, tout le temps

C’est l’impression que je garde de cette année. Une grande course contre la montre. Dans laquelle j’avais / j’ai toujours du retard. (C’est pas nouveau la vitesse ce n’est pas mon truc, les courses qu’elles soient réelles ou virtuelles non plus !

Du retard pour apprendre mes cours : j’en ai sacrifié certains que j’ai décidé passer aux rattrapages.

Du retard dans ma bibliographie à lire pour le mémoire.

Du retard pour comprendre le fonctionnement des bases de données.

Arriver en retard en cours parce que trop fatiguée et donc réveil difficile.

Arriver en retard à certains rendez-vous parce que le lieu n’est pas facile d’accès et que les transports n’y mettent pas du leur.

Rendre un mémoire incomplet parce que retard accumulé. Écrire pour obtenir un délai supplémentaire, compléter, rendre un truc tout autant insatisfaisant. (à mon goût, de leur côté elles ont aussi remarqué que c’était incomplet mais également la grande avancée entre les deux.)

Se reposer un tout petit peu et enchainer sur le ddépôt des candidatures en M2, l’envoi d’un dossier -exercice d’évaluation.

Puis les révisions des rattrapages.

Puis la semaine de rattrapage et  la soutenance (relire un mémoire dont on est pas satisfaite c’est vraiment pas une partie de plaisir mais bon, la soutenance s’est bien passée), puis s’occuper de la candidature pour l’École.

Normalement la dite limite de dépôt c’était aujourd’hui, sauf que à 19h date de fermeture du magasin d’impression et dernière levée de la poste … j’avais pas fini. Et j’apprends qu’à l’École ils ont enlevé la boite de dépôt dédiée à 17h15 (heure de fermeture du pôle pédagogique mais bien avant la fermeture de l’École à 20h.), ce qui signifie très clairement qu’ils sont hyper à cheval sur la date limite, beaucoup plus que d’autres fac…

Du coup j’hésite :

option A : remodifier quand même ma lettre ce soir (parce qu’en plus j’ai vu que je n’ai pas donner la forme souhaitée / répondu à certaines attentes) et l’envoyer au culot par la poste demain (peut-être qu’ils ne regarderons pas le timbre parce que trop de paperasse ou peut-être qu’ils me feront une fleur parce qu’ils connaissent mes difficultés.)

option B : non tant pis, laisse tomber et va dormir tu en rêves, de toute façon en recevant l’enveloppe ils regarderont forcément le timbre et ils l’élimineront direct sans se soucier de qui est qui, c’est un pré-tri hyper efficace, et puis l’Ecole n’est que ton choix 3.

  • avantages de l’option A : je n’aurais pas de regrets parce que j’aurais tenté le tout pour le tout. J’ai déjà marché au culot comme ça pour une autre formation (mon choix 1, ma candidature hélas pas été retenue mais à cause du nombre de dossiers reçus pas de la date limite) et pour demander un délai pour mon mémoire, les deux fois ça  a porté des fruits.  Alors pourquoi pas tenter ?
  • défauts de l’option A : j’en ai vraiment marre de courrir, je suis juste fatiguée. Ok, ça a servi à quelque chose ces deux fois mais le résultat n’était pas ouf non plus (le 2° rendu m’a finalement tout autant déçue que le 1° et ma candidature n’a pas été retenue.) J’ai tout sauf envie de m’occuper de ça ce soir pour un résultat hypothétique. (Surtout que c’est considérer que j’ai
  • Avantages de l’option B : je dors enfin. Je ne gaspille pas mon énergie à quelque chose d’inutile.
  • Défauts de l’option B : oui, j’en ai marre de l’École mais quand même cette formation peut-être super intéressante. Ce n’est que mon choix 3 sauf que : choix 1 -> refus ; choix 2 et 2bis -> un en suspens (un entretien à passer) et un refus ; choix 4 -> acceptée (mais 4 c’est après 3 … donc…) et puis l’idée même de baisser les bras ne me plait pas. Et puis mon ego en prendra un coup parce que le choix 4 est moins prestigieux que les trois premiers…)

Bref si on regarde comme ça l’option A semble privilégiée… Sauf que la fatigue ça pèse quand même très lourd sur la balance… Je vais appeler chez moi, ils auront les idées plus claires…

J’ai donc appelé – > option B, modifications plus légères que je ne pensais… ça m’a pris une heure. Ne reste plus (pour demain, ce soir c’est finiiii !!!) qu’à assembler les autres pièces déjà prêtes, les imprimer et envoyer le tout . Alea Jacta est. (Et puis bon, peut-être que l’entretien va bien se passer et le choix n° 2 va fonctionner !)

 

 

« De Rouille et d’os » de Jacques Audiard

Il est passé récemment à la TV, je l’ai donc regardé pour la … 4° ou 5° fois. (Quand j’ai commencé à rédiger, c’était un peu plus récent 😉 )

J’aime beaucoup ce film (ça explique que je le regarde encore 😉 ).

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Pourquoi je l’aime ?

Déjà, généralement j’aime bien Audiard, ses scénarios et sa manière de filmer me plaisent généralement beaucoup. En plus, même si je ne suis pas fan de Marion Cotillard, je trouve que dans ce film elle joue très bien, et Matthias Schoenaerts alors là c’est l’apothéose (je suis fan, il est beau et il joue super bien.) Tout ça pour dire que les deux personnages principaux sont très bien joués… Et les autres ne gâchent rien.

Mais bon, au-delà, si j’ai regardé ce film plusieurs fois, c’est parce que je suis fascinée par l’histoire et les personnages. (Analyser la psychologie des personnages, les comprendre, c’est quelque chose que je fais beaucoup avec ce genre de film.)

Ici, je ne m’identifie absolument pas aux personnages, leur vie est vraiment très éloignée de la mienne, je ne connais pas cette précarité et cette violence, ni cette volonté de draguer tout le temps pour savoir que je plais, ni cette sexualité à outrance.

Pourtant le film est tellement bien fait que j’arrive à me sentir proche des personnages ou, tout du moins, à les comprendre dans une certaine mesure. Il y a vraiment une grande profondeur psychologique.

En plus, il y a une réelle réflexion sur la sexualité. Ce que je vais dire peut sembler paradoxal et pourtant : c’est montré de manière très crue et en même temps très respectueuse. C’est la première fois, ou une des premières fois, où j’ai vu des scènes de sexe qui ne me faisaient pas sentir « voyeuriste » ou gênée. Parce que c’est extrêmement bien filmé et que ça sert un propos construit, réfléchi.

Ensuite, j’aime beaucoup la profondeur des personnages. Tous les ressorts de leur réflexion et leur évolution sont montrés. On peut les voir ou pas, les comprendre ou pas, mais ils sont là, suggérés, et je trouve ça très fort. Tout semble très vraisemblable. On imagine très bien que ça se passe effectivement plus ou moins comme ça pour une personne qui est amputée. De même, bien que ce ne soit pas ma vie, j’imagine très bien d’anciens camarades avoir vécu dans dans cette pauvreté et cette violence. Or, c’est pour moi l’un des rôles du cinéma et de la littérature, que ça me fasse rêver / m’échapper de ma vie quotidienne, tout en gardant une illusion de réalité, une vraisemblance qui fait que je peux entrer dans cet « autre monde » ou cette « autre réalité » (même si c’est de la science-fiction ). Je trouve que c’est très réussi.

Et pourtant, il n’y a qu’un moment qui fait écho à quelque chose que j’ai moi-même vraiment vécu : lorsqu’elle est en boite. Elle est alors gênée, elle ne se sent pas à sa place, elle aimerait cacher ses prothèses. Cette gêne, cette impression de ne pas être à sa place et de montrer quelque chose que l’on voudrait cacher, ça me parle beaucoup. Le sentiment d’abandon qui transparait quand il part, aussi.

Le film n’est tout de même pas parfait, (il en faudrait pour que je juge quelque chose de parfait !) je retiens en particulier deux points noirs :

  • D’abord je trouve dommage que la dépression soit limitée à  » je ne sors pas de chez moi, je ne prends pas soin de moi, je suis seule » et hop ça se règle dès que quelqu’un arrive et me fait sortir et voir le soleil.
  • Ensuite, je trouve aussi dommage que la reconstruction passe forcément par le fait de retrouver des jambes et que le coût de celles-ci soit éclipsée assez rapidement (en une phrase : l’appareilleur parle de » pieds suédois qui ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale »)

Cela répond certainement à une certaine forme de réalité mais ça conforte aussi certains clichés. Dommage que le scénariste n’ait pas pu dépasser cela…

Pourquoi le regarder autant ?

Je dis qu’il y a tous les ressorts pour nous permettre de comprendre… Malgré ça il y a tout de même des éléments qui restent mystérieux pour moi, même après 4 ou 5 visionnages : je commence à peine à comprendre comment elle a pu changer d’avis sur la boxe et accepter d’être son « dealer ». Et je ne comprends toujours pas pourquoi il décide de continuer la boxe après s’être cassé les mains, ce final reste pour moi un mystère complet. (Si quelqu’un a une explication je prends.)

D’habitude quand je ne comprends pas quelque chose comme ça, ça me bloque, ça m’énerve, là non. Je pense simplement que je n’ai pas saisi toutes les clés, et je suis prête à le revoir encore et encore. (Pas sûre cependant que j’en comprendrais plus ainsi.)

Si je suis prête à le regarder encore tant et plus, c’est aussi parce que je suis extrêmement touchée par le personnage d’Ali. On pourrait dire qu’il est dur, rude, vulgaire, impoli, irrespectueux, mais finalement je le vois surtout comme quelqu’un de très entier, très authentique. Il pense quelque chose il le dit, il veut quelque chose il le fait. Il ne s’emberlificote pas dans des hésitations, dans des bonnes manières. J’admire cette simplicité, cette authenticité, même si évidemment on aurait envie qu’il y ait la violence en moins. Cette violence n’est que le fruit de son histoire, son enfance, son vécu, elle n’empêche pas la sensibilité qui se révèle au fur et à mesure.

Je serais capable de regarder ce film un million de fois juste pour cette authenticité. C’est ce que j’en retiens le plus (avec tout le processus de recherche et reconstruction de Stéphanie aussi.)

Rencontrer ses limites

J’ai beaucoup parlé ces derniers temps des aménagements scolaires et des avantages et inconvénients qui y sont indéfectiblement liés. Ce mélange d’avantages et d’inconvénients qui fait que la solution est toujours bancale. Aujourd’hui je m’y trouve assez durement confrontée.

En début d’année le médecin qui s’occupe du choix des aménagements m’avait proposé un délai supplémentaire pour le rendu du mémoire. Parce que c’est un peu dans le même ordre d’idée que le tiers temps finalement. Sauf que j’ai refusé.

Parce que si je connais bien le tiers-temps et son utilité, je ne suis pas habituée à avoir un délai supplémentaire pour un rendu et que je ne voyais pas l’utilité. C’est à dire que gérer un rallongement de temps sur un temps court et limité de quelques heures, dans un lieu encadré entièrement dédié au devoir à rendre, ok. Gérer en roue libre un rallongement de temps sur une année entière (donc de plusieurs semaines ou mois) ? Ça ne me semblait être qu’une illusion, un moyen de procrastiner un peu plus et c’est tout. Je voyais surtout les inconvénients : ça va me distinguer des autres, ça va rallonger le temps pour travailler dessus mais de toute façon à la fin je serai fatiguée…

J’ai donc refusé. Aujourd’hui encore, alors que je viens de passer deux semaines éprouvantes pour boucler mon mémoire et que je n’en suis pas satisfaite (du tout), je ne sais pas si j’ai eu raison ou tort. Probablement plus tort, parce que j’aurais pu l’accepter et ne pas l’utiliser, qu’au moins j’aurais pris « tous les moyens possibles » pour y arriver et que de toute façon j’ai fini par me faire remarquer puisque j’ai dû m’expliquer auprès de ma directrice de recherche.  Sauf qu’aujourd’hui encore je suis persuadée que je n’aurais pas su l’utiliser efficacement et que j’aurais de toute façon été tellement fatiguée que ça n’aurait pas permis de tout compenser.

J’arrive donc aujourd’hui à mes limites. Je sais depuis longtemps que je n’ai pas envie de les toucher, maintenant que c’est fait je vous confirme que je n’aime pas du tout.

Il y a quelques mois encore j’avais très envie de continuer le cursus dans cette école parce que ça a l’air encore très intéressant, j’hésitais un peu avec tous les sons de cloche que j’en avais qui me décrivaient cette suite comme encore plus dure et chargée. Mais je l’envisageais quand même. Aujourd’hui j’ai beaucoup plus de mal, je suis en train de faire une croix dessus et de chercher les alternatives.

J’ai informé la personne en charge de toutes les questions liées au handicap de mes difficultés. (Je l’ai informée parce que mes parents ont insisté, sinon j’aurais laissé courir, considérant que de toute façon c’était passé et ça ne servait plus à rien….) Elle m’a répondu en me disant de ne pas hésiter à retourner vers lui pour discuter de ce qui peut être fait pour améliorer l’année prochaine.

Il a raison. Sauf que...(Je vais me répéter un peu, désolée) je ne vois pas ce qui peut être fait pour m’aider : me donner plus de temps je ne saurais pas gérer et ça ne règle pas le problème de la fatigue sur le long terme…

Bon, après ma mère n’a pas tort, il y a peut-être aussi  – très certainement – une nécessité de lâcher prise… d’accepter de recevoir de l’aide… sans se sentir impostrice…. C’est pas gagné. (Rien qu’à y penser je me sens impostrice « non mais il aurait suffit que tu travailles plus pendant l’année… Si tu procrastinais un peu moins… »)

Pourtant ça pourrait sembler assez logique : je monte dans les études > plus de difficultés > plus d’aménagements. Mais mon cerveau a pas l’air trop décidé à avaler ça. Syndrome de l’imposteur puissance 10 000. Un hémisphère entend bien les arguments, l’autre lutte (« non mais attends t’es pas si handicapée que ça, tes camarades rencontrent exactement les mêmes problèmes, eux aussi ils étaient à la bourre à la dernière minute, eux aussi ils étaient super fatigués… Au fond c’est pareil » Bon…)

Bref en ce moment (depuis une semaine environ…) je suis énervée contre moi-même. Moi qui ne suis pas capable d’accepter / de demander de l’aide sans avoir l’impression de quémander. Moi qui me sabote toute seule en ne voulant pas me faire remarquer et souhaitant faire comme les autres. Avec tout ça j’ai fait foncé dans le mur et fait une overdose : j’ai peut-être même réussi à foirer mon année. Je vais « renoncer » à cette formation de M2 parce que  j’ai pas été capable de demander de l’aide assez tôt avant qu’il ne soit trop tard et que j’y laisse toute mon énergie et ma volonté.

En commençant à écrire ce texte j’étais un peu coincée sur une nouvelle sensation d’échec, sensation d’être au pied du mur, confrontée à mes limites. Écrire ne m’a permis de trouver des solutions mais je me suis rappelée que l’échec n’est que relatif et apporte toujours beaucoup de nouvelles pistes derrière. Bon, il va me falloir encore un petit peu du temps avant d’avaler la pilule (notamment passer la soutenance, ahem ) mais j’ai déjà un peu avancé et dépassé un blocage. J’irais pas en M2 à l’Ecole c’est pas grave il y a plein d’autres choses bien ailleurs. Je suis un peu moins énervée.

(A suivre… probablement après la soutenance, dans un peu plus d’un mois donc.)

 

La dyspraxie visuo-spatiale si bien expliquée

On dit régulièrement des femmes qu’elles se perdent facilement. Nous sommes nombreux finalement à ne pas avoir un bon sens de l’orientation, parfois parce que nous n’avons pas prêté attention aux repères autour de nous, parfois parce que, effectivement, notre sens de l’orientation laisse à désirer. Cependant, cela ne signifie pas que nous souffrons tous […]

via Dyspraxie visuo-spatiale — Au bonheur d’apprendre

J’ai vraiment vraiment pas le temps d’écrire en ce moment (tellement pas le temps que je n’ai même pas d’idées qui me trottent en tête, c’est dire…

Pourtant je suis OBLIGEE de revenir vers ici pour partager cet article parce que C’EST TELLEMENT CA !!!

Je nuancerai seulement les points suivants (ce qui signifie que j’adhère TOTALEMENT à tout le reste…

Coller une gommette dans les chaussures afin de savoir si elle va à gauche ou à droite.
là ce n’est pas une nuance mais une précision : il faut coller une gomette que d’un seul côté, parce que le truc des pataugas avec un point d’interrogation et un point d’exclamation rouge / vert… ça ne m’a jamais aidé, c’est interchangeable. Alors que effectivement si on décide que la montre est à la main droite… C’est la main droite ! (Moi j’avais un bracelet brésilien (je l’avais comme pacte d’amitié, pas pour repérer ma gauche de ma droite mais ça a quand même parfaitement rempli cet office  : le truc parfait je ne l’enlevais jamais pas même sous la douche ou pour dormir.)

Proposer un jeu appelé « Au Nord, Au Sud : j’ai pas bien compris l’intéret du jeu… (si quelqu’un comprend je prends l’explication 😉 )

Utiliser un GPS pour éviter de se perdre : j’ai trop dû entendre mon père pester contre les GPS, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Si je suis le GPS, je ferai encore moins attention, alors si d’un coup le GPS est perdu, je le serais deux fois plus… Mais il est vrai que pouvoir se passer de lire les panneaux… C’est tentant…

Proposer des cahiers avec des lignes larges : je suis en même temps d’accord et pas d’accord. Pour l’enfant dans les premiers temps oui +++ Mais pour la suite, j’ai remarqué que moi je suis plus perturbée / je trouve ça plus difficile à relire, quand je n’ai pas suivi la ligne des feuilles américaines (lignes simples) que quand je n’ai pas suivi les lignes des feuilles à carreaux. (ou que j’ai écrit de travers sur une feuille blanche.) Ne me demandez pas pourquoi, j’en ai aucune idée. Enfin si c’est un peux comme si deux lignes claires s’interrompaient sans cesse  (ligne droite de la feuille et ligne courbe puisque montante et descendante, de l’écriture) sur la feuille américaine. Alors que sur la feuille à carreaux, quand je relis, les petites lignes sont un fond, pas au même niveau de lecture que l’écriture…Je ne suis pas sûre de m’être très bien expliquée… Les feuilles américaines : il y a deux signaux que je vois sur un pied d’égalité et donc qui se parasitent alors que sur les feuilles à grands carreaux le quadrillage s’efface au profit de l’écriture que celle-ci suive les lignes ou pas… (par contre on oublie les petits carreaux, définitivement, c’est une catastrophe.)
Pour conclure les feuilles américaines c’est très bien quand j’ai le temps de m’appliquer piurs suivre les lignes… Pour la prise de note c’est non. (Mais pour les courriers officiels c’est très bien, ça me permet d’écrire droit…)

Manipuler au maximum, en particulier en mathématiques : là ce n’est pas du tout une réserve mais juste que je ne l’ai – je crois – jamais expérimenté. Mais effectivement ça me parait une bonne idée. Et verbaliser +++ (et mettre de la couleur) en maths aussi, c’est méga important.

Lorsque c’est possible, éviter les balles et ballons qui « disparaissent », privilégier les balles et ballons colorés. Oui, oui, oui, et oui. (Même colorés ils disparaissent parfois du champ de vision sans que l’on ne comprenne… Alors si en plus ils sont petits / peu visibles…)

Proposer une place dans les buts : je ne sais pas (jamais expérimenté) peut-être… Mais alors il faut insister pour valoriser les victoires et minimiser les échecs. Parce que moi j’aurai très mal vécu de faire marquer un but à mon équipe en loupant le ballon parce que distance mal évaluée… (mais l’idée de minimiser les points d’attention et laisser à un point fixe n’est pas mauvaise, c’est vrai.)

Les couleurs associées au livres de cours et aux matières dans l’agenda… je le fait toujours… (et j’aime bien choisir des couleurs qui collent bien avec l’idée que je me fais de la matière : par exemple du marron pour l’Histoire (parce que le bois des bibliothèques) (Mais c’est parfois lointain par exemple violet est resté pour l’espagnol et bleu pour le français simplement parce que j’aime beaucoup ces couleurs et ces matières…)

Et j’ai utilisé jusqu’à mon bac toujours le même code couleur dans la hiérarchie des titres -quel que soit le cours. Rouge puis vert puis noir. Ou rouge puis vert puis violet / bleu turquoise.Toujours une couleur plus « pétante » pour le grand titre, pour aller vers du plus discret (tout est relatif) ensuite.

Pour être plus précis, le code couleur (et la manière de souligner / mettre en page) est resté le même pendant tout le collège au lycée, ça changeait d’une année sur l’autre parce que des « exigences / besoins  » se rajoutaient. J’ai augmenté la gamme des stylos de couleur. Ainsi je pouvais écrire une traduction en bleu turquoise, les mots-clés de philo ou de vocabulaire en rose, faire des renvois en marron.
Mais les grands titres restaient rouge puis vert puis noir… Ou rose puis violet puis bleu turquoise dans certaines matières. (La littérature et l’espagnol pour ne pas les nommer. Les titres dans ces matières avaient moins d’importance, c’était surtout pour repérer des grandes idées, beaucoup moins pour donner une hiérarchie, je pouvais donc me permettre des fantaisies…)

Je pensais pas que j’écrirais autant…

J’ai un peu du mal à comprendre comment je vais passer au travers des dix jours qui arrivent… Mais bon… De toute façon, quoi que je fasse, ça passera (c’est bien finalement, le temps… Que ce soit réussi ou pas, ça passe…. et ça se retrouve forcément derrière nous à un moment ou à un autre… (Soyons positifs.)

(D’ailleurs, message perso pour V. : Je ne t’oublie pas, d’ailleurs ce serait difficile avec ce que je viens de poster… Carrément avec des conseils pour le code… Mais il est très probable que la réponse à ton mail va attendre jusqu’à début mai…)