3 ans après

J’étais en train de faire du ménage dans mes brouillons, ça m’a menée toujours plus loin : 1 semaine, 2 seamines, 1 mois, … , 4 mois, …. 1 an, 2 ans et même 3 ans.

Il y a trois ans, j’ai fait une série sur mes « progrès » (ici, ici , et encore ici et , encore et enfin .) Comme toutes les séries, il y a un gros brouillon initial qui rassemble (plus ou moins) tout. Et là en le relisant, je me rends compte, qu’effectivement je n’avais pas tout publié, ma fin est restée en suspens…

Aujourd’hui, 3 ans plus tard, cette fin m’interpelle.

Pour remettre dans le contexte : après avoir fait plusieurs articles dans lesquels je racontais mes progrès (physiques pour la plupart) et disait (parfois) ma fierté. Je finissais par cette conclusion :

Physiquement je ne peux plus vraiment progresser, on est plutôt dans l’entretien mais je sais que psychologiquement il me reste encore beaucoup à faire :

  1. oser plus me lancer
  2. oser m’affirmer, ne plus avoir honte de mes envies ou de mes opinions
  3. arrêter de bloquer sur le regard des gens
  4. arrêter d’avoir peur du téléphone (oui oui )
  5. oser montrer mon affection, arrêter d’être gênée quand cela arrive (est ce que cela est possible ?) (sic)
  6. arrêter de douter de l’amitié que les gens me portent

Hé bien ça fait bizarre. Bizarre de constater que dans cette liste le seul vrai blocage restant c’est le téléphone…

Certes, je ne suis pas une fonçeuse mais j’ose me lancer, afffirmer mes goûts et mes opinions (que je connais de mieux en mieux, déjà.) Cela a avancé cet été encore, alors que j’ai fait lire mes lettres de motivation à mon père. Ou cette rentrée, alors que j’ai du réfléchir aux stages qui m’intéresseraient.

Certes, je fuis le regard plutôt que les regarder dans les yeux mais je ne fais plus une fixette là-dessus. Je m’habille beaucoup plus librement (j’ai trouvé le « style » dans lequel je suis à l’aise et je l’assume), je m’assois aussi de plus en plus librement dans les bus (même s’il y a encore une marge de progression), je suis plus tranquille pendant mes courses (même si j’ai eu une petite piqure de rappel douloureuse récemment. C’est parce que j’en ai trop fait dans la journée.)

Certes, c’est encore fragile (voir par là) mais je n’ai clairement aucun doute sur mes premières amies parisiennes, un noyau dur qui demeure. Très peu aussi sur mes amies de l’an dernier et celles qui se forgent cette année.

Quand à la gêne de montrer  son affection, je ne suis pas devenue soudainement expensive, bien sûr, ce n’est pas dans ma nature. Mais j’ose montrer mon inquiétude pour les gens que j’aime, leur dire merci ou mon admiration, etc.

Bref …

Ça fait du bien de remarquer encore une fois le chemin parcouru. Parce que même si pour chaque point j’ai émis des (petites) réserves , je sais que sous ces phrases, il y a trois ans, c’était beaucoup plus difficile.

Et tout ça en 3 ans, c’est beaucoup !

 

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Le travail, ce truc angoissant

J’aime pas trop publier des articles proches les uns des autres, comme si le deuxième allait oculter celui d’avant mais j’ai besoin d’écrire, d’extérioriser. Beaucoup d’émotions positives et négatives se mêlent en ce moment… ça fait un joyeux foutoir.

C’est une histoire de stage.

J’ai été prise dans le premier stage pour lequel j’avais postulé. Ça a été un grand soulagement mais aussi une grande surrprise. Ça a été trop vite pour moi. Dans ma tête j’allais avoir le temps d’envoyer d’autres candidatures avant de recevoir une réponse. Dans ma tête, j’écrivais et envoyais d’abord celle-là parce que c’était la plus facile à écrire (parce que la seule qui répondait à une offre existante et qui ne soit pas une candidature spontanée) mais que c’était seulement pour me lancer, ensuite j’aurais le temps d’en écrire d’autres en attendant une réponse. Sauf que non, la réponse a été très rapide. Trop. J’étais partagée entre le soulagement de ne plus avoir à m’occuper de ça (parce qu’on ne le dit pas assez mais faire des lettres de motivation c’est ultra déprimant -même quand on est très motivé.) et un sentiment de pression (parce que si ils répondent si vite, c’est a priori qu’ils sont très intéressés), le sentiment d’être coupée dans mon élan et d’avoir l’herbe coupée sous le pied.

Bon, ensuite j’ai eu un petit temps avant l’entrevue, dans l’intervalle j’ai donc envoyé une autre candicandidature (spontannée celle-ci) qui me motivait beaucoup. En partie pour m’enlever cette impression de « mais j’avais pas prévu ça comme ça », en partie pour pouvoir répondre si jamais on me demandait « et vous avez postulé ailleurs ? », en partie aussi pour avoir une autre possibilité si finalement l’entretien n’était pas concluant et enfin, en partie pour justifier d’un « dynamisme » de recherche auprès de mes profs si cet entretien n’aboutissait pas. Bref, envoyer cette deuxième candidature m’a permis de me tranquiliser.

Je me suis servie de mes expériences précédentes d’entretien (qui malgré leur petite préparation n’avait pas été très glorieux) pour bien me préparer. C’était bien mieux, j’ai été bien moins déroutée et beaucoup plus dégourdie. Je suis assez fière de moi sur ce coup. Parce que ma préparation m’a donné de l’assurance et je sais que ça a joué sur la décision finale.

Maintenant que le sentiment ambivalent du stage arrivé trop vite est retombé (ça va vraiment être passionnant), je me retrouve face à un autre problème : est-ce que je vais être à la hauteur ? Est-ce que je vais être capable d’accomplir le travail qu’on attend de moi ?  Parce que très clairement le contexte de ce stage est très différent de ma précédente expérience : ce n’est pas un stage de découverte / perfectionnement, c’est un stage de fin d’études. Ce n’est pas un stage où je vais butiner partout et faire des petites tâches bien encadrées mais un stage avec une grande mission directrice, avec probablement encore plus d’autonomie. Ce n’est pas un stage où je vais apprendre, découvrir mais un stage où je dois mettre en application mes compétences. Encore plus que le précédent je le vois comme une confirmation du fait de savoir si je suis capable de travailler ou non, si je suis apte au travail que j’ai choisi malgré mon handicap, si celui-ci n’induit pas trop de lenteur ou trop de fatigue. (Personne ne m’a jamais dit que je n’étais pas apte à travailler mais suis-je bien adaptée au marché du travail actuel où on demande toujours plus de rentabilité ?) (Quand on dit que c’est la société qui crée le handicap…)

Bon et puis, le master 1 et son mémoire sont passés par là aussi. Je me pose d’autant plus de questions, évidemment. Est-ce que je suis vraiment capable de m’organiser, de faire front face à une tonne d’activités ? Je me sais depuis longtemps très mauvaise à la double tâche, je gère les choses par bloc. Ça avait été un de mes grands problèmes l’an dernier, mon emploi du temps était tellement chargé que sur mon temps libre je n’arrivais pas à dégager des blocs de temps suffisants pour chaque « front » : la recherche du mémoire, la révision des cours, l’intendance du domicile et le repos. Du coup je faisais les choses par à-coup en alternance. L’alternance entre les différents blocs a toujours été mon fonctionnement, sauf que là les écarts étaient trop grands. Donc, comment cela se passera-t-il dans le monde du travail ?

Ce qui me rassure un peu c’est qu’a priori j’aurais une demande particulière à laquelle répondre, des directions tracées. Pas un vaste sujet dans lequel je dois me plonger et chercher moi-même les questions à me poser. Donc moins de risques de m’éparpiller, me perdre ou m’attarder sur quelque chose qui n’est finalement pas utile. (C’est notamment pour ça que j’ai choisi ce métier, c’est un métier dans lequel je réponds à des demandes ou missions précises. Je m’adapte aux demandes mais je pose pas les questions initiales –ou alors des questions toutes faites.- Et ça justment, je sais bien faire, normalement. J’ai une question, je cherche la réponse, j’ai un cadre vide, je le remplis, j’ai une demande précise, je m’y adapte et répond en fonction.)

Ce qui me rassure aussi un peu c’est que l’an dernier malgré toutes les difficultés, j’ai quand même acquis des compétences, une maitrise de certains outils et méthodes, qui vont me resservir. Et je suis en train d’acquérir de nouvelles compétences que je mets directement en application (merci le parcours bien fait 🙂 ) et je les maitrise bien.

Bref. ça devrait le faire ce stage. Le problème c’est que je le vis vraiment comme une préfiguration du monde du travail (parce que bon, après un M2 pro en général… on travaille, ahem), et ça … ça le fait pas du tout.

D’abord, ma première possibilité de travail passe par un concours. J’aime pas les concours. Déjà rien que le principe me hérisse (ai-je besoin d’expliquer pourquoi ? Je n’aime pas me mesurer aux autres. Je serais forcément moins bonne, moins rentable.) (ouais, parce que ok je souris, je suis optimiste, généreuse, joyeuse etc mais toutes ces qualités ne rentrent pas dans le résultat d’un concours -ou très peu.) (et pour l’instant dans les qualités « studieuses » je n’ai pour moi que la rigueur, l’observation, et l’écoute. BON, ça fait déjà 3.) (ahem, avez-vous remarqué l’avalanche de qualités ?) (j’arrête avec les parenthèses si je veux) En plus c’est un concours rare et avec peu de places. Youpi.

Bon, le truc rassurant, c’est que je suis dans le secteur culturel. Un domaine où les gens sont assez tolérants et ouverts face au handicap. Donc, si ils estiment que j’ai des qualités, je serais jugée sur elles et non mon handicap. Sauf que c’est aussi un secteur en crise et manque de sous, donc s’ils considèrent que ma lenteur est un frein, que je ne suis pas suffisament « rentable »… bah, ils privilégiront quelqu’un d’autre avec peu ou prou les mêmes qualités que moi. (Ouais, je suis optimiste mais quand même ça dépend des sujets, faut pas pousser mémé dans les orties, je suis un peu réaliste aussi.)

Donc… les autres possibilités de travail c’est où ? Bah, dans le privé. Donc dans des entrepirses qui accordent probablement encore plus d’importance à la rentabilité.  Je suis mal barrée.

Précisons que pour les deux candidatures faites (comme pour mes précédentes candidatures en 3° année de licence) je n’ai pas précisé que j’avais la RQTH. Les gens sont ouverts et tolérants en milieu culturel mais il faut pas abuser non plus, je n’avais pas envie de tenter le diable et d’essuyer les refus parce que j’ai effrayé. Et encore moins l’envie de me poser incessament la question « est-qu’ils ont rejetté ma candidature à cause de ça ? » De plus, j’assume mon handicap sans problème mais je ne suis absolument pas prête à en parler en entretien, quoi dire qui ne me sois pas préjudiciable ? (Je ne sais pas si je serais un jour capable d’utiliser ce truc.) (ahmandieu… Je sais pas jusqu’à quand va la reconnaissance, faudrait que je m’en préoccupe pour en refaire la demande…) Soit ils s’en rendent compte en cours de route et je compose soit non et je fais comme d’habitude. (Le petit démon dit que la dernière fois que je n’ai rien dit en espérant à moitié qu’on s’en rende compte/ que cela se voit et sois compris -l’année dernière- ça m’a menée au désastre… Chut.) (visiblement ça n’avait pas été vu et considéré comme des signes de « fille pas bien dégourdie ».) (J’ai pas l’intention de laisser la situation se dégrader jusque là, ça sera dit avant, si le besoin se fait sentir.) (chut petit démon, oui je suis sûre.) (oui c’est la fête des parenthèses.)

Au départ, je pensais aussi écrire sur deux autres sujets qui m’ont un peu perturbée ce week-end. Mais finalement c’est déjà bien long et surtout écrire ça a suffi à me calmer (!) Peut-être que ces deux petits sujets épineux m’ont blessée uniquement parce que celui-là me turlipinait déjà pas mal. L’arbre qui cache la forêt.

 

Les soldes, un plaisir ?

Chaque été c’est la même chose, chaque été je re-découvre les difficultés que j’ai à m’habiller et chaque année je re-découvre que vouloir faire les soldes ne me fait pas du bien, en fait…

En hiver, maintenant ça se passe plutôt bien : pas besoin de se poser de questions, c’est normal de porter des jeans en hiver. J’ai même quelques pantalons « autres » (de couleur marron surtout). Pour les hauts aussi c’est assez simple, je n’ai pas de mal à trouver des t-shirts qui me conviennent et avec des jeans ce n’est pas difficile à assortir. En plus, j’adore les pulls et gilets. Bref en hiver tout va bien.

Mais dès qu’arrive la saison de l’été avec les températures chaudes le casse-tête commence : je cumule les problèmes.

  • La visibilité des attelles

Je n’aime pas montrer mes attelles et pourtant j’en ai besoin la plus grande partie du temps. Il faut donc que je trouve des habits légers (pour ne pas trop mourir de chaud) qui les cachent. Pendant plusieurs années cette recherche était difficile, tout ce que je trouvais ne me plaisait pas ou me semblait vieillot / démodé. ça s’améliore parce que la mode des pantalons « fluides » se répand. J’ai maintenant 3 pantalons de ce style qui me plaisent beaucoup. Ajoutons à cela 2 autres pantalons au tissu léger et une sorte de jean d’été (tissu jean gris clair et forme plus aérée) plus anciens qui correspondent certainement moins au canon de la mode mais que j’aime personnellement tellement et qui sont si confortables que j’arrive à dépasser cette idée. Ensuite, un pantalon blanc très léger mais que je n’arrive plus à mettre parce que j’ai trop peur de le salir et 2 autres pantalons au tissu léger marron, que je n’aime pas mettre car j’ai l’impression d’être un sac à patates. Il faudrait que j’arrête de les garder en pensant qu’un jour ils me serviront… (Pour la mi-saison j’ai aussi un pantalon noir au tissu assez souple, mais c’est quand même trop chaud pour être mis en été.) Pendant longtemps, même en dehors de la question des attelles je détestais les shorts parce que je détestais mes jambes, depuis le lycée ça va beaucoup mieux : j’ai 4 shorts (1 gris, 1 écru et 2 marron) et un pantacourt (marron). Évidemment je ne les porte que lorsque que je n’ai pas mes attelles OU lorsque je suis en famille (depuis 2-3 ans j’arrive à ce que mes attelles soient visibles quand je suis en famille, comme si le fait d’être accompagnée m’offrait une protection aux regards… Enfin, c’est surtout que ça me permet de penser à autre chose qu’à ça…) J’ai aussi quelques jupes : une courte (donc même configuration que les shorts), deux mi-longues (qui laissent les attelles un peu visibles pour qui m’observe attentivement mais ça ne saute pas aux yeux donc ça va) et des robes (la plupart sont courtes.)

  • L’harmonie vêtements-chaussures

Pour les jupes et les robes, qu’elles montrent ou pas les attelles je suis gênée par les chaussures : je trouve que jupe / robe + converses c’est moche. Ma mère m’a soutenu plusieurs fois l’inverse. Sauf que, sans être totalement à côté de la plaque, ce n’est pas non plus une experte en matière de mode ET elle pourrait dire ça pour me décomplexer. Ça ne me convainc donc pas du tout ! (Je suis une grande complexée des robes, il y a tellement de belles robes, mais je ne les mettrais jamais, à quoi ça me servirait ?!)

Mais comme si ça ne suffisait pas il n’y a pas que les vêtements du bas qui me posent question, les hauts aussi !

  • Un problème d’assurance : sur les autres OUI, sur moi NON

Le nombre de t-shirts où je me dis « oh c’est super beau… mais jamais je n’oserais porter ça » quand je le vois en magasin ou sur internet OU  « ouah j’aime beaucoup son t-shirt… mais ça ne m’ira jamais » est faramineux. Je ne mets pas de débardeurs à fines bretelles car je trouve que ça me fait de grosses épaules, et PIRE je n’arrive pas à me dire que je pourrais porter un t-shirt avec certains motifs. Comme si ça faisait enfantin / ridicule / pas sérieux. Par exemple celui-là que je trouve pourtant super beau (la page de mon panier reste ouverte dans l’attente de mon paiement) et aussi tous ceux-là. Pourtant il y a bien des gens qui les portent ! Et à chaque fois que je les vois, je me dis qu’ils sont beaux, ça devrait suffire… Bref… (ça vous semble ridicule ces dessins ?)

  • Problèmes de confort et de facilité

Le confort est primordial dans mon choix de vêtements, ce qui ne colle pas toujours avec la mode ni même avec mes goûts : je ne porte pas de bustiers ou t-shirts sans épaules parce que je trouve ça inconfortable mais je trouve ça tellement beau ! La facilité d’utilisation aussi : si je ne peux pas enfiler un t-shirt toute seule ou que j’y passe 10 minutes parce que je me perds dedans, c’est inutile de l’acheter ! J’accepte ces deux faits assez facilement, ça ajoute juste des contraintes qui font que j’ai l’impression que je ne pourrais jamais ressembler aux filles bien habillées que j’admire.

  • A tous ces problèmes sus-cités qui relèvent plus du physique s’ajoutent deux problèmes plus psycho-éthiques.

Entre des finances non extensibles et une philosophie de vie qui s’oppose à la sur-consommation, mes parents m’ont toujours poussé à réfléchir chaque achat : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? est-ce que je suis vraiment sûre qu’il me plait que je vais le mettre ? Combien d’argent je suis prête à y mettre ? A chaque fois que j’ai envie d’acheter des vêtements pour me faire plaisir je suis donc rattrapée par une sorte de culpabilité de dépenser. Et comme j’ai en même temps envie d’acheter de manière plus éthique… c’est plus cher ! Bonjour le cercle vicieux… C’est pour ça que mes parents nous emmenaient plutôt dans des friperies / brocantes / à Emmaüs : on n’achète un vêtement en seconde vie donc on ne participe pas à la demande…  Sauf que du coup, on trouve plus difficilement encore ce que l’on recherche exactement… Re-bonjour cercle vicieux. Ça a aussi participé à mon complexe d’être démodée… Quand tu n’as pas des vêtements neufs et de marque, c’est forcément nul… C’est difficile de se défaire de cette idée qui a été si souvent soulignée.

Pour finir, je n’aime pas faire les magasins quand il y a plein de monde : faire les magasins c’est déjà fatiguant parce qu’on piétine beaucoup, avec le monde c’est pire. Donc je fais sur internet. Sauf que du coup, je ne peux pas essayer : donc je me décourage d’autant plus. (Et si je me trompais de taille, et si ça ne m’allait pas vraiment ? Et 10 euros de taxe c’est tellement abusé…)

(L’état de ma page internet est un bon résumé : après avoir supprimé trois articles sur 5, j’ai fermé l’onglet modetic et j’ai la page de Bonobo en attente mais elle va suivre le même chemin. (Si j’ai le courage j’irais voir direct en magasin.))

Ne pas acheter est encore la meilleure manière de faire des économies… C’est aussi le meilleur moyen de ne pas avoir une garde-robe qui me convient vraiment.

Chaque été je redécouvre cette déception – frustration après m’être dit « Oh, cette année je m’achèterais bien un t-shirt pour remplacer celui-ci et un t-shirt de plus qui puisse aller avec ce pantalon ». Ça va se finir par un achat en période hors-soldes si j’ai un coup de cœur en passant : donc cher et non-éthique, formidable, je m’exaspère.

Certes, ce n’est que de l’apparence, c’est pas très important. Sauf que les vêtements sont quand même importants pour se sentir bien. Et même si on s’en fout totalement (il fut un temps -lointain-, c’était mon cas, je mettais ce dans quoi j’étais bien, tout simplement) ce n’est pas le cas de la majorité dans la société actuelle… Donc ça nous retombe dessus. (Je suis déçue, quand même, de remarquer à quel point le regard des autres impacte sur mes décisions en terme d’habillage…)

Bref, pour la confiance en soi on repassera, pour le moment détente/bien-être aussi, et le plaisir des soldes tout ça, connaispas !

 

 

Questionnaire de Flow : 92 à 101

92) A qui envoyez-vous le plus de SMS ?
Je ne sais pas.

93) Dites-vous plus souvent oui ou non ?
Oui. Et même si je sais que j’arrive à dire non plus souvent qu’actuellement, la majorité restera toujours au oui. Parce que je pense que dire oui c’est  aussi une manière d’accepter ce qui arrive, de saisir les occasions et d’avoir un regard plus positif.

94) Aimez-vous être seul ?
Oui, les moments seuls me sont vitaux pour avoir des moments de paix, seulement face à moi-même. Mais j’ai aussi besoin de voir régulièrement des gens pour ne pas dépérir. (Le besoin de solitude est majoritaire dans l’absolu. J’ai simplement besoin de voir un ami ou une amie pour discuter deux/trois fois par semaine et sortir pour voir des gens (même inconnus) minimum une fois tous les deux jours.

95) Que feriez-vous si vous n’aviez pas besoin de travailler ?
Je ferais du bénévolat (dans le domaine de l’éducation ou de la culture) pour des populations défavorisées ou marginalisées. Et je ferais plein plein PLEIN de voyages, dans toutes les parties du monde.

96) Êtes-vous un bon conducteur ?
Je n’ai pas le permis. (Je ne m’imagine pas bonne conductrice puisque je suis très « mono-tâche ».)

97) Avez-vous besoin que les gens vous apprécient ?
Plutôt oui. Enfin, j’ai besoin d’avoir un minimum de gens qui m’apprécient dans mon entourage. Après pas besoin que TOUS m’apprécient (une ou deux personnes suffisent amplement), je suis très capable d’ignorer superbement ceux-qui ne m’apprécient pas tout en gardant les contacts nécessaires à la vie en société (pour travailler par exemple…)

98) Qu’auriez-vous du faire de différent dans votre vie amoureuse ?
Pour l’instant tout va très bien, merci !

99) Quand vous sortez le soir, que préférez-vous faire ?
Mais le soir il y a plein de choses bien à faire ! Pas seulement une seule : déambuler (un peu, au-delà d’une heure et demi/ deux heures, c’est trop…) dans les rues de Paris, aller au cinéma ou au théâtre ou à l’opéra, se poser en terrasse pour boire une bière, un thé ou un chocolat.

100) Avez-vous jamais enfreint la loi ?
Certainement. Du genre prendre un transport sans ticket (mais je n’ai pas dû le faire souvent car je suis très honnête et que ça me stresse beaucoup trop) ou n’être pas attachée en voiture sur un trajet de 10 minutes à 20km/h en campagne.

101) Votre signe astrologique correspond-il à vos traits de caractère ?
Je ne crois pas du tout à ces choses-là, mais ça me fait beaucoup rire… Voyons donc…
je suis Poisson. Ce site dit :

Le caractère du Poissons : c’est le dernier signe de l’horoscope. Il symbolise le nouveau commencement. Mais comme il ferme le cercle, il se présente comme le signe de l’éternité, de la réincarnation et de la renaissance spirituelle.

Le Poisson est quelqu’un de loyal, de désintéressé et il très généreux. (oui) Le Poisson est une personnalité sensible, ce qui explique sa grande tolérance. Il peut être toujours à l’écoute des autres, allant même jusqu’à se sacrifier pour eux. Très compréhensif, son caractère le pousse ouvert à venir en aide aux autres. (oui toujours) Il éprouve le désir de les consoler, de les réconforter et veut même guérir tout le monde. (non, je me sens très nulle pour réconforter…) Il n’aime pas l’agressivité. (oui) Une des qualités du Poisson est qu’il peut s’adapter à toutes les situations et aux gens. C’est un être ouvert mais discret. (oui) Il aime respecter son entourage (ah, je vois pas ce que ça veut dire…).
Mais le natif de ce signe est aussi un être qui ne se confie pas facilement. Il n’extériorise pas facilement non plus ses sentiments. Il est timide (oui) et orgueilleux. (loupé ! et puis, euh, je croyais qu’il était généreux ?) C’est aussi un pessimiste et a tendance à se laisser aller à la tristesse, à la mélancolie. (non, non, non !) Le Poisson a pour habitude d’accaparer la conversation, ne laissant pas aux autres le temps de parole. Mais son art de parler compense fort bien l’ennui de ses interlocuteurs. (Je vois pas trop comment il font coïncider la grande capacité d’écoute précédemment citée et l’accaparement de la conversation… Et l’occurrence chez moi c’est non. Et pour l’art de parler on repassera, j’ai de la répartie par de courtes phrases mais certainement pas des longs discours !) Le plus grand défaut du Poisson est qu’il manque de confiance en lui. (Ah, ça… Oui.) Le signe du Poisson est également régi par le mysticisme et les rêves. (le mysticisme je sais pas trop, mais les rêves… oui !)

Bon, ça m’amuse énormément… (Comment noyer le poisson –ahahah– pour dire tout et son contraire !) Donc, voyons ce que ça donne avec celui-ci :

Le profil de la femme Poissons
La femme Poissons est une petite sirène attendrissante (hmm, hmm, ok…) et rêveuse (oui d’accord, c’est vrai et on nous l’a déjà dit, merci) qui inspire les poètes (ahah J’ai une belle chanson écrite à partir de mon prénom, ça compte ?). Elle a un grand sens artistique et créatif (oui ça d’accord), et cherche un esthétisme inédit. (Ah.. euh, ça veut dire quoi ?) Quel que soit le domaine, elle se laisse influencer par toutes les tendances et les courants qu’elle croise (il est vrai que je suis très influençable) et elle les mélange pour créer une nouveauté, la sienne. (si seulement…) Ainsi ses relations familiales, amicales ou amoureuses ne sont jamais banales.(ah bon ? Mes relations familiales vont très bien, merci. Ok mes amies sont un peu barrées… Décidément y a un problème avec l’Amour aujourd’hui !) De même, ses goûts hétéroclites donnent un mélange d’influences intéressant. (Si ce n’était pas du grand blabla, ça serait probablement vrai dans le fond…) La femme Poissons calque aussi sa manière de penser au fil de ses rencontres et assemble entre elles plusieurs philosophies de vie.(Il est vrai que j’ai peu d’opinions arrêtées et que je suis très influençable -on se répète un peu là…- MAIS ma philosophie de vie est arrêtée depuis bien longtemps, elle. Elle s’enrichit probablement de mon vécu, certes, mais ce n’en est qu’une forme un tout bien harmonieux. Si si.)Elle aime méditer, réfléchir sur ce qui l’entoure, et garde toujours l’esprit ouvert. (Ah ça, oui !) Ce mode de fonctionnement fait de la native une personne surprenante et troublante(ahah, on ne m’avait encore jamais dit ça !) mais parfois déraisonnable (euh, ça non plus, même plutôt l’inverse…) et influençable (oui, ok, on avait compris). Elle peut aussi se montrer orgueilleuse et capricieuse, quand elle se sent bloquée dans un projet ou attaquée. (alors là, certainement pas !) La femme Poissons est sensible, indulgente et ne juge jamais ses amis car elle est respectueuse de la liberté de chacun. (oui oui oui.) Elle ne cherche en aucun cas à contrôler les univers qui ne sont pas les siens, seulement à les comprendre. (hmm, c’est un peu perché -je crois pas être très mystique comme ils disaient au-dessus…- mais si on veut…)

(J’arrive à bout de la première centaine de questions, il en reste encore 209… ça va durer encore longtemps 😀)

« De Rouille et d’os » de Jacques Audiard

Il est passé récemment à la TV, je l’ai donc regardé pour la … 4° ou 5° fois. (Quand j’ai commencé à rédiger, c’était un peu plus récent 😉 )

J’aime beaucoup ce film (ça explique que je le regarde encore 😉 ).

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Pourquoi je l’aime ?

Déjà, généralement j’aime bien Audiard, ses scénarios et sa manière de filmer me plaisent généralement beaucoup. En plus, même si je ne suis pas fan de Marion Cotillard, je trouve que dans ce film elle joue très bien, et Matthias Schoenaerts alors là c’est l’apothéose (je suis fan, il est beau et il joue super bien.) Tout ça pour dire que les deux personnages principaux sont très bien joués… Et les autres ne gâchent rien.

Mais bon, au-delà, si j’ai regardé ce film plusieurs fois, c’est parce que je suis fascinée par l’histoire et les personnages. (Analyser la psychologie des personnages, les comprendre, c’est quelque chose que je fais beaucoup avec ce genre de film.)

Ici, je ne m’identifie absolument pas aux personnages, leur vie est vraiment très éloignée de la mienne, je ne connais pas cette précarité et cette violence, ni cette volonté de draguer tout le temps pour savoir que je plais, ni cette sexualité à outrance.

Pourtant le film est tellement bien fait que j’arrive à me sentir proche des personnages ou, tout du moins, à les comprendre dans une certaine mesure. Il y a vraiment une grande profondeur psychologique.

En plus, il y a une réelle réflexion sur la sexualité. Ce que je vais dire peut sembler paradoxal et pourtant : c’est montré de manière très crue et en même temps très respectueuse. C’est la première fois, ou une des premières fois, où j’ai vu des scènes de sexe qui ne me faisaient pas sentir « voyeuriste » ou gênée. Parce que c’est extrêmement bien filmé et que ça sert un propos construit, réfléchi.

Ensuite, j’aime beaucoup la profondeur des personnages. Tous les ressorts de leur réflexion et leur évolution sont montrés. On peut les voir ou pas, les comprendre ou pas, mais ils sont là, suggérés, et je trouve ça très fort. Tout semble très vraisemblable. On imagine très bien que ça se passe effectivement plus ou moins comme ça pour une personne qui est amputée. De même, bien que ce ne soit pas ma vie, j’imagine très bien d’anciens camarades avoir vécu dans dans cette pauvreté et cette violence. Or, c’est pour moi l’un des rôles du cinéma et de la littérature, que ça me fasse rêver / m’échapper de ma vie quotidienne, tout en gardant une illusion de réalité, une vraisemblance qui fait que je peux entrer dans cet « autre monde » ou cette « autre réalité » (même si c’est de la science-fiction ). Je trouve que c’est très réussi.

Et pourtant, il n’y a qu’un moment qui fait écho à quelque chose que j’ai moi-même vraiment vécu : lorsqu’elle est en boite. Elle est alors gênée, elle ne se sent pas à sa place, elle aimerait cacher ses prothèses. Cette gêne, cette impression de ne pas être à sa place et de montrer quelque chose que l’on voudrait cacher, ça me parle beaucoup. Le sentiment d’abandon qui transparait quand il part, aussi.

Le film n’est tout de même pas parfait, (il en faudrait pour que je juge quelque chose de parfait !) je retiens en particulier deux points noirs :

  • D’abord je trouve dommage que la dépression soit limitée à  » je ne sors pas de chez moi, je ne prends pas soin de moi, je suis seule » et hop ça se règle dès que quelqu’un arrive et me fait sortir et voir le soleil.
  • Ensuite, je trouve aussi dommage que la reconstruction passe forcément par le fait de retrouver des jambes et que le coût de celles-ci soit éclipsée assez rapidement (en une phrase : l’appareilleur parle de » pieds suédois qui ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale »)

Cela répond certainement à une certaine forme de réalité mais ça conforte aussi certains clichés. Dommage que le scénariste n’ait pas pu dépasser cela…

Pourquoi le regarder autant ?

Je dis qu’il y a tous les ressorts pour nous permettre de comprendre… Malgré ça il y a tout de même des éléments qui restent mystérieux pour moi, même après 4 ou 5 visionnages : je commence à peine à comprendre comment elle a pu changer d’avis sur la boxe et accepter d’être son « dealer ». Et je ne comprends toujours pas pourquoi il décide de continuer la boxe après s’être cassé les mains, ce final reste pour moi un mystère complet. (Si quelqu’un a une explication je prends.)

D’habitude quand je ne comprends pas quelque chose comme ça, ça me bloque, ça m’énerve, là non. Je pense simplement que je n’ai pas saisi toutes les clés, et je suis prête à le revoir encore et encore. (Pas sûre cependant que j’en comprendrais plus ainsi.)

Si je suis prête à le regarder encore tant et plus, c’est aussi parce que je suis extrêmement touchée par le personnage d’Ali. On pourrait dire qu’il est dur, rude, vulgaire, impoli, irrespectueux, mais finalement je le vois surtout comme quelqu’un de très entier, très authentique. Il pense quelque chose il le dit, il veut quelque chose il le fait. Il ne s’emberlificote pas dans des hésitations, dans des bonnes manières. J’admire cette simplicité, cette authenticité, même si évidemment on aurait envie qu’il y ait la violence en moins. Cette violence n’est que le fruit de son histoire, son enfance, son vécu, elle n’empêche pas la sensibilité qui se révèle au fur et à mesure.

Je serais capable de regarder ce film un million de fois juste pour cette authenticité. C’est ce que j’en retiens le plus (avec tout le processus de recherche et reconstruction de Stéphanie aussi.)