Courir après le temps, tout le temps

C’est l’impression que je garde de cette année. Une grande course contre la montre. Dans laquelle j’avais / j’ai toujours du retard. (C’est pas nouveau la vitesse ce n’est pas mon truc, les courses qu’elles soient réelles ou virtuelles non plus !

Du retard pour apprendre mes cours : j’en ai sacrifié certains que j’ai décidé passer aux rattrapages.

Du retard dans ma bibliographie à lire pour le mémoire.

Du retard pour comprendre le fonctionnement des bases de données.

Arriver en retard en cours parce que trop fatiguée et donc réveil difficile.

Arriver en retard à certains rendez-vous parce que le lieu n’est pas facile d’accès et que les transports n’y mettent pas du leur.

Rendre un mémoire incomplet parce que retard accumulé. Écrire pour obtenir un délai supplémentaire, compléter, rendre un truc tout autant insatisfaisant. (à mon goût, de leur côté elles ont aussi remarqué que c’était incomplet mais également la grande avancée entre les deux.)

Se reposer un tout petit peu et enchainer sur le ddépôt des candidatures en M2, l’envoi d’un dossier -exercice d’évaluation.

Puis les révisions des rattrapages.

Puis la semaine de rattrapage et  la soutenance (relire un mémoire dont on est pas satisfaite c’est vraiment pas une partie de plaisir mais bon, la soutenance s’est bien passée), puis s’occuper de la candidature pour l’École.

Normalement la dite limite de dépôt c’était aujourd’hui, sauf que à 19h date de fermeture du magasin d’impression et dernière levée de la poste … j’avais pas fini. Et j’apprends qu’à l’École ils ont enlevé la boite de dépôt dédiée à 17h15 (heure de fermeture du pôle pédagogique mais bien avant la fermeture de l’École à 20h.), ce qui signifie très clairement qu’ils sont hyper à cheval sur la date limite, beaucoup plus que d’autres fac…

Du coup j’hésite :

option A : remodifier quand même ma lettre ce soir (parce qu’en plus j’ai vu que je n’ai pas donner la forme souhaitée / répondu à certaines attentes) et l’envoyer au culot par la poste demain (peut-être qu’ils ne regarderons pas le timbre parce que trop de paperasse ou peut-être qu’ils me feront une fleur parce qu’ils connaissent mes difficultés.)

option B : non tant pis, laisse tomber et va dormir tu en rêves, de toute façon en recevant l’enveloppe ils regarderont forcément le timbre et ils l’élimineront direct sans se soucier de qui est qui, c’est un pré-tri hyper efficace, et puis l’Ecole n’est que ton choix 3.

  • avantages de l’option A : je n’aurais pas de regrets parce que j’aurais tenté le tout pour le tout. J’ai déjà marché au culot comme ça pour une autre formation (mon choix 1, ma candidature hélas pas été retenue mais à cause du nombre de dossiers reçus pas de la date limite) et pour demander un délai pour mon mémoire, les deux fois ça  a porté des fruits.  Alors pourquoi pas tenter ?
  • défauts de l’option A : j’en ai vraiment marre de courrir, je suis juste fatiguée. Ok, ça a servi à quelque chose ces deux fois mais le résultat n’était pas ouf non plus (le 2° rendu m’a finalement tout autant déçue que le 1° et ma candidature n’a pas été retenue.) J’ai tout sauf envie de m’occuper de ça ce soir pour un résultat hypothétique. (Surtout que c’est considérer que j’ai
  • Avantages de l’option B : je dors enfin. Je ne gaspille pas mon énergie à quelque chose d’inutile.
  • Défauts de l’option B : oui, j’en ai marre de l’École mais quand même cette formation peut-être super intéressante. Ce n’est que mon choix 3 sauf que : choix 1 -> refus ; choix 2 et 2bis -> un en suspens (un entretien à passer) et un refus ; choix 4 -> acceptée (mais 4 c’est après 3 … donc…) et puis l’idée même de baisser les bras ne me plait pas. Et puis mon ego en prendra un coup parce que le choix 4 est moins prestigieux que les trois premiers…)

Bref si on regarde comme ça l’option A semble privilégiée… Sauf que la fatigue ça pèse quand même très lourd sur la balance… Je vais appeler chez moi, ils auront les idées plus claires…

J’ai donc appelé – > option B, modifications plus légères que je ne pensais… ça m’a pris une heure. Ne reste plus (pour demain, ce soir c’est finiiii !!!) qu’à assembler les autres pièces déjà prêtes, les imprimer et envoyer le tout . Alea Jacta est. (Et puis bon, peut-être que l’entretien va bien se passer et le choix n° 2 va fonctionner !)

 

 

Le musée des arts et métiers en fauteuil roulant

C’est un musée que j’apprécie vraiment beaucoup et que j’ai visité de nombreuses fois et de nombreuses manières : pour des cours avec l’école (en fauteuil), seule debout (pour une visite normale ou des occasions particulières comme la nuit des musées où il y a plus de monde), seule en fauteuil, en fauteuil accompagnée.

La dernière en date était « en fauteuil accompagnée », c’est d’elle que je vais vous parler mais en ayant les autres en tête pour comparaison.

À savoir en préambule : les musées ont 2 lois pour les inciter à l’accessibilité : la loi de 2005 bien connue, mais aussi la loi du 4 janvier 2002 relative aux Musées de France. En effet, selon l’article 2 de cette-dernière une des missions permanentes du musée est de  » Rendre leurs collections accessibles au public le plus large ». On peut pas dire que ce soit vraiment le cas partout (ahem.)

Pourtant, en 2007, le ministère de la culture a publié ce guide pratique de l’accessibilité. Très complet et clair, il recense les différents types de handicaps, les contraintes et les besoins impliqués par chacun et les solutions qui peuvent être mis en œuvre pour y remédier ou compenser. (Si le sujet vous intéresse, je vous en conseille vivement la lecture.)

Les musées ont donc toutes les clés en main pour agir. Sauf les sous me direz-vous… Les sous ont bon dos ! Parce que même quand on a les sous il faut y mettre un chouia de réflexion et de bonne volonté… C’est loin d’être le cas partout ! (j’ai un exemple tout trouvé au Louvre mais bon, c’est pas le sujet, je vais me retenir 😉 )

Fin du préambule, passons aux choses sérieuses.

Dans le manuel sus-cité, pour les personnes à mobilité réduite (ils parlent de « personnes très fatiguables » c’est pas idiot je trouve) ils conseillent le prêt de fauteuil. C’est en effet un dispositif adopté dans beaucoup de musées et que j’utilise beaucoup. C’est le cas au musée des Arts et métiers.

Une fois arrivée au musée, nous avons donc acheté nos billets d’entrée (gratuit pour moi car -25 ans, payant pour mon accompagnatrice), j’ai ensuite demandé si je pouvais prendre un fauteuil roulant (en général demandez soit à la caisse soit au point/information-acceuil,parfois ils vous redirigeront ailleurs, vers les vestiaires notamment) : aucun problème il me l’apporte en échange de ma carte d’identité (système très fréquent.) Je m’installe dans le fauteuil (en très bon état -c’est pas le cas partout- et confortable.) Nous récupérons un plan, les ascenseurs y sont indiqués c’est parfait (très appréciable de ne pas avoir à demander un plan spécifique.) Nous voilà parties pour la visite.

 

Nous commençons par l’abbaye de St-Martin-des-Champs. Pour voir le pendule de Foucault aucun problème. Les objets dans les vitrine c’est déjà un peu moins bien : je les apprécierais plus s’ils étaient placés un tout petit peu plus bas (ou avec un miroir pour pouvoir tout voir) et seule, je ne peux pas lire les cartels explicatifs, qui sont placés trop hauts (à plat horizontalement sur la cimaise de présentation.) Il y avait aussi apparemment quelques objets dans des vitrines en contrebas, mais inaccessibles car il y avait quelques marches et aucune rampe (dommage, je pense que pour cet espace ça ne doit pas être trop difficile à mettre en place : peu de marches, beaucoup d’espace…)

 

 

Pour les grosses machines dans la nef aucun problème. Notons cependant que les cartels sont assez sombres et écrits petits, placés à nos pieds : même moi assise en fauteuil j’avais du mal à lire ! Ensuite nous avons voulu monter (voir les voitures « suspendues. ») Le gardien nous a indiqué le monte-charge à emprunter la marche à suivre (maintenir le bouton appuyé tout du long, comme pour tout monte-charge d’après mon expérience.) Mais le monte-charge ne fonctionnait pas (la porte s’ouvrait et se fermait sur commande mais il ne montait pas … C’est dommage c’est sa fonction normalement 😉 ) Du coup, le gardien nous a laissé passer par la rampe qu’empruntent tous les visiteurs normaux (normalement le fauteuil ne passe pas par là pour des raisons de sécurité : la pente est raide !) Nous avons donc pu voir le premier étage de la mezzanine, mais pas au-dessus car l’accès se fait par des escaliers (le monte-charge aussi s’arrête au premier étage, il est donc de tout façon impossible d’aller plus haut en fauteuil.)

 

Ensuite nous avons voulu passer aux toilettes : les plus proches étaient en haut d’un escalier, nous sommes donc allées aux plus lointaines… Si on excepte la porte à passer pour y accéder (elle tout juste assez large pour passer et il faut être accompagné pour pouvoir l’ouvrir et la maintenir ouverte… Toutefois en étant seul c’est juste à côté du restaurant, on peut toujours demander.) ça m’a semblé tout à fait accessible et adapté au fauteuil en termes de dimension et d’aménagement. (J’ai pas besoin de me transférer puisque je me lève je ne peux donc pas dire si pour ça c’est bien foutu !)

Ensuite nous sommes montées dans les étages. Pour des questions de temps nous avons  décidé de ne faire que le premier étage (normalement si on suit le parcours de visite c’est 2° puis 1°)

Il y a normalement 3 ascenseurs dans ce musée, un d’un côté (vers la section transports, au cas où ça parlerait à quelqu’un) et les 2 autres du côté de l’entrée. Nous avions su avant de passer aux toilettes que l’ascenseur côté transports ne fonctionnait pas. Côté entrée un seul sur les 2 fonctionnait. Heureusement ce bâtiment est assez simple : chaque niveau est plane et continu (pas de demi-niveaux, pas de lieux accessibles seulement d’un côté.) Ainsi même avec un seul ascenseur en état de marche on peu visiter l’intégralité des collections. (Mais bon il faudrait pas qu’il tombe en rade aussi, là ils seraient bien embêtés…  Les ascenseurs en panne chez eux ça a l’air assez fréquent, voire habituel, même si ils ne l’ont jamais été tous en même temps dans mon expérience, il faudrait peut-être qu’ils s’en préoccupent un jour… Je dis ça comme ça. )

Nous sommes donc allées au premier étage.

Là aucun problème pour voir les objets en vitrine, en revanche les cartels explicatifs sont toujours placés de telle manière que je ne peux pas les lire. Ils sont à plat : il faudrait qu’ils soient beaucoup plus bas pour être à portée de mon regard ! Pour améliorer cela il suffirait de les placer différemment : sur le devant de la vitrine.

Il y a des écrans explicatifs avec des vidéos, selon les endroits ça n’est pas toujours facile de se placer devant (sièges fixes ou mobiles) globalement c’est pas mal, mais améliorable.

 

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La joueuse de tympanon, très impressionante. (source photo.)

Il y a à cet étage le théâtre des automates, certains étaient un peu trop hauts/ trop loin dans la vitrine pour pouvoir être pleinement visibles et appréciés. Mais globalement c’est bien. L’écran avec les vidéos d’automates en fonctionnement est bien accessible, on peut bien se positionner devant l’enceinte et l’écran. (Il y a un ou deux écrans dans les gradins donc inaccessibles mais ils montrent les même contenus : un écran est donc bien suffisant…)

 

Au bout du premier étage il y a une mezzanine, à laquelle on accède normalement par un petit escalier en colimaçon, j’ai aperçu qu’il y avait un monte-charge à l’autre-bout de la pièce, dommage qu’il ne soit pas plus indiqué, on pourrait renoncer en pensant que c’est inaccessible. (Pour des raisons de temps je n’y suis pas montée, je ne peux donc pas vous dire s’il fonctionne ou pas…)

Nous avons ensuite décidé de nous arrêter là et de nous diriger vers la sortie. Donc vers les l’ascenseur. Nous comprenons rapidement (2 ou 3 minutes) qu’il ne fonctionne pas. Ou plutôt si, fonctionne, il bouge mais il ne nous « entend » pas… C’est le bouton ne remplit pas son office. Donc l’ascenseur ne s’arrête pas au 1°, par contre l’écran nous fait bien remarquer qu’il passe allègrement du 0 au 2°… Nous cherchons un gardien (2 minutes). Je pensais alors qu’il pourrait simplement alerter quelqu’un qui pourrait nous l’envoyer (étant donné que nous l’avons emprunté pour monter pas de raison pour cela ne fonctionne pas !) Nous lui expliquons bien la situation et je lui propose aussi ma solution, mais il ressent quand même le besoin de vérifier par lui-même. Au bout de 5 minutes, il se décide à appeler un collègue. Je pense alors qu’il l’appelle pour qu’il nous envoie l’ascenseur comme je l’ai suggéré, que nenni ! (Ce serait trop simple !) Le collègue (un technicien visiblement) arrive … et il essaye aussi ! Je lui explique, je lui suggère ma solution mais non il veut vraiment voir par lui-même. (Genre « au bout d’un moment ça fonctionne et moi j’ai de l’or au bout des doigts ») Le gardien veut aussi lui faire entendre raison (parce que bon lui aussi, il commence à en avoir marre ça fait 10 minutes qu’il est sur l’affaire…) mais non. « Non mais ça va fonctionner vous allez voir, je vais pas vous laisser tomber j’ai tout mon temps » (oui mais pas nous…) « Non mais vous énervez pas ça va fonctionner » (en fait c’est toi qui m’énerve…) et là  (le gars est là depuis juste 2 minutes, l’ascenseur en est à son 2° aller-retour alors que depuis que nous sommes devant il en a fait au moins 15) Poum, il s’ouvre !  « Bah voilà vous voyez ! » (oui je vois qu’il y avait des personnes dedans qui voulaient visiblement arriver ici et avaient donc appuyé sur le bouton qui fonctionne à l’intérieur !! Ce bouton que ça fait 20 minutes que je demande qu’on aille appuyer dessus…) Le gars a donc fini sa journée persuadé que tout va bien le bouton fonctionne (une fois sur 4, 5 ou 6 … mais il fonctionne…) et moi ça m’énerve. Parce que du coup il ne va probablement pas arranger la situation et le prochain qui en aura besoin se retrouvera dans la même situation… (à moins qu’un jour cet ascenseur ne fonctionne plus non plus -> plus d’ascenseur…)

http://www.arts-et-metiers.net/musee/personnes-mobilite-reduite : tout ça c’est très bien, mais si les ascenseurs ne fonctionnent plus on ne va plus très loin…

Les ascenseurs qui ne fonctionnent pas c’est comme les toilettes handicapées fermées à clé / occupées par les produits ménagers ou comme les cabine d’essayage handicapées remplies de cartons ou comme les caisses prioritaires / les guichets adaptés constamment fermés. ça fait semblant de respecter la loi, ça fait illusion, ça fait beau, mais ça sert à rien du tout. Personnellement, ça m’énerve encore plus que les lieux franchement non accessibles ou non adaptés…

C’est comme le Louvre qui rénove ses espaces d’accueil, prévoit un lieu spécifique pour le retrait de fauteuils roulants (et poussettes) et ferme cet espace par des portes… que la personne en fauteuil ne peut pas ouvrir seule… (trop lourde, heureusement elle est en verre donc transparente, mais bon… )

 

 

Citation d’actualité…

Il ne sert de rien à l’homme de gagner la lune s’il vient à perdre la Terre.

François Mauriac

Voilà. Attention on va atteindre le point Godwin et ça pourrait revenir souvent…

Puisque certains semblent oublier l’Histoire, il faut sûrement faire un rappel. (Extrêmement simplifié mais qui suffit pour avoir peur et comprendre qu’on fonce droit dans le mur.)

En 1923 Hitler a fait un putsh raté, mais en prison il écrit Mein Kampf (Mon Combat en allemand.) et en 1933 il est élu chancelier. « Personne » ne croit qu’il est dangereux, sauf Churchill qui n’est pas écouté. (Entre 1933 et 1939, rien n’a été fait !)

Pour un rappel des faits historiques, c’est bien ici.

Et ça mène à des atrocités, toutes annoncées par Mein Kampf. Pour se les remémorer on peut très bien lire Si c’est un Homme de Primo Levi, Être sans destin de Imre Kertesh, voir La Liste de Schindler, Amen de Costa Gavras (des mois après j’en ai encore l’estomac retourné. Mais c’est le plus représentatif des questions que je me suis toujours posées, sans aucune réponse hélas.) (J’avais pensé en faire un article mais ça m’avait tellement remuée que je n’ai pas réussi. à voir avec le coeur bien accroché, et sans les enfants… Il n’y a aucune image violente, ce sont les idées et les silences, les sous-entendus qui le sont. C’est le film qui m’a le plus parlé et marqué sur le sujet.)

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Malheureusement à force d’agiter le point Godwin il semble que l’on  ne voit même plus quand ça vient vraiment. Malheureusement il semblerait qu’il ne faille même pas attendre la mort de tous les témoins de cette horreur pour qu’elle soit déjà oubliée.

Je me rappelle quand je lisais les livres d’Histoire, je me disais comme tout le monde : « Comment ça a pu arriver ? Comment on peut en arriver là ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour l’empêcher, surtout une fois que la machine est en marche ?  » Eh bien aujourd’hui encore je me pose la question. Et aujourd’hui, alors que ça recommence, je n’ai toujours pas de réponse.

J’ai toujours été bien consciente en lisant mon livre d’Histoire, que se demander ce qu’on aurait fait si on y était n’avait aucun sens. On n’y était pas. Et c’est inimaginable. Comment peut-on présumer de nos actes face à une situation inimaginable ? Et on  ne peut connaitre la réalité de nos actions qu’une fois qu’on y est  vraiment. Eh bien là ça y est, on y est. Ce texte est une petite goutte d’eau dans l’océan pour que j’aie l’impression d’agir, pour montrer ma protestation, pour dire que non je n’ai pas oublié l’Histoire. Autre goutte d’eau dans l’océan en signe de protestation et de solidarité ici : https://secure.avaaz.org/campaign/en/president_trump_letter_loc/?aGelYgb . C’est un petit peu rassurant de voir les signatures augmenter très rapidement en temps réél…

On ne peut pas dire qu’on a pas été prévenu. Autrefois « ah mais on n’avait pas lu Mein Kampf » « non mais ça semblait infaisable… » versus aujourd’hui « non mais Trump ne sera jamais élu » « non mais Trump ne mettra jamais ses paroles en actes » ou aussi : « non mais il n’y aura pas le Brexit ». Ah bah si, en fait. Bon. Et alors « Non mais le FN ne passera jamais, Marine Le Pen ne sera pas élue, il y aura un mouvement de masse… » Ah.

Moi je vois toujours pas vers qui on va pouvoir tourner le mouvement de masse. C’est divisé dans tous les sens et il n’y a pas un con pour rattraper l’autre.

Sauf Charlotte Marchandise-Franquet… mais il faudrait qu’elle soit d’avantage connue et que les gens y croient un minimum… Croire que quelqu’un qui n’a pas fait de carrière politique peut nous gouverner (vu à quoi mènent les carrières politiques moi je suis plutôt 100 fois pour ! Et puis elle n’a pas d’idée dangereuse, on ne perd rien à essayer !) Croire que le système qu’elle propose peut fonctionner. Franchement quand on l’entend parler ça donne trop envie : elle se renseigne, demande l’avis de spécialistes , est-ce que ça marcherait je ne sais pas mais au moins elle, elle ne plane pas, elle ne nous embrouille pas par des beaux discours irréels, elle est au contact de la réalité. Et c’est ça qui manque aujourd’hui. Elle a un vrai projet et veut essayer, pas faire carrière  ! ça aussi ça manque… Alors oui, peut-être qu’elle pourrait… Si elle était davantage connue…

Pour la connaitre : ici, ici (là je réécoute et vraiment ça m’enthousiasme.) et en vidéo. (Vous trouverez de multiples articles aussi en tapant son nom sur votre moteur de recherche. Mais je trouve intéressant de l’entendre directement parler…)

Revenons à notre actualité, aujourd’hui on est prévenu : Trump a clamé haut et fort ses intentions et les met déjà en pratique. Marine a aussi clamé haut et fort qu’elle était d’accord avec tous ses faits et gestes… Que c’est ce qu’elle souhaite mettre en pratique.

Ce qui me fait super peur, au delà de toutes ces élections, c’est l’état global du monde actuellement. Dans les années 30, les fuyards se sont réfugiés aux USA et au Royaume-Uni. Aujourd’hui… C’est plutôt le mouvement inverse… Mais où vont-ils se réfugier ? En France c’est mal embarqué, comme dans tous les autres pays d’Europe. Au Canada, peut-être oui…. Je sais qu’il est grand mais quand même… Les Syriens ne sont pas sortis de leur merdier… (oui je suis vulgaire, faut que ça sorte.)

Quand j’ai copié la citation de Lilo je n’ai pas imaginé que ça laisserait sortir un tel flot… Mais ça fait du bien de mettre des mots sur la tristesse, la peur et la colère. (et de partager un peu d’espoir, malgré tout…)

 

L’accessibilité dans les musées

Il y a de ces coïncidences quand même…

J’ai dans mes brouillons un sujet qui attend depuis longtemps sur l’accessibilité des musées (sujet que j’approche assez régulièrement puisqu’étant à mobilité réduite + étudiante en histoire de l’art-muséologie ! D’ailleurs j’en ai déjà un peu parlé et plus largement ici aussi) Je le proposais dans mon sondage l’autre jour, mais finalement, aidée par vos réponses j’ai décidé de commencer par celui sur les aménagements scolaires (la première partie est là, la suite va arriver…)

Mais voilà ce que je lis dans mon Lecteur wordpress :

Je commencerai avec un débat de mots. Parce que les mots importent. « Handicapé » c’est un raccourci, et tout le monde, tout le temps, devrait prendre le temps de dire «personne en situation de handicap». Le handicap n’est pas une définition de la personne mais un élément qui le met en difficulté dans son environnement. En apportant […]

via Musée interdit aux handicapés — Maman de plume

Mon premier rendez-vous chez Pôle Emploi — Porte-jarretelles & wheelchair

Comme l’illustre parfaitement cette vidéo, lorsque l’on se déplace en fauteuil roulant hors de son domicile, on peut avoir l’impression de participer quotidiennement aux jeux paralympiques.

via Mon premier rendez-vous chez Pôle Emploi — Porte-jarretelles & wheelchair

ça fait un peu plus d’une semaine que cet article a été publié, ça fait un donc peu plus d’une semaine que ça me scandalise sans que j’ai le temps de partager…

Que le monde extérieur français (pour ne parler que du très proche) est physiquement inaccessible, ça je le sais, j’ai envie de dire tout le monde le sait, c’est évident… mais en fait non… Bref, on s’en rend compte tout de même assez vite (de manière plus ou moins précise et exacte, dès lors qu’on s’intéresse à la question.

Que beaucoup de gens n’arrivent pas à imaginer qu’une personne handicapée puisse vivre une vie comme une autre, avoir un travail, être amoureuse, avoir des enfants…. ça aussi je le sais ! (Oui je sais aussi que parfois ça n’est pas possible, mais là je vous parle des nombreux cas où c’est possible !)

[NB : même quand avoir une vie comme une autre n’est pas possible la personne handicapée a une vie et des sentiments…….. Ceci était une parenthèse je la referme…]

Donc je disais, beaucoup de gens ont du mal à imaginer qu’une personne handicapée (disons en fauteuil, pour faire simple) puisse avoir une vie, un travail; des enfants … et je le sais ! Mais quand même, à ce point-là (si vous ne l’avez pas déjà fait cliquez sur le lien pour aller lire son témoignage…) ça me dépasse !

J’utilise beaucoup les transports en commun pour me déplacer (vu que j’habite à Paris, que je n’ai pas de voiture et pas le permis et que je suis écolo et que moins je marche mieux je me porte (presque) ça semble assez logique…) en particulier les bus (parce que ça évite -presque- la foule qui bouscule et qui presse et les nombreux escaliers du métro). Plusieurs de ces bus sont accessibles aux fauteuils, c’est à dire avec une rampe. En particulier le bus que je prends quotidiennement pour me rendre à l’école. J’ai donc plusieurs fois vu des personnes en fauteuil -électrique ou manuel- dans le bus. J’ai vu parfois certains qui ne pouvaient pas monter parce que la rampe ne fonctionnait pas. J’ai vu parfois certains qui ne pouvaient pas monter parce que trop de monde. J’ai entendu parfois des gens soupirer ou vu des gens regarder de travers parce que franchement si le fauteuil était pas là on aurait plus de place… (oui j’ai dit « le fauteuil » et pas « la personne en fauteuil » c’est fait exprès… Je pense vraiment que ces gens ne voient plus la personne.) Mais jamais encore je n’ai vu d’irrespect de la part du chauffeur, au contraire, il est toujours attentif.

Mais là je découvre que le chauffeur peut refuser de prendre une personne en fauteuil si elle est à un arrêt est indiqué non accessible, même si finalement c’est peut-être possible. J’avais déjà vu sur les plans de lignes de bus parisiennes l’indication « arrêt non accessible aux UFR » (Usagers en Fauteuil Roulant, avouez que c’est tout à fait intuitif…) mais je pensais que c’était une indication pour l’usager, pas une interdiction formelle (si comme là il s’avère que dans certaines conditions c’est possible…) qui donne des droits scandaleux au chauffeur.

Peut-être que j’extrapole, que ce chauffeur de bus est « une exception » qu’il a pris un droit (celui de refuser) qu’il n’a en fait pas et que c’est bel et bien qu’une indication et pas une interdiction formelle. Peut-être, soyons optimistes…

Il n’en reste pas moins que ça démontre le long chemin qu’il reste à parcourir pour l’accessibilité. Il n’y a pas que les barrières physiques, mais aussi énooormément de barrières psychologiques. Quand ces barrières psychologiques seront tombées il sera tellement plus facile de faire tomber les barrières physiques qui restent…

Bien sûr qu’il est difficile de rendre tout accessible, peut-être même que ça n’est effectivement pas possible parfois, mais commençons déjà par rendre accessible ce qui peut l’être, ça sera déjà énorme. On verra ensuite pour le reste.

Pour terminer sur une note plus positive, j’ai découvert aujourd’hui grâce à Élodie que la grande roue de la Concorde est accessible aux personnes en fauteuil roulant. C’est tellement génial !