La kiné – 1 : Pourquoi arrêter ?

J’ai plein de boulot mais besoin d’écrire ça, on va voir ce que ça donnera…

Quand j’étais enfant, une de mes kinés me disait souvent « Courage, à 18/20 ans tu seras tranquille. »

Bon, je n’en faisais pas grand cas 18/20 ans quand on en 6 ans ou même 10… C’est tellement loin ! Il est vrai que penser que je ne ferais pas ces exercices toute ma vie était un peu réconfortant, parfois, mais en même temps je ne pouvais m’empêcher de penser « qu’est-ce que ça veut dire au juste ? » Comment il fonctionnerait mon corps sans ces soins hebdomadaires ? ça veut dire qu’à 18 ans, pouf, il fonctionnerait normalement ? Ben non… je le savais déjà. Rien de triste là-dedans, j’étais juste pleinement consciente de ma différence. Pleinement consciente, déjà (je crois) que même si mon corps évoluait et mes capacités aussi, jamais je n’atteindrais les capacités des autres, ceux qu’à l’époque j’appelais (au moins dans ma tête) les « Normaux ». Rien de triste, je le répète, car j’étais assez rarement jalouse de ces capacités. Sauf si on me mettais dans une situation dans laquelle je me retrouvée lésée (mais alors je n’étais pas jalouse, juste frustrée.) (illustration-exemple sorti tout droit de mon imagination : des copains montent une échelle pour aller jouer dans un grenier, me disent de suivre, je réponds que je ne peux pas. Là il y a deux solutions > ils redescendent, fin du problème. Ou > ils restent là haut en disant « ah zut, bon t’inquiètes pas tu nous attend on redescend dans 10 minutes ! » > frustration.) (La frustration ça s’apprend et s’apprivoise, mais à 10 ans, ce genre de situations courantes est dur.)

Tout ça pour dire qu’après j’ai grandi, j’ai rencontré d’autres kinés, d’autres médecins, je me suis rapprochée des 18 / 20 ans. Le médecin qui me suivait alors a bien insisté sur l’importance de continuer à voir un kiné. (Bon, ça a beaucoup plus traumatisé ma mère que moi. Je me rappelle juste confusément de la recommandation, elle se souvient qu’il ait parlé de certaines conséquences possibles.)

C’était donc la grande crainte de ma mère quand je suis partie à Paris, que je n’ai plus de kiné. Pourtant, finalement, ça s’est fait tout seul, naturellement. Tout simplement parce qu’après avoir eu une voire deux séances de kiné hebdomadaires toute son enfance il est facile de les intégrer virtuellement dans son emploi du temps. (Je nuancerais ce point après.) Aussi parce qu’au cours du lycée avec les quelques cours de Yoga suivis et les séances de psychomotricité, j’ai beaucoup plus pris conscience de mon corps, pris en compte mes sensations. Je m’étais alors bien rendue compte, concrètement, des bienfaits de la kiné.

Parenthèse.

Déjà avant bien sûr, je sentais que j’étais bien mieux après ma séance de kiné, globalement détendue. Mais au lycée, j’ai fait plus dans le détail, j’ai appris à nommer plus précisément chaque partie du corps, à localiser les raideurs, les douleurs, à comprendre mes postures. C’est encore loin, très loin d’être parfait, mais déjà bien mieux. J’en suis sûre parce que tout simplement je n’arriverais pas à mettre des mots sur mes sensations d’avant. Sans voir de photos, je serais incapable de dire comment je me tenais étant petite. Je serais incapable aussi de dire si mes réactions spastiques (raideurs principalement et quelques effets « ressort ») ont toujours été les mêmes. Et pourtant, les sensations étaient déjà là, et je le connaissais déjà. D’ailleurs les médecins ont toujours dit que c’était à moi de dire stop, de savoir quand j’étais trop fatiguée, et les kinés m’ont toujours demandé de dire stop dans un étirement. Et je l’ai toujours fait. Elles existaient donc bien. Mais c’étaient des sensations sans mots. Les mots sont arrivés dessus petit à petit, et cela arrive aujourd’hui encore. Encore aujourd’hui j’apprends que je me tiens bien droite alors que j’ai l’impression d’avoir le dos rond, encore aujourd’hui j’apprends que je marche avec les pieds très proches alors que pour l’équilibre il serait mieux qu’ils soient plus écartés, dans l’alignement du bassin. Encore aujourd’hui j’apprends (je réapprends) que le balancement des bras a aussi de l’importance dans l’équilibre et que moi je ne les balance pas. Il faut que je m’y exerce, pour l’instant si je balance les bras je suis plus déséquilibrée… (et encore plus lente.)

Bref, fin de la parenthèse. Continuer d’aller chez un kiné une fois à Paris, ça s’est fait tout naturellement, disais-je :  quand je suis arrivée à Paris j’ai « naturellement » appelé un kiné qui exerçait à coté de chez moi. Parce que je savais que ces séances hebdomadaires me faisaient grand bien et je savais qu’une heure par semaine au fond ce n’est pas grand chose. Il était sympa, et en plus le hasard fait qu’il avait étudié en fin d’études un cas particulier d’IMC, donc il connaissait bien ma pathologie. ça tombait bien, ça me rassurait. Et puis il était assez bavard ça me permettait de ne pas parler beaucoup, au moins dans un premier temps, ça aussi me rassurait. (« Dans un premier temps » parce qu’après avoir sympathisé je devais parler autant que lui…. (et sympathiser avec le kiné c’est rapide quand le courant passe. Les rendez-vous hebdomadaires + la proximité et le contact physique + la nécessaire mise en confiance pour le soin amènent rapidement à des confidences…)

Bref, cela a duré 3 ans. Au début de la 4°année c’est une remplaçante que j’ai retrouvée, congé maladie. Bon, ce qui est bien c’est que je me suis tout aussi bien entendue avec elle. Mais ça n’a duré qu’un an. Parce qu’à la fin de l’année il est mort (hé oui), donc le remplacement prenait fin et elle ne prenait pas la suite.

C’est ainsi que l’été dernier je me suis retrouvée brusquement sans kiné. C’était juste avant les vacances d’été. J’ai alors pensé « je m’arrête juste pour l’été (comme d’habitude, donc) puis à la rentrée je retrouverai un kiné proche de chez moi. »

(Suite au prochain épisode…)

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L’Accessibilté PMR, grande oubliée

PMR est l’acronyme couramment utilisé pour désigner les Personnes à Mobilité Réduite.

Problème (insoluble) de cet acronyme : il recouvre de nombreuses situations très différentes. Certaines personnes à mobilité réduite ne pourront pas monter d’escaliers, d’autres si. Certaines ont un « problème » fixe dans le temps, pour d’autres il varie énormément (et donc leurs capacités varient.) Par ailleurs la mobilité réduite peut avoir des causes extrêmement variées : des douleurs, des problèmes articulaires, musculaires, neurologiques, respiratoires … Je dis que c’est un « problème insoluble » car c’est un état de fait : toutes ces personnes différentes ont un point en commun, la mobilité réduite. Pour se faciliter la vie on a construit une case, une étiquette pour les rassembler. C’est effectivement bien pratique pour répondre à un certain nombre de besoins. Le revers de la médaille c’est que l’étiquette fait oublier la variété, elle fait croire qu’il y a une seule et même réponse pour toutes les personnes à mobilité réduite, ce qui n’est évidemment pas le cas.

Quoi qu’il en soit c’est ce qui désigne le mieux ma situation. Je marche mais avec un périmètre réduit (cela engendre de la fatigue et des douleurs sur le moyen/long terme) et lentement. La station debout (le fait de rester debout à un point fixe) et le « piétinement » (bouger mais sans trop bouger : dans une file d’attente, pendant le shopping, dans un musée…) me sont pénibles (fatigue et douleurs au moyen/long terme).

Ce qui est dommage c’est qu’il est souvent mal utilisé et mal compris. J’ai souvent vu marqué accès PMR pour désigner l’accès aux personnes en fauteuil roulant. Or, je trouve que ce n’est pas la même chose et qu’une distinction devrait être faite.

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Rien que la difficulté à trouver une illustration de ce pictogramme montre qu’il n’est finalement pas si répandu et que PMR est souvent confondu avec fauteuil roulant…

Parenthèse 1 : Parlons de ce qui va bien : la distinction commence à être faite dans certains endroits. Par exemple à Paris dans les bus les personnes en fauteuil roulant sont désignées par l’acronyme UFR (Usagers de fauteuil roulant) et un symbole distinct du fauteuil se répand de plus en plus (pour les places réservées notamment.)

Parenthèse 2 : certaines personnes à mobilité réduite utilisent un fauteuil roulant ! Soit quotidiennement parce que leur mobilité est justement très réduite et que cela permet de l’augmenter soit occasionnellement dans des situations particulières (par exemple moi dans les musées, quand je sais que je pourrais être autonome et qu’une longue période de piétinement s’annonce.) ça explique que l’on puisse voir des personnes en fauteuil roulant se lever voire marcher voire monter des escaliers. Ce qui m’intéresse ici c’est de parler des situations où la personne à mobilité réduite se déplace sans fauteuil. Fin de la parenthèse.

Parfois, souvent, les besoins des personnes en fauteuil roulant ne sont pas les mêmes que ceux des personnes à mobilité réduite. Bien sûr parfois ça se rejoint, mais parfois non. (Je donnerais plusieurs exemples plus bas.)

Du fait de cette confusion les besoins des personnes à mobilité sont souvent oubliés et sacrifiés dans les travaux d’accessibilité. Oubliés parce que pas imaginés ou connus… C’est pourquoi j’ai décidé d’en parler ici.

Pour la suite, gardez à l’idée que je parle surtout de ma propre expérience mais que pour d’autres personnes à mobilité réduite il peut y avoir d’autres problèmes et d’autres solutions, pour d’autres personnes mes solutions n’en sont pas, et peut-être bien que tous mes problèmes n’en sont pas pour les autres personnes à mobilité réduite. Ce que j’écris n’est donc pas la seule et unique Vérité.

Quand l’intérêt des personnes en fauteuil rejoint le mien :

  • Les ascenseurs, rien de mieux pour monter plusieurs étages, ou même un seul pour éviter de la fatigue ou des bousculades.
  • Les bâtiments construits de plein-pied, sans petite marche cachée.
  • Les quais à la même hauteur que le train (le RER C est à ce jour le pire que je connaisse…)
  • Quand les choses sont facilement accessibles sans faire de contorsions ou de l’escalade (bien sûr étant debout les objets me sont accessibles sur une hauteur plus importante.)
  • Un sol est plat et sans obstacle.
  • Une place de parking réservée qui n’est pas à des km. (Je n’en abuse pas parce que mon périmètre est tout de même assez étendu et que les places sont souvent assez rares. Mais pour certaines occasions quand le lieu est bondé trouver une place à proximité peut m’être très TRÈS utile.)

Mes besoins spécifiques (qui ne servent à rien aux personnes en fauteuil voire sont opposés à leurs besoins).

  • Des places assises en quantité : des bancs / sièges dans la rue, dans les salles d’attente, les gares, les transports. Cela pose de plus en plus problème, en effet elles sont facilement supprimées pour plusieurs (souvent nuls…)
    1. paris-inaugure-ses-abri2b2s-voyageurs-acc80-haut-niveau-de-serviceL’esthétique. Par exemple aux arrêts de bus parisiens les bancs sont maintenant arrondis aux extrémités, seulement 3-4 personnes peuvent s’asseoir là où 5 pouvaient être avant. L’esthétique peut aussi rendre certains sièges très inconfortables. (Un truc tout bête qui m’arrive souvent : le siège est fait de telle manière que si je m’appuie au dossier – avouons que c’est plus reposant- les pieds ballotent dans le vide… surprise, ça ne fait pas du tout du bien !)
    2.  La connerie chasse aux SDF : oui oui, la disparition des sièges dans les stations de métro n’est pas un mythe… Parfois (pas toujours !) remplacées par des sièges mi-debout qui n’ont quasiment aucun intérêt pour moi. Certes ça permet de s’appuyer ça enlève donc le problème de l’équilibre mais absolument pas la fatigue de la station debout et souvent c’est tellement mal-foutu / pas adapté à ma morphologie que c’est beaucoup trop inconfortable et je n’en tire aucun bénéfice.
    3. Le manque de savoir-vivre, de civisme : les strapontins disparaissent parce que les parisiens n’étaient apparemment pas capables de se lever en cas de forte affluence... (tous / beaucoup des utilisateurs de strapontins avaient/ ont-ils des handicaps invisibles ? C’est une question que je me pose constamment. Mais hélas je crois bien que non.)
    4. Le manque de civisme ou esprit pratique : les poussettes sont de plus en plus grosses et de plus en plus difficiles (voire impossibles) à plier + les gens sont pressés et flemmards (bon, je sais, je parle des parisiens, pardon…) résultat : elles prennent la place normalement dévolue aux personnes en fauteuil roulant et considèrent que c’est un droit. Donc pour palier à cela, en toute logique, on ne demande pas à ces gens de plier leur poussette, non, on met un deuxième emplacement ! Ainsi dans les nouveaux bus 21 -et certainement d’autres- il y a maintenant un emplacement fauteuil ET un emplacement poussette (bon, ça a changé apparement, maintenant les dessins au sol indiquent 2 emplacement fauteuil… n’empêche que les utilisateurs les plus fréquents sont les poussettes…), c’est formidable, on leur donne donc raison et on multiplie le nombre de poussettes par 2. Désolée, ça m’énerve parce que la conséquence directe c’est le point suivant
    5. En ce moment, hélas, la place pour les fauteuils roulants dans les bus se fait au détriment des places facilement accessibles. (C’est logique bien sûr, on n’allait pas mettre les fauteuils sur les roues à l’arrière… Les places supprimées sont donc celles de plein-pied à l’avant du bus, il reste toutes les autres bien souvent bien éloignées des portes et casse-gueules surélevées.) (Et le plus énervant donc si vous avez bien suivi c’est que de toute façon ces emplacements sont le plus souvent utilisés par des gens avec poussettes…) (Sérieusement pensez-y c’est bien ch*** : prenez une poussette pliable / pas trop grosse, vous me remercierez car vous l’emporterez plus facilement en vacances et elle sera plus légère et vous serez moins gênés -en tout cas gênants- dans la foule des bus parisiens -ou même ailleurs…)

      bus

      Je ne trouve pas d’image correspondante, imaginez donc qu’à la place des 3 places face à nous à gauche, il y a un emplacement fauteuil/poussette (et donc pas de barre à gauche…)

    6. Notons que le peuple n’est pas le seul à manquer d’esprit pratique / de logique, les managers des services de transport (et les dirigeants, ahem) aussi. Il serait tellement plus efficace d’augmenter le nombre de transports que de baisser le nombre de places assises et laisser les gens s’entasser comme des sardines… D’autant plus qu’en augmentant le nombre de transports, on augmente le confort de tous et donc on encourage les gens à prendre les transports et donc il y a moins de voitures et donc ça roule mieux et donc c’est plus fiable et donc ça encourage à prendre les transports (oui je me répète !) et donc il y a plus de gens qui payent et donc (logiquement) l’argent qui est investit dans les nouveaux transports serait ainsi bien amorti. (Non mais bon je sais, je réfléchis trop, je suis trop intellectuelle et idéaliste et EN PLUS je suis nulle en chiffres..) (m’enfin quand même, si quelqu’un veut bien m’expliquer comment on veut réduire les gaz produits par les voitures tout en réduisant les effectifs de conducteurs de transports en commun, je veux bien savoir…)

Les assises, je pense que c’est une généralité pour toutes les personnes à mobilité réduite. (d’où leur importance, ahem) Les suivants pas forcément…

  • Des escalators : un escalator m’évite autant de fatigue et de problème d’équilibre qu’un ascenseur. Si ça peut m’éviter de faire X mètres supplémentaires pour atteindre l’ascenseur caché, je prends.
  • De la même manière étant donné que je monte 3 marches sans problème, je préfère monter ces 3 marches que me farcir toute la rampe (en plus, par temps de pluie elle serait plus casse-gueule qu’autre chose.) En résumé, pour moi, une, deux ou trois marches valent mieux qu’un long dénivelé (ou même plus, jusqu’à 10/15, s’il y a la condition suivante.)
  • Des rampes (d’appui) à chaque escalier : à partir de plus de 3 marches je serais contente d’avoir un point d’appui pour ne perdre l’équilibre. Au delà de 10 je serais contente de l’avoir pour m’aider dans l’ascension. Au delà de 20 je serais contente d’avoir un escalator ou ascenseur…
  • Un réseau de transport en commun très développé. Parce que plus il est développé, moins j’ai à marcher. Développé en terme de maillage mais aussi de fréquence : plus il y a de métros/bus plus il y a de places assises / moins il y a de foule et donc de bousculades et donc de risque de déséquilibre, d’énergie dépensée… (ouais j’enfonce sciemment des portes ouvertes…)
  • Des points d’accroche dans les bus.  Là aussi, hélas, les designers de bus ont fait disparaître certaines barres bien utiles pour les nouveaux emplacements de fauteuil roulant (pour qu’ils puissent manœuvrer plus facilement). Ainsi dans le bus 21 arrivée au premier tiers du bus je ne peux plus avancer si je n’ai pas mes deux mains libres ou qu’il y a trop de monde, parce que je n’aurais pas de barre pour me tenir. (Parce que soyons clairs, les poignées au plafond, ça sert à rien du tout.)
    C’est con idiot puisque du coup en cas de forte affluence/ de conduite sportive je ne peux pas accéder aux plus nombreuses places à l’arrière et suis obligée d’utiliser de demander une des rares place prioritaire de l’avant (ou de patienter.)
  • Un dernier point, un peu pour rigoler … mais pas totalement. La fin de la mode des chaussures à talons ! Les modèles sans talons sont de plus en plus rares et c’est dommage puisque je ne peux pas porter de talons… (Je ne demande pas une semelle totalement plate, ce qui n’est pas l’idéal non plus, elle s’use super vite et mon pied rentre encore plus en dedans, juste une semelle normale !) (Je ne comprends pas, en plus, c’est de plus en moche, on dirait un concours du talon le plus haut ou du talon le plus épais ou au contraire du plus fin. C’est pas comme si on ne parlait pas des conséquences sur les chevilles et les orteils. Bref, je m’égare.)

Il me semble avoir fait le tour… Peut-être que je compléterai si d’autres idées me viennent. N’hésitez pas à commenter si vous connaissez aussi cette situation… Ou pas !

Tag de la route

Pomdepin m’a donnée envie avec ce tag... de lecture.

-Parking : Combien de livres as-tu dans ta PAL (Pile à lire) ?

Je n’ai pas à proprement parler de PAL, plutôt une liste, qui s’agrandit sans cesse (beaucoup plus vite qu’elle ne diminue, c’est ça le drame…)

-Limitation de vitesse : quelle limitation donnes-tu à ta PAL ?

Je ne donne aucune limite à ma liste. En revanche, depuis mon bac, je sais que si je prends plus de trois livres en allant à la bibliothèque ils ne seront pas lus dans le délai du prêt (et même trois livres ça devient rare, hélas.)

-Route prioritaire : Quel livre est ta prochaine priorité ?

Il faut que je le lise avant ma rentrée !

-Réservé au camions : Quel pavé liras-tu prochainement ?

Alors prochainement ça m’étonnerait. (Je ne vais pas lire un pavé pendant l’année !) Mais un jour, très certainement, je lirais Sourde, muette et aveugle : l’histoire de ma vie d’Helen Keller.
Bon, recherche faite, il ne fait que 275 pages, ce n’est donc pas vraiment un pavé, mais dans mon imaginaire c’en est un. Et si vous voulez savoir pourquoi il va falloir vous accrocher parce que je vais partir en digression lointaine…
Enfant j’ai été abonné à Images Doc. Dans un numéro de ce magazine un jour ils ont parlé de l’histoire de la langue des signes mais aussi d’Helen Keller, d’Emmanuelle Laborit… ça m’avait marqué. J’ai alors lu L’histoire d’Helen Keller par Lorenaa A. Hickok qui m’a énormément plu. Dans ce livre j’ai découvert qu’elle avait écrit sa propre histoire. Dès lors, plusieurs fois, pendant mon adolescence, je l’ai cherché à la bibliothèque municipale sans le trouver. Mais l’idée est toujours là. Cet été j’ai enfin lu Le cri de la mouette d’Emmanuelle Laborit (qui me tend les bras depuis la même époque), j’ai trouvé ça très intéressant. Donc je vais redoubler d’efforts pour le trouver
Tout ça ne vous explique pas pourquoi je l’ai rangé dans la catégorie « pavé ». il y a en fait trois raisons, aucune n’est vraiment logique
– dans L’histoire d’Helen Keller il est dit que les livres en braille sont très épais, mon esprit d’enfant a donc imaginé que le livre d’Helen Keller, bien qu’écrit en anglais traditionnel, serait tout aussi épais.
– mon esprit d’enfant pensait aussi que cette dame très intelligente et sage qui avait vécu tant « d’aventures » aurait beaucoup a raconter, donc forcément ça fait un pavé.
– cette idée de pavé a ensuite été savament entretenue par les bibliothèques puisque les rares fois où je le trouvais dans le catalogue il était placé en réserve. Ce qui à l’époque correspondait pour moi à « attention grosse oeuvre fragile ».
Voilà, voilà. Et donc il ne fait que 275 pages. Grosse découverte du soir. Tout de suite, ça me semble plus accessible.

-Réservé au bus : Un livre que tu réserves à une période spéciale ?

Euh… non.

-Stop : Un livre que tu as abandonné ?

J’ai beaucoup de mal à abandonner un livre, je me force toujours … jusqu’au blocage. Malgré tous mes efforts, je n’ai jamais réussi à terminer le Journal d’Anne Franck.

-Issue de secours : un livre que tu as arrêté mais que tu vas reprendre pendant une autre période ?
Le premier Homme d’Albert Camus. Je n’ai pas choisi d’arrêter j’y ai été contrainte (par les études, évidemment) mais j’ai adoré ce que j’en ai lu. C’est certain que le lirais quand j’aurais plus de temps.

-Sens interdit : quel genre de livre ne t’attire pas particulièrement ?

Les livres d’auteurs à succès comme Marc Lévy ou Guillaume Musso.

-A quel genre de livres donneras-tu ta chance cette année ?

Aucune idée.

-Feu tricolore : Un livre qui t’a fait passer par plusieurs émotions ?

Mais enfin, il y en a une tonne !

-Rond point : Un livre qui t’a fait tourner en rond ?

-Route à double-sens: Un livre que tu as aimé et détesté à la fois ?

Alors non, ça c’est pas possible. Si je déteste, c’est que je n’aime pas. (Ahem)

-Hôtel : Quel livre t’a volé ton sommeil ?

Il y a plein de livres que j’ai lu sous la couette jusqu’à pas d’heure.  Le dernier en date : Le saut de l’ange de Lisa Gardner. Ce qui est fou c’est que ce n’est pas le suspense de l’histoire qui m’a fait veiller juste que je voulais l’avoir fini avant de partir de chez mes amis à qui il appartenait. Mais en fait ce n’est pas un livre que je recommenderais. Le style n’est pas absolument remarquable, le suspense pas insoutenable et il y a plein d’incohérences qui enlèvent de la crédibilité à l’histoire et de passages qui ne servent finalement à rien.

-Monument historique : Le livre qui est pour toi un monument (une pépite de ta bibliothèque) ?

La Promesse de l’aube de Romain Gary. Un de mes livres préférés. Un des livres qui m’a le plus ému. (Peut-être bien qu’il m’a fait pleurer, d’ailleurs…)

-Autoroute : Qui tagues-tu ?

Questionnaire de Flow : 92 à 101

92) A qui envoyez-vous le plus de SMS ?
Je ne sais pas.

93) Dites-vous plus souvent oui ou non ?
Oui. Et même si je sais que j’arrive à dire non plus souvent qu’actuellement, la majorité restera toujours au oui. Parce que je pense que dire oui c’est  aussi une manière d’accepter ce qui arrive, de saisir les occasions et d’avoir un regard plus positif.

94) Aimez-vous être seul ?
Oui, les moments seuls me sont vitaux pour avoir des moments de paix, seulement face à moi-même. Mais j’ai aussi besoin de voir régulièrement des gens pour ne pas dépérir. (Le besoin de solitude est majoritaire dans l’absolu. J’ai simplement besoin de voir un ami ou une amie pour discuter deux/trois fois par semaine et sortir pour voir des gens (même inconnus) minimum une fois tous les deux jours.

95) Que feriez-vous si vous n’aviez pas besoin de travailler ?
Je ferais du bénévolat (dans le domaine de l’éducation ou de la culture) pour des populations défavorisées ou marginalisées. Et je ferais plein plein PLEIN de voyages, dans toutes les parties du monde.

96) Êtes-vous un bon conducteur ?
Je n’ai pas le permis. (Je ne m’imagine pas bonne conductrice puisque je suis très « mono-tâche ».)

97) Avez-vous besoin que les gens vous apprécient ?
Plutôt oui. Enfin, j’ai besoin d’avoir un minimum de gens qui m’apprécient dans mon entourage. Après pas besoin que TOUS m’apprécient (une ou deux personnes suffisent amplement), je suis très capable d’ignorer superbement ceux-qui ne m’apprécient pas tout en gardant les contacts nécessaires à la vie en société (pour travailler par exemple…)

98) Qu’auriez-vous du faire de différent dans votre vie amoureuse ?
Pour l’instant tout va très bien, merci !

99) Quand vous sortez le soir, que préférez-vous faire ?
Mais le soir il y a plein de choses bien à faire ! Pas seulement une seule : déambuler (un peu, au-delà d’une heure et demi/ deux heures, c’est trop…) dans les rues de Paris, aller au cinéma ou au théâtre ou à l’opéra, se poser en terrasse pour boire une bière, un thé ou un chocolat.

100) Avez-vous jamais enfreint la loi ?
Certainement. Du genre prendre un transport sans ticket (mais je n’ai pas dû le faire souvent car je suis très honnête et que ça me stresse beaucoup trop) ou n’être pas attachée en voiture sur un trajet de 10 minutes à 20km/h en campagne.

101) Votre signe astrologique correspond-il à vos traits de caractère ?
Je ne crois pas du tout à ces choses-là, mais ça me fait beaucoup rire… Voyons donc…
je suis Poisson. Ce site dit :

Le caractère du Poissons : c’est le dernier signe de l’horoscope. Il symbolise le nouveau commencement. Mais comme il ferme le cercle, il se présente comme le signe de l’éternité, de la réincarnation et de la renaissance spirituelle.

Le Poisson est quelqu’un de loyal, de désintéressé et il très généreux. (oui) Le Poisson est une personnalité sensible, ce qui explique sa grande tolérance. Il peut être toujours à l’écoute des autres, allant même jusqu’à se sacrifier pour eux. Très compréhensif, son caractère le pousse ouvert à venir en aide aux autres. (oui toujours) Il éprouve le désir de les consoler, de les réconforter et veut même guérir tout le monde. (non, je me sens très nulle pour réconforter…) Il n’aime pas l’agressivité. (oui) Une des qualités du Poisson est qu’il peut s’adapter à toutes les situations et aux gens. C’est un être ouvert mais discret. (oui) Il aime respecter son entourage (ah, je vois pas ce que ça veut dire…).
Mais le natif de ce signe est aussi un être qui ne se confie pas facilement. Il n’extériorise pas facilement non plus ses sentiments. Il est timide (oui) et orgueilleux. (loupé ! et puis, euh, je croyais qu’il était généreux ?) C’est aussi un pessimiste et a tendance à se laisser aller à la tristesse, à la mélancolie. (non, non, non !) Le Poisson a pour habitude d’accaparer la conversation, ne laissant pas aux autres le temps de parole. Mais son art de parler compense fort bien l’ennui de ses interlocuteurs. (Je vois pas trop comment il font coïncider la grande capacité d’écoute précédemment citée et l’accaparement de la conversation… Et l’occurrence chez moi c’est non. Et pour l’art de parler on repassera, j’ai de la répartie par de courtes phrases mais certainement pas des longs discours !) Le plus grand défaut du Poisson est qu’il manque de confiance en lui. (Ah, ça… Oui.) Le signe du Poisson est également régi par le mysticisme et les rêves. (le mysticisme je sais pas trop, mais les rêves… oui !)

Bon, ça m’amuse énormément… (Comment noyer le poisson –ahahah– pour dire tout et son contraire !) Donc, voyons ce que ça donne avec celui-ci :

Le profil de la femme Poissons
La femme Poissons est une petite sirène attendrissante (hmm, hmm, ok…) et rêveuse (oui d’accord, c’est vrai et on nous l’a déjà dit, merci) qui inspire les poètes (ahah J’ai une belle chanson écrite à partir de mon prénom, ça compte ?). Elle a un grand sens artistique et créatif (oui ça d’accord), et cherche un esthétisme inédit. (Ah.. euh, ça veut dire quoi ?) Quel que soit le domaine, elle se laisse influencer par toutes les tendances et les courants qu’elle croise (il est vrai que je suis très influençable) et elle les mélange pour créer une nouveauté, la sienne. (si seulement…) Ainsi ses relations familiales, amicales ou amoureuses ne sont jamais banales.(ah bon ? Mes relations familiales vont très bien, merci. Ok mes amies sont un peu barrées… Décidément y a un problème avec l’Amour aujourd’hui !) De même, ses goûts hétéroclites donnent un mélange d’influences intéressant. (Si ce n’était pas du grand blabla, ça serait probablement vrai dans le fond…) La femme Poissons calque aussi sa manière de penser au fil de ses rencontres et assemble entre elles plusieurs philosophies de vie.(Il est vrai que j’ai peu d’opinions arrêtées et que je suis très influençable -on se répète un peu là…- MAIS ma philosophie de vie est arrêtée depuis bien longtemps, elle. Elle s’enrichit probablement de mon vécu, certes, mais ce n’en est qu’une forme un tout bien harmonieux. Si si.)Elle aime méditer, réfléchir sur ce qui l’entoure, et garde toujours l’esprit ouvert. (Ah ça, oui !) Ce mode de fonctionnement fait de la native une personne surprenante et troublante(ahah, on ne m’avait encore jamais dit ça !) mais parfois déraisonnable (euh, ça non plus, même plutôt l’inverse…) et influençable (oui, ok, on avait compris). Elle peut aussi se montrer orgueilleuse et capricieuse, quand elle se sent bloquée dans un projet ou attaquée. (alors là, certainement pas !) La femme Poissons est sensible, indulgente et ne juge jamais ses amis car elle est respectueuse de la liberté de chacun. (oui oui oui.) Elle ne cherche en aucun cas à contrôler les univers qui ne sont pas les siens, seulement à les comprendre. (hmm, c’est un peu perché -je crois pas être très mystique comme ils disaient au-dessus…- mais si on veut…)

(J’arrive à bout de la première centaine de questions, il en reste encore 209… ça va durer encore longtemps 😀)

« Le soleil est pour toi » de Jandy Nelson

Une nouvelle lecture, une nouvelle bonne surprise. (De manière générale j’aime beaucoup scripto. Il y a des maisons d’éditions  comme ça, qui ne me déçoivent pas… (je n’ai pas de conflits d’intérêts, ce billet est totalement libre !))

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source : priceminister

Encore une fois, je préfère vous faire mon propre résumé :

Il s’agit d’une famille : un père, une mère, un garçon et une fille – des jumeaux. Le récit se fait alternativement par les yeux du garçon, Noah, 13 ans et demi, et par les yeux de la fille, Jude, presque 3 ans plus tard (à 16 ans donc, si vous suivez bien).

Les deux jumeaux ont des caractères très différents et sont pourtant très proches. Ils ont deux visions différentes, deux manières de s’exprimer différentes et pourtant se comprennent très bien. Un lien très fort les unit : ils sont jumeaux. (Je me répète un peu…)

Au fil du récit, on s’installe dans les pensées de Jude et de Noah, ceux-ci nous apprennent chacun à leur manière les évènements qui bouleversent ou ont bouleversé leur vie. Noah parle du présent, Jude entremêle son présent avec le passé qui la hante, ainsi s’entremêlent leurs vies, leurs récits, leurs vécus, leurs visions … différents mais parallèles.

Au fil du récit on découvre ce qui les sépare / ce qui les a séparé peu à peu.

Pour finir, ça a peut-être de l’importance pour certains, ça se passe aux États-Unis, sur la côte (Est ou Ouest je ne sais plus…), tout proche de l’océan.

Ce que j’en ai pensé :

J’ai beaucoup aimé cette écriture alternante. J’ai beaucoup aimé me plonger dans la peau des personnages. Il m’a fallu cependant un certain temps d’adaptation, je n’ai pas accroché tout de suite. J’ai bien aimé la vision poétique du monde qu’ils ont chacun (je me suis sentie plus rapidement proche du monde de Noah). J’aime beaucoup leur manière d’analyser / d’exprimer leurs sentiments.  J’ai beaucoup aimé la folie des personnages, leur passé torturé.

Bon et puis, soyons honnêtes, c’est entre autres l’histoire d’un drame familial et j’aime bien lire des histoires de drame familial. (Pourquoi ? Je ne sais…)

C’est aussi des histoires d’amour, ça ce n’est pas trop mon truc mais ça parle de  l’apprivoisement des sentiments, et ça me parle déjà plus. Mais aussi l’acceptation et le choix (ou non choix) de sa vie, ça aussi ça me parle. C’est aussi l’histoire de personnages qui se cherchent et se découvrent, qui mentent – aux autres mais aussi à eux-mêmes – qui n’osent pas parler, n’osent pas se montrer tels qu’ils sont…. ça encore ça me parle. (Le dernier épisode est tout récent… c’est ici)

Pourtant, malgré tous ces ingrédients que j’aime, j’ai failli abandonner.

Parce que les chapitres sont trop longs pour moi. Je préfère m’arrêter à la fin d’un chapitre, or là si j’attends la fin du chapitre… Je lis trop longtemps ! C’est dû au souhait de l’écrivaine de faire alterner les voix de Jude et de Noah, et forcément pour que ça ait un sens et qu’on ne s’y perde pas, il faut raconter tout un évènement… et donc c’est long. Je pense que le livre aurait gagné à être découpé en parties puis chapitres, ou chapitres et sous-chapitres…

Parce qu’ il m’a fallu un certain temps pour entrer dans le monde de Jude mais aussi pour « accepter » l’écriture attachée à Noah. (Question de traduction ou du style de l’écrivaine ?) Il m’a fallu aussi un certain temps pour me détacher de ce que j’avais lu en quatrième de couverture. (Ne lisez donc pas la quatrième de couverture 🙂 ) J’attendais quelque chose qui ne venait pas. Il y a eu mésentente entre la quatrième de couverture et moi. Ou alors l’éditeur et moi n’avons pas la même vision de l’histoire. Ou alors la quatrième de couverture va beaucoup trop loin dans l’histoire…

Cependant, j’ai bien fait de m’accrocher, j’ai finalement été happée par l’histoire, par les personnages, par leurs sentiments. J’en ai beaucoup retiré à propos de la vérité et du mensonge, du cours de la vie, du choix et non-choix, du rapport aux autres.

Je suis contente de m’être accrochée même si ça m’a fait aussi un peu peur et mal. C’est poétique et plein d’amour. Mais aussi plein (plein) de douleur, de haine et de tristesse. Je vais mettre un petit temps à m’en remettre je crois. (Bref, il faut avoir le cœur bien accroché quand on commence, je crois.)