Consommation et auto-cadeaux

J’avais commencé en écrivant un truc bien auto-centré et inutile qui me servait juste à poser mes pensées noëlesques par écrit. J’ai fini en mixant avec une autre idée moisissant dans mes brouillons sur le zérodéchet et la consommation responsable. Je suis pas mal en terme de recyclage. ^^

Ce qui est chouette avec Noël, quand on a une grande famille, c’est que ça permet d’avoir plein de cadeaux. Cadeaux utiles, grosses dépenses infaisables autrement, cadeaux plaisirs, dépenses futiles que l’on ne se permet pas d’habitude, cadeaux surprises, ces petits trucs auxquels on aurait pas pensé mais qui font plaisir et montrent l’attention de la personne. Oui, tout ça.

Évidemment, plus la famille est grande, plus on a de cadeaux. Depuis toujours, pour que les cadeaux puissent remplir cette fonction d’utilité, on doit faire une liste. Mais plus le temps passe, plus ça devient difficile… Pas parce que je n’ai pas d’idées, mais parce que au contraire mes idées sont de plus en plus précises ou pas compatibles avec le système liste… (Je fais donc une liste pour expliquer, oui.)

  1. Parfois j’ai une idée très précise de ce que je veux sans avoir de produit-cible ou produit-exemple  sous la main. Je donne donc toutes les précisions auxquelles je pense mais forcément il y  en a auxquelles je n’aurais pas pensé ou ils ne trouvent pas ce qui colle ou comprennent pas, bref…
  2. Parfois j’ai une envie de cadeau qui dépasse le budget d’une personne-offrante mais leurs budgets ne sont pas cumulables… à moins de se faire offrir des sous. Or la plupart de mes proches préfèrent donner des objets plutôt que des sous.
  3. Parfois, j’ai envie de m’offrir quelque chose sans avoir envie de le dire-avouer-montrer. Parce que c’est trop « intime », intime dans le sens de « révélateur ». Je ne les mets donc pas sur la liste, si j’avais des sous je pourrais les acheter avec… mais… la plupart de mes proches préfèrent donner des objets plutôt que des sous.
  4. Il n’y a que deux « personnes » qui acceptent de m’offrir un cadeau sous forme d’argent : mes grands-parents paternels et une tante. MAIS mes grands-parents, qui ont un budget important, sont aussi ceux qui respectent le plus scrupuleusement les précisions données. En plus, ils permettent l’échange si ça ne convient pas exactement. Ils sont donc parfaits pour le cas n°1. (Maintenant que je suis assez audacieuse pour reconnaitre quand un cadeau ne me convient pas tout à fait et oser l’échanger) ou le cas n° 3. Mais pas les 2 en même temps ni plusieurs de ces catégories…
  5. Quant à ma tante, son budget est petit. C’est bien pour m’offrir des petits plaisirs que je ne me permettrais pas habituellement, mais pas suffisant pour couvrir une dépense très importante en se cumulant au cadeau de mes grands-parents.

En plus de ça, maintenant que je change ma manière de consommer, j’achète de sur le moment même où j’en ai besoin, d’occasion sur Internet… ou neuf mais alors éthique et/ou local/français/européen et/ou bio et/ou peu polluant…

Bref, pour résumer maintenant que je me connais bien mieux, que je sais mieux ce que je veux, j’ai des idées plus précises des cadeaux que je veux et des principes que je souhaite respecter. C’est donc de plus en plus difficile de dresser ma liste.

Ce qui est bien, c’est que j’adore les surprises, donc ça ne me gêne pas de recevoir des cadeaux totalement autres. Mais alors, ça augmente l’accumulation d’objets que j’ai chez moi tout en ne diminuant pas ma liste d’envies… Alors que je cherche à réduire ma consommation et être moins matérialiste, c’est bête…


J’ai actuellement une grande ambigüité entre 2 parties de moi-même : celle qui veut consommer moins et celle qui a appris à acheter pour se faire du bien et prendre soin de moi (des gourmandises, des vêtements, des plantes, des livres, etc.)

Bref, voilà la liste de mes derniers achats qui dans un autre temps auraient été inscrits sur ma liste mais que aujourd’hui j’ai acheté moins cher et d’occasion, sans attendre :

  • des rideaux
  • une gourde en inox pour remplacer la bouteille en plastique (occas’)
  • 2 thés chez N&D
  • un foulard supplémentaire complétant ma collection (occas’)
  • un livre de recettes (occas’)
  • un livre

Voici ma liste d’envies que je n’ai pas pu inscrire sur ma liste de Noël…

  • des cours d’arabe (hors budget, j’ai demandé un dérivatif ^^)
  • un voyage (hors budget et surtout implanifiable pour le moment)
  • un siège avec des critères bien particuliers (tellement particuliers qu’en fait il n’existe pas… J’ai cherché pourtant. Mais c’est apparemment le mouton à 5 pattes.) Et 2 autres pièces de mobilier avec des critères bien particuliers.
  • Le lave-vaisselle bob qui me fait beaucoup rêver mais qui n’est pas raisonnable (pas la place et hors budget)
  • un matelas d’accupression (déjà que j’y pensais, maintenant j’ai encore plus envie :D) (ça rentrerait dans le budget des grands-parents mais il y a déjà autre chose…)
  • un plateau sur pieds (mi plateau de petit-déj /mi plateau d’ordinateur) déjà demandé et ça avait mal compris, j’ai pas reçu ce à quoi je pensais… (En écrivant j’en ai acheté un d’occasion…)
  • un calendrier de l’Avent ! (en écrivant j’en ai aussi acheté un… Un calendrier à moins de 10 euros et qui n’est pas en rupture de stock, j’ai failli désespérer !)
  • pleins de petits trucs de vaisselle que je veux acheter d’occasion (prochains achats à prévoir, plutôt après Noël si la personne ne me répond pas, ça étalera les dépenses…)
  • une plante supplémentaire (intransportable donc non-offrable à Noël.)
  • un développement de photos (mais ça ne va pas sur une liste de noël, ça.)

En écrivant, c’est devenu clair, j’ai manifestement changé de manière de consommer.

D’une part parce que j’ai mes propres sous que je peux gérer comme je veux. Je peux donc plus facilement acheter tout au long de l’année que dans mon enfance et adolescence quand je dépendais de mon petit pécule d’argent de poche (qui passait dans les sorties entre copines : ciné, gourmandises, shopping livresque et parfois vestimentaire).

D’autre part parce que j’ai aussi plus accès à Internet et plus de liberté dans son usage. Je peux donc acheter d’occasion par Internet alors qu’autrefois c’était uniquement lors de vide-greniers ou virées familiales à Emmaüs (impossible d’y aller sans voiture)

Enfin, je me répète, j’ai des idées beaucoup plus définies. Parce que je me connais mieux, je sais mieux ce que je cherche et parce que je ne suis pas influencée par les remarques de mon entourage maintenant que je vis seule…  J’ose donc plus me dévoiler (à moi-même puis in fine aux autres, mis devant le fait accompli ^^)

Dans la lignée de cette moindre influence parentale et de la gestion de mes propres sous, je suis aussi plus décomplexée dans l’usage de mon argent. Autrefois j’aurais culpabilisé à chaque dépense « plaisir ». Parce que non indispensable. Aujourd’hui j’ose, tout en gardant un oeil sur mes dépenses et en restant raisonnable et limitée. Je pose les priorités, les valeurs que je suis prête à dépenser pour chaque objet en me demandant si c’est compatible avec mon budget ou non.

C’est pour garder cette liberté de choix que je veux trouver rapidement un travail. J’ai des économies, pour un « long moment » mais je veille à ne pas dépasser un budget raisonnable par mois pour ne pas me retrouver bloquée.

C’est pour garder cette liberté que je fais attention à toutes les réductions possibles. Je sais que les dépenses vont vite, surtout à Paris et quand on veut consommer responsable. Je sais que trouver un travail ne sera pas facile et pas forcément immédiat.


Je consomme « responsable » en réfléchissant à chacun de mes achats. Ce que j’ai appris dès le début de mon pouvoir d’achat, en fait. Au-delà du « est-ce qu’il m’est utile ? » et « est-ce que j’en ai besoin ? » que j’ai appris enfant et qui laisse parfois peu de place au plaisir je me demande « est-ce que je m’en servirai ? » (Pour autant je ne jette pas définitivement les premières questions qui sont utiles pour ne pas consommer à outrance…)

Je consomme responsable en cherchant le bio (bon pour ma santé et la Terre), le local (régional, national ou continental) et respectueux des conditions de travail (après en avoir tellement entendu et vu j’ai arrêté d’acheter chez Monop’ -je ne dis pas que c’est bien mieux ailleurs, mais là ça me semblait pire que tout- et à des horaires indus dont on a pas besoin -tard le soir et le dimanche.

Je consomme responsable en limitant mes déchets. Je suis bien loin du zéro et pas prête à l’atteindre mais j’y réfléchis.

Je consomme responsable en gardant un esprit critique. Bio ne veut pas dire tout rose. Sans machinchose ne veut pas dire sans aucun problème. Le boycott de l’huile de palme à ses travers (Merci Amélie pour cette prise de conscience, qui me simplifie assez la vie et la conscience, je l’avoue. Je peux laisser ce combat en arrière-plan.)


Consommer responsable c’est aussi réfléchir à mes priorités en combinant tous ces principes avec mes finances. Je ne peux pas acheter tout et tout le temps en bio et local et éthique et pauvre en empreinte carbone. Je priorise et je fais des choix. Je préfère acheter du jus de fruit bio en bouteille plastique que du jus en bouteille de verre non bio. Le bio en bouteille de verre est trop cher et je privilégie ma santé à court terme (s’il existait une consigne des bouteilles en verre donc réutilisation donc moins de déchet j’y réfléchirais davantage).

Là où le bât blesse particulièrement -j’y réfléchissais ce matin- c’est dans ma consommation électrique. J’éteins mes lumières et appareils électroménagers comme je l’ai appris. Mais j’ai un frigo, des plaques, une TV que j’utilise beaucoup, un ordinateur vieillissant souvent allumé (et donc autant branché), je rêve d’avoir un four et un vélo électrique…


J’ai conscience aussi, en comparaison avec les gens plus engagés (zéro déchets ou toute autre éthique) que beaucoup de mes choix sont égoïstes : au lieu de privilégier ce jus de fruit je pourrais ne plus en acheter du tout. Mais ma gourmandise est là et mon plaisir prime encore.

J’estime (peut-être à tort) que je fais déjà une part de colibri non négligeable avec toutes mes réflexions, actions et partages d’expérience (j’ai converti au moins 2 personnes au bio…) et qu’il est complétement vain d’avoir une vie d’ascète si ça ne suit pas au plus au niveau. C’est égoïste, je le sais, parce que ce sont les « engagés-ascètes » qui feront probablement bouger les choses plus hauts et me permettront ensuite de m’y engager avec plus de facilité.

Mais en même temps (je replonge la tête dans le sable) quand je vois les réflexions des gens qui ont ce changement de vie radical, j’ai l’impression qu’ils avaient avant leur conversion une vie bien différente de celle que moi j’ai eu. Une vie plus riche, confortable et consommatrice. En un sens ils ont donc une empreinte carbone plus importante au début… Moi je reste relativement stable (vers le bas) dans l’empreinte carbone modérée.

Bref (toujours la tête dans le sable, bien confortablement) pourquoi ce serait à moi, avec ma vie moins confortable de m’enfoncer là -dedans tandis qu’il y a des nantis (je caricature et je n’oublie pas les IMMENSES nantis) qui restent bien à fond dans leur confort bien plus carboné ? (Voire qui enfoncent le pays dans le carbone tout en enrobant de belles paroles).

(Ils me font rire avec leur truc « ah oui, les enfants c’est le pire donc les familles nombreuses du tiers-monde là »… Savez-vous messires que ces gens du tiers-monde là n’ont pas du tout le même train de vie, la même consommation et tout ? )

Bref, je trouve injuste que moi qui commence à peine (enfin, depuis quelques années maintenant, soyons honnêtes) à accepter de m’offrir des plaisirs sans culpabiliser, je devrais retomber dans cette culpabilité alors même qu’il y a de bien plus grands coupables au-dessus qui planent totalement sans y penser une seconde ? (à si, pardon, le temps d’ouvrir la bouche peut-être).

En réalité, peut-être que ce serait à moi de le faire parce que justement j’en ai conscience et que c’est en agissant pour faire prendre conscience qu’on fait bouger les choses. (Comme pour les problèmatiques liées au handicap, c’est à moi d’en parler parce que j’en ai conscience et je peux donc faire prendre conscience.) Mais c’est là, justement que je retourne dans mon égoïsme en estimant que je fais déjà une part non négligeable pour que ça bouge. Parce que c’est fatiguant de militer et expliquer tout le temps dans un quasi désert et que j’ai aussi le droit à mon confort – parce que merdRe, cornegidouille et jarnicoton.

Publicités

3 réflexions sur “Consommation et auto-cadeaux

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s