Garder le contact…

J’en ai déjà parlé ici plusieurs fois. Pour moi l’amitié et surtout la durabilité de celle-ci dans le temps c’est compliqué. (Si vous ne voyez pas de quoi je parle je vous laisse cliquer sur le tag amitié, il y a pléthore de lectures…) (J’en ai profité pour en relire certains… Ouah, ça fait du bien…)

C’est encore plus compliqué quand il y a de la distance géographique qui s’ajoute au temps qui passe. Et encore plus compliqué quand de la souffrance se surajoute.

(Attention cet article est assez triste, à ne pas lire si vous avez le cafard… Le plus important c’est la conclusion que je résume ici : c’est important de donner / demander des nouvelles aux gens qu’on aime même s’ils ne répondent pas. Parce que ce n’est pas forcément volontaire et qu’ils sont potentiellement très seuls, dans ce cas votre message leur fera potentiellement du bien. Même s’ils ne répondent pas. « Pas de nouvelles bonnes nouvelles », c’est vrai parfois, mais c’est surtout le meilleur moyen de se donner conscience tranquille. )

J’ai inconsciemment beaucoup réfléchi à ça cet été. Parce que, avec ma grande amie d’enfance, C., ça fait plusieurs années que c’est compliqué. C’est ma première amie d’enfance, nous nous sommes connues à la maternelle et plus quittées ensuite jusqu’au collège. Nous étions très proches. Chacune donnait à l’autre ce qu’elle avait besoin (de la douceur / de l’attention / de l’écoute / de la bonne humeur), chacune comprenait ce que voulait dire et impliquait le mot handicap, chacune n’en avait rien à faire des apparences. Aucune n’avait peur de la différence. Bref, nous nous sommes bien trouvées, nous étions les meilleures amies du monde.

Mais là dessus nous avons grandi et le temps à passé. D’un côté, elle se faisait d’autres copains et copines alors que moi j’y peinais toujours autant.  De l’autre ses parents se sont séparés alors que les miens formaient toujours un couple soudé. En plus, en grandissant, nos expériences de ce handicap ont varié : elle le vivait en tant que proche, moi en tant que directement concernée, et par ailleurs, nous avons aussi pris conscience que le mot « handicap » qui nous avait soudé recouvrait différentes réalités : moi c’était destiné à aller vers le mieux, pour son frère c’était l’extrême inverse…. Puis un  de mes proches a été a malade, nouveau changement, une souffrance en plus, à prendre en compte de part et d’autre. Nous avions chacune de plus de mal à comprendre ce que vivait l’autre. Cependant, jusqu’au collège ça a tenu bon.

En 5° j’ai déménagé à plusieurs centaines de km de là, promesses d’amitié pour la vie (qui n’en a pas fait ?) promesses de visites. Là encore, ça a tenu bon, au moyen d’une correspondance épistolaire régulière (eh oui, internet n’était pas encore si développé !) et de visites chez elle. Il y a eu des déceptions C’était très difficile pour elle de quitter sa maison, j’ai mis du temps à comprendre et  accepter que son amitié pour moi ne pouvait pas égaler/dépasser son amour pour son frère au point de dépasser cette peur. Mais j’ai laissé ça de côté et ça a tenu, encore. Je suis allée la voir et le fait est que quand je lui envoyait de longs mails en 3° et 2nde parce que je n’allais pas bien et que je n’avais que ça à faire pour occupper ma solitude, elle a toujours répondu présente.

C’est pourtant là, je crois, que l’écart a commencé à se creuser. Et c’est juste après qu’il s’est matérialisé. Au lycée, j’allais moins souvent la voir et il y a la crise d’ado qu’elle a faite et pas moi. Il y a les nouvelles copines qui font aussi cette crise d’ado. Il y a toutes les expériences que nous n’avons pas pu vivre ensemble et qui changeaient notre vision du monde. Et il y a ce fossé de souffrance qui se creusait. Ma famille allait de nouveau bien, très bien, tandis que dans la sienne ça continuait à dégringoler. Forcément, elle s’est trouvé d’autres amies plus proches géographiquement qui pouvaient mieux la comprendre et la soutenir au quotidien. Mais moi j’avais du mal à m’en détacher. Et j’étais inquiète et elle ne répondait pas à cette inquiétude.

Au bout d’un moment qu’elle me renvoyait l’image d’aller si bien, alors que moi j’avais l’impression inverse, je l’ai crue. J’ai cru que cette impression venait du fait que moi-même je n’allais pas si bien et que je faisais une sorte de transfert, comme si j’avais envie qu’elle aille mal parce que j’allais mal. Ou que j’avais envie qu’elle aille mal parce que j’avais gardé l’image d’une fille qui allait mal. Et puis j’avais aussi l’impression d’un déséquilibre : forcément dans mes longs mails de solitude je lui faisais beaucoup de confidences, je m’ouvrais beaucoup à elle, elle en face me rassurait, me consolait, mais ne faisait pas autant de confidences sur elle. C’était donc difficile pour moi de savoir comment elle allait vraiment. Parfois j’étais plus insistante, plus explicite dans mes inquiétudes, elle n’y répondait pas. Elle répondait « à côté de la plaque », au reste du mail mais pas celle-là, comme si elle n’avait jamais existé. Elle me disait je vais bien. Elle me parlait de ses voyages, de ses sorties, de ses loisirs. J’ai donc tu mes inquiétudes et décidé de lui faire confiance : elle va bien, c’est super, je me réjouis pour elle.

Et ayant de nouvelles amies moi aussi, j’ai pris de la distance, j’ai suivi son attitude, je me suis détachée. J’ai décidé que je lui donnerai autant que ce qu’elle me donnerait, pas plus, pas moins. Un mail = un mail. En fait, j’ai surtout calqué le fonctionnement de mes autres amitiés sur celle-ci. C’est une époque où je réfléchissais aux amitiés toxiques, je me rappelais cette « copine » qui m’avait vampirisée sans donner de contre-partie et j’avais l’impression que c’était la même chose quand j’écrivais de longs mails auxquels elle ne répondait qu’à moitié, voire auxquels elle ne répondait pas du tout, quand j’étais sans cesse à faire le premier pas, j’ai pensé que finalement elle ne tenait plus à moi, qu’elle avait d’autres amies et donc n’avait plus/pas besoin de moi. Dire un mail = un mail était tellement plus facile.

Je ne saurais  jamais si certaines de mes inquiétudes étaient fondées (a-t-elle eu, comme je le pense, un trouble du comportement alimentaire qui a été stoppé avant que ça ne soit trop alarmant/trop tard ?) Je ne saurais jamais si il y a vraiment une époque où elle allait bien et que je m’inquiétais dans le vide. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que ce n’est plus le cas. Elle donne toujours cette impression dans ses (très rares) messages mais tous les autres signaux que je reçois me disent le contraire. Elle ne sait pas où elle est, elle ne sait pas où elle va.

J’en ai parlé avec ma sœur aussi, cet été. Elle est amie avec son frère, ils se voient et s’écrivent encore de temps en temps. Mais elle aussi a du mal à savoir où placer le curseur : je m’inquiète trop / je ne donne pas assez de nouvelles. Elle aussi a du mal à redonner encore des nouvelles même si elle n’en reçoit pas. Mais parfois elle en a. Et ces rares fois lui renvoient l’image de quelqu’un et d’une famille qui ne va pas bien. De quelqu’un et d’une famille qui est isolée. Elle a l’impression que nous sommes parmi leurs rares amis. Alors elle a conclu que même si c’est dur c’est important. Important d’envoyer des nouvelles et d’en demander. Pour garder le contact, juste garder le contact. Pour dire qu’on pense à eux, parce que oui, on pense à eux. Pour qu’ils se sentent moins seuls. Pour creuser un peu moins le fossé, au moins un tout petit peu moins.

Toutefois, nous savons que la mère va très mal, elle a vu le père et le fils, qui semblent donc isolés et n’aller pas si bien, elle ne l’a pas vue elle. Peut-on généraliser ? Mais comment pourrait-elle aller bien alors que tout va mal autour ? Même si elle s’est maintenant éloignée géographiquement ça me semble difficile. Ce toutefois est une sorte de déni, en fait…

Alors maintenant que je me sens beaucoup plus stable en amitié, j’ai refait un premier pas. J’ai renvoyé un mail, j’espère recevoir un mail de réponse, mais peut-être que ça ne sera pas le cas. Tant pis, dans quelques mois, quand je penserais de nouveau fort à elle, je lui en reverrait un. Parce que de toute façon je ne pourrai pas m’empêcher de penser fort à elle et parce que ce n’est pas parce qu’elle ne répond pas que ça ne lui est pas important. Si ça se trouve elle ne sait juste pas quoi répondre, parce que le fossé s’est creusé et qu’il lui semble insurmontable et parce que quand ça va mal, parfois on a pas grand chose à dire (et tout semble plus insurmontable encore). Surtout quand on veut faire semblant. Je vais continuer de lui envoyer des mails de temps en temps et peut-être un jour j’aurais une réponse. Peut-être qu’un jour j’aurais la preuve que ça aura servi à quelque chose.

Parce que ma grande peur c’est d’apprendre qu’elle va très mal et que je n’ai pas été là, que personne n’a été là. Parce que je ne sais pas actuellement qui elle a autour d’elle. Maintenant qu’elle aussi a déménagé pour ses études, maintenant qu’elle aussi est partie de chez ses parents, qui reste-t-il de ses anciens amis ? Parle-t-elle aux nouveaux de sa famille ? Et qui peut comprendre tout ce qu’elle a vécu, ce qu’elle vit ? Peut-être qu’il y en a, mais je ne le sais pas. Je n’ai aucun signe ni dans un sens ni dans l’autre et aucun moyen de le savoir.

Ce dont ma sœur a le plus peur, c’est de ne pas  être mise au courant quand finalement ça arrivera. Parce que oui, un jour, dans pas si longtemps sûrement, quelques années tout au plus, il mourra. Il n’est pas si vieux, mais pourtant il l’est. Quand elle m’a dit ça je me suis écriée qu’il n’y avait pas de raison, que bien sûr que si. Elle le connait, je la connais, ses parents connaissent mes parents et ils ont toutes nos coordonnées. Mais au fond, moi aussi j’ai peur. Parce que si nous ne gardons pas contact, pourquoi le feraient-ils ? Parce qu’ils connaissent tous les membres de la famille et que nous avons été amis plus de 10 ans ? Parce que nous avons été parmi leurs premiers et plus fidèles amis pendant longtemps ? C’est tentant de penser comme ça. Mais tellement facile. Pourquoi ce serait à eux de faire l’effort dans un moment si difficile ? Ils auront autre chose à faire que de rechercher les coordonnées de tous leurs anciens amis ce jour-là. Alors, oui, moi aussi ça me fait peur, moi aussi j’y avais déjà pensé.

Alors certes, envoyer ces mails sans recevoir de réponse, c’est un peu coûteux, et ça fait un peu mal à chaque fois. Parce que ça renvoie en arrière ; parce que ça signifie que le fossé est toujours là, toujours aussi grand ; parce que ça veut dire que potentiellement elle va toujours aussi mal en faisant semblant ; parce que je ne sais pas l’effet que ça lui fait ; parce que je ne sais pas quoi dire vraiment. Mais au moins quand ça arrivera et qu’ils nous le diront j’aurais un peu moins mal, un peu moins de regrets. C’est un peu égoïste, c’est un peu se donner la conscience tranquille tous les 3 mois, mais au moins ça aura servi à quelque chose.  Et je continue d’espérer que ça lui fait du bien, au moins un tout petit peu.

C’est aussi tout ce que j’ai pu lire par ici qui m’a fait y réfléchir… Tous ces gens qui racontent que la maladie / la différence les a isolés. Que d’un coup il y a des tas de gens qui ne leur ont plus donné de nouvelles. Je n’ai pas envie qu’eux vivent ça, et pourtant, manifestement ils le vivent  déjà. Je n’ai pas envie de faire partie de ces gens-là. Malheureusement je ne peux pas réduire la distance géographique. Mais je peux dire que je suis là.

Alors oui, je vais continuer à envoyer ces mails, même si elle ne répond pas. Parce que c’est important de dire que je suis toujours là et pense à elle, à eux. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, c’est juste le plus grand mensonge de l’univers. Pas de nouvelles c’est juste pas nouvelles.

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L’Accessibilté PMR, grande oubliée

PMR est l’acronyme couramment utilisé pour désigner les Personnes à Mobilité Réduite.

Problème (insoluble) de cet acronyme : il recouvre de nombreuses situations très différentes. Certaines personnes à mobilité réduite ne pourront pas monter d’escaliers, d’autres si. Certaines ont un « problème » fixe dans le temps, pour d’autres il varie énormément (et donc leurs capacités varient.) Par ailleurs la mobilité réduite peut avoir des causes extrêmement variées : des douleurs, des problèmes articulaires, musculaires, neurologiques, respiratoires … Je dis que c’est un « problème insoluble » car c’est un état de fait : toutes ces personnes différentes ont un point en commun, la mobilité réduite. Pour se faciliter la vie on a construit une case, une étiquette pour les rassembler. C’est effectivement bien pratique pour répondre à un certain nombre de besoins. Le revers de la médaille c’est que l’étiquette fait oublier la variété, elle fait croire qu’il y a une seule et même réponse pour toutes les personnes à mobilité réduite, ce qui n’est évidemment pas le cas.

Quoi qu’il en soit c’est ce qui désigne le mieux ma situation. Je marche mais avec un périmètre réduit (cela engendre de la fatigue et des douleurs sur le moyen/long terme) et lentement. La station debout (le fait de rester debout à un point fixe) et le « piétinement » (bouger mais sans trop bouger : dans une file d’attente, pendant le shopping, dans un musée…) me sont pénibles (fatigue et douleurs au moyen/long terme).

Ce qui est dommage c’est qu’il est souvent mal utilisé et mal compris. J’ai souvent vu marqué accès PMR pour désigner l’accès aux personnes en fauteuil roulant. Or, je trouve que ce n’est pas la même chose et qu’une distinction devrait être faite.

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Rien que la difficulté à trouver une illustration de ce pictogramme montre qu’il n’est finalement pas si répandu et que PMR est souvent confondu avec fauteuil roulant…

Parenthèse 1 : Parlons de ce qui va bien : la distinction commence à être faite dans certains endroits. Par exemple à Paris dans les bus les personnes en fauteuil roulant sont désignées par l’acronyme UFR (Usagers de fauteuil roulant) et un symbole distinct du fauteuil se répand de plus en plus (pour les places réservées notamment.)

Parenthèse 2 : certaines personnes à mobilité réduite utilisent un fauteuil roulant ! Soit quotidiennement parce que leur mobilité est justement très réduite et que cela permet de l’augmenter soit occasionnellement dans des situations particulières (par exemple moi dans les musées, quand je sais que je pourrais être autonome et qu’une longue période de piétinement s’annonce.) ça explique que l’on puisse voir des personnes en fauteuil roulant se lever voire marcher voire monter des escaliers. Ce qui m’intéresse ici c’est de parler des situations où la personne à mobilité réduite se déplace sans fauteuil. Fin de la parenthèse.

Parfois, souvent, les besoins des personnes en fauteuil roulant ne sont pas les mêmes que ceux des personnes à mobilité réduite. Bien sûr parfois ça se rejoint, mais parfois non. (Je donnerais plusieurs exemples plus bas.)

Du fait de cette confusion les besoins des personnes à mobilité sont souvent oubliés et sacrifiés dans les travaux d’accessibilité. Oubliés parce que pas imaginés ou connus… C’est pourquoi j’ai décidé d’en parler ici.

Pour la suite, gardez à l’idée que je parle surtout de ma propre expérience mais que pour d’autres personnes à mobilité réduite il peut y avoir d’autres problèmes et d’autres solutions, pour d’autres personnes mes solutions n’en sont pas, et peut-être bien que tous mes problèmes n’en sont pas pour les autres personnes à mobilité réduite. Ce que j’écris n’est donc pas la seule et unique Vérité.

Quand l’intérêt des personnes en fauteuil rejoint le mien :

  • Les ascenseurs, rien de mieux pour monter plusieurs étages, ou même un seul pour éviter de la fatigue ou des bousculades.
  • Les bâtiments construits de plein-pied, sans petite marche cachée.
  • Les quais à la même hauteur que le train (le RER C est à ce jour le pire que je connaisse…)
  • Quand les choses sont facilement accessibles sans faire de contorsions ou de l’escalade (bien sûr étant debout les objets me sont accessibles sur une hauteur plus importante.)
  • Un sol est plat et sans obstacle.
  • Une place de parking réservée qui n’est pas à des km. (Je n’en abuse pas parce que mon périmètre est tout de même assez étendu et que les places sont souvent assez rares. Mais pour certaines occasions quand le lieu est bondé trouver une place à proximité peut m’être très TRÈS utile.)

Mes besoins spécifiques (qui ne servent à rien aux personnes en fauteuil voire sont opposés à leurs besoins).

  • Des places assises en quantité : des bancs / sièges dans la rue, dans les salles d’attente, les gares, les transports. Cela pose de plus en plus problème, en effet elles sont facilement supprimées pour plusieurs (souvent nuls…)
    1. paris-inaugure-ses-abri2b2s-voyageurs-acc80-haut-niveau-de-serviceL’esthétique. Par exemple aux arrêts de bus parisiens les bancs sont maintenant arrondis aux extrémités, seulement 3-4 personnes peuvent s’asseoir là où 5 pouvaient être avant. L’esthétique peut aussi rendre certains sièges très inconfortables. (Un truc tout bête qui m’arrive souvent : le siège est fait de telle manière que si je m’appuie au dossier – avouons que c’est plus reposant- les pieds ballotent dans le vide… surprise, ça ne fait pas du tout du bien !)
    2.  La connerie chasse aux SDF : oui oui, la disparition des sièges dans les stations de métro n’est pas un mythe… Parfois (pas toujours !) remplacées par des sièges mi-debout qui n’ont quasiment aucun intérêt pour moi. Certes ça permet de s’appuyer ça enlève donc le problème de l’équilibre mais absolument pas la fatigue de la station debout et souvent c’est tellement mal-foutu / pas adapté à ma morphologie que c’est beaucoup trop inconfortable et je n’en tire aucun bénéfice.
    3. Le manque de savoir-vivre, de civisme : les strapontins disparaissent parce que les parisiens n’étaient apparemment pas capables de se lever en cas de forte affluence... (tous / beaucoup des utilisateurs de strapontins avaient/ ont-ils des handicaps invisibles ? C’est une question que je me pose constamment. Mais hélas je crois bien que non.)
    4. Le manque de civisme ou esprit pratique : les poussettes sont de plus en plus grosses et de plus en plus difficiles (voire impossibles) à plier + les gens sont pressés et flemmards (bon, je sais, je parle des parisiens, pardon…) résultat : elles prennent la place normalement dévolue aux personnes en fauteuil roulant et considèrent que c’est un droit. Donc pour palier à cela, en toute logique, on ne demande pas à ces gens de plier leur poussette, non, on met un deuxième emplacement ! Ainsi dans les nouveaux bus 21 -et certainement d’autres- il y a maintenant un emplacement fauteuil ET un emplacement poussette (bon, ça a changé apparement, maintenant les dessins au sol indiquent 2 emplacement fauteuil… n’empêche que les utilisateurs les plus fréquents sont les poussettes…), c’est formidable, on leur donne donc raison et on multiplie le nombre de poussettes par 2. Désolée, ça m’énerve parce que la conséquence directe c’est le point suivant
    5. En ce moment, hélas, la place pour les fauteuils roulants dans les bus se fait au détriment des places facilement accessibles. (C’est logique bien sûr, on n’allait pas mettre les fauteuils sur les roues à l’arrière… Les places supprimées sont donc celles de plein-pied à l’avant du bus, il reste toutes les autres bien souvent bien éloignées des portes et casse-gueules surélevées.) (Et le plus énervant donc si vous avez bien suivi c’est que de toute façon ces emplacements sont le plus souvent utilisés par des gens avec poussettes…) (Sérieusement pensez-y c’est bien ch*** : prenez une poussette pliable / pas trop grosse, vous me remercierez car vous l’emporterez plus facilement en vacances et elle sera plus légère et vous serez moins gênés -en tout cas gênants- dans la foule des bus parisiens -ou même ailleurs…)

      bus

      Je ne trouve pas d’image correspondante, imaginez donc qu’à la place des 3 places face à nous à gauche, il y a un emplacement fauteuil/poussette (et donc pas de barre à gauche…)

    6. Notons que le peuple n’est pas le seul à manquer d’esprit pratique / de logique, les managers des services de transport (et les dirigeants, ahem) aussi. Il serait tellement plus efficace d’augmenter le nombre de transports que de baisser le nombre de places assises et laisser les gens s’entasser comme des sardines… D’autant plus qu’en augmentant le nombre de transports, on augmente le confort de tous et donc on encourage les gens à prendre les transports et donc il y a moins de voitures et donc ça roule mieux et donc c’est plus fiable et donc ça encourage à prendre les transports (oui je me répète !) et donc il y a plus de gens qui payent et donc (logiquement) l’argent qui est investit dans les nouveaux transports serait ainsi bien amorti. (Non mais bon je sais, je réfléchis trop, je suis trop intellectuelle et idéaliste et EN PLUS je suis nulle en chiffres..) (m’enfin quand même, si quelqu’un veut bien m’expliquer comment on veut réduire les gaz produits par les voitures tout en réduisant les effectifs de conducteurs de transports en commun, je veux bien savoir…)

Les assises, je pense que c’est une généralité pour toutes les personnes à mobilité réduite. (d’où leur importance, ahem) Les suivants pas forcément…

  • Des escalators : un escalator m’évite autant de fatigue et de problème d’équilibre qu’un ascenseur. Si ça peut m’éviter de faire X mètres supplémentaires pour atteindre l’ascenseur caché, je prends.
  • De la même manière étant donné que je monte 3 marches sans problème, je préfère monter ces 3 marches que me farcir toute la rampe (en plus, par temps de pluie elle serait plus casse-gueule qu’autre chose.) En résumé, pour moi, une, deux ou trois marches valent mieux qu’un long dénivelé (ou même plus, jusqu’à 10/15, s’il y a la condition suivante.)
  • Des rampes (d’appui) à chaque escalier : à partir de plus de 3 marches je serais contente d’avoir un point d’appui pour ne perdre l’équilibre. Au delà de 10 je serais contente de l’avoir pour m’aider dans l’ascension. Au delà de 20 je serais contente d’avoir un escalator ou ascenseur…
  • Un réseau de transport en commun très développé. Parce que plus il est développé, moins j’ai à marcher. Développé en terme de maillage mais aussi de fréquence : plus il y a de métros/bus plus il y a de places assises / moins il y a de foule et donc de bousculades et donc de risque de déséquilibre, d’énergie dépensée… (ouais j’enfonce sciemment des portes ouvertes…)
  • Des points d’accroche dans les bus.  Là aussi, hélas, les designers de bus ont fait disparaître certaines barres bien utiles pour les nouveaux emplacements de fauteuil roulant (pour qu’ils puissent manœuvrer plus facilement). Ainsi dans le bus 21 arrivée au premier tiers du bus je ne peux plus avancer si je n’ai pas mes deux mains libres ou qu’il y a trop de monde, parce que je n’aurais pas de barre pour me tenir. (Parce que soyons clairs, les poignées au plafond, ça sert à rien du tout.)
    C’est con idiot puisque du coup en cas de forte affluence/ de conduite sportive je ne peux pas accéder aux plus nombreuses places à l’arrière et suis obligée d’utiliser de demander une des rares place prioritaire de l’avant (ou de patienter.)
  • Un dernier point, un peu pour rigoler … mais pas totalement. La fin de la mode des chaussures à talons ! Les modèles sans talons sont de plus en plus rares et c’est dommage puisque je ne peux pas porter de talons… (Je ne demande pas une semelle totalement plate, ce qui n’est pas l’idéal non plus, elle s’use super vite et mon pied rentre encore plus en dedans, juste une semelle normale !) (Je ne comprends pas, en plus, c’est de plus en moche, on dirait un concours du talon le plus haut ou du talon le plus épais ou au contraire du plus fin. C’est pas comme si on ne parlait pas des conséquences sur les chevilles et les orteils. Bref, je m’égare.)

Il me semble avoir fait le tour… Peut-être que je compléterai si d’autres idées me viennent. N’hésitez pas à commenter si vous connaissez aussi cette situation… Ou pas !

Lecture coup de cœur de l’été

Dans le tag lecture, je disais que je voulais lire le prochain livre avant la rentrée. Eh bien c’est chose faite, mes cours débutent lundi et j’ai fini aujourd’hui À la grâce des hommes, premier roman de Hannah Kent. Ce fut une belle découverte. Tellement belle que j’ai envie d’en parler tout de suite avant que les mots à mettre sur mes impressions ne m’échappent !

9782258104501J’ai découvert ce livre grâce à une bibliothèque municipale parisienne (c’est tellement bien les bibliothèques !), il est assez récent (mai 2014) et était donc présenté dans les nouveautés. Je l’ai pris parce que la 4ème de couverture le présentait comme une sorte de polar et que pour moi les histoires policières font partie des lectures les plus reposantes. (Pourquoi ? Je ne sais…) et puis ça semblait être assez noir, et j’avais envie de lire des trucs noirs. Donc voilà.

Bon finalement, ça ne ressemblait pas du tout à ce que j’imaginais derrière le mot polar. J’ai donc été surprise. Mais j’ai adoré.

Pour vous le présenter brièvement sans dévoiler toute l’histoire :

ça se passe en Islande en 1828 – 1829. Agnes Magnúsdóttir est accusée de complicité pour le double meurtre de Natan Ketilsson et de Pétur Jonsson. En attendant la confirmation de sa condamnation à mort et son exécution elle est placée dans une famille de fermiers.

L’histoire tourne donc effectivement autour d’un meurtre. Mais il n’y a pas d’enquête policière. C’est l’histoire d’un meurtre, ou l’histoire d’une criminelle, question de point de vue. L’enquête c’est l’écrivaine qui l’a menée (l’histoire est basée sur des faits réels et elle a visiblement fait d’importantes recherches) et le lecteur la mène presque à son tour au cours de la lecture. Je dis « presque » parce que je n’ai pas eu l’impression de mener l’enquête. Pourtant malgré moi j’ai glané des indices, des clés de compréhension. Ce n’est pas une enquête au sens policier du terme mais plutôt une quête. Au fur et à mesure du livre on découvre ce qu’il s’est passé. On découvre les lieux, on découvre l’époque, on découvre la culture, on découvre les personnages. Et plus on découvre plus on se pose de questions (ce fut en tout cas mon impression), plus on découvre plus ça se complexifie. Tout le roman (environ 430 pages) est dédié à cette quête, quête de la vérité, quête de l’humain. C’est passionnant.

Bien dissimulé derrière les découvertes et derrière de nombreuses descriptions (pas du tout inutiles ni ennuyeuses) se cache un véritable suspense qui dure jusqu’au bout : est-elle vraiment coupable ? Que s’est-il vraiment passé ? Comment a -t- elle pu en arriver là ? Sera -t-elle vraiment condamnée à mort ? Ces questions tournent en boucle dans la tête des personnages mais aussi dans celle du lecteur. L’enquête n’est pas faite par un policier ou un détective, elle est tissée de mots. Les mots (vrais ou faux ou même parfois les silences) des uns et des autres.

Meurtre, (en)quête et suspens. Il s’agit donc finalement bien d’un polar.

Sauf qu’il y a tellement plus. Il y a cette description par petites touches de l’Islande, de ses modes de vie et coutumes, de son climat. Il y a cette profondeur humaine de chacun des personnages (au moins les plus importants.) Et il y a le style, incroyable. J’ai été complètement embarquée, j’ai partagé la pensée de certains personnages qui sont pourtant à des années-lumière de ce que je vis.

L’écriture est à la fois très dynamique (je ne me suis jamais ennuyée) et très tranquille : l’histoire est ponctuée de « pauses » (la description d’un paysage ou d’une action quotidienne par exemple). Je crois que c’est ce qui m’a le plus étonné et plu, cette capacité à mêler dynamisme et tranquillité. C’est tellement tranquille que j’ai été surprise de ressentir une sorte de suspense sur la fin. Ce n’est pas un suspense haletant mais plutôt quelque chose qui accroche, qui donne envie de poursuivre le chemin (mais pas forcément à toute allure.) C’est assez étonnant pour un polar, je trouve.

Bref vous aurez compris que j’ai adoré… J’ai beau chercher je ne trouve pas de défaut, c’est un véritable coup de cœur. Je vous le recommande donc très fortement et serais très heureuse d’avoir votre propre critique si vous l’avez lu / le lisez un jour…

Grande réfléxion sur… les vêtements

Récemment (par-là) je parlais de mon rapport compliqué avec ma garde-robe. Ça m’a fait pas mal cogiter depuis un certain temps (l’année dernière surtout je crois…) de plusieurs points de vue.

  • le rapport à mon corps
  • oser affirmer mes goûts
  • l’importance (ou non-importance) de l’apparence
  • des questions éthiques et écologiques de consommation

Petit à petit ça a fait son chemin… Cet été et cette rentrée marquent un grand changement.

Plantons le décor. Je voulais de nouveaux t-shirts, cet été j’ai profité des nombreuses brocantes et dépôts vente pour en chercher d’occasion. J’ai eu beaucoup de chance j’en ai trouvé beaucoup. Et je me suis rendue compte que parfois le vêtement me va tellement bien je n’ai aucun doute, il me va bien. Je n’avais même pas besoin d’un avis extérieur pour me décider. J’ai alors décidé de n’acheter que les vêtements pour lesquels je n’avais ce « coup de cœur ». Parce que j’en ai conclu que si j’avais besoin de l’approbation d’un tiers c’est que ça ne m’allait pas / ne me plaisait pas autant. La moindre hésitation = pas d’achat. Parce que l’hésitation se poursuit toujours une fois rentrée chez moi. Je ne me sens pas encore prête à porter un t-shirt avec inscription / avec un motif particulier ? Tant pis je ne l’achète pas. Plus tard peut-être, mais pour l’instant ça ne sert à rien.

Ça peut paraître bête mais j’ai toujours eu à faire des compromis sur la manière de m’habiller quand j’étais enfant. Coup de cœur = achat n’est pas une manière habituelle de réfléchir. Tout simplement parce que quand il y a des besoins particuliers ça devient des contraintes. Or là il y en avait beaucoup. Économiques d’abord : on achetait d’occasion ou en soldes, ou le moins cher possible. Santé ensuite : la chaussure doit tenir le pied, etc, etc… Autonomie et confort ensuite : des vêtements / chaussures simples à enfiler seule (pas avec 36 000 boutons riquiqui ni une fermeture-éclair trop fine) (le riquiqui et la sensibilité de la fermeture éclair évoluent avec la motricité bien sûr.) Des vêtements / chaussures qui ne font pas de frottements (que je supporte assez mal), des pantalons assez souples ou larges (indispensable pour pouvoir mettre mes attelles). Bref, on achète ce qui va, le goût passe après. Je n’ai (mes parents n’ont) jamais acheté des vêtements / chaussures qui ne me plaisaient pas. Mais ça me plaisait plus ou moins, j’ai appris à mettre mon goût en sourdine. Lors d’une après-midi shopping, très rapidement la réponse à la question de départ -« ça te plaît ? »- n’est plus « ah oui ! vas-y passe, j’essaie ! » mais « ouais ça va, passe, je vais essayer ». Parce que t’en as plein les pieds d’avoir piétiné dans tous les magasins pendant des heures, plein les oreilles de la musique d’ambiance, plein la tête de toutes ces chaussures tellement belles mais que tu ne pourras jamais mettre, bref il y a enfin une paire qui te va, c’est le miracle ! Donc si elle est pas trop moche, voire assez jolie, même si ce n’est pas le coup de cœur, ben tu l’achète. Bon, les chaussures c’est le cas extrême, qui continue encore aujourd’hui d’ailleurs. Mais pour les vêtements ça a été pareil un temps. Un peu moins chasse au miracle, peut-être, mais tout de même assez pénible, surtout que là l’essayage est plus long et fatigant. En plus de ça (cerise sur le gâteau) l’appréciation de mes parents en termes de convenance et de mode entraient aussi en jeu et on n’était pas toujours d’accord… Or ce sont eux qui détenaient le porte-monnaie, donc s’ils n’étaient pas d’accord avec un achat, évidemment…

J’ai compris ce problème (l’habitude à faire des compromis, à ne pas fonctionner sur le coup de coeur) cet été.

2° constat de cet été :  maintenant :

  1. je gère mon budget
  2. j’ai déjà une garde-robe de base qui n’a pas besoin de change pas (je ne grandis plus, héhé !)
  3. je n’use/ tâche pas mes habits aussi vite
  4. j’ai plus de facilité à enfiler certains trucs
  5. j’ai le droit d’avoir des goûts et des habitudes différentes de mes parents (3° constat de cet été)

je peux donc acheter différemment (sans culpabilité) ! Parce que oui, bien sûr, j’achetais déjà un peu différemment depuis mon arrivée à Paris. Mais toujours avec quelques arrières-pensées…

Et donc maintenant je fonctionne au coup de cœur. (Sauf pour les chaussures où je sais que hélas ça ne fonctionnera pas tout le temps…) Et donc, j’achète plus rarement. Et donc si j’achète plus rarement, je peux me permettre d’acheter hors soldes. Et à un prix peut-être plus important qu’ils ne l’auraient fait eux.

Voilà, voilà. Juste la révolution, donc. 🙂

Dans la lignée de tout ça j’ai voulu faire du tri dans mon armoire. Bon, là, c’est plus difficile. Parce que même si ça n’était pas un coup de cœur à l’origine, je me suis attachée à certains vêtements et j’hésite à les donner même si je sais que je ne les porte plus actuellement. J’hésite parce que « oui mais si… ». J’essaie de me convaincre que « si » un jour j’ai de nouveau envie d’un pantalon blanc, eh bien ce jour-là j’en rachèterait un. Oui mais si c’est un besoin -de pantalon blanc- et pas une envie, et qu’il n’y a pas le temps de faire les magasins ? Et si je ne retrouve pas un qui me plaît autant ? Bon…
Bien sûr, la probabilité que j’ai besoin d’un pantalon blanc du jour au lendemain est assez faible, et la probabilité que je ne trouve pas de pantalon blanc qui me plaise aussi (on en trouve assez facilement partout, ça n’est pas une couleur révolutionnaire…) mais pour l’instant le petit diable de mon cerveau a gagné. Je vais arrêter le rangement de mon armoire et me contenter de donner 2 pantalons et une jupe durement éjectés …

Affaire à suivre donc…

(D’autant plus que je n’ai pas du tout parlé de l’aspect rapport au corps alors que c’est un peu pour ça que je me mettais au clavier… l’arnaque !)

Les transports en commun à Lyon

Je sais que j’ai déjà beaucoup parlé de la dyspraxie et des problèmes qu’elle entraine pour les déplacements dans les transports, l’orientation, et les repérages. Mais j’ai eu récemment une expériences qui m’a donné envie d’en reparler.

J’étais seule et à pied pour une journée à Lyon. A cette occasion j’ai pu comparer deux systèmes de transports en commun. Chacun à ses avantages et ses inconvénients… Ils pourraient s’apporter mutuellement !

Plantons le décor :

J’avais un RDV à ViIlleurbanne, à proximité du Parc de la Tête d’Or, j’ai donc très vite décidé que je mangerais là-bas avant mon RDV (j’arrivais à Lyon vers 12h et mon RDV était en début d’après-midi.) J’ai repéré avant de partir les trajets gare – lieu de RDV et tous les transports passant à proximité de ce lieu (pour pouvoir faire ce que je voulais ensuite.)

NB : Cette idée d’indiquer sur le site des transports en commun tous les arrêts à proximité d’une adresse est pas mal, même si ça ne m’a finalement pas servi… Au quotidien, à Paris, j’aimerais bien !

J’avais décidé de ne pas me prendre la tête pour la suite, je déciderais ce que je faisais sur place en fonction du temps restant, de l’inspiration, avec un plan papier entre les mains (et un ticket illimité pour la journée). Parce que je ne comprenais rien à leur plan interactif et que de toute façon celui-ci ne montre pas les monuments ou « trucs à voir ».

J’ai beaucoup aimé cette journée, et je me suis bien baladée (dans le Vieux Lyon et sur les berges surtout mais pas que…).

J’ai beaucoup entendu de Lyon que c’est une ville très accessible aux personnes en fauteuil roulant (un ami lourdement handicapé qui y habite est entièrement autonome avec son fauteuil électrique et j’ai entendu d’autres échos dans ce sens.) Ce que j’en ai vu confirme cette idée (j’ai vu 3 personnes en fauteuil sur une même ligne, un même jour !) mais je ne peux pas en parler dans les détails (je n’étais en fauteuil, et se baser sur un aperçu d’un jour est assez réducteur…)

Par contre je peux parler de l’accessibilité pour les dyspraxiques : il y a des bons points mais le bilan est assez négatif.

Les bons points :

  • Aux arrêts de tram, des flèches indiquent la direction de monuments ou bâtiments importants (l’hôtel de ville par exemple.)
  • Dans les trams et métros les annonces sont visuelles et sonores : pour moi, c’est parfait, c’est complémentaire et rassurant. (Dans les trams c’est plus facilement lisible puisque ce sont des écrans défilants alors que dans les métros il y a seulement le plan de la ligne donc écrit assez petit. C’est compensé par l’annonce sonore et le fait qu’on puisse facilement voir le nom de chaque station à l’extérieur.)
    NB : la complémentarité du sonore et du visuel est pour moi assez importante. En effet, étant dyspraxique, j’ai d’autant plus de mal à lire des mots en étant en mouvement, encore plus s’ils sont petits ou placés en biais. Le sonore donne donc rapidement et sans efforts une info fiable. Cependant le sonore ne donne qu’une info au goutte-à-goutte. Le visuel complète donc en me permettant d’avoir une vision globale du trajet et d’anticiper (il y a tant d’arrêts, ça vaut la peine de m’asseoir ou pas, après tel arrêt je me prépare à sortir…)

Continuons dans les points positifs :

  • Les métros sont très simples, ce n’est pas du tout labyrinthique comme à Paris ! (en même temps il y a aussi moins de lignes ceci explique peut-être cela…)
  • Les annonces sonores (métro et tram ; bus je ne sais pas) annoncent bien les correspondances,
  • Les gares sont centrales dans les indications (direction X par Part-Dieu ou direction Part-Dieu et X) C’est assez pratique pour se repérer, que l’on aille à la gare ou pas.

Les mauvais points :

  • Sur le plan (que ce soit le plan interactif du net ou le plan papier), les lignes de métro sont bien repérables (grosse épaisseur du trait et une couleur pour chaque) en revanche pour les trams c’est un peu la galère : ils sont tous en violet, simplement distingués par le chiffre inscrit de temps à autre. Or parfois (tram 1 et tram 4 par exemple) les chemins sont identiques pendant un bout puis se séparent ensuite. Pour bien voir et comprendre ça, avoir deux couleurs distinctes serait beaucoup plus pratique…

Et alors les bus…. (c’est toujours les oubliés du système… Je trouve ça très triste surtout quand le réseau est très développé comme à Lyon ou Paris)

  • Les panneaux à chaque arrêt sont très difficiles à comprendre : la ligne n’est pas indiquée par une ligne droite mais par un schéma qui fait une sorte de boucle… Pour moi, comprendre que cette boucle est une seule et même ligne, dans le même sens, n’est pas du tout intuitif et ça aggrave le problème suivant.
  • A chaque fois que j’ai voulu prendre un bus j’ai eu du mal à comprendre la direction de celui-ci : elle n’est pas indiqué en gros mais en tout petit. En gros il y a les deux temrinus mais avec des flèches dans les deux sens… Bonjour la confusion…
  • Pareil pour retrouver l’arrêt où on se trouve sur la ligne, c’est indiqué par une toute petite flèche (alors qu’ils serait beaucoup plus pratique / lisible qu’il soit surligné en couleur (comme c’est fait à Paris).
  • Aux arrêts de bus il manquait un plan de quartier (c’est pratique pour retrouver les autres arrêts, les autres lignes à proximité, la station de métro la plus proche…)

Bref, j’avais espéré privilégier le tram et le bus dans mes déplacements pour profiter de la ville mais finalement j’ai beaucoup pris le métro. Un peu le tram. Et très peu de bus : pour aller à mon RDV (parce que repéré sur le site en amont), puis le soir (un arrêt indiqué par un passant pour me rapprocher du métro pour aller à la gare.)
(En fait, j’aurai carrément pu aller jusqu’à la gare avec si je l’avais trouvé plus tôt mais là j’avais peur de manquer de temps.)

Je continue les points négatifs…

  • Certaines indications écrites ne vont pas jusqu’au bout. Par exemple, dans le métro pour aller à la gare, la direction de celle-ci est indiquée en gros à la sortie du de la rame mais elle se réduit à un petit logo une fois arrivé en haut de l’escalier (quand on doit choisir entre la sortie gauche et la sortie droite du tunnel)
  • En passant : Je ne sais pas comment ils ont choisi l’abréviation des lignes mais c’est pas intuitif… M pour le métro, ok. B pour le bus,  et T pour le tramway ok aussi. Mais alors C, c’est quoi ? J’ai appris en arrivant sur place que ça désigne les « lignes de bus principales » c’est à dire les lignes de bus hybride en fait (ça roule sur des roues mais est relié au circuit électrique comme des trams..) Quand j’ai fait mes repérages la veille rien ne me permettait de comprendre ce qu’était le C. Ce que je trouvais étrange puisqu’il y avait beaucoup plus de C que de B. (Mais bon, ça c’est anecdotique…)

En bref, en temps que dyspraxique je bénéficie du travail fait pour les personnes sourdes et les personnes aveugles. Mais ça manque cruellement d’un gros travail sur la signalétique, les codes couleurs et les aides à l’orientation.

Notons qu’à Paris les travers sont inverses : la signalétiques est bonne, le code couleur et chiffre-lettres est très travaillé, il y a des plans à peu près partout, les fiches de ligne sont assez claires (avec indication distincte de la direction et de l’arrêt) MAIS il y a un gros problème sur les annonces.
Dans les bus, en théorie il y a une annonce visuelle (bandeau déroulant) et sonore dans la plupart. Sauf que souvent ça ne fonctionne pas (ou alors seulement un des deux.) J’ai aussi l’impression que les « planches de ligne » (des panneaux papier fixes qui indiquent tous les arrêts d’une ligne) sont en voie disparition dans les bus, c’est bien dommage, ça permet de pallier plus ou moins à la technologie défectueuse…
Dans la plupart des métros il n’y a que l’annonce sonore (sauf dans les plus récents) et encore elle ne fonctionne pas toujours (mais ce n’est pas le plus gênant puisqu’il y a bien des planches de ligne partout et qu’on aperçoit facilement le nom des stations à l’extérieur).
Dans les RER (A, B et C) c’est une catastrophe : les plans de ligne ne sont qu’aux extrémités de chaque wagon, les  annonces sonores sont souvent inexistantes (dans le RER C il y a un bandeau défilant pour le prochain arrêt mais souvent il ne fonctionne pas ou est décalé.)

Voilà mon bilan sur les transports en commun pour les dyspraxiques (ou autres personnes ayant des difficultés d’orientation…) à Lyon. J’espère avoir réussi à le rendre clair et qu’il pourra être utile…