Garder le contact…

J’en ai déjà parlé ici plusieurs fois. Pour moi l’amitié et surtout la durabilité de celle-ci dans le temps c’est compliqué. (Si vous ne voyez pas de quoi je parle je vous laisse cliquer sur le tag amitié, il y a pléthore de lectures…) (J’en ai profité pour en relire certains… Ouah, ça fait du bien…)

C’est encore plus compliqué quand il y a de la distance géographique qui s’ajoute au temps qui passe. Et encore plus compliqué quand de la souffrance se surajoute.

(Attention cet article est assez triste, à ne pas lire si vous avez le cafard… Le plus important c’est la conclusion que je résume ici : c’est important de donner / demander des nouvelles aux gens qu’on aime même s’ils ne répondent pas. Parce que ce n’est pas forcément volontaire et qu’ils sont potentiellement très seuls, dans ce cas votre message leur fera potentiellement du bien. Même s’ils ne répondent pas. « Pas de nouvelles bonnes nouvelles », c’est vrai parfois, mais c’est surtout le meilleur moyen de se donner conscience tranquille. )

J’ai inconsciemment beaucoup réfléchi à ça cet été. Parce que, avec ma grande amie d’enfance, C., ça fait plusieurs années que c’est compliqué. C’est ma première amie d’enfance, nous nous sommes connues à la maternelle et plus quittées ensuite jusqu’au collège. Nous étions très proches. Chacune donnait à l’autre ce qu’elle avait besoin (de la douceur / de l’attention / de l’écoute / de la bonne humeur), chacune comprenait ce que voulait dire et impliquait le mot handicap, chacune n’en avait rien à faire des apparences. Aucune n’avait peur de la différence. Bref, nous nous sommes bien trouvées, nous étions les meilleures amies du monde.

Mais là dessus nous avons grandi et le temps à passé. D’un côté, elle se faisait d’autres copains et copines alors que moi j’y peinais toujours autant.  De l’autre ses parents se sont séparés alors que les miens formaient toujours un couple soudé. En plus, en grandissant, nos expériences de ce handicap ont varié : elle le vivait en tant que proche, moi en tant que directement concernée, et par ailleurs, nous avons aussi pris conscience que le mot « handicap » qui nous avait soudé recouvrait différentes réalités : moi c’était destiné à aller vers le mieux, pour son frère c’était l’extrême inverse…. Puis un  de mes proches a été a malade, nouveau changement, une souffrance en plus, à prendre en compte de part et d’autre. Nous avions chacune de plus de mal à comprendre ce que vivait l’autre. Cependant, jusqu’au collège ça a tenu bon.

En 5° j’ai déménagé à plusieurs centaines de km de là, promesses d’amitié pour la vie (qui n’en a pas fait ?) promesses de visites. Là encore, ça a tenu bon, au moyen d’une correspondance épistolaire régulière (eh oui, internet n’était pas encore si développé !) et de visites chez elle. Il y a eu des déceptions C’était très difficile pour elle de quitter sa maison, j’ai mis du temps à comprendre et  accepter que son amitié pour moi ne pouvait pas égaler/dépasser son amour pour son frère au point de dépasser cette peur. Mais j’ai laissé ça de côté et ça a tenu, encore. Je suis allée la voir et le fait est que quand je lui envoyait de longs mails en 3° et 2nde parce que je n’allais pas bien et que je n’avais que ça à faire pour occupper ma solitude, elle a toujours répondu présente.

C’est pourtant là, je crois, que l’écart a commencé à se creuser. Et c’est juste après qu’il s’est matérialisé. Au lycée, j’allais moins souvent la voir et il y a la crise d’ado qu’elle a faite et pas moi. Il y a les nouvelles copines qui font aussi cette crise d’ado. Il y a toutes les expériences que nous n’avons pas pu vivre ensemble et qui changeaient notre vision du monde. Et il y a ce fossé de souffrance qui se creusait. Ma famille allait de nouveau bien, très bien, tandis que dans la sienne ça continuait à dégringoler. Forcément, elle s’est trouvé d’autres amies plus proches géographiquement qui pouvaient mieux la comprendre et la soutenir au quotidien. Mais moi j’avais du mal à m’en détacher. Et j’étais inquiète et elle ne répondait pas à cette inquiétude.

Au bout d’un moment qu’elle me renvoyait l’image d’aller si bien, alors que moi j’avais l’impression inverse, je l’ai crue. J’ai cru que cette impression venait du fait que moi-même je n’allais pas si bien et que je faisais une sorte de transfert, comme si j’avais envie qu’elle aille mal parce que j’allais mal. Ou que j’avais envie qu’elle aille mal parce que j’avais gardé l’image d’une fille qui allait mal. Et puis j’avais aussi l’impression d’un déséquilibre : forcément dans mes longs mails de solitude je lui faisais beaucoup de confidences, je m’ouvrais beaucoup à elle, elle en face me rassurait, me consolait, mais ne faisait pas autant de confidences sur elle. C’était donc difficile pour moi de savoir comment elle allait vraiment. Parfois j’étais plus insistante, plus explicite dans mes inquiétudes, elle n’y répondait pas. Elle répondait « à côté de la plaque », au reste du mail mais pas celle-là, comme si elle n’avait jamais existé. Elle me disait je vais bien. Elle me parlait de ses voyages, de ses sorties, de ses loisirs. J’ai donc tu mes inquiétudes et décidé de lui faire confiance : elle va bien, c’est super, je me réjouis pour elle.

Et ayant de nouvelles amies moi aussi, j’ai pris de la distance, j’ai suivi son attitude, je me suis détachée. J’ai décidé que je lui donnerai autant que ce qu’elle me donnerait, pas plus, pas moins. Un mail = un mail. En fait, j’ai surtout calqué le fonctionnement de mes autres amitiés sur celle-ci. C’est une époque où je réfléchissais aux amitiés toxiques, je me rappelais cette « copine » qui m’avait vampirisée sans donner de contre-partie et j’avais l’impression que c’était la même chose quand j’écrivais de longs mails auxquels elle ne répondait qu’à moitié, voire auxquels elle ne répondait pas du tout, quand j’étais sans cesse à faire le premier pas, j’ai pensé que finalement elle ne tenait plus à moi, qu’elle avait d’autres amies et donc n’avait plus/pas besoin de moi. Dire un mail = un mail était tellement plus facile.

Je ne saurais  jamais si certaines de mes inquiétudes étaient fondées (a-t-elle eu, comme je le pense, un trouble du comportement alimentaire qui a été stoppé avant que ça ne soit trop alarmant/trop tard ?) Je ne saurais jamais si il y a vraiment une époque où elle allait bien et que je m’inquiétais dans le vide. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que ce n’est plus le cas. Elle donne toujours cette impression dans ses (très rares) messages mais tous les autres signaux que je reçois me disent le contraire. Elle ne sait pas où elle est, elle ne sait pas où elle va.

J’en ai parlé avec ma sœur aussi, cet été. Elle est amie avec son frère, ils se voient et s’écrivent encore de temps en temps. Mais elle aussi a du mal à savoir où placer le curseur : je m’inquiète trop / je ne donne pas assez de nouvelles. Elle aussi a du mal à redonner encore des nouvelles même si elle n’en reçoit pas. Mais parfois elle en a. Et ces rares fois lui renvoient l’image de quelqu’un et d’une famille qui ne va pas bien. De quelqu’un et d’une famille qui est isolée. Elle a l’impression que nous sommes parmi leurs rares amis. Alors elle a conclu que même si c’est dur c’est important. Important d’envoyer des nouvelles et d’en demander. Pour garder le contact, juste garder le contact. Pour dire qu’on pense à eux, parce que oui, on pense à eux. Pour qu’ils se sentent moins seuls. Pour creuser un peu moins le fossé, au moins un tout petit peu moins.

Toutefois, nous savons que la mère va très mal, elle a vu le père et le fils, qui semblent donc isolés et n’aller pas si bien, elle ne l’a pas vue elle. Peut-on généraliser ? Mais comment pourrait-elle aller bien alors que tout va mal autour ? Même si elle s’est maintenant éloignée géographiquement ça me semble difficile. Ce toutefois est une sorte de déni, en fait…

Alors maintenant que je me sens beaucoup plus stable en amitié, j’ai refait un premier pas. J’ai renvoyé un mail, j’espère recevoir un mail de réponse, mais peut-être que ça ne sera pas le cas. Tant pis, dans quelques mois, quand je penserais de nouveau fort à elle, je lui en reverrait un. Parce que de toute façon je ne pourrai pas m’empêcher de penser fort à elle et parce que ce n’est pas parce qu’elle ne répond pas que ça ne lui est pas important. Si ça se trouve elle ne sait juste pas quoi répondre, parce que le fossé s’est creusé et qu’il lui semble insurmontable et parce que quand ça va mal, parfois on a pas grand chose à dire (et tout semble plus insurmontable encore). Surtout quand on veut faire semblant. Je vais continuer de lui envoyer des mails de temps en temps et peut-être un jour j’aurais une réponse. Peut-être qu’un jour j’aurais la preuve que ça aura servi à quelque chose.

Parce que ma grande peur c’est d’apprendre qu’elle va très mal et que je n’ai pas été là, que personne n’a été là. Parce que je ne sais pas actuellement qui elle a autour d’elle. Maintenant qu’elle aussi a déménagé pour ses études, maintenant qu’elle aussi est partie de chez ses parents, qui reste-t-il de ses anciens amis ? Parle-t-elle aux nouveaux de sa famille ? Et qui peut comprendre tout ce qu’elle a vécu, ce qu’elle vit ? Peut-être qu’il y en a, mais je ne le sais pas. Je n’ai aucun signe ni dans un sens ni dans l’autre et aucun moyen de le savoir.

Ce dont ma sœur a le plus peur, c’est de ne pas  être mise au courant quand finalement ça arrivera. Parce que oui, un jour, dans pas si longtemps sûrement, quelques années tout au plus, il mourra. Il n’est pas si vieux, mais pourtant il l’est. Quand elle m’a dit ça je me suis écriée qu’il n’y avait pas de raison, que bien sûr que si. Elle le connait, je la connais, ses parents connaissent mes parents et ils ont toutes nos coordonnées. Mais au fond, moi aussi j’ai peur. Parce que si nous ne gardons pas contact, pourquoi le feraient-ils ? Parce qu’ils connaissent tous les membres de la famille et que nous avons été amis plus de 10 ans ? Parce que nous avons été parmi leurs premiers et plus fidèles amis pendant longtemps ? C’est tentant de penser comme ça. Mais tellement facile. Pourquoi ce serait à eux de faire l’effort dans un moment si difficile ? Ils auront autre chose à faire que de rechercher les coordonnées de tous leurs anciens amis ce jour-là. Alors, oui, moi aussi ça me fait peur, moi aussi j’y avais déjà pensé.

Alors certes, envoyer ces mails sans recevoir de réponse, c’est un peu coûteux, et ça fait un peu mal à chaque fois. Parce que ça renvoie en arrière ; parce que ça signifie que le fossé est toujours là, toujours aussi grand ; parce que ça veut dire que potentiellement elle va toujours aussi mal en faisant semblant ; parce que je ne sais pas l’effet que ça lui fait ; parce que je ne sais pas quoi dire vraiment. Mais au moins quand ça arrivera et qu’ils nous le diront j’aurais un peu moins mal, un peu moins de regrets. C’est un peu égoïste, c’est un peu se donner la conscience tranquille tous les 3 mois, mais au moins ça aura servi à quelque chose.  Et je continue d’espérer que ça lui fait du bien, au moins un tout petit peu.

C’est aussi tout ce que j’ai pu lire par ici qui m’a fait y réfléchir… Tous ces gens qui racontent que la maladie / la différence les a isolés. Que d’un coup il y a des tas de gens qui ne leur ont plus donné de nouvelles. Je n’ai pas envie qu’eux vivent ça, et pourtant, manifestement ils le vivent  déjà. Je n’ai pas envie de faire partie de ces gens-là. Malheureusement je ne peux pas réduire la distance géographique. Mais je peux dire que je suis là.

Alors oui, je vais continuer à envoyer ces mails, même si elle ne répond pas. Parce que c’est important de dire que je suis toujours là et pense à elle, à eux. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, c’est juste le plus grand mensonge de l’univers. Pas de nouvelles c’est juste pas nouvelles.

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Questionnaire de Flow : 56 à 72

(Aujourd’hui c’est un gros morceau, je l’ai écrit petit à petit avant de me décider à finaliser la mise en forme pour le publier.)

56) Pourquoi avez-vous choisi le travail que vous faites actuellement ?
Je transforme la question : Pourquoi j’ai choisi les études que je fais actuellement ?
J’en ai déjà parlé plusieurs fois ici : l’enseignement proposé par cette école m’attirait beaucoup, il était à la croisée de plusieurs domaines qui m’intéressaient. Et j’ai continué dans cette école après le premier cycle (équivalent de la licence) parce que en y étudiant j’y ai découvert des métiers qui me plaisaient et le deuxième cycle était la suite logique pour y arriver.

57) Quels films préférez-vous regarder à la maison plutôt qu’au cinéma ?
Au premier abord j’ai eu envie de répondre aucun, le cinéma c’est trop bien. Mais en fait, il y a quand même des films que je ne paierais pas pour aller les voir au cinéma mais que je regarde avec plaisir quand ils passent à la télé : j’appellerais ça les films « divertissants » (certains films d’action, certains films à l’eau de rose : les acteurs / le scénario / le tournage ne sont pas forcément excellents mais ça fait passer un bon moment) et aussi les films très très commerciaux que je n’ai pas envie d’enrichir davantage  en allant au ciné.

58) À quel point vos jugements sont-ils indulgents ?
Je suis généralement très (parfois sûrement trop) indulgente. Je pense toujours qu’il peut y avoir derrière ce que je juge une raison que je ne connais pas (un handicap, un travail difficile, un quotidien compliqué, une journée pourrie…) et que le moment X que je vois n’est forcément représentatif. Mais il y a quand même certains domaines où je le suis beaucoup moins : l’orthographe par exemple, la curiosité gustative aussi (ne pas manger que pâtes-jambon.) Et les jugements sur moi-même ne sont pas du tout indulgents, au contraire.

59) Dormez-vous bien ?
Oui, j’ai cette grande chance, même quand je suis stressée je dors bien (dans ce cas le plus difficile est de s’endormir mais ça arrive toujours et après tout marche comme sur des roulettes.)

60) Quelle est votre dernière découverte ?
Question difficile : découverte à quel niveau ? Niveau gustatif j’ai découvert le poulet cuit à la vapeur froid c’est super bon ! (par contre chaud j’aime moins.) Niveau pro j’ai découvert le métier d’iconographe (enfin j’en avais déjà entendu parler avant mais là j’ai eu une présentation beaucoup plus complète qui m’a fait vraiment découvrir le métier.) Niveau études j’ai découvert des cursus très intéressants pour ce métier…. à Lyon (et quelques uns à Paris aussi).

61) Croyez-vous à la vie après la mort ?
Hmmm encore une question difficile. Oui j’y crois fermement. Une vie physique je ne sais pas (j’ai du mal à apréhender le concept de « résurrection de la chair » … je suis une mécréante 😉 ) mais spirituelle clairement oui.

62) Êtes-vous en colère contre quelqu’un ? Si oui, qui ?
Il y a quelques jours j’aurais dit « contre moi-même » mais ça va mieux. Et du coup, actuellement : non.

63) Prenez-vous souvent les transports en commun ?
Oui, minimum deux fois par jour en semaine (il est fréquent que je ne sorte pas le dimanche ou alors juste pour marcher.)

64) Qu’est–ce qui vous a causé le plus de chagrin ?
Et encore. Je ne sais pas. La mort de N. peut-être. Ou le divorce des parents de C. Ou le constat que je ne partageais plus rien avec C. qui était pourtant ma meilleure amie d’enfance (cette-même C.)

65) Êtes-vous devenu ce que vous vouliez être quand vous étiez enfant ?
Quand j’étais petite enfant (vers 4/5 ans je pense) je voulais être dresseuse de dauphin ou boulangère. Bon, c’est pas le cas. Mais quelques années plus tard j’avais dans l’idée d’être jardinier (pas le cas non plus mais je n’abandonne pas l’idée de remplir mon chez moi de plantes) ou archéologue ou bibliothécaire. Je m’en approche je crois ! Et puis si je sors du domaine des études, enfant je voulais devenir autonome, ça j’ai réussi !

66) Quelle chanson vous donne envie de danser toute la nuit ?
Je suis pas très danse… Du coup rien ne me vient…

67) Quel trait de caractère appréciez-vous vraiment chez un proche ?
La tolérance / l’ouverture d’esprit.

68) Quel a été votre plus gros achat ?
Mon ordinateur, acheté grâce à un gros chèque reçu pour mes dix-huit ans.

69) Donnez-vous une seconde chance aux gens ?
Oui beaucoup (l’indulgence tout ça…) parfois même une troisième, mais alors ce n’est généralement pas une bonne idée….

70) Avez-vous beaucoup d’amis ?
Non. Enfin, si je compte mes amis actuels – par « amis j’entends personne à qui je suis prête à me confier et que je sais qu’ils me répondront si je demande de l’aide – j’arrive à 13. Ce qui est plutôt pas mal. Mais, pour une raison que je ne comprends pas mes relations amicales ne durent jamais dans le temps. Je ne parle plus à mes amis du lycée ni à mes rares amis du collège, encore moins à ceux de primaire… Sur les 13 : j’en ai connu une au lycée, 10 depuis mon bac (à l’école ou au foyer étudiant), et deux cette année (à l’école.) J’ai l’espoir que mes amis post-bac résistent au potentiel déménagement… On verra.

71) Quel mot vous fait grincer des dents ?
L’expression « si j’aurais » pour la grammaire et tous les mots insultants utilisés contre une personne (dans le but d’insulter) pour le sens…

72) Avez-vous déjà eu le coup de foudre ?
Non.

Questionnaire de Flow : 1 à 5

Annick Annouck s’est lancée il y a quelques jours dans un très long questionnaire (210 questions !). En regardant les questions au premier abord je l’ai trouvé très impressionnant et difficile mais plus je vois ses réponses et plus je le trouve finalement abordable et j’ai envie d’y répondre aussi. Or mes réponses sont souvent trop longues pour que je puisse répondre spontanément en commentaire.

En plus, en ce moment j’ai envie d’écrire mais je n’ai pas le temps + je n’y arrive pas (mes petits bonheurs de l’hiver attendent depuis une semaine mais je n’arrive pas à trouver une forme qui me convienne…)

Or, ça c’est rapide et « simple » (pas de question de forme, de style…)

Je me lance donc. Ce ne sera probablement pas quotidien ni régulier mais dès que j’aurai envie d’écrire. (et ce ne sera probablement pas grandiose au niveau de la mise en forme et très fignolé…)

  1. Avec qui vous entendez-vous le mieux? Je crois que c’est avec ma soeur ainée, même si nous avons des profils scolaires et des manières de penser très différents. Nous avons un an et demi d’écart et nous avons souvons été dans la même chambre. Nous avons partagé beaucoup, nous avions/avons beaucoup d’amis communs (parce que je la suivais beaucoup, dans les soirées où je ne connaissais personne je liais connaissance avec ses amis !)
  2. À quoi passez-vous trop de temps ? à procrastiner, sur internet en particulier.
  3. Quelles blagues vous font rire ? Je suis très bon public, tout me fait rire, à part les blagues de sexe ou méprisantes.
  4. À quand remonte la dernière fois que vous avez fait quelque chose pour la première fois ? ça c’est une question que je trouve difficile. Je n’en sais absolument rien ! Cuire des poireaux à l’étuvée la semaine dernière ; acheter de la semoule bio en vrac le mois dernier … ça compte ?
  5. Pleurez-vous facilement devant les autres? Aloooors, ça dépend 😉 Disons que je vais rarement pleurer la première. Généralement quand je pleure devant les autres c’est qu’ils pleurent eux et ça me fait pleurer. Mais par contre effectivement je pleure facilement quand je vois quelqu’un -que je connais de près ou de loin- pleurer. Je pleure rarement devant un film que je vois en groupe alors que je pleurerais en le voyant seule, je pleure très facilement aux enterrements (même si je suis très peu attachée à la personne concernée. Je pense par exemple à l’enterrement de notre vieux voisin, je n’ai pas pleuré de tout l’enterrement, je le connaissais peu par contre je me suis mise à pleurer quand j’ai vu sa fille à la fin -alors que je la connais peu aussi- parce qu’elle pleurait comme une madeleine). Je peux aussi me mettre à pleurer nerveusement quand je suis très fatiguée, sous pression (et encore plus si j’ai mes règles… merci les hormones). Mais alors là c’est difficile et gênant parce que je pleure « pour un rien » et j’ai bien du mal à m’arrêter et à expliquer, les autres en face se contentent rarement du « c’est rien c’est la fatigue et le stress… » (surtout si, comme c’est mon cas, tu continues à pleurer en le disant….) (Oui, ça sent le vécu, hein 😉 )

Billet d’humeur : cohabitation et imperfection

J’ai récemment accueilli ma mère chez moi pour quelques jours. Ce n’est pas la première fois qu’elle venait dans mon appartement mais c’est la première fois qu’elle y est restée si longtemps. Elle y a dormi et mangé alors que les fois précédentes c’était juste un passage. D’ailleurs c’est aussi la première fois que j’accueillais quelqu’un pour plus qu’un repas.

Je me faisais une grande fête de ces quelques jours, ça faisait longtemps que j’en avais envie et que j’avais semé la proposition, elle aussi je crois que ça lui faisait envie depuis assez longtemps, ça s’est décidé sur un coup de tête. J’en avais envie pour lui montrer des choses dans la capitale et avoir un temps de partage en tête à tête. Je crois aussi que c’était une manière plus ou moins inconsciente de lui montrer comment je me débrouillais bien en autonomie.

Je n’avais pas du tout anticipé tout ce qu’il s’est passé. Tout ce que cela impliquait.

Nous avons effectivement passé de très bons moments ensemble, partagé beaucoup. Je ne voudrais pas l’oublier. Mais il y a eu aussi des moments de tension dont je me serais bien passée (même si, avec le recul, ils étaient mineurs.)

D’abord, elle a scruté tous les petits détails. J’ai du coup eu l’impression qu’elle remarquait plus les défauts que les efforts faits. (Elle ne m’a pas spontanément félicitée pour le ménage mais a noté que le rideau de douche était « moisi » par exemple.)

Ensuite, quand on s’est balladées elle m’a fait remarquer ce que je ne savais pas et que je « devrais savoir ». C’était juste pour me taquiner. Mais je l’ai mal reçu, comme une mise en doute de mes capacités.

Ensuite elle m’a coupé dans mes repérages dans les transports, elle a fait des remarques qui me perturbaient / court-cicuitaient. Du coup je paniquais et je réfléchissais de travers. (J’en ai déjà parlé ici : soit elle me laisse faire jusqu’au bout et c’est ok, soit c’est elle qui guide, mais pas entre les deux ! Et en l’occurrence hors de question que ce soit elle qui guide puisque c’est moi qui accueille.)

Dans les transports j’avais aussi l’impression qu’elle vérifiait chacune de mes décisions, comme pour s’assurer que je ne faisais pas fausse route. Encore une remise en cause de mes capacités que j’ai mal vécue (et là, pour le coup aucune excuse, ça m’énerve encore.)

Et puis chez moi, elle a fait des vaisselles et des repas. Et là j’ai été paradoxale. Très clairement, elle faisait ça pour prendre soin de moi, m’aider, parce qu’on avait fait beaucoup de choses dans la journée et qu’elle me savait fatiguée. Mais moi je l’ai parfois mal pris car c’est comme si elle prenait ma place. Comme si elle soulignait que j’étais trop lente pour faire le repas dans les temps avec ma fatigue. Comme si elle soulignait que faire la vaisselle à chaque repas c’est quand même beaucoup plus facile que de la laisser s’accumuler… Alors que bien sûr j’étais fatiguée et bien sûr ça m’aidait qu’elle fasse la vaisselle / le repas. Mais c’était une ingérence dans mon quotidien, moi qui voulait montrer mon autonomie.

Ces moments de tension ont été favorisés par plusieurs facteurs, principalement venant de moi.

  1. Je voulais l’accueillir chez moi, être la maitresse de maison mais la réalité m’a rattrapée je ne pouvais pas tout gérer à la perfection (le planing chargé + les obligations du quotidien). (Et je le découvre de plus en plus je ne supporte pas mes imperfections.) Il y a eu comme un décalage entre le week-end idéal et rêvé et la réalité que j’ai eu du mal à digérer.
  2. Fatiguée, je décuplais les moindres remarques lors qu’elles me semblaient négatives en oubliant-minimisant les remarques positives ou en occultant la volonté sous-tendue (prendre soin de moi.) Peut-être aussi que c’était fait ou dit maladroitement.
  3. Il y aussi une différence de mode de vie/philosophie qui joue. Ma mère est maladivement pointilleuse sur certains aspects (elle ne supporte pas l’odeur de cigarettte par exemple, entre beaucoup d’autres choses), c’est très envahissant et ça m’horripile. Pour reprendre l’exemple de la cigarette, comme elle ne la supporte pas elle pense tout de suite que c’est tout de suite aussi horrible pour moi et me dit tout de suite qu’il faut que je le signale à la résidence que je sens des odeurs de cigarette, il y certainement quelqu’un qui fume dans les environs. Alors que c’est autorisé de fumer chez soi. « Oui mais peut-être qu’il fume dans les parties communes et ça ça ne l’est pas » Sauf que non je ne vais pas faire tout un patacaisse pour une odeur, désagréable ok mais occasionnelle, juste parce qu’elle ne la supporte pas. Je sais qu’il y a une lourde histoire derrière, que c’est viscéral, que je ne peux pas changer ça. Mais j’aimerais juste qu’elle arrête d’identifier ses propres ressentis aux miens et qu’elle arrête de s’imiscicer dans ma vie à ce point. Pour ça il faudrait déjà qu’elle s’en rende compte, qu’elle réalise que c’est un problème, je ne suis pas sûre que ce soit le cas, il faudrait donc que je lui dise… Sans l’énerver (parce que c’est un point sensible) et sans m’énerver (parce que je me sentirais niée si elle n’accepte pas d’entendre mon avis différent que j’aurai fait l’énorme effort d’énoncer)… C’est pas gagné 😦

Au-delà de ces obsessions viscérales et envahissantes contre lesquelles je ne peux rien, il y aussi une manière de penser qui m’énerve (mais contre laquelle je ne peux rien non plus.) Elle laisse très facilement les points négatifs prendre le dessus et occulter le positif. S’il y a un truc qui s’est mal passé, elle va le répéter dix fois au cours de la journée. Alors que ça suffit, c’est passé et voilà. Après je sais qu’elle admire ma façon que j’ai de penser toujours au positif avant tout. Donc qu’elle est consciente de ce défaut (mais du coup dans ma tête, si elle admire, pourquoi elle ne le mets pas en pratique ? Oui, je sais, pas si simple…) J’ai remarqué qu’elle fait beaucoup d’efforts pour penser positif. Mais ça m’énerve quand même. (Dans le genre se pourrir la vie pour rien : il semblerait que je mange moins qu’à la maison. Peut-être, mais je mange à ma faim, et elle aussi. Alors où est le problème ? )

Le pire dans tout ça c’est que je me voyais être énervée pour des futilités ou des choses que je ne peux pas changer et ça m’énervait d’être énervée (alors que je rêvais de ces quelques jours depuis tellement longtemps.) En plus je vois bien que je lui reproche des choses que je fais moi-même (elle pense que je ressens forcément comme elle / je voudrais qu’elle fonctionne comme moi.) et ça aussi m’énerve beaucoup. Pour finir, ce qui m’énerve dans mon énervement; c’est que quand je suis dans cet état (énervement-fatigue-frustration) je suis incapable de l’expliquer. Du coup elle voit bien que je suis énervée mais ne sait pas exactement pourquoi, donc ça ne risque pas de changer... Bien sûr, je pourrais en reparler après coup. Mais il y a 2-3 freins. D’abord une difficulté à m’exprimer sur de tels ressentis et une peur que ce ressenti soit nié (elle excelle dans : « Mais non ce n’est pas ce que j’ai voulu faire/dire, tu m’as mal comprise ») et puis une contradiction de cette pratique (reparler de ce qui est mal passé calmement plus tard) avec ma manière de penser (laisser le négatif derrière.) S’il n’y avait que ce dernier point je pourrais passer outre, je le fais parfois avec des amis et ça passe très bien, parce que c’est constructif, que l’on s’écoute. Mais justement avec elle je « sais » que l’écoute ne sera pas la même, qu’elle ne va entendre que la moitié ou déformer mes propos. Je « sais » parce que j’ai déjà tenté parfois, mais c’était il y assez longtemps, je n’ai plus le courage de retenter, me confronter à un point de vue aussi radicalement opposé au mien.

(AnnickAnnouck j’ai essayé de faire comme toi car ça pourrait m’aider… Mais j’ai toujours autant de mal à exprimer de tels ressentis et à les publier… C’est terrible cette pudeur !) (Cette semaine j’ai écrit un autre article de ce type mais un  je-ne-sais-trop-quoi de honte/pudeur m’empêche de l’assumer et de le publier…)

Citation d’actualité…

Il ne sert de rien à l’homme de gagner la lune s’il vient à perdre la Terre.

François Mauriac

Voilà. Attention on va atteindre le point Godwin et ça pourrait revenir souvent…

Puisque certains semblent oublier l’Histoire, il faut sûrement faire un rappel. (Extrêmement simplifié mais qui suffit pour avoir peur et comprendre qu’on fonce droit dans le mur.)

En 1923 Hitler a fait un putsh raté, mais en prison il écrit Mein Kampf (Mon Combat en allemand.) et en 1933 il est élu chancelier. « Personne » ne croit qu’il est dangereux, sauf Churchill qui n’est pas écouté. (Entre 1933 et 1939, rien n’a été fait !)

Pour un rappel des faits historiques, c’est bien ici.

Et ça mène à des atrocités, toutes annoncées par Mein Kampf. Pour se les remémorer on peut très bien lire Si c’est un Homme de Primo Levi, Être sans destin de Imre Kertesh, voir La Liste de Schindler, Amen de Costa Gavras (des mois après j’en ai encore l’estomac retourné. Mais c’est le plus représentatif des questions que je me suis toujours posées, sans aucune réponse hélas.) (J’avais pensé en faire un article mais ça m’avait tellement remuée que je n’ai pas réussi. à voir avec le coeur bien accroché, et sans les enfants… Il n’y a aucune image violente, ce sont les idées et les silences, les sous-entendus qui le sont. C’est le film qui m’a le plus parlé et marqué sur le sujet.)

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Malheureusement à force d’agiter le point Godwin il semble que l’on  ne voit même plus quand ça vient vraiment. Malheureusement il semblerait qu’il ne faille même pas attendre la mort de tous les témoins de cette horreur pour qu’elle soit déjà oubliée.

Je me rappelle quand je lisais les livres d’Histoire, je me disais comme tout le monde : « Comment ça a pu arriver ? Comment on peut en arriver là ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour l’empêcher, surtout une fois que la machine est en marche ?  » Eh bien aujourd’hui encore je me pose la question. Et aujourd’hui, alors que ça recommence, je n’ai toujours pas de réponse.

J’ai toujours été bien consciente en lisant mon livre d’Histoire, que se demander ce qu’on aurait fait si on y était n’avait aucun sens. On n’y était pas. Et c’est inimaginable. Comment peut-on présumer de nos actes face à une situation inimaginable ? Et on  ne peut connaitre la réalité de nos actions qu’une fois qu’on y est  vraiment. Eh bien là ça y est, on y est. Ce texte est une petite goutte d’eau dans l’océan pour que j’aie l’impression d’agir, pour montrer ma protestation, pour dire que non je n’ai pas oublié l’Histoire. Autre goutte d’eau dans l’océan en signe de protestation et de solidarité ici : https://secure.avaaz.org/campaign/en/president_trump_letter_loc/?aGelYgb . C’est un petit peu rassurant de voir les signatures augmenter très rapidement en temps réél…

On ne peut pas dire qu’on a pas été prévenu. Autrefois « ah mais on n’avait pas lu Mein Kampf » « non mais ça semblait infaisable… » versus aujourd’hui « non mais Trump ne sera jamais élu » « non mais Trump ne mettra jamais ses paroles en actes » ou aussi : « non mais il n’y aura pas le Brexit ». Ah bah si, en fait. Bon. Et alors « Non mais le FN ne passera jamais, Marine Le Pen ne sera pas élue, il y aura un mouvement de masse… » Ah.

Moi je vois toujours pas vers qui on va pouvoir tourner le mouvement de masse. C’est divisé dans tous les sens et il n’y a pas un con pour rattraper l’autre.

Sauf Charlotte Marchandise-Franquet… mais il faudrait qu’elle soit d’avantage connue et que les gens y croient un minimum… Croire que quelqu’un qui n’a pas fait de carrière politique peut nous gouverner (vu à quoi mènent les carrières politiques moi je suis plutôt 100 fois pour ! Et puis elle n’a pas d’idée dangereuse, on ne perd rien à essayer !) Croire que le système qu’elle propose peut fonctionner. Franchement quand on l’entend parler ça donne trop envie : elle se renseigne, demande l’avis de spécialistes , est-ce que ça marcherait je ne sais pas mais au moins elle, elle ne plane pas, elle ne nous embrouille pas par des beaux discours irréels, elle est au contact de la réalité. Et c’est ça qui manque aujourd’hui. Elle a un vrai projet et veut essayer, pas faire carrière  ! ça aussi ça manque… Alors oui, peut-être qu’elle pourrait… Si elle était davantage connue…

Pour la connaitre : ici, ici (là je réécoute et vraiment ça m’enthousiasme.) et en vidéo. (Vous trouverez de multiples articles aussi en tapant son nom sur votre moteur de recherche. Mais je trouve intéressant de l’entendre directement parler…)

Revenons à notre actualité, aujourd’hui on est prévenu : Trump a clamé haut et fort ses intentions et les met déjà en pratique. Marine a aussi clamé haut et fort qu’elle était d’accord avec tous ses faits et gestes… Que c’est ce qu’elle souhaite mettre en pratique.

Ce qui me fait super peur, au delà de toutes ces élections, c’est l’état global du monde actuellement. Dans les années 30, les fuyards se sont réfugiés aux USA et au Royaume-Uni. Aujourd’hui… C’est plutôt le mouvement inverse… Mais où vont-ils se réfugier ? En France c’est mal embarqué, comme dans tous les autres pays d’Europe. Au Canada, peut-être oui…. Je sais qu’il est grand mais quand même… Les Syriens ne sont pas sortis de leur merdier… (oui je suis vulgaire, faut que ça sorte.)

Quand j’ai copié la citation de Lilo je n’ai pas imaginé que ça laisserait sortir un tel flot… Mais ça fait du bien de mettre des mots sur la tristesse, la peur et la colère. (et de partager un peu d’espoir, malgré tout…)