Première expérience chez l’ostéopathe

Ça fait un certain temps que j’en entendais parler dans mon entourage, un certain temps que j’en entendais les bienfaits et que je voulais tenter l’expérience tout en hésitant.

Il faut bien l’avouer j’avais un peu peur.

D’abord parce que je ne vais pas tant que ça chez le médecin et que je ne suis jamais à l’aise lors des premiers contacts pour expliquer mon handicap (même dans le milieu médical certains ne connaissent pas l’IMC ou alors quand ils le connaissent ils peuvent réagir en disant « ah oui mais ça aurait pu être bien plus grave… Vous avez de la chance ». NB : Je le sais, pas besoin de ton avis, pas venue pour ça. ) Je peux dire l’origine sans problème mais cela n’explique pas par le menu toutes les conséquences que cela comporte, or je ne peux pas les donner vu que je ne suis pas médecin ! Je connais certaines choses, des trucs conseillés ou au contraire contre indiqués, mais certainement pas tout ! C’est donc important que celui qui me prenne en charge connaisse la pathologie.

J’avais aussi peur que l’ostéopathe modifie quelque chose qui « empire » la situation. Je m’explique : je sais que l’IMC a pour conséquence de me faire favoriser certaines postures qui peuvent être considérées à première vue comme mauvaises mais parfois c’est le seul moyen que mon corps a trouvé pour fonctionner. Parfois cela a même pu entrainer des déformations osseuses (mes pieds plats par exemple.) Je craignais donc que l’ostéopathe modifie quelque chose qui était pour moi primordial pour fonctionner. C’est peut-être irraisonné et impossible, aucune idée. (Mais ce n’est pas en demandant à un médecin ou kiné conventionnels que je vais avoir la réponse ^^)

Bref, avec toutes ces craintes, j’ai fini par me décider pour aller chez l’ostéopathe familial réputé très doux et à l’écoute. Ma mère m’a un peu poussé, elle ne semblait pas partager ces craintes et en plus, j’ai lu plusieurs témoignages de personnes IMC allant régulièrement chez l’ostéo et ça n’avait pas l’air de leur poser problème.

Bilan des courses : c’était très bien !

1° bon point, il connaissait l’IMC et n’a fait aucun jugement. 2° bon point, il était effectivement très doux et à l’écoute. Il ne cherchait absolument pas à forcer.

Ça m’a procuré un moment de détente assez similaire à la kiné. Pour les suites par contre c’est différent : après le kiné je suis détendue, alors qu’après l’ostéo j’ai bien senti les points qui avaient été travaillés. Et rien n’a été détraqué ! (logique puisqu’il n’a rien forcé.)

J’ai bien apprécié aussi qu’il m’explique TOUT  ce qu’il observait et faisait et dans quel but, c’est rassurant. Il était aussi très clair sur ce qu’il voulait que je fasse moi (inspirer profondément et tout relâcher au moment de l’expi. Où mettre mes bras, si je pouvais les bouger ou pas, etc.) ce qui me rassurait aussi et m’aidait bien à me détendre. Enfin, c’était très « satisfaisant » d’entendre tout ça parce que ça faisait écho à tout ce que me disaient mes kinés.

Sans surprise (parce que c’est toujours le cas) la jambe droite était plus raide. Il a d’ailleurs remarqué que du coup j’étais plus contractée sur le côté droit aussi en haut du corps (ça peut aussi être une conséquence du fait que je suis droitière : je mobilise beaucoup plus mon bras droit -> épaule plus tendue de ce côté là.) En revanche je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit si raide que ça. Je ne m’en été pas aperçue. L’année prochaine il faut vraiment que je retrouve un kiné.

Autre point sans surprise j’étais très contractée vers l’épaule/la nuque (plus du côté gauche), ça ne m’étonne pas parce que je sais que c’est le premier endroit que je crispe (avec la mâchoire.)

Par contre, lui (et moi) avons été surpris de la bonne mobilité de mon bassin. Apparemment il le trouvait assez souple (en tout cas en sachant que j’avais une IMC). j’étais assez contente qu’il me le dise parce que c’est un point qu’on avait beaucoup travaillé avec ma kiné et ma psychomotricienne au lycée. Et que j’essaie de maintenir tout ça par des étirements réguliers.

Il m’a aussi fait remarquer que mon diaphragme était très contracté, comme s’il restait toujours en position haute, je ne le relâche jamais entièrement. Pour moi c’était une découverte. Il m’a donné un exercice de respi pour essayer d’y remédier. J’ai pu constater à l’occasion que je ne savais toujours pas dissocier la respiration du ventre et celle du thorax. Avec toutes les expériences en chorale et en yoga que j’ai, ça me désespère pas mal.

Là où j’ai pu apprécier qu’il connaissait vraiment l’IMC c’est quand la spasticité s’est manifestée. Il n’a pas marqué de surprise particulière. Une première fois alors qu’il était en train de tester ma jambe droite, il a remarqué qu’elle s’est crispée d’un coup, il a compris que ce n’était pas le moment, est passé à autre chose et est revenu dessus quelques minutes plus tard. Ensuite alors qu’on était en train de s’occuper du haut (l’épaule je crois), il y a eu une réaction spastique relativement forte pour moi. Les deux jambes se sont entièrement crispées en même temps. Ce n’est pas extrêmement étonnant, c’est fréquent que la spasticité se manifeste quand je suis concentrée sur autre chose, mais là la réaction était tellement forte que j’ai été surprise, il me semble qu’il l’a forcément senti, ça a quasiment fait un sursaut. Pourtant il n’a rien dit et pas bougé d’un iota. En fait la réaction n’était pas forcément plus forte que certaines fois où je suis assise à mon bureau à travailler mais je l’ai ressentie particulièrement forte car j’étais très connectée à mon corps à ce moment-là. (D’ailleurs ça me perturbe pas mal, j’ai l’impression que je sens plus ma spasticité qu’avant. Je ne sais pas si elle est effectivement plus présente (parce que je vieillis ou parce que je n’ai plus de séances de kiné depuis un bout de temps) ou si c’est simplement parce que je comprends mieux ce que veut dire ce mot et que donc je ressens plus le phénomène… Peut-être un combo des deux.)

Je ne pense pas qu’aller chez l’ostéo aussi régulièrement que chez le kiné ou quasi (certains parents d’enfants IMC le font) soit réellement bénéfique.
Certes ça m’a donné la même sensation de relaxation mais ce n’est pas la même chose ! Le « désordre squelettique » que « règle » l’ostéo n’est qu’une conséquence des problèmes musculaires (d’ailleurs cet ostéo ne faisait pas craquer, il travailler indirectement par le relâchement des muscles). C’est donc assez inutile de faire une séance ostéo régulière si le kiné ne suit pas derrière. Et en une semaine, deux semaines ou même un mois, je doute qu’un changement notable apparaisse au point de devoir être traité immédiatement. Tous les six mois ou même une seule fois tous les ans ça me semble suffire largement. (Surtout que vu que mon bras m’a « tiré » pendant une semaine après la séance je ne me verrais pas avoir une séance hebdomadaire, ni même mensuelle.)

Mais oui, j’y retournerais certainement.
Le problème c’est que celui-ci est dans le sud, donc je ne peux pas me dire que j’irais le voir la prochaine fois que j’ai un mal de dos persistant (ça fait assez longtemps que je suis tranquille de ce point de vue là, youpi !) Et je n’ai pas envie de piocher un ostéo dans un annuaire…

Je suis ouverte à toute remarque ou question 🙂

La dyspraxie visuo-spatiale si bien expliquée

On dit régulièrement des femmes qu’elles se perdent facilement. Nous sommes nombreux finalement à ne pas avoir un bon sens de l’orientation, parfois parce que nous n’avons pas prêté attention aux repères autour de nous, parfois parce que, effectivement, notre sens de l’orientation laisse à désirer. Cependant, cela ne signifie pas que nous souffrons tous […]

via Dyspraxie visuo-spatiale — Au bonheur d’apprendre

J’ai vraiment vraiment pas le temps d’écrire en ce moment (tellement pas le temps que je n’ai même pas d’idées qui me trottent en tête, c’est dire…

Pourtant je suis OBLIGEE de revenir vers ici pour partager cet article parce que C’EST TELLEMENT CA !!!

Je nuancerai seulement les points suivants (ce qui signifie que j’adhère TOTALEMENT à tout le reste…

Coller une gommette dans les chaussures afin de savoir si elle va à gauche ou à droite.
là ce n’est pas une nuance mais une précision : il faut coller une gomette que d’un seul côté, parce que le truc des pataugas avec un point d’interrogation et un point d’exclamation rouge / vert… ça ne m’a jamais aidé, c’est interchangeable. Alors que effectivement si on décide que la montre est à la main droite… C’est la main droite ! (Moi j’avais un bracelet brésilien (je l’avais comme pacte d’amitié, pas pour repérer ma gauche de ma droite mais ça a quand même parfaitement rempli cet office  : le truc parfait je ne l’enlevais jamais pas même sous la douche ou pour dormir.)

Proposer un jeu appelé « Au Nord, Au Sud : j’ai pas bien compris l’intéret du jeu… (si quelqu’un comprend je prends l’explication 😉 )

Utiliser un GPS pour éviter de se perdre : j’ai trop dû entendre mon père pester contre les GPS, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Si je suis le GPS, je ferai encore moins attention, alors si d’un coup le GPS est perdu, je le serais deux fois plus… Mais il est vrai que pouvoir se passer de lire les panneaux… C’est tentant…

Proposer des cahiers avec des lignes larges : je suis en même temps d’accord et pas d’accord. Pour l’enfant dans les premiers temps oui +++ Mais pour la suite, j’ai remarqué que moi je suis plus perturbée / je trouve ça plus difficile à relire, quand je n’ai pas suivi la ligne des feuilles américaines (lignes simples) que quand je n’ai pas suivi les lignes des feuilles à carreaux. (ou que j’ai écrit de travers sur une feuille blanche.) Ne me demandez pas pourquoi, j’en ai aucune idée. Enfin si c’est un peux comme si deux lignes claires s’interrompaient sans cesse  (ligne droite de la feuille et ligne courbe puisque montante et descendante, de l’écriture) sur la feuille américaine. Alors que sur la feuille à carreaux, quand je relis, les petites lignes sont un fond, pas au même niveau de lecture que l’écriture…Je ne suis pas sûre de m’être très bien expliquée… Les feuilles américaines : il y a deux signaux que je vois sur un pied d’égalité et donc qui se parasitent alors que sur les feuilles à grands carreaux le quadrillage s’efface au profit de l’écriture que celle-ci suive les lignes ou pas… (par contre on oublie les petits carreaux, définitivement, c’est une catastrophe.)
Pour conclure les feuilles américaines c’est très bien quand j’ai le temps de m’appliquer piurs suivre les lignes… Pour la prise de note c’est non. (Mais pour les courriers officiels c’est très bien, ça me permet d’écrire droit…)

Manipuler au maximum, en particulier en mathématiques : là ce n’est pas du tout une réserve mais juste que je ne l’ai – je crois – jamais expérimenté. Mais effectivement ça me parait une bonne idée. Et verbaliser +++ (et mettre de la couleur) en maths aussi, c’est méga important.

Lorsque c’est possible, éviter les balles et ballons qui « disparaissent », privilégier les balles et ballons colorés. Oui, oui, oui, et oui. (Même colorés ils disparaissent parfois du champ de vision sans que l’on ne comprenne… Alors si en plus ils sont petits / peu visibles…)

Proposer une place dans les buts : je ne sais pas (jamais expérimenté) peut-être… Mais alors il faut insister pour valoriser les victoires et minimiser les échecs. Parce que moi j’aurai très mal vécu de faire marquer un but à mon équipe en loupant le ballon parce que distance mal évaluée… (mais l’idée de minimiser les points d’attention et laisser à un point fixe n’est pas mauvaise, c’est vrai.)

Les couleurs associées au livres de cours et aux matières dans l’agenda… je le fait toujours… (et j’aime bien choisir des couleurs qui collent bien avec l’idée que je me fais de la matière : par exemple du marron pour l’Histoire (parce que le bois des bibliothèques) (Mais c’est parfois lointain par exemple violet est resté pour l’espagnol et bleu pour le français simplement parce que j’aime beaucoup ces couleurs et ces matières…)

Et j’ai utilisé jusqu’à mon bac toujours le même code couleur dans la hiérarchie des titres -quel que soit le cours. Rouge puis vert puis noir. Ou rouge puis vert puis violet / bleu turquoise.Toujours une couleur plus « pétante » pour le grand titre, pour aller vers du plus discret (tout est relatif) ensuite.

Pour être plus précis, le code couleur (et la manière de souligner / mettre en page) est resté le même pendant tout le collège au lycée, ça changeait d’une année sur l’autre parce que des « exigences / besoins  » se rajoutaient. J’ai augmenté la gamme des stylos de couleur. Ainsi je pouvais écrire une traduction en bleu turquoise, les mots-clés de philo ou de vocabulaire en rose, faire des renvois en marron.
Mais les grands titres restaient rouge puis vert puis noir… Ou rose puis violet puis bleu turquoise dans certaines matières. (La littérature et l’espagnol pour ne pas les nommer. Les titres dans ces matières avaient moins d’importance, c’était surtout pour repérer des grandes idées, beaucoup moins pour donner une hiérarchie, je pouvais donc me permettre des fantaisies…)

Je pensais pas que j’écrirais autant…

J’ai un peu du mal à comprendre comment je vais passer au travers des dix jours qui arrivent… Mais bon… De toute façon, quoi que je fasse, ça passera (c’est bien finalement, le temps… Que ce soit réussi ou pas, ça passe…. et ça se retrouve forcément derrière nous à un moment ou à un autre… (Soyons positifs.)

(D’ailleurs, message perso pour V. : Je ne t’oublie pas, d’ailleurs ce serait difficile avec ce que je viens de poster… Carrément avec des conseils pour le code… Mais il est très probable que la réponse à ton mail va attendre jusqu’à début mai…)

Le musée des arts et métiers en fauteuil roulant

C’est un musée que j’apprécie vraiment beaucoup et que j’ai visité de nombreuses fois et de nombreuses manières : pour des cours avec l’école (en fauteuil), seule debout (pour une visite normale ou des occasions particulières comme la nuit des musées où il y a plus de monde), seule en fauteuil, en fauteuil accompagnée.

La dernière en date était « en fauteuil accompagnée », c’est d’elle que je vais vous parler mais en ayant les autres en tête pour comparaison.

À savoir en préambule : les musées ont 2 lois pour les inciter à l’accessibilité : la loi de 2005 bien connue, mais aussi la loi du 4 janvier 2002 relative aux Musées de France. En effet, selon l’article 2 de cette-dernière une des missions permanentes du musée est de  » Rendre leurs collections accessibles au public le plus large ». On peut pas dire que ce soit vraiment le cas partout (ahem.)

Pourtant, en 2007, le ministère de la culture a publié ce guide pratique de l’accessibilité. Très complet et clair, il recense les différents types de handicaps, les contraintes et les besoins impliqués par chacun et les solutions qui peuvent être mis en œuvre pour y remédier ou compenser. (Si le sujet vous intéresse, je vous en conseille vivement la lecture.)

Les musées ont donc toutes les clés en main pour agir. Sauf les sous me direz-vous… Les sous ont bon dos ! Parce que même quand on a les sous il faut y mettre un chouia de réflexion et de bonne volonté… C’est loin d’être le cas partout ! (j’ai un exemple tout trouvé au Louvre mais bon, c’est pas le sujet, je vais me retenir 😉 )

Fin du préambule, passons aux choses sérieuses.

Dans le manuel sus-cité, pour les personnes à mobilité réduite (ils parlent de « personnes très fatiguables » c’est pas idiot je trouve) ils conseillent le prêt de fauteuil. C’est en effet un dispositif adopté dans beaucoup de musées et que j’utilise beaucoup. C’est le cas au musée des Arts et métiers.

Une fois arrivée au musée, nous avons donc acheté nos billets d’entrée (gratuit pour moi car -25 ans, payant pour mon accompagnatrice), j’ai ensuite demandé si je pouvais prendre un fauteuil roulant (en général demandez soit à la caisse soit au point/information-acceuil,parfois ils vous redirigeront ailleurs, vers les vestiaires notamment) : aucun problème il me l’apporte en échange de ma carte d’identité (système très fréquent.) Je m’installe dans le fauteuil (en très bon état -c’est pas le cas partout- et confortable.) Nous récupérons un plan, les ascenseurs y sont indiqués c’est parfait (très appréciable de ne pas avoir à demander un plan spécifique.) Nous voilà parties pour la visite.

 

Nous commençons par l’abbaye de St-Martin-des-Champs. Pour voir le pendule de Foucault aucun problème. Les objets dans les vitrine c’est déjà un peu moins bien : je les apprécierais plus s’ils étaient placés un tout petit peu plus bas (ou avec un miroir pour pouvoir tout voir) et seule, je ne peux pas lire les cartels explicatifs, qui sont placés trop hauts (à plat horizontalement sur la cimaise de présentation.) Il y avait aussi apparemment quelques objets dans des vitrines en contrebas, mais inaccessibles car il y avait quelques marches et aucune rampe (dommage, je pense que pour cet espace ça ne doit pas être trop difficile à mettre en place : peu de marches, beaucoup d’espace…)

 

 

Pour les grosses machines dans la nef aucun problème. Notons cependant que les cartels sont assez sombres et écrits petits, placés à nos pieds : même moi assise en fauteuil j’avais du mal à lire ! Ensuite nous avons voulu monter (voir les voitures « suspendues. ») Le gardien nous a indiqué le monte-charge à emprunter la marche à suivre (maintenir le bouton appuyé tout du long, comme pour tout monte-charge d’après mon expérience.) Mais le monte-charge ne fonctionnait pas (la porte s’ouvrait et se fermait sur commande mais il ne montait pas … C’est dommage c’est sa fonction normalement 😉 ) Du coup, le gardien nous a laissé passer par la rampe qu’empruntent tous les visiteurs normaux (normalement le fauteuil ne passe pas par là pour des raisons de sécurité : la pente est raide !) Nous avons donc pu voir le premier étage de la mezzanine, mais pas au-dessus car l’accès se fait par des escaliers (le monte-charge aussi s’arrête au premier étage, il est donc de tout façon impossible d’aller plus haut en fauteuil.)

 

Ensuite nous avons voulu passer aux toilettes : les plus proches étaient en haut d’un escalier, nous sommes donc allées aux plus lointaines… Si on excepte la porte à passer pour y accéder (elle tout juste assez large pour passer et il faut être accompagné pour pouvoir l’ouvrir et la maintenir ouverte… Toutefois en étant seul c’est juste à côté du restaurant, on peut toujours demander.) ça m’a semblé tout à fait accessible et adapté au fauteuil en termes de dimension et d’aménagement. (J’ai pas besoin de me transférer puisque je me lève je ne peux donc pas dire si pour ça c’est bien foutu !)

Ensuite nous sommes montées dans les étages. Pour des questions de temps nous avons  décidé de ne faire que le premier étage (normalement si on suit le parcours de visite c’est 2° puis 1°)

Il y a normalement 3 ascenseurs dans ce musée, un d’un côté (vers la section transports, au cas où ça parlerait à quelqu’un) et les 2 autres du côté de l’entrée. Nous avions su avant de passer aux toilettes que l’ascenseur côté transports ne fonctionnait pas. Côté entrée un seul sur les 2 fonctionnait. Heureusement ce bâtiment est assez simple : chaque niveau est plane et continu (pas de demi-niveaux, pas de lieux accessibles seulement d’un côté.) Ainsi même avec un seul ascenseur en état de marche on peu visiter l’intégralité des collections. (Mais bon il faudrait pas qu’il tombe en rade aussi, là ils seraient bien embêtés…  Les ascenseurs en panne chez eux ça a l’air assez fréquent, voire habituel, même si ils ne l’ont jamais été tous en même temps dans mon expérience, il faudrait peut-être qu’ils s’en préoccupent un jour… Je dis ça comme ça. )

Nous sommes donc allées au premier étage.

Là aucun problème pour voir les objets en vitrine, en revanche les cartels explicatifs sont toujours placés de telle manière que je ne peux pas les lire. Ils sont à plat : il faudrait qu’ils soient beaucoup plus bas pour être à portée de mon regard ! Pour améliorer cela il suffirait de les placer différemment : sur le devant de la vitrine.

Il y a des écrans explicatifs avec des vidéos, selon les endroits ça n’est pas toujours facile de se placer devant (sièges fixes ou mobiles) globalement c’est pas mal, mais améliorable.

 

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La joueuse de tympanon, très impressionante. (source photo.)

Il y a à cet étage le théâtre des automates, certains étaient un peu trop hauts/ trop loin dans la vitrine pour pouvoir être pleinement visibles et appréciés. Mais globalement c’est bien. L’écran avec les vidéos d’automates en fonctionnement est bien accessible, on peut bien se positionner devant l’enceinte et l’écran. (Il y a un ou deux écrans dans les gradins donc inaccessibles mais ils montrent les même contenus : un écran est donc bien suffisant…)

 

Au bout du premier étage il y a une mezzanine, à laquelle on accède normalement par un petit escalier en colimaçon, j’ai aperçu qu’il y avait un monte-charge à l’autre-bout de la pièce, dommage qu’il ne soit pas plus indiqué, on pourrait renoncer en pensant que c’est inaccessible. (Pour des raisons de temps je n’y suis pas montée, je ne peux donc pas vous dire s’il fonctionne ou pas…)

Nous avons ensuite décidé de nous arrêter là et de nous diriger vers la sortie. Donc vers les l’ascenseur. Nous comprenons rapidement (2 ou 3 minutes) qu’il ne fonctionne pas. Ou plutôt si, fonctionne, il bouge mais il ne nous « entend » pas… C’est le bouton ne remplit pas son office. Donc l’ascenseur ne s’arrête pas au 1°, par contre l’écran nous fait bien remarquer qu’il passe allègrement du 0 au 2°… Nous cherchons un gardien (2 minutes). Je pensais alors qu’il pourrait simplement alerter quelqu’un qui pourrait nous l’envoyer (étant donné que nous l’avons emprunté pour monter pas de raison pour cela ne fonctionne pas !) Nous lui expliquons bien la situation et je lui propose aussi ma solution, mais il ressent quand même le besoin de vérifier par lui-même. Au bout de 5 minutes, il se décide à appeler un collègue. Je pense alors qu’il l’appelle pour qu’il nous envoie l’ascenseur comme je l’ai suggéré, que nenni ! (Ce serait trop simple !) Le collègue (un technicien visiblement) arrive … et il essaye aussi ! Je lui explique, je lui suggère ma solution mais non il veut vraiment voir par lui-même. (Genre « au bout d’un moment ça fonctionne et moi j’ai de l’or au bout des doigts ») Le gardien veut aussi lui faire entendre raison (parce que bon lui aussi, il commence à en avoir marre ça fait 10 minutes qu’il est sur l’affaire…) mais non. « Non mais ça va fonctionner vous allez voir, je vais pas vous laisser tomber j’ai tout mon temps » (oui mais pas nous…) « Non mais vous énervez pas ça va fonctionner » (en fait c’est toi qui m’énerve…) et là  (le gars est là depuis juste 2 minutes, l’ascenseur en est à son 2° aller-retour alors que depuis que nous sommes devant il en a fait au moins 15) Poum, il s’ouvre !  « Bah voilà vous voyez ! » (oui je vois qu’il y avait des personnes dedans qui voulaient visiblement arriver ici et avaient donc appuyé sur le bouton qui fonctionne à l’intérieur !! Ce bouton que ça fait 20 minutes que je demande qu’on aille appuyer dessus…) Le gars a donc fini sa journée persuadé que tout va bien le bouton fonctionne (une fois sur 4, 5 ou 6 … mais il fonctionne…) et moi ça m’énerve. Parce que du coup il ne va probablement pas arranger la situation et le prochain qui en aura besoin se retrouvera dans la même situation… (à moins qu’un jour cet ascenseur ne fonctionne plus non plus -> plus d’ascenseur…)

http://www.arts-et-metiers.net/musee/personnes-mobilite-reduite : tout ça c’est très bien, mais si les ascenseurs ne fonctionnent plus on ne va plus très loin…

Les ascenseurs qui ne fonctionnent pas c’est comme les toilettes handicapées fermées à clé / occupées par les produits ménagers ou comme les cabine d’essayage handicapées remplies de cartons ou comme les caisses prioritaires / les guichets adaptés constamment fermés. ça fait semblant de respecter la loi, ça fait illusion, ça fait beau, mais ça sert à rien du tout. Personnellement, ça m’énerve encore plus que les lieux franchement non accessibles ou non adaptés…

C’est comme le Louvre qui rénove ses espaces d’accueil, prévoit un lieu spécifique pour le retrait de fauteuils roulants (et poussettes) et ferme cet espace par des portes… que la personne en fauteuil ne peut pas ouvrir seule… (trop lourde, heureusement elle est en verre donc transparente, mais bon… )

 

 

Mon premier rendez-vous chez Pôle Emploi — Porte-jarretelles & wheelchair

Comme l’illustre parfaitement cette vidéo, lorsque l’on se déplace en fauteuil roulant hors de son domicile, on peut avoir l’impression de participer quotidiennement aux jeux paralympiques.

via Mon premier rendez-vous chez Pôle Emploi — Porte-jarretelles & wheelchair

ça fait un peu plus d’une semaine que cet article a été publié, ça fait un donc peu plus d’une semaine que ça me scandalise sans que j’ai le temps de partager…

Que le monde extérieur français (pour ne parler que du très proche) est physiquement inaccessible, ça je le sais, j’ai envie de dire tout le monde le sait, c’est évident… mais en fait non… Bref, on s’en rend compte tout de même assez vite (de manière plus ou moins précise et exacte, dès lors qu’on s’intéresse à la question.

Que beaucoup de gens n’arrivent pas à imaginer qu’une personne handicapée puisse vivre une vie comme une autre, avoir un travail, être amoureuse, avoir des enfants…. ça aussi je le sais ! (Oui je sais aussi que parfois ça n’est pas possible, mais là je vous parle des nombreux cas où c’est possible !)

[NB : même quand avoir une vie comme une autre n’est pas possible la personne handicapée a une vie et des sentiments…….. Ceci était une parenthèse je la referme…]

Donc je disais, beaucoup de gens ont du mal à imaginer qu’une personne handicapée (disons en fauteuil, pour faire simple) puisse avoir une vie, un travail; des enfants … et je le sais ! Mais quand même, à ce point-là (si vous ne l’avez pas déjà fait cliquez sur le lien pour aller lire son témoignage…) ça me dépasse !

J’utilise beaucoup les transports en commun pour me déplacer (vu que j’habite à Paris, que je n’ai pas de voiture et pas le permis et que je suis écolo et que moins je marche mieux je me porte (presque) ça semble assez logique…) en particulier les bus (parce que ça évite -presque- la foule qui bouscule et qui presse et les nombreux escaliers du métro). Plusieurs de ces bus sont accessibles aux fauteuils, c’est à dire avec une rampe. En particulier le bus que je prends quotidiennement pour me rendre à l’école. J’ai donc plusieurs fois vu des personnes en fauteuil -électrique ou manuel- dans le bus. J’ai vu parfois certains qui ne pouvaient pas monter parce que la rampe ne fonctionnait pas. J’ai vu parfois certains qui ne pouvaient pas monter parce que trop de monde. J’ai entendu parfois des gens soupirer ou vu des gens regarder de travers parce que franchement si le fauteuil était pas là on aurait plus de place… (oui j’ai dit « le fauteuil » et pas « la personne en fauteuil » c’est fait exprès… Je pense vraiment que ces gens ne voient plus la personne.) Mais jamais encore je n’ai vu d’irrespect de la part du chauffeur, au contraire, il est toujours attentif.

Mais là je découvre que le chauffeur peut refuser de prendre une personne en fauteuil si elle est à un arrêt est indiqué non accessible, même si finalement c’est peut-être possible. J’avais déjà vu sur les plans de lignes de bus parisiennes l’indication « arrêt non accessible aux UFR » (Usagers en Fauteuil Roulant, avouez que c’est tout à fait intuitif…) mais je pensais que c’était une indication pour l’usager, pas une interdiction formelle (si comme là il s’avère que dans certaines conditions c’est possible…) qui donne des droits scandaleux au chauffeur.

Peut-être que j’extrapole, que ce chauffeur de bus est « une exception » qu’il a pris un droit (celui de refuser) qu’il n’a en fait pas et que c’est bel et bien qu’une indication et pas une interdiction formelle. Peut-être, soyons optimistes…

Il n’en reste pas moins que ça démontre le long chemin qu’il reste à parcourir pour l’accessibilité. Il n’y a pas que les barrières physiques, mais aussi énooormément de barrières psychologiques. Quand ces barrières psychologiques seront tombées il sera tellement plus facile de faire tomber les barrières physiques qui restent…

Bien sûr qu’il est difficile de rendre tout accessible, peut-être même que ça n’est effectivement pas possible parfois, mais commençons déjà par rendre accessible ce qui peut l’être, ça sera déjà énorme. On verra ensuite pour le reste.

Pour terminer sur une note plus positive, j’ai découvert aujourd’hui grâce à Élodie que la grande roue de la Concorde est accessible aux personnes en fauteuil roulant. C’est tellement génial !

 

Fatigue et maladresse

Ces 2 notions sont clairement très très étroitement liées.

Parce que ma maladresse me fatigue

Parce que, quand je suis fatiguée, je fais un nombre immensément plus grand de maladresses. (Oui, parce que même si j’adore créer et faire des choses de mes mains il est clair et net que je suis une fille maladroite… Étant dyspraxique ça n’est pas étonnant outre-mesure -ceci est un euphémisme…)
Je sais bien que la fatigue rend plus maladroit un grand nombre de gens, mais chez moi c’est vraiment flagrant. Je l’explique de plusieurs manières :

Quand je suis fatiguée, les stratégies -que j’ai appris à mettre en place en rééducation et à intégrer jusqu’à mon inconscient- fonctionnent moins bien, le naturel revient au galop.

Quand je suis fatiguée, j’ai envie d’aller plus vite (pour aller plus vite dormir), et -forcément- ça ne fonctionne pas (je suis même très probablement naturellement plus lente, quand je suis fatiguée), et je commets des imprudences qui ont (parfois) des conséquences.

Quand je suis fatiguée, je réfléchis moins bien, je m’organise de travers, je me dis que quelque chose va fonctionner alors que bien sûr que non. (Imprudence bis)

Quand je suis fatiguée, j’ai moins de réflexes (déjà que c’est pas vaillant d’habitude…) donc pour rattraper l’imprudence qui chute… … Catastrophe !

Quand je suis fatiguée, je tiens moins bien debout, je vacille, mon équilibredéjà naturellement précaire- s’évapore…  « Catastrophe » bis !

Pour couronner le tout, c’est une loi cosmique, quand je suis fatiguée, forcément, ce n’est pas sans raison : il y a, ce moment-là –toujours- 1001 choses  dont il faut s’occuper –en même temps (ça, je crois que c’est pareil pour tout le monde…) Donc il faudrait que je sois rapide et efficace et -forcément- je ne le suis pas. N’oublions pas, qu’en plus, il faut ajouter le temps de réparation des éventuelles catastrophes…

Résumons donc, quand je suis fatiguée je lâche  les objets que je tiens dans la main, je casse donc un œuf en rangeant mes courses,  je me cogne deux fois plus aux meubles,  je pose des objets n’importe où-n’importe comment (parfois ils tombent, parfois -heureusement- non ) (la casserole de soupe par exemple, hum), j’oublie ce que je suis en train de faire, je me disperse (je mets donc 2 h à manger mon repas complet -alors qu’il est prêt- parce que je veux gérer d’autres choses en même temps…) je tombe, je faits tomber d’autres objets…

Bref… Pour l’efficacité on repassera…

Heureusement demain est une journée moins chargée, je vais pouvoir me reposer un peu (faut pas rêver non plus, j’ai du pain sur la planche…)