La kiné – 2 : Sans, c’est comment ?

Le début de l’histoire ici.

En septembre de l’année dernière en revenant à Paris, il fallait donc que je cherche un nouveau kiné proche de chez moi.

J’avais plus ou moins consciemment peur de la « succession ». Je m’étais tellement bien entendue avec le précédent (et sa remplaçante) est-ce que pourrait-être aussi bien ? La remplaçante il y avait encore un bout de lui, un lien et un espoir qu’il revienne. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il meure et en 3 ans je l’avais bien connu… Il y a donc eu une sorte de phase de deuil. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle dure aussi longtemps. Mais c’est aussi parce qu’un autre facteur (le téléphone) s’est ajouté.

Dès septembre, j’ai cherché les kinés autour de chez moi. Il y en a pas mal. Sauf que…tous ceux que j’ai appelé ne répondaient pas au téléphone, à chaque fois. (Pourtant j’ai toujours fait attention à les appeler à la demie ou à pile pour que ça tombe en fin ou début de séance.) Or, j’ai horreur du téléphone. Donc faire l’effort d’appeler pour rien du tout c’est hyper décourageant (et n’attendez pas de moi que je laisse un message…) surtout quand tu es à moitié motivée pour appeler parce que « je suis obligée de changer mais c’était très bien avant ! »

Au bout d’un moment, je me suis découragée. En laissant passer le temps et procrastinant pour passer encore de nouveaux appels, j’ai perdu de vue le(s) créneau(x) possible(s). J’ai perdu de vue qu’une heure c’est pas tellement. J’ai perdu de vue qu’il suffit de prendre le temps pour que ça se fasse. J’ai perdu de vue que c’était une heure de « perdue » pour des heures de bien/mieux-être. J’ai oublié « un esprit sain dans un corps sain ». (Sérieusement c’est pas de la gnognotte, prenez-soin de votre corps les gens, l’esprit se porte mieux et est plus efficace…) (Coucou V. 😉 )

En janvier le mal était fait. Je me suis dit que commencer la kiné en milieu d’année c’était ridicule, que qu’est-ce que j’allais dire au kiné pour me justifier (bon, en fait y a pas besoin de se justifier, hein, mais voilà…) que « oh bah j’ai pas fait de kiné depuis juin dernier, et puis y a pas eu de cataclysme, je marche encore et j’ai pas plus de douleurs que d’habitude… » En fait c’était même pas ça. J’avais plus de douleurs / crispations que sans kiné mais pas plus (ou pas de manière assez flagrante) qu’après deux mois d’arrêt l’été. Je m’attendais à une montée exponentielle et elle n’a pas eu lieu. Comme d’habitude c’est de l’insidieux, de l’invisible, de l’entre-deux. C’était même très pervers parce qu’il y avait une alternance de bien et de moins bien. Parfois j’avais mal au dos pendant deux semaines et au moment où je me disais « bon, allez lundi je me motive et j’appelle parce que ça suffit, c’est la preuve » c’était fini. Fin de la preuve. Pareil musculairement il y a des périodes où ça devenait plus difficile sauf que ça ne durait pas.

Il y avait ce petit côté défi. De savoir si j’en avais vraiment besoin. De me dire que peut-être depuis mon enfance tout a été exagéré mais en fait « c’est-pas-si-pire ». Là je pensais surtout à mes parents évidemment (« c’est normal qu’un parent fasse le plus pour son enfant. Et un parent n’est pas objectif, donc peut-être qu’au fond il exagère ? ») mais j’éclipsais beaucoup le médecin (comme si le médecin disait « oui, il faut continuer la kiné » pour coller à ce que mes parents veulent entendre…) (oui, il y a un petit problème quelque part dans le raisonnement, tout à fait.) Bref, petit côté « syndrome de l’imposteur » : « oui mais en fait, je n’en a pas vraiment besoin ! »

Et du coup, la cerise sur le gâteau, c’est que la seule personne a avoir insisté pour que je reprenne le kiné était ma mère (quelle surprise !) et donc plus elle insistait moins j’étais motivée… Parce que défi, opposition, volonté de savoir par moi-même, de savoir ce que ça fait d’arrêter le kiné. Savoir en quoi c’est nécessaire, non pas par le bien-être procuré directement mais au contraire par l’observation des conséquences de l’absence. (Oui, c’est un peu idiot. Mais tant qu’à faire d’avoir arrêté je voulais que ça serve à quelque chose, je voulais pousser le truc au bout.) Et puis un jour pour la énième fois qu’elle m’en parlait au téléphone je l’ai engeulée. Parce que « oui, je sais que c’est important, c’est mon corps figure-toi, je le sens, pas la peine de me le rappeler ! C’est mon corps, c’est mon problème ! Tu veux m’aider sauf que ça m’aide pas sauf que ce qui m’aiderait c’est que t’appelles au téléphone et tu peux pas… Donc voilà. » Bon. Bah, elle a arrêté de m’en parler hein. (C’est surprenant !) Je n’en suis pas fière (je suis rarement fière d’avoir engueulé quelqu’un, je suis bien trop fille sage pour ça) mais je suis contente de l’avoir exprimé quand même parce que ça ne m’aidait vraiment pas et ça n’aurait rien changé, à part continuer à me taper sur les nerfs.

Cet été ne m’a pas aidée. J’attendais des réactions de la part des gens me disant « han mais tu marches moins bien, non ? » Mais il n’y en a même pas eu. Même pas ma mère. (N’a -t- elle pas osé, pas voulu mettre de l’huile sur le feu (ahem), ou pas remarqué ? Je ne sais pas. Je n’allais quand même pas lui demander !)

Non, il n’y en a pas eu. Par contre une amie kiné m’a dit « ouah tu t’es vachement musclée, tu marches beaucoup mieux : plus et plus vite. » Bon. ça allait un peu en contradiction avec mon ressenti (pour le « plus vite ») et en contradiction avec la logique (pour le « tu marches beaucoup mieux ».) Sauf qu’il faut remettre les choses dans leur contexte. Je n’ai pas vu cette amie depuis deux ans. (Donc c’est lointain et il n’y a pas eu que l’année sans kiné) ET cette amie kiné est aveugle (au sens propre) donc elle ne voit pas comment je marche. Elle a juste remarqué l’augmentation de l’endurance, c’est ce qu’elle voulait dire par « tu marches beaucoup mieux ». J’avoue que j’attendais /j’aurais voulu qu’elle sente la raideur. Sauf que c’est con, elle peut pas le sentir comme ça simplement en marchant, il aurait fallu qu’on se pose et fasse des étirements. Que je la mette devant le fait, quoi.
J’aurais aussi voulu / attendu qu’elle remarque un changement dans la vitesse. Sauf que j’avais oublié que par rapport à elle je marche toujours vite, elle me le fait toujours remarquer (parce qu’un aveugle est obligé de marcher lentement pour ne rien louper.) donc comment faire vraiment la part des choses ? Tu marches plus vite, c’était certainement surtout de l’admiration renouvelée.
L’augmentation de l’endurance est effectivement avérée mais ce n’est pas le fait de l’absence de kiné, c’est le fait de ma venue à Paris (et, en plus, peut-être que comme je m’écoutais moins, je disais moins vite stop, aussi …..)

Mais finalement le rendez-vous médical de la fin de l’été m’a donné la confirmation et le coup de massue que j’attendais. « Ouah, mais c’est raide là !! Non mais il faut reprendre la kiné ! »et puis il y a les chiffres aussi. à droite, on est passé de + 5 à -5. (Pour être honnête je ne sais pas exactement à quoi ça correspond mais je trouve ça parlant quand même…) Surtout quand il est couplé à un étirement / une posture qui n’a plus été faite depuis un an et qui ne donne clairement plus le même résultat.

Bilan. Ben c’était pas une bonne idée (oh, quelle surprise !) Ben oui, mon médecin avait raison, il faut continuer la kiné. Parce que la spasticité (qui provoque des raideurs) ne s’arrête pas toute seule comme par magie et donc un muscle qui se raidit et n’est pas étiré ben… C’est un muscle raide (oh, quelle surprise !) de plus en plus raide. Et donc de moins en moins fonctionnel (oui, ça c’est juste de la logique.) (D’ailleurs, je ne m’en vante pas, je sais que c’est une belle et grosse c*nnerie bêtise.) Se dire que je n’avais pas plus de douleurs était une belle idiotie aussi. Certes, sur le moment je ne l’ai pas forcément ressenti ou ça n’a pas ressemblé à ce que je pensais, sauf que là un an après… J’ai un peu l’impression d’être en petits morceaux éparpillés, les maux de dos sont de retour, il y a régulièrement des douleurs ressemblant à des débuts de tendinite et je marche mal. (Le pied droit rentrait déjà à l’intérieur, mais là c’est pas seulement le pied, c’est la jambe toute entière.)

Comme dans de nombreux domaines, je n’ai pas de regrets. (Ce n’est pas tellement mon genre.) Si ça s’est passé comment ça c’est que ça devait se faire, que ça n’était pas possible autrement, il y avait un temps de deuil nécessaire et il y avait le téléphone qui n’a pas œuvré en ma faveur. Il y avait une expérience à mener, à éprouver. Voilà je l’ai fait, j’ai connu une vie sans kiné. Conclusion : ce n’est pas une vie pour moi, le bien-être de la kiné n’est pas un mensonge et il est nécessaire. (Que des chose que je savais donc mais rien de mieux que l’expérience, Dolto a raison : on a beau dire à l’enfant que le feu ça brûle et fait mal, il ne le croira vraiment que le jour où il l’aura éprouvé.)

C’était une belle c*nnerie que j’espère ne pas renouveler. Et donc j’ai appelé une kiné proche de chez moi. Et elle a répondu, du premier coup !

(suite au prochain épisode.)

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Grande réfléxion sur… les vêtements

Récemment (par-là) je parlais de mon rapport compliqué avec ma garde-robe. Ça m’a fait pas mal cogiter depuis un certain temps (l’année dernière surtout je crois…) de plusieurs points de vue.

  • le rapport à mon corps
  • oser affirmer mes goûts
  • l’importance (ou non-importance) de l’apparence
  • des questions éthiques et écologiques de consommation

Petit à petit ça a fait son chemin… Cet été et cette rentrée marquent un grand changement.

Plantons le décor. Je voulais de nouveaux t-shirts, cet été j’ai profité des nombreuses brocantes et dépôts vente pour en chercher d’occasion. J’ai eu beaucoup de chance j’en ai trouvé beaucoup. Et je me suis rendue compte que parfois le vêtement me va tellement bien je n’ai aucun doute, il me va bien. Je n’avais même pas besoin d’un avis extérieur pour me décider. J’ai alors décidé de n’acheter que les vêtements pour lesquels je n’avais ce « coup de cœur ». Parce que j’en ai conclu que si j’avais besoin de l’approbation d’un tiers c’est que ça ne m’allait pas / ne me plaisait pas autant. La moindre hésitation = pas d’achat. Parce que l’hésitation se poursuit toujours une fois rentrée chez moi. Je ne me sens pas encore prête à porter un t-shirt avec inscription / avec un motif particulier ? Tant pis je ne l’achète pas. Plus tard peut-être, mais pour l’instant ça ne sert à rien.

Ça peut paraître bête mais j’ai toujours eu à faire des compromis sur la manière de m’habiller quand j’étais enfant. Coup de cœur = achat n’est pas une manière habituelle de réfléchir. Tout simplement parce que quand il y a des besoins particuliers ça devient des contraintes. Or là il y en avait beaucoup. Économiques d’abord : on achetait d’occasion ou en soldes, ou le moins cher possible. Santé ensuite : la chaussure doit tenir le pied, etc, etc… Autonomie et confort ensuite : des vêtements / chaussures simples à enfiler seule (pas avec 36 000 boutons riquiqui ni une fermeture-éclair trop fine) (le riquiqui et la sensibilité de la fermeture éclair évoluent avec la motricité bien sûr.) Des vêtements / chaussures qui ne font pas de frottements (que je supporte assez mal), des pantalons assez souples ou larges (indispensable pour pouvoir mettre mes attelles). Bref, on achète ce qui va, le goût passe après. Je n’ai (mes parents n’ont) jamais acheté des vêtements / chaussures qui ne me plaisaient pas. Mais ça me plaisait plus ou moins, j’ai appris à mettre mon goût en sourdine. Lors d’une après-midi shopping, très rapidement la réponse à la question de départ -« ça te plaît ? »- n’est plus « ah oui ! vas-y passe, j’essaie ! » mais « ouais ça va, passe, je vais essayer ». Parce que t’en as plein les pieds d’avoir piétiné dans tous les magasins pendant des heures, plein les oreilles de la musique d’ambiance, plein la tête de toutes ces chaussures tellement belles mais que tu ne pourras jamais mettre, bref il y a enfin une paire qui te va, c’est le miracle ! Donc si elle est pas trop moche, voire assez jolie, même si ce n’est pas le coup de cœur, ben tu l’achète. Bon, les chaussures c’est le cas extrême, qui continue encore aujourd’hui d’ailleurs. Mais pour les vêtements ça a été pareil un temps. Un peu moins chasse au miracle, peut-être, mais tout de même assez pénible, surtout que là l’essayage est plus long et fatigant. En plus de ça (cerise sur le gâteau) l’appréciation de mes parents en termes de convenance et de mode entraient aussi en jeu et on n’était pas toujours d’accord… Or ce sont eux qui détenaient le porte-monnaie, donc s’ils n’étaient pas d’accord avec un achat, évidemment…

J’ai compris ce problème (l’habitude à faire des compromis, à ne pas fonctionner sur le coup de coeur) cet été.

2° constat de cet été :  maintenant :

  1. je gère mon budget
  2. j’ai déjà une garde-robe de base qui n’a pas besoin de change pas (je ne grandis plus, héhé !)
  3. je n’use/ tâche pas mes habits aussi vite
  4. j’ai plus de facilité à enfiler certains trucs
  5. j’ai le droit d’avoir des goûts et des habitudes différentes de mes parents (3° constat de cet été)

je peux donc acheter différemment (sans culpabilité) ! Parce que oui, bien sûr, j’achetais déjà un peu différemment depuis mon arrivée à Paris. Mais toujours avec quelques arrières-pensées…

Et donc maintenant je fonctionne au coup de cœur. (Sauf pour les chaussures où je sais que hélas ça ne fonctionnera pas tout le temps…) Et donc, j’achète plus rarement. Et donc si j’achète plus rarement, je peux me permettre d’acheter hors soldes. Et à un prix peut-être plus important qu’ils ne l’auraient fait eux.

Voilà, voilà. Juste la révolution, donc. 🙂

Dans la lignée de tout ça j’ai voulu faire du tri dans mon armoire. Bon, là, c’est plus difficile. Parce que même si ça n’était pas un coup de cœur à l’origine, je me suis attachée à certains vêtements et j’hésite à les donner même si je sais que je ne les porte plus actuellement. J’hésite parce que « oui mais si… ». J’essaie de me convaincre que « si » un jour j’ai de nouveau envie d’un pantalon blanc, eh bien ce jour-là j’en rachèterait un. Oui mais si c’est un besoin -de pantalon blanc- et pas une envie, et qu’il n’y a pas le temps de faire les magasins ? Et si je ne retrouve pas un qui me plaît autant ? Bon…
Bien sûr, la probabilité que j’ai besoin d’un pantalon blanc du jour au lendemain est assez faible, et la probabilité que je ne trouve pas de pantalon blanc qui me plaise aussi (on en trouve assez facilement partout, ça n’est pas une couleur révolutionnaire…) mais pour l’instant le petit diable de mon cerveau a gagné. Je vais arrêter le rangement de mon armoire et me contenter de donner 2 pantalons et une jupe durement éjectés …

Affaire à suivre donc…

(D’autant plus que je n’ai pas du tout parlé de l’aspect rapport au corps alors que c’est un peu pour ça que je me mettais au clavier… l’arnaque !)

Les soldes, un plaisir ?

Chaque été c’est la même chose, chaque été je re-découvre les difficultés que j’ai à m’habiller et chaque année je re-découvre que vouloir faire les soldes ne me fait pas du bien, en fait…

En hiver, maintenant ça se passe plutôt bien : pas besoin de se poser de questions, c’est normal de porter des jeans en hiver. J’ai même quelques pantalons « autres » (de couleur marron surtout). Pour les hauts aussi c’est assez simple, je n’ai pas de mal à trouver des t-shirts qui me conviennent et avec des jeans ce n’est pas difficile à assortir. En plus, j’adore les pulls et gilets. Bref en hiver tout va bien.

Mais dès qu’arrive la saison de l’été avec les températures chaudes le casse-tête commence : je cumule les problèmes.

  • La visibilité des attelles

Je n’aime pas montrer mes attelles et pourtant j’en ai besoin la plus grande partie du temps. Il faut donc que je trouve des habits légers (pour ne pas trop mourir de chaud) qui les cachent. Pendant plusieurs années cette recherche était difficile, tout ce que je trouvais ne me plaisait pas ou me semblait vieillot / démodé. ça s’améliore parce que la mode des pantalons « fluides » se répand. J’ai maintenant 3 pantalons de ce style qui me plaisent beaucoup. Ajoutons à cela 2 autres pantalons au tissu léger et une sorte de jean d’été (tissu jean gris clair et forme plus aérée) plus anciens qui correspondent certainement moins au canon de la mode mais que j’aime personnellement tellement et qui sont si confortables que j’arrive à dépasser cette idée. Ensuite, un pantalon blanc très léger mais que je n’arrive plus à mettre parce que j’ai trop peur de le salir et 2 autres pantalons au tissu léger marron, que je n’aime pas mettre car j’ai l’impression d’être un sac à patates. Il faudrait que j’arrête de les garder en pensant qu’un jour ils me serviront… (Pour la mi-saison j’ai aussi un pantalon noir au tissu assez souple, mais c’est quand même trop chaud pour être mis en été.) Pendant longtemps, même en dehors de la question des attelles je détestais les shorts parce que je détestais mes jambes, depuis le lycée ça va beaucoup mieux : j’ai 4 shorts (1 gris, 1 écru et 2 marron) et un pantacourt (marron). Évidemment je ne les porte que lorsque que je n’ai pas mes attelles OU lorsque je suis en famille (depuis 2-3 ans j’arrive à ce que mes attelles soient visibles quand je suis en famille, comme si le fait d’être accompagnée m’offrait une protection aux regards… Enfin, c’est surtout que ça me permet de penser à autre chose qu’à ça…) J’ai aussi quelques jupes : une courte (donc même configuration que les shorts), deux mi-longues (qui laissent les attelles un peu visibles pour qui m’observe attentivement mais ça ne saute pas aux yeux donc ça va) et des robes (la plupart sont courtes.)

  • L’harmonie vêtements-chaussures

Pour les jupes et les robes, qu’elles montrent ou pas les attelles je suis gênée par les chaussures : je trouve que jupe / robe + converses c’est moche. Ma mère m’a soutenu plusieurs fois l’inverse. Sauf que, sans être totalement à côté de la plaque, ce n’est pas non plus une experte en matière de mode ET elle pourrait dire ça pour me décomplexer. Ça ne me convainc donc pas du tout ! (Je suis une grande complexée des robes, il y a tellement de belles robes, mais je ne les mettrais jamais, à quoi ça me servirait ?!)

Mais comme si ça ne suffisait pas il n’y a pas que les vêtements du bas qui me posent question, les hauts aussi !

  • Un problème d’assurance : sur les autres OUI, sur moi NON

Le nombre de t-shirts où je me dis « oh c’est super beau… mais jamais je n’oserais porter ça » quand je le vois en magasin ou sur internet OU  « ouah j’aime beaucoup son t-shirt… mais ça ne m’ira jamais » est faramineux. Je ne mets pas de débardeurs à fines bretelles car je trouve que ça me fait de grosses épaules, et PIRE je n’arrive pas à me dire que je pourrais porter un t-shirt avec certains motifs. Comme si ça faisait enfantin / ridicule / pas sérieux. Par exemple celui-là que je trouve pourtant super beau (la page de mon panier reste ouverte dans l’attente de mon paiement) et aussi tous ceux-là. Pourtant il y a bien des gens qui les portent ! Et à chaque fois que je les vois, je me dis qu’ils sont beaux, ça devrait suffire… Bref… (ça vous semble ridicule ces dessins ?)

  • Problèmes de confort et de facilité

Le confort est primordial dans mon choix de vêtements, ce qui ne colle pas toujours avec la mode ni même avec mes goûts : je ne porte pas de bustiers ou t-shirts sans épaules parce que je trouve ça inconfortable mais je trouve ça tellement beau ! La facilité d’utilisation aussi : si je ne peux pas enfiler un t-shirt toute seule ou que j’y passe 10 minutes parce que je me perds dedans, c’est inutile de l’acheter ! J’accepte ces deux faits assez facilement, ça ajoute juste des contraintes qui font que j’ai l’impression que je ne pourrais jamais ressembler aux filles bien habillées que j’admire.

  • A tous ces problèmes sus-cités qui relèvent plus du physique s’ajoutent deux problèmes plus psycho-éthiques.

Entre des finances non extensibles et une philosophie de vie qui s’oppose à la sur-consommation, mes parents m’ont toujours poussé à réfléchir chaque achat : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? est-ce que je suis vraiment sûre qu’il me plait que je vais le mettre ? Combien d’argent je suis prête à y mettre ? A chaque fois que j’ai envie d’acheter des vêtements pour me faire plaisir je suis donc rattrapée par une sorte de culpabilité de dépenser. Et comme j’ai en même temps envie d’acheter de manière plus éthique… c’est plus cher ! Bonjour le cercle vicieux… C’est pour ça que mes parents nous emmenaient plutôt dans des friperies / brocantes / à Emmaüs : on n’achète un vêtement en seconde vie donc on ne participe pas à la demande…  Sauf que du coup, on trouve plus difficilement encore ce que l’on recherche exactement… Re-bonjour cercle vicieux. Ça a aussi participé à mon complexe d’être démodée… Quand tu n’as pas des vêtements neufs et de marque, c’est forcément nul… C’est difficile de se défaire de cette idée qui a été si souvent soulignée.

Pour finir, je n’aime pas faire les magasins quand il y a plein de monde : faire les magasins c’est déjà fatiguant parce qu’on piétine beaucoup, avec le monde c’est pire. Donc je fais sur internet. Sauf que du coup, je ne peux pas essayer : donc je me décourage d’autant plus. (Et si je me trompais de taille, et si ça ne m’allait pas vraiment ? Et 10 euros de taxe c’est tellement abusé…)

(L’état de ma page internet est un bon résumé : après avoir supprimé trois articles sur 5, j’ai fermé l’onglet modetic et j’ai la page de Bonobo en attente mais elle va suivre le même chemin. (Si j’ai le courage j’irais voir direct en magasin.))

Ne pas acheter est encore la meilleure manière de faire des économies… C’est aussi le meilleur moyen de ne pas avoir une garde-robe qui me convient vraiment.

Chaque été je redécouvre cette déception – frustration après m’être dit « Oh, cette année je m’achèterais bien un t-shirt pour remplacer celui-ci et un t-shirt de plus qui puisse aller avec ce pantalon ». Ça va se finir par un achat en période hors-soldes si j’ai un coup de cœur en passant : donc cher et non-éthique, formidable, je m’exaspère.

Certes, ce n’est que de l’apparence, c’est pas très important. Sauf que les vêtements sont quand même importants pour se sentir bien. Et même si on s’en fout totalement (il fut un temps -lointain-, c’était mon cas, je mettais ce dans quoi j’étais bien, tout simplement) ce n’est pas le cas de la majorité dans la société actuelle… Donc ça nous retombe dessus. (Je suis déçue, quand même, de remarquer à quel point le regard des autres impacte sur mes décisions en terme d’habillage…)

Bref, pour la confiance en soi on repassera, pour le moment détente/bien-être aussi, et le plaisir des soldes tout ça, connaispas !

 

 

Courir après le temps, tout le temps

C’est l’impression que je garde de cette année. Une grande course contre la montre. Dans laquelle j’avais / j’ai toujours du retard. (C’est pas nouveau la vitesse ce n’est pas mon truc, les courses qu’elles soient réelles ou virtuelles non plus !

Du retard pour apprendre mes cours : j’en ai sacrifié certains que j’ai décidé passer aux rattrapages.

Du retard dans ma bibliographie à lire pour le mémoire.

Du retard pour comprendre le fonctionnement des bases de données.

Arriver en retard en cours parce que trop fatiguée et donc réveil difficile.

Arriver en retard à certains rendez-vous parce que le lieu n’est pas facile d’accès et que les transports n’y mettent pas du leur.

Rendre un mémoire incomplet parce que retard accumulé. Écrire pour obtenir un délai supplémentaire, compléter, rendre un truc tout autant insatisfaisant. (à mon goût, de leur côté elles ont aussi remarqué que c’était incomplet mais également la grande avancée entre les deux.)

Se reposer un tout petit peu et enchainer sur le ddépôt des candidatures en M2, l’envoi d’un dossier -exercice d’évaluation.

Puis les révisions des rattrapages.

Puis la semaine de rattrapage et  la soutenance (relire un mémoire dont on est pas satisfaite c’est vraiment pas une partie de plaisir mais bon, la soutenance s’est bien passée), puis s’occuper de la candidature pour l’École.

Normalement la dite limite de dépôt c’était aujourd’hui, sauf que à 19h date de fermeture du magasin d’impression et dernière levée de la poste … j’avais pas fini. Et j’apprends qu’à l’École ils ont enlevé la boite de dépôt dédiée à 17h15 (heure de fermeture du pôle pédagogique mais bien avant la fermeture de l’École à 20h.), ce qui signifie très clairement qu’ils sont hyper à cheval sur la date limite, beaucoup plus que d’autres fac…

Du coup j’hésite :

option A : remodifier quand même ma lettre ce soir (parce qu’en plus j’ai vu que je n’ai pas donner la forme souhaitée / répondu à certaines attentes) et l’envoyer au culot par la poste demain (peut-être qu’ils ne regarderons pas le timbre parce que trop de paperasse ou peut-être qu’ils me feront une fleur parce qu’ils connaissent mes difficultés.)

option B : non tant pis, laisse tomber et va dormir tu en rêves, de toute façon en recevant l’enveloppe ils regarderont forcément le timbre et ils l’élimineront direct sans se soucier de qui est qui, c’est un pré-tri hyper efficace, et puis l’Ecole n’est que ton choix 3.

  • avantages de l’option A : je n’aurais pas de regrets parce que j’aurais tenté le tout pour le tout. J’ai déjà marché au culot comme ça pour une autre formation (mon choix 1, ma candidature hélas pas été retenue mais à cause du nombre de dossiers reçus pas de la date limite) et pour demander un délai pour mon mémoire, les deux fois ça  a porté des fruits.  Alors pourquoi pas tenter ?
  • défauts de l’option A : j’en ai vraiment marre de courrir, je suis juste fatiguée. Ok, ça a servi à quelque chose ces deux fois mais le résultat n’était pas ouf non plus (le 2° rendu m’a finalement tout autant déçue que le 1° et ma candidature n’a pas été retenue.) J’ai tout sauf envie de m’occuper de ça ce soir pour un résultat hypothétique. (Surtout que c’est considérer que j’ai
  • Avantages de l’option B : je dors enfin. Je ne gaspille pas mon énergie à quelque chose d’inutile.
  • Défauts de l’option B : oui, j’en ai marre de l’École mais quand même cette formation peut-être super intéressante. Ce n’est que mon choix 3 sauf que : choix 1 -> refus ; choix 2 et 2bis -> un en suspens (un entretien à passer) et un refus ; choix 4 -> acceptée (mais 4 c’est après 3 … donc…) et puis l’idée même de baisser les bras ne me plait pas. Et puis mon ego en prendra un coup parce que le choix 4 est moins prestigieux que les trois premiers…)

Bref si on regarde comme ça l’option A semble privilégiée… Sauf que la fatigue ça pèse quand même très lourd sur la balance… Je vais appeler chez moi, ils auront les idées plus claires…

J’ai donc appelé – > option B, modifications plus légères que je ne pensais… ça m’a pris une heure. Ne reste plus (pour demain, ce soir c’est finiiii !!!) qu’à assembler les autres pièces déjà prêtes, les imprimer et envoyer le tout . Alea Jacta est. (Et puis bon, peut-être que l’entretien va bien se passer et le choix n° 2 va fonctionner !)

 

 

Oser se dévoiler

En ce moment c’est la fête à gogo des candidatures pour les diverses universités. Qui dit candidature dit lettre de motivation. Or une lettre de motivation ça doit être très réfléchi, très codifié, il faut peser tous les mots utilisés. Comme dans un mémoire d’ailleurs. Dans ces deux cas il était donc intéressant / important de me faire relire par des personnes extérieures ayant plus d’expérience et de recul que moi sur ces codes… Ces personnes expérimentés, autour de moi, ce sont surtout mes parents…

Dans les cas, mémoire comme lettres de motivation, j’ai eu du mal à me résoudre à les faire relire par eux…

Le mémoire, je leur avais dit que je leur ferais relire… Parce que mes directrices avaient beaucoup insisté sur le fait qu’il devait être relu par des personnes extérieures et que je savais pertinemment que sinon ça passerait à la trappe. Par manque de temps (toujours l’envie de rajouter quelque chose, l’impression que ce n’est pas fini) mais aussi -surtout- par peur du jugement. Peur qu’ils trouvent ça nul. Parce que s’ils le trouvent… c’est que ça l’est (cette phrase est mi-ironique. Mi-ironique seulement. Je suis à moitié convaincue que s’ils me disent que quelque chose que j’ai fait est mal… C’est qu’il l’est effectivement.)

Mes directrices ont aussi beaucoup répété pendant l’année que de toute façon elles ne jugeaient pas la personne mais le travail. C’est une idée avec laquelle j’ai du mal. Je comprends et je ne comprends pas en même temps. Je comprends : le travail est détaché de la personne, ne la définit pas toute entière. Mais en même temps au travers de ce travail elles vont (forcément) voir (et juger) des traits de ma personnalité. Ce travail est forcément le reflet de qui je suis ! En fait, le travail est pour moi tellement important – il occupe une place tellement importante – que j’ai du mal à concevoir qu’on puisse juger mon travail sans me juger moi-même. Même si elles auront l’impression de n’avoir jugé que mon travail, moi je me sentirai jugée par la note obtenue (j’imaginerai ce qu’elles ont pensé de moi, sûrement, mais surtout -je m’en aperçois maintenant- je me jugerai moi-même.)

Bref, le mémoire c’est un sujet très épineux… Je n’ai pas encore réussi à le relire pour préparer ma soutenance tellement j’ai l’impression qu’il est nul et inachevé (il est inachevé, c’est un fait avéré, au moins dans la forme… mais combien l’est-il dans le propos ? Combien de choses que je pensais / voulais dire n’ai-je pas dites ?) Bref, tout ça pour dire que j’ai eu du mal à me résoudre à le faire relire. Pourtant cela a finalement été bénéfique, ils y ont proposé beaucoup de corrections intéressantes. (Mais ils m’ont aussi fait des retours positifs. Sans quoi j’aurais conclu que c’était effectivement nul.)

Pour la lettre de motivation, même hésitation à me faire relire.

C’était déjà difficile avant, difficile de savoir quoi écrire. Il m’a fallu faire un grand travail d’introspection pour savoir mes envies, pourquoi un truc me plait et pas un autre. Savoir ce que je veux vraiment, au delà de mes peurs, de mes idées préconçues.

Le plus dur a quand même été de décider de me faire relire par mes parents.  Me faire relire alors que je dis pas mal de choses que je n’ai pas l’habitude de dire, alors que j’ai quasiment l’impression de révéler mon jardin secret. J’ai l’impression que cela est risible, qu’ils vont se moquer. Cette peur n’est fondée sur rien de concret, rien que de l’inconscient. En plus, elle se révèle fausse, puisque dans tout ce qu’ils ont lu (deux lettres de motivation + mon mémoire ) jamais ils ne se sont moqués…

Bref, morale de l’histoire, il serait temps que je retienne trois choses :

  • j’ai le droit d’avoir mes propres opinions, mes propres envies, ils ne sont pas risibles ou ridicules ou moins valables que les autres.
  • Se faire relire c’est bien, il faut que j’ose me dévoiler.
  • Le jour de ma soutenance ce n’est pas moi / mes opinions qui seront jugés mais mon travail.

C’est pas gagné …