Ces parents qui s’expriment à la place de leurs enfants #2 : coup de gueule

(J’ai écrit un petit préambule par là.)

S’il y a bien une chose qui m’énerve, une manière d’écrire, une attitude, c’est bien ça.

Bien sûr il y a les parents qui calquent leurs envies et leurs frustrations sur leurs enfants :

Je n’ai pas pu faire de piano, tu seras le meilleur !

Bien sûr ça m’énerve beaucoup aussi… (Laissez-votre enfant affirmer SES goûts et SES envies !!!)

Mais moi, je pense plutôt à certains parents d’enfants différents qui ouvrent un blog et s’expriment à la première personne  comme si leur enfant de 1 an pensait et parlait déjà comme un adulte…

Aujourd’hui j’ai fait de la kiné, j’ai eu mal mais j’ai été très courageux !

NON NON ET NON !!!

Ça m’énerve parce que le parent pense à la place de l’enfant, il lui prête des sentiments qui ne sont peut-être pas les siens.

Ça m’énerve parce que en s’exprimant ainsi il fait comme si c’était la seule pensée possible, véritable… Ce qui est très différent d’un parent qui dit :

« Elle est allée chez le kiné aujourd’hui, elle a été très courageuse » (ou mieux « Elle est allée chez le kiné aujourd’hui et je l’ai trouvé /la trouve très  courageuse »)

Ça n’est pas forcément plus vrai (aller chez le kiné n’est pas forcément du courage…) mais on voit bien que c’est le parent qui voit son enfant comme courageux, ce qui est hautement plus compréhensible. Je vous jure que je ne me suis jamais sentie courageuse en allant chez le kiné, mais je comprends que les autres me voient ainsi...(Je dis ça parce que j’ai l’impression que les gens pensent souvent que quand on va chez le kiné c’est pour se battre contre son handicap. Or, non, je ne me bats pas contre mon handicap, j’apprends à vivre avec et je prends les mesures nécessaires pour le vivre le mieux possible, les séances de kiné est un de ces moyen.) (Pour enlever tout doute : ma vie n’est pas un combat ! )

Je m’écarte du sujet : revenons à nos moutons.

Ça m’énerve parce qu’en s’exprimant ainsi à la place de l’enfant c’est comme si le parent niait à son enfant cette possibilité. Comme s’il considérait que comme il parle avec des phrases plus construites, plus précises, avec des mots plus savants, avec des idées plus ordonnées, sa pensée vaut plus. Si tu es le parent d’un enfant trisomique (ou autre, c’est l’exemple le plus parlant qui me vient), il peut parler, il a le droit de s’exprimer à sa manière, même si ça n’est pas d’aussi beaux discours aussi bien léchés. Alors laisse-lui son expression et exprime toi sur tes ressentis à toi, tu auras autant à dire. Oui c’est vrai, à un an, deux ans et parfois plus, un enfant ne parle pas. Et alors ? Est-ce une raison pour parler à sa place ? Quand il sera plus grand tu feras comment ? Tu lui montreras tes écrits en disant : « Regarde je parlais à ta place ? » ou alors tu diras « Regardes je parlais de toi ? » (Ben non, raté, tu parlais à sa place.)

Ça m’énerve parce que c’est tellement dommage. Si les écrits retraçaient la pensée du parent, plus grand l’enfant pourrait les lire pour apprendre son histoire et peut-être en rediscuter avec son parent. (Un enfant est toujours, il me semble, à la recherche de son histoire, de son passé, peut-être encore plus quand il est handicapé. Chez tous ceux que j’ai croisé -moi la première- il y a un immense besoin de savoir comment se sont passés les premiers jours/mois/ années, de connaitre l’évolution, ce qui a été dit, pensé, proposé… Pas pour juger mais pour savoir, pour se construire.) Mais si c’est écrit à la place de l’enfant ? Comment il va retracer son histoire ? En se collant dessus l’image forcément tronquée et en partie fausse que le parent avait de lui ? (Parce que même mes parents ne connaissent et ne comprennent pas tout chez moi …Heureusement.)

Ça m’énerve tellement parce que c’est déjà tellement naturellement compliqué de se démarquer du parent, de s’affirmer, de trouver sa place. C’est déjà tellement naturellement compliqué d’exprimer ses ressentis. et d’oser dire au parent que son ressenti n’est pas le même que le sien. (D’après mon expérience en tout cas, mais il ne me semble pas être la seule…) Comment faire si, en plus, celui-ci s’exprime à notre place ? Si avant même qu’on est ouvert la bouche il fait semblant de deviner ce que l’on pense ?

Ça m’énerve parce que c’est comme si le parent considérait qu’il connait tellement son enfant par cœur qu’il connait aussi toutes ses pensées, tout ce qui lui passe par la tête. Parfois il semble même avoir compris des choses que l’enfant lui même ne réussit pas encore à savoir (du genre, le métier qui sera bien pour lui plus tard.) Il pense qu’il sait tout alors qu’il y a tellement de choses qu’il ne vit pas. Tellement de choses vécues intérieurement difficilement dicibles. Tellement de choses qui sont difficilement compréhensibles quand on ne les vit pas soi-même.

Donc en plus d’être oppressant, castrateur (l’enfant ne peut pas s’exprimer) c’est aussi très réducteur.

Ça m’énerve parce que ça enlève tout filtre. Je veux dire que les personnes qui lisent ce blog à la première personne elles aussi se mettent à penser que l’enfant pense comme ça, elle n’ont pas les moyens de remettre ça en question : déjà quand c’est le parent qui l’exprime ça imprime une certaine image dans la tête des gens mais quand en plus c’est fait au nom de l’enfant ça rajoute dans le pathos… et donc dans l’absence d’esprit critique (« oh oui qu’est-qu’il est courageux ce petit ! ») Je vous rassure la famille et les amis n’ont pas besoin d’un blog qui raconte les aventures de l’enfant à la première personne pour le trouver courageux ! Beaucoup de personnes autour de moi sont visiblement admiratifs. Je ne dis pas que c’est mal, ça fait beaucoup de bien à l’estime de soi mais ça met aussi pas mal de pression parfois… Mais au moins, je sais que l’image qu’ils ont, ils l’ont par ce qu’ils ont vu, vécu à mes côtés, ce que je leur ai raconté moi, parfois par ce qu’ont raconté mes parents aussi certainement mais pas à ma place ! Ils ont raconté (toujours je crois, j’espère…) ce qu’il vivaient eux à mes côtés, pas ce que moi je vivais. Ce qui fait une grande différence, selon moi. (et j’espère qu’à travers ce long article vous le comprenez, au moins un peu…)

Au fond si je poussais mon raisonnement au bout je devrais peut-être être tout aussi énervée par les films ou livres qui s’expriment à la place des gens concernés. Mais  en fait, je ne le suis pas autant. Parce qu’il y a pour moi une différence fondamentale. Derrière ces blogs il y a une personne en chair et en os, ce n’est pas le cas des films où au fond l’histoire raconte aussi plein d’autres choses. De plus, un film ou un livre (en tout cas ce genre là) c’est une création, c’est un exercice de style, c’est romancé. Et une personne qui va voir un film ou qui lit un livre doit être capable de se dire : c’est romancé, ce n’est pas la réalité. Du coup bien sûr ça m’énerve, parce que ça donne à voir à la société l’image qu’ils ont déjà, on aimerait bien que ça sorte plus souvent des sentiers battus, que ça soit mieux documenté, que ça soit raconté par une personne directement concernée. Parfois on aimerait être sûrs que la personne qui a inspiré l’œuvre est d’accord avec ce qui est dit d’elle, de son vécu. Mais ça ne me fait pas bouillir pareil. Parce que c’est un acte de création, d’imagination.

Ce qui n’est pas le cas de ces blogs-là ! Ces blogs sont destinés à raconter un vécu, une histoire, de personnes en chair et en os, réelles. Des personnes humaines qui ont donc des ressentis et des pensées. Des personnes humaines qui ont le droit de s’exprimer.

Et donc ça m’énerve (j’espère que là ça y est vous avez compris, sinon j’ai tout raté…)

Je peux au moins leur reconnaitre un mérite, ça m’a redonné la profonde envie de lire l’autobiographie d’Hellen Keller et celle d’Emanuelle Laborit.

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Un jour-un livre #15

Pour aujourd’hui je me suis beaucoup creusée la tête sans trouver, ça m’a presque énervée parce que j’ai l’impression que ça m’arrive tout le temps de m’identifier à un personnage/de me reconnaitre dans une situation, une histoire… Et là précisément quand je cherche, forcément, je ne trouve rien…

Mais pour finir il me semble que j’en ai trouvé un (ah ben tiens, j’en ai trouvé un autre… Mais je le garde pour un autre jour.. Suspens…)

Totto-chan : La petite fille à la fenêtre de Tetsuko Kuroyanagi

totto-chan

C’est un livre que personne ne connait, et c’est bien dommage… en même temps, c’est normal, il n’est pas occidental ! C’est l’histoire  (vraie) d’une petite fille très attachante et intelligente mais qui pose un problème : elle est très agitée en classe ! Elle se fait finalement virer de son école. Elle arrive alors dans une école assez originale… qui va très bien lui convenir.

Je me reconnaissais assez bien dans cette petite fille* (je suis donc attachante et intelligente !) et, comme elle,  j’ai moi aussi changé d’école : je suis passée d’une école très stricte où je ne rentrais pas dans le moule à une autre beaucoup plus ouverte et inventive où je me suis sentie très bien (mais je ne suis pas faite virer, c’est mes parents qui ont décidé et tout de même nous ne faisions pas cours dans des vrais bâtiments…)

*En effet, il me semble (souvenirs d’une lecture assez lointaine) que j’avais retrouvé certains de mes traits de caractère : une façon de se lier aux autres enfants, une façon de voir la différence, le franc-parler (#point contradictions : je suis timide, mais  quand je connais un minimum la personne en face, en bien ou en mal, il y a des phrases qui sortent. Et quand je connais vraiment bien la personne, et que nous nous entendons bien, je peux même devenir très bavarde…)

Mis à part cette identification, j’avais aussi beaucoup aimé ce livre pour la découverte de la culture japonaise.

 

 

 

 

Objectifs de l’année 2015

Cette année ne sera pas comme les autres, cette année je redouble pour repasser un module. Cette année je vais donc avoir peu d’heures de cours et beaucoup de temps pour moi, beaucoup de temps libre, dont je peux faire ce qu’il me plaît.

J’ai beaucoup de projets qui vont bien vite remplir ce temps libre (et dilapider ma fortune d’étudiante.) Je vous les livre sur un plateau d’argent :

  • Travailler pour arriver à mes fins, c’est-à-dire passer en master à l’École.
  • Faire un ou deux stages professionnels, j’ai du temps, c’est l’occasion ou jamais d’acquérir de l’expérience.
  • Aller à la piscine une fois par semaine (et en plus de me faire plaisir je pourrais m’améliorer !) (et là c’est bien parti, ça fait déjà un mois que c’est en place…)
  • Améliorer mon niveau en anglais, là aussi c’est le moment ou jamais.
  • Améliorer ma vitesse de frappe à l’ordinateur (c’est la peine que je me répète ? « C’est le moment ou jamais » !)
  • Visiter Paris, les jardins et les bibliothèques en particulier… et les rues (et les bons petits restos)
  • Aller à toutes les expositions qui me font envie (y en a toujours des tas…)
  • Aller au cinéma, à l’opéra, au théâtre
  • Lire !!! (c’est déjà entamé)
  • Écrire ici (ça aussi)
  • Aller à la prière Taizé hebdomadaire à côté de chez moi
  • Cuisiner (je n’ai pas de four 😦 😦 tant pis je ferais plein de mousses au chocolat, na !)
  • Prendre soin de moi (ça changera…)
  • Si, après tout ça, il me reste quelque chose (que l’on nomme communément argent…) (ne parlons pas du temps, lui je le trouverais…) j’aimerais rendre visite à une amie, un week-end, dans le pays de l’autre côté de la mer (qui me fait tellement rêver) où elle étudie cette année. Et un week-end dans la ville de Queen Lizzie aussi, tant qu’on y est, soyons fous ! (je suis riiiiiche ! sans le savoir… et sans que ma banque le sache non plus, c’est surtout là le problème)

J’avais aussi 3 autres idées en tête mais elles m’auraient pris pas mal de temps et quand même, là ça fait déjà pas mal (oui j’en suis consciente…mais, avouons-le, je suis une fille incapable de rien faire de ses journées… Sinon, c’est que je suis -ou que je vais être- déprimée), et je ne veux rien lâcher (surtout pas les 3 premiers points, mes priorités absolues…) et puis c’est trois choses pour lesquelles je n’étais pas motivée à fond, alors j’ai choisi de les écarter, ce sera pour plus tard.

En une phrase cette année je veux me faire plaisir et « améliorer mes points faibles » *

(*je trouve cette expression bizarre mais je n’en ai pas trouvée d’autre, si vous avez je suis preneuse…)

PS : J’ai écrit tout ça à une heure indécente (c’est maintenant que je m’en rends compte… C’est à cause de la piscine, ça m’a donné une pêche et une crampe incroyable) avec la musique de Ludovico Einaudi dans les oreilles, je suis définitivement fan… (je le savais déjà 🙂) (allez écouter par ici et par …)

Être l’ami de soi-même

Comme bien souvent depuis que j’ai commencé à écrire sur ce blog, ce que j’exprime dans chaque article n’est qu’une amorce de réflexion qui continue toujours après le temps de l’écriture, plus ou moins loin et plus ou moins vite, mais elle continue et s’enrichit toujours. C’est ce qui s’est passé avec mes articles sur l’amitié : au début je ne pensais en faire qu’un seul texte mais, comme souvent, j’avais mésestimé l’importance et la taille de tout ce que j’avais à dire, alors j’ai écrit deux textes (ici et ). Et, juste après les avoir écrits, j’ai eu plusieurs déclics, révélations, prises de conscience (prenez le terme qui vous convient), qui méritaient bien un troisième article sur le sujet !

Nota Bene : J’ai commencé à écrire cet article il y a 45 minutes en pensant que ce serait une ébauche, des idées jetées sur le clavier, à retravailler et remodeler, je me retrouve avec un beau texte bien ordonné et qui a coulé de source, dont il ne me reste plus qu’à peaufiner les détails… Bien bien, ne cherchons pas la logique… (Ceci aurait logiquement dû être placé en conclusion mais ma réflexion philosophique finale est tellement belle je ne voulais pas la gâcher par ce propos extrêmement terre-à-terre 🙂 )

Donc voici mes illuminations post-scriptum sur l’amitié.

Pour accepter les compliments des autres et entendre que les autres nous aiment, il faut d’abord s’accepter et s’aimer soi-même.
C’est exactement ce qu’il s’est passé chez moi : plus jeune je ne m’aimais pas vraiment, parce que je n’aimais pas l’image que les autres me renvoyaient de moi mais aussi de l’intérieur, je ne m’aimais pas pour tout ce que j’étais incapable de faire.

Quand je m’inventais des goûts, des désirs c’était pour plaire aux autres pour qu »ils me renvoient une belle image de moi… Mais c’était bien sûr voué à l’échec puisque c’était un faux, un faux-moi, une apparence. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai arrêté de mentir : j’ai réalisé que j’étais devenue une apparence, que j’étais dans la superficialité alors que je détestais et déteste ça chez les autres, que je le fuis. Or mes parents m’ont toujours dit : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l’on te fasse. » Alors j’ai décidé d’arrêter de mentir (autant aux autres qu’à moi même, en fait), ça ne s’est pas fait du jour au lendemain bien sûr, il a fallu que je retrouve et que je forge mes propres goûts, mes propres désirs….

Un peu plus tard j’ai eu une deuxième prise de conscience, quand ma mère m’a dit : « Ce qui est pénible avec toi c’est que l’on ne sait jamais ce que tu veux. » Ça a été assez douloureux à entendre et à encaisser, une grande claque : si je m’étais bien rendue compte que je mentais à mes amis quand j’étais à l’extérieur, dans le milieu scolaire, je pensais que dans ma famille, dans ma maison, j’étais Moi… Et puis ça faisait alors des mois que je m’efforçais de savoir ce que je voulais (et que je me sentais progresser dans ce sens).

J’ai alors compris qu’avoir des désirs ne suffit pas il faut aussi (et surtout) les exprimer. Surtout, parce que sinon c’est comme ça qu’ils se perdent et s’effacent progressivement.
En fin de compte, (là nous entrons dans la totale improvisation, l’hypothèse sortie de je-ne-sais-où, la dérive philosophique et métaphysique, vous êtes autorisés à passer au paragraphe suivant… et en écrivant cette phrase j’ai perdu mon idée…et je l’ai retrouvée) c’est peut être pour ça qu’il me « plaisait » d’avoir une seule amie : il était beaucoup plus facile de me confondre avec elle seule, de me conformer à tout ce qu’elle souhaitait.

Je dois néanmoins nuancer tout ça : heureusement pour moi j’ai toujours eu certains désirs et goûts affirmés, que je connaissais et que j’exprimais mais c’était plus auprès de ma famille, moins de mes amis. En effet, je me savais aimée de ma famille je n’avais pas besoin de m’inventer pour leur plaire. Mais auprès de mes amis  je me dissimulais et m’effaçais beaucoup, de plus en plus, jusqu’au lycée où la tendance s’est inversée.

Je tiens aussi à insister sur le fait que je ne regrette rien de ce parcours.

D’abord parce que, contrairement à l’apparence mélodramatique et au tableau noir que je semble décrire, je n’ai jamais été malheureuse, certains épisodes ont été difficiles et douloureux mais ma famille et quelques rares amis m’ont quotidiennement offert l’amour et l’affection dont j’avais besoin pour me sentir heureuse (en plus de mon extraordinaire et magique propension à voir du rose partout, qui me facilite beaucoup la vie.)

Ensuite, parce que je sais que chaque épreuve endurée et chaque prise de conscience était nécessaire à mon cheminement et mon épanouissement. Je m’intéresse de plus en plus à la psychologie et s’il y a une chose que j’ai bien comprise c’est que l’on ne peut pas aller plus vite que la musique…
Il est très très probable, pour ne pas dire certain, que mon parcours chaotique est, en partie, dû à moi-même, que j’ai laissé passé des occasions, que si je m’étais comportée différemment, les autres en face se seraient aussi comportés différemment, mais « avec des si on mettrait Paris en bouteille » et j’ai fait comme j’ai pu avec les outils que j’avais, il ne sert à rien de regretter le passé puisque c’est lui qui construit le présent.

Je ne pense pas qu’une personne puisse se dire qu’elle est parfaite et qu’elle n’a rien à améliorer (ou alors cette vanité est justement son défaut), je ne pense pas qu’il existe une personne sans défauts et même sans « problématique psychologique ». J’ai surmonté certains obstacles dans certains domaines et je suis convaincue que tous nous avons des difficultés à surmonter, toutes différentes et nous les surmontons tous de manière différente.

Donc j’insiste : la vie est faite de changements, de mouvements, donc de remises en questions et de cheminements. Je ne regrette pas ce que j’ai vécu et encore moins ce que j’en ai fait ! J’ai parcouru un grand bout de chemin déjà (si grand et si petit) et il continue… Aujourd’hui je me sais sur la bonne voie pour m’affirmer et m’aimer vraiment entièrement….

  • Si je m’aime, alors j’entends les compliments et alors le cercle vertueux est enclenché (et j’accepte que les autres m’aiment ce qui est assez fondamental pour construire une relation équilibrée et durable !)
  • Pour qu’une amitié (et plus généralement une relation) puisse durer il faut être soi et non pas se confondre à l’autre, pour qu’il y ait un échange : une relation !
  • Toutes les relations que j’ai eu par le passé ne sont pas à jeter à la poubelle, elles m’ont toutes apporté des éléments pour progresser et construire mes relations d’aujourd’hui.

L’amitié : Aujourd’hui …

Du fait de ma très longtemps très faible confiance en moi, j’ai eu un parcours d’amitié assez chaotique dont je vous parlais la dernière fois. Cela a soulevé chez moi beaucoup d’interrogations :

Quelle est ma place dans cette relation, dans la pensée de l’Autre ?
Est-ce que j’en fais trop, pas assez ?
Est-ce que l’autre en face sais ce qu’il représente pour moi ? Est ce que j’attends/demande trop de l’Autre ?
Qu’est que l’Autre pense de moi ?
Est-ce que suis en train de reproduire un schéma ? Est ce que cette fois-ci ça va durer ?

Depuis quelques temps (3 ans !) progressivement de plus en plus les doutes s’estompent.

Aujourd’hui, je suis entourée d’amis avec qui je suis vraie : je ne m’invente pas des goûts ou des envies pour leur plaire, je suis moi. Parfois ça leur plait parfois moins ; parfois ils comprennent, parfois moins, mais c’est là et c’est moi et ils m’acceptent comme je suis ! Ça c’est déjà quelque chose d’énorme.

Aujourd’hui, je  suis entourée d’amis, qui m’apprécient pour mon caractère, non pour mes aptitudes scolaires. Je leur apporte autant qu’ils m’apportent en échange. C’est la première fois que j’en suis aussi sûre.

Aujourd’hui, je suis entourée d’amis avec qui je me sens bien quelque soit le contexte, le temps, l’espace, l’humeur. C’est bon signe, non ?

Aujourd’hui, je suis entourée d’amis avec qui je parle beaucoup, j’ai autant de place pour m’exprimer qu’eux. Une place qu’ils me laissent (ce qui n’a pas toujours été le cas) et surtout que je prends (et ça c’est nouveau ).
Pour eux, ma parole a une valeur.

Aujourd’hui, je suis entourée d’amis divers, pas seulement une seule personne à qui je m’accroche désespèrent. C’est important pour l’équilibre.

Aujourd’hui, je suis entourée d’amis qui me manifestent leur affection et l’importance que j’ai pour eux. Je suis certaine de ne pas m’imaginer des chimères. C’est le dernier garde-fou contre les doutes éventuels…

Ce jour-là (et les suivants, pour enfoncer le clou) où M. m’a dit « N’hésite pas à m’appeler si tu as besoin, si tu te sens seule, si tu veux juste parler…»
Ce week-end à 3 où N. a dit «….mes amies… » (la première fois, si l’on excepte ma meilleure amie d’enfance, où je m’entendais interpeller ainsi, ça fait tout drôle et chaud au cœur.)
Ce jour où C. m’a prise dans ses bras, juste comme ça, pour me dire au revoir…. (ça aussi c’est tellement peu habituel ça fait drôle et chaud au cœur.)
Ce jour où A. m’a proposé de l’aide.
Ce jour où N. m’a invité pour sa pendaison de crémaillère. (Pour une fois je n’avais pas l’impression d’avoir été évincée de la fête mais pas non plus invitée par charité.)
Ce jour où elles ont insisté pour que l’on fasse une fête pour mon anniversaire, et les surprises des années suivantes…
Ce jour où A. m’a dit, parmi plein d’autres messages élogieux pour me remonter le moral, « Je suis fière de toi »
Et tant d’autres encore…

Aujourd’hui, je peux le dire, sans aucun doute, je suis entourée des bonnes personnes, mon seul souhait est que cela dure le plus longtemps possible.