Rencontrer ses limites

J’ai beaucoup parlé ces derniers temps des aménagements scolaires et des avantages et inconvénients qui y sont indéfectiblement liés. Ce mélange d’avantages et d’inconvénients qui fait que la solution est toujours bancale. Aujourd’hui je m’y trouve assez durement confrontée.

En début d’année le médecin qui s’occupe du choix des aménagements m’avait proposé un délai supplémentaire pour le rendu du mémoire. Parce que c’est un peu dans le même ordre d’idée que le tiers temps finalement. Sauf que j’ai refusé.

Parce que si je connais bien le tiers-temps et son utilité, je ne suis pas habituée à avoir un délai supplémentaire pour un rendu et que je ne voyais pas l’utilité. C’est à dire que gérer un rallongement de temps sur un temps court et limité de quelques heures, dans un lieu encadré entièrement dédié au devoir à rendre, ok. Gérer en roue libre un rallongement de temps sur une année entière (donc de plusieurs semaines ou mois) ? Ça ne me semblait être qu’une illusion, un moyen de procrastiner un peu plus et c’est tout. Je voyais surtout les inconvénients : ça va me distinguer des autres, ça va rallonger le temps pour travailler dessus mais de toute façon à la fin je serai fatiguée…

J’ai donc refusé. Aujourd’hui encore, alors que je viens de passer deux semaines éprouvantes pour boucler mon mémoire et que je n’en suis pas satisfaite (du tout), je ne sais pas si j’ai eu raison ou tort. Probablement plus tort, parce que j’aurais pu l’accepter et ne pas l’utiliser, qu’au moins j’aurais pris « tous les moyens possibles » pour y arriver et que de toute façon j’ai fini par me faire remarquer puisque j’ai dû m’expliquer auprès de ma directrice de recherche.  Sauf qu’aujourd’hui encore je suis persuadée que je n’aurais pas su l’utiliser efficacement et que j’aurais de toute façon été tellement fatiguée que ça n’aurait pas permis de tout compenser.

J’arrive donc aujourd’hui à mes limites. Je sais depuis longtemps que je n’ai pas envie de les toucher, maintenant que c’est fait je vous confirme que je n’aime pas du tout.

Il y a quelques mois encore j’avais très envie de continuer le cursus dans cette école parce que ça a l’air encore très intéressant, j’hésitais un peu avec tous les sons de cloche que j’en avais qui me décrivaient cette suite comme encore plus dure et chargée. Mais je l’envisageais quand même. Aujourd’hui j’ai beaucoup plus de mal, je suis en train de faire une croix dessus et de chercher les alternatives.

J’ai informé la personne en charge de toutes les questions liées au handicap de mes difficultés. (Je l’ai informée parce que mes parents ont insisté, sinon j’aurais laissé courir, considérant que de toute façon c’était passé et ça ne servait plus à rien….) Elle m’a répondu en me disant de ne pas hésiter à retourner vers lui pour discuter de ce qui peut être fait pour améliorer l’année prochaine.

Il a raison. Sauf que...(Je vais me répéter un peu, désolée) je ne vois pas ce qui peut être fait pour m’aider : me donner plus de temps je ne saurais pas gérer et ça ne règle pas le problème de la fatigue sur le long terme…

Bon, après ma mère n’a pas tort, il y a peut-être aussi  – très certainement – une nécessité de lâcher prise… d’accepter de recevoir de l’aide… sans se sentir impostrice…. C’est pas gagné. (Rien qu’à y penser je me sens impostrice « non mais il aurait suffit que tu travailles plus pendant l’année… Si tu procrastinais un peu moins… »)

Pourtant ça pourrait sembler assez logique : je monte dans les études > plus de difficultés > plus d’aménagements. Mais mon cerveau a pas l’air trop décidé à avaler ça. Syndrome de l’imposteur puissance 10 000. Un hémisphère entend bien les arguments, l’autre lutte (« non mais attends t’es pas si handicapée que ça, tes camarades rencontrent exactement les mêmes problèmes, eux aussi ils étaient à la bourre à la dernière minute, eux aussi ils étaient super fatigués… Au fond c’est pareil » Bon…)

Bref en ce moment (depuis une semaine environ…) je suis énervée contre moi-même. Moi qui ne suis pas capable d’accepter / de demander de l’aide sans avoir l’impression de quémander. Moi qui me sabote toute seule en ne voulant pas me faire remarquer et souhaitant faire comme les autres. Avec tout ça j’ai fait foncé dans le mur et fait une overdose : j’ai peut-être même réussi à foirer mon année. Je vais « renoncer » à cette formation de M2 parce que  j’ai pas été capable de demander de l’aide assez tôt avant qu’il ne soit trop tard et que j’y laisse toute mon énergie et ma volonté.

En commençant à écrire ce texte j’étais un peu coincée sur une nouvelle sensation d’échec, sensation d’être au pied du mur, confrontée à mes limites. Écrire ne m’a permis de trouver des solutions mais je me suis rappelée que l’échec n’est que relatif et apporte toujours beaucoup de nouvelles pistes derrière. Bon, il va me falloir encore un petit peu du temps avant d’avaler la pilule (notamment passer la soutenance, ahem ) mais j’ai déjà un peu avancé et dépassé un blocage. J’irais pas en M2 à l’Ecole c’est pas grave il y a plein d’autres choses bien ailleurs. Je suis un peu moins énervée.

(A suivre… probablement après la soutenance, dans un peu plus d’un mois donc.)

 

Billet d’humeur : cohabitation et imperfection

J’ai récemment accueilli ma mère chez moi pour quelques jours. Ce n’est pas la première fois qu’elle venait dans mon appartement mais c’est la première fois qu’elle y est restée si longtemps. Elle y a dormi et mangé alors que les fois précédentes c’était juste un passage. D’ailleurs c’est aussi la première fois que j’accueillais quelqu’un pour plus qu’un repas.

Je me faisais une grande fête de ces quelques jours, ça faisait longtemps que j’en avais envie et que j’avais semé la proposition, elle aussi je crois que ça lui faisait envie depuis assez longtemps, ça s’est décidé sur un coup de tête. J’en avais envie pour lui montrer des choses dans la capitale et avoir un temps de partage en tête à tête. Je crois aussi que c’était une manière plus ou moins inconsciente de lui montrer comment je me débrouillais bien en autonomie.

Je n’avais pas du tout anticipé tout ce qu’il s’est passé. Tout ce que cela impliquait.

Nous avons effectivement passé de très bons moments ensemble, partagé beaucoup. Je ne voudrais pas l’oublier. Mais il y a eu aussi des moments de tension dont je me serais bien passée (même si, avec le recul, ils étaient mineurs.)

D’abord, elle a scruté tous les petits détails. J’ai du coup eu l’impression qu’elle remarquait plus les défauts que les efforts faits. (Elle ne m’a pas spontanément félicitée pour le ménage mais a noté que le rideau de douche était « moisi » par exemple.)

Ensuite, quand on s’est balladées elle m’a fait remarquer ce que je ne savais pas et que je « devrais savoir ». C’était juste pour me taquiner. Mais je l’ai mal reçu, comme une mise en doute de mes capacités.

Ensuite elle m’a coupé dans mes repérages dans les transports, elle a fait des remarques qui me perturbaient / court-cicuitaient. Du coup je paniquais et je réfléchissais de travers. (J’en ai déjà parlé ici : soit elle me laisse faire jusqu’au bout et c’est ok, soit c’est elle qui guide, mais pas entre les deux ! Et en l’occurrence hors de question que ce soit elle qui guide puisque c’est moi qui accueille.)

Dans les transports j’avais aussi l’impression qu’elle vérifiait chacune de mes décisions, comme pour s’assurer que je ne faisais pas fausse route. Encore une remise en cause de mes capacités que j’ai mal vécue (et là, pour le coup aucune excuse, ça m’énerve encore.)

Et puis chez moi, elle a fait des vaisselles et des repas. Et là j’ai été paradoxale. Très clairement, elle faisait ça pour prendre soin de moi, m’aider, parce qu’on avait fait beaucoup de choses dans la journée et qu’elle me savait fatiguée. Mais moi je l’ai parfois mal pris car c’est comme si elle prenait ma place. Comme si elle soulignait que j’étais trop lente pour faire le repas dans les temps avec ma fatigue. Comme si elle soulignait que faire la vaisselle à chaque repas c’est quand même beaucoup plus facile que de la laisser s’accumuler… Alors que bien sûr j’étais fatiguée et bien sûr ça m’aidait qu’elle fasse la vaisselle / le repas. Mais c’était une ingérence dans mon quotidien, moi qui voulait montrer mon autonomie.

Ces moments de tension ont été favorisés par plusieurs facteurs, principalement venant de moi.

  1. Je voulais l’accueillir chez moi, être la maitresse de maison mais la réalité m’a rattrapée je ne pouvais pas tout gérer à la perfection (le planing chargé + les obligations du quotidien). (Et je le découvre de plus en plus je ne supporte pas mes imperfections.) Il y a eu comme un décalage entre le week-end idéal et rêvé et la réalité que j’ai eu du mal à digérer.
  2. Fatiguée, je décuplais les moindres remarques lors qu’elles me semblaient négatives en oubliant-minimisant les remarques positives ou en occultant la volonté sous-tendue (prendre soin de moi.) Peut-être aussi que c’était fait ou dit maladroitement.
  3. Il y aussi une différence de mode de vie/philosophie qui joue. Ma mère est maladivement pointilleuse sur certains aspects (elle ne supporte pas l’odeur de cigarettte par exemple, entre beaucoup d’autres choses), c’est très envahissant et ça m’horripile. Pour reprendre l’exemple de la cigarette, comme elle ne la supporte pas elle pense tout de suite que c’est tout de suite aussi horrible pour moi et me dit tout de suite qu’il faut que je le signale à la résidence que je sens des odeurs de cigarette, il y certainement quelqu’un qui fume dans les environs. Alors que c’est autorisé de fumer chez soi. « Oui mais peut-être qu’il fume dans les parties communes et ça ça ne l’est pas » Sauf que non je ne vais pas faire tout un patacaisse pour une odeur, désagréable ok mais occasionnelle, juste parce qu’elle ne la supporte pas. Je sais qu’il y a une lourde histoire derrière, que c’est viscéral, que je ne peux pas changer ça. Mais j’aimerais juste qu’elle arrête d’identifier ses propres ressentis aux miens et qu’elle arrête de s’imiscicer dans ma vie à ce point. Pour ça il faudrait déjà qu’elle s’en rende compte, qu’elle réalise que c’est un problème, je ne suis pas sûre que ce soit le cas, il faudrait donc que je lui dise… Sans l’énerver (parce que c’est un point sensible) et sans m’énerver (parce que je me sentirais niée si elle n’accepte pas d’entendre mon avis différent que j’aurai fait l’énorme effort d’énoncer)… C’est pas gagné 😦

Au-delà de ces obsessions viscérales et envahissantes contre lesquelles je ne peux rien, il y aussi une manière de penser qui m’énerve (mais contre laquelle je ne peux rien non plus.) Elle laisse très facilement les points négatifs prendre le dessus et occulter le positif. S’il y a un truc qui s’est mal passé, elle va le répéter dix fois au cours de la journée. Alors que ça suffit, c’est passé et voilà. Après je sais qu’elle admire ma façon que j’ai de penser toujours au positif avant tout. Donc qu’elle est consciente de ce défaut (mais du coup dans ma tête, si elle admire, pourquoi elle ne le mets pas en pratique ? Oui, je sais, pas si simple…) J’ai remarqué qu’elle fait beaucoup d’efforts pour penser positif. Mais ça m’énerve quand même. (Dans le genre se pourrir la vie pour rien : il semblerait que je mange moins qu’à la maison. Peut-être, mais je mange à ma faim, et elle aussi. Alors où est le problème ? )

Le pire dans tout ça c’est que je me voyais être énervée pour des futilités ou des choses que je ne peux pas changer et ça m’énervait d’être énervée (alors que je rêvais de ces quelques jours depuis tellement longtemps.) En plus je vois bien que je lui reproche des choses que je fais moi-même (elle pense que je ressens forcément comme elle / je voudrais qu’elle fonctionne comme moi.) et ça aussi m’énerve beaucoup. Pour finir, ce qui m’énerve dans mon énervement; c’est que quand je suis dans cet état (énervement-fatigue-frustration) je suis incapable de l’expliquer. Du coup elle voit bien que je suis énervée mais ne sait pas exactement pourquoi, donc ça ne risque pas de changer... Bien sûr, je pourrais en reparler après coup. Mais il y a 2-3 freins. D’abord une difficulté à m’exprimer sur de tels ressentis et une peur que ce ressenti soit nié (elle excelle dans : « Mais non ce n’est pas ce que j’ai voulu faire/dire, tu m’as mal comprise ») et puis une contradiction de cette pratique (reparler de ce qui est mal passé calmement plus tard) avec ma manière de penser (laisser le négatif derrière.) S’il n’y avait que ce dernier point je pourrais passer outre, je le fais parfois avec des amis et ça passe très bien, parce que c’est constructif, que l’on s’écoute. Mais justement avec elle je « sais » que l’écoute ne sera pas la même, qu’elle ne va entendre que la moitié ou déformer mes propos. Je « sais » parce que j’ai déjà tenté parfois, mais c’était il y assez longtemps, je n’ai plus le courage de retenter, me confronter à un point de vue aussi radicalement opposé au mien.

(AnnickAnnouck j’ai essayé de faire comme toi car ça pourrait m’aider… Mais j’ai toujours autant de mal à exprimer de tels ressentis et à les publier… C’est terrible cette pudeur !) (Cette semaine j’ai écrit un autre article de ce type mais un  je-ne-sais-trop-quoi de honte/pudeur m’empêche de l’assumer et de le publier…)

Citation d’actualité…

Il ne sert de rien à l’homme de gagner la lune s’il vient à perdre la Terre.

François Mauriac

Voilà. Attention on va atteindre le point Godwin et ça pourrait revenir souvent…

Puisque certains semblent oublier l’Histoire, il faut sûrement faire un rappel. (Extrêmement simplifié mais qui suffit pour avoir peur et comprendre qu’on fonce droit dans le mur.)

En 1923 Hitler a fait un putsh raté, mais en prison il écrit Mein Kampf (Mon Combat en allemand.) et en 1933 il est élu chancelier. « Personne » ne croit qu’il est dangereux, sauf Churchill qui n’est pas écouté. (Entre 1933 et 1939, rien n’a été fait !)

Pour un rappel des faits historiques, c’est bien ici.

Et ça mène à des atrocités, toutes annoncées par Mein Kampf. Pour se les remémorer on peut très bien lire Si c’est un Homme de Primo Levi, Être sans destin de Imre Kertesh, voir La Liste de Schindler, Amen de Costa Gavras (des mois après j’en ai encore l’estomac retourné. Mais c’est le plus représentatif des questions que je me suis toujours posées, sans aucune réponse hélas.) (J’avais pensé en faire un article mais ça m’avait tellement remuée que je n’ai pas réussi. à voir avec le coeur bien accroché, et sans les enfants… Il n’y a aucune image violente, ce sont les idées et les silences, les sous-entendus qui le sont. C’est le film qui m’a le plus parlé et marqué sur le sujet.)

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Malheureusement à force d’agiter le point Godwin il semble que l’on  ne voit même plus quand ça vient vraiment. Malheureusement il semblerait qu’il ne faille même pas attendre la mort de tous les témoins de cette horreur pour qu’elle soit déjà oubliée.

Je me rappelle quand je lisais les livres d’Histoire, je me disais comme tout le monde : « Comment ça a pu arriver ? Comment on peut en arriver là ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour l’empêcher, surtout une fois que la machine est en marche ?  » Eh bien aujourd’hui encore je me pose la question. Et aujourd’hui, alors que ça recommence, je n’ai toujours pas de réponse.

J’ai toujours été bien consciente en lisant mon livre d’Histoire, que se demander ce qu’on aurait fait si on y était n’avait aucun sens. On n’y était pas. Et c’est inimaginable. Comment peut-on présumer de nos actes face à une situation inimaginable ? Et on  ne peut connaitre la réalité de nos actions qu’une fois qu’on y est  vraiment. Eh bien là ça y est, on y est. Ce texte est une petite goutte d’eau dans l’océan pour que j’aie l’impression d’agir, pour montrer ma protestation, pour dire que non je n’ai pas oublié l’Histoire. Autre goutte d’eau dans l’océan en signe de protestation et de solidarité ici : https://secure.avaaz.org/campaign/en/president_trump_letter_loc/?aGelYgb . C’est un petit peu rassurant de voir les signatures augmenter très rapidement en temps réél…

On ne peut pas dire qu’on a pas été prévenu. Autrefois « ah mais on n’avait pas lu Mein Kampf » « non mais ça semblait infaisable… » versus aujourd’hui « non mais Trump ne sera jamais élu » « non mais Trump ne mettra jamais ses paroles en actes » ou aussi : « non mais il n’y aura pas le Brexit ». Ah bah si, en fait. Bon. Et alors « Non mais le FN ne passera jamais, Marine Le Pen ne sera pas élue, il y aura un mouvement de masse… » Ah.

Moi je vois toujours pas vers qui on va pouvoir tourner le mouvement de masse. C’est divisé dans tous les sens et il n’y a pas un con pour rattraper l’autre.

Sauf Charlotte Marchandise-Franquet… mais il faudrait qu’elle soit d’avantage connue et que les gens y croient un minimum… Croire que quelqu’un qui n’a pas fait de carrière politique peut nous gouverner (vu à quoi mènent les carrières politiques moi je suis plutôt 100 fois pour ! Et puis elle n’a pas d’idée dangereuse, on ne perd rien à essayer !) Croire que le système qu’elle propose peut fonctionner. Franchement quand on l’entend parler ça donne trop envie : elle se renseigne, demande l’avis de spécialistes , est-ce que ça marcherait je ne sais pas mais au moins elle, elle ne plane pas, elle ne nous embrouille pas par des beaux discours irréels, elle est au contact de la réalité. Et c’est ça qui manque aujourd’hui. Elle a un vrai projet et veut essayer, pas faire carrière  ! ça aussi ça manque… Alors oui, peut-être qu’elle pourrait… Si elle était davantage connue…

Pour la connaitre : ici, ici (là je réécoute et vraiment ça m’enthousiasme.) et en vidéo. (Vous trouverez de multiples articles aussi en tapant son nom sur votre moteur de recherche. Mais je trouve intéressant de l’entendre directement parler…)

Revenons à notre actualité, aujourd’hui on est prévenu : Trump a clamé haut et fort ses intentions et les met déjà en pratique. Marine a aussi clamé haut et fort qu’elle était d’accord avec tous ses faits et gestes… Que c’est ce qu’elle souhaite mettre en pratique.

Ce qui me fait super peur, au delà de toutes ces élections, c’est l’état global du monde actuellement. Dans les années 30, les fuyards se sont réfugiés aux USA et au Royaume-Uni. Aujourd’hui… C’est plutôt le mouvement inverse… Mais où vont-ils se réfugier ? En France c’est mal embarqué, comme dans tous les autres pays d’Europe. Au Canada, peut-être oui…. Je sais qu’il est grand mais quand même… Les Syriens ne sont pas sortis de leur merdier… (oui je suis vulgaire, faut que ça sorte.)

Quand j’ai copié la citation de Lilo je n’ai pas imaginé que ça laisserait sortir un tel flot… Mais ça fait du bien de mettre des mots sur la tristesse, la peur et la colère. (et de partager un peu d’espoir, malgré tout…)

 

Mon premier rendez-vous chez Pôle Emploi — Porte-jarretelles & wheelchair

Comme l’illustre parfaitement cette vidéo, lorsque l’on se déplace en fauteuil roulant hors de son domicile, on peut avoir l’impression de participer quotidiennement aux jeux paralympiques.

via Mon premier rendez-vous chez Pôle Emploi — Porte-jarretelles & wheelchair

ça fait un peu plus d’une semaine que cet article a été publié, ça fait un donc peu plus d’une semaine que ça me scandalise sans que j’ai le temps de partager…

Que le monde extérieur français (pour ne parler que du très proche) est physiquement inaccessible, ça je le sais, j’ai envie de dire tout le monde le sait, c’est évident… mais en fait non… Bref, on s’en rend compte tout de même assez vite (de manière plus ou moins précise et exacte, dès lors qu’on s’intéresse à la question.

Que beaucoup de gens n’arrivent pas à imaginer qu’une personne handicapée puisse vivre une vie comme une autre, avoir un travail, être amoureuse, avoir des enfants…. ça aussi je le sais ! (Oui je sais aussi que parfois ça n’est pas possible, mais là je vous parle des nombreux cas où c’est possible !)

[NB : même quand avoir une vie comme une autre n’est pas possible la personne handicapée a une vie et des sentiments…….. Ceci était une parenthèse je la referme…]

Donc je disais, beaucoup de gens ont du mal à imaginer qu’une personne handicapée (disons en fauteuil, pour faire simple) puisse avoir une vie, un travail; des enfants … et je le sais ! Mais quand même, à ce point-là (si vous ne l’avez pas déjà fait cliquez sur le lien pour aller lire son témoignage…) ça me dépasse !

J’utilise beaucoup les transports en commun pour me déplacer (vu que j’habite à Paris, que je n’ai pas de voiture et pas le permis et que je suis écolo et que moins je marche mieux je me porte (presque) ça semble assez logique…) en particulier les bus (parce que ça évite -presque- la foule qui bouscule et qui presse et les nombreux escaliers du métro). Plusieurs de ces bus sont accessibles aux fauteuils, c’est à dire avec une rampe. En particulier le bus que je prends quotidiennement pour me rendre à l’école. J’ai donc plusieurs fois vu des personnes en fauteuil -électrique ou manuel- dans le bus. J’ai vu parfois certains qui ne pouvaient pas monter parce que la rampe ne fonctionnait pas. J’ai vu parfois certains qui ne pouvaient pas monter parce que trop de monde. J’ai entendu parfois des gens soupirer ou vu des gens regarder de travers parce que franchement si le fauteuil était pas là on aurait plus de place… (oui j’ai dit « le fauteuil » et pas « la personne en fauteuil » c’est fait exprès… Je pense vraiment que ces gens ne voient plus la personne.) Mais jamais encore je n’ai vu d’irrespect de la part du chauffeur, au contraire, il est toujours attentif.

Mais là je découvre que le chauffeur peut refuser de prendre une personne en fauteuil si elle est à un arrêt est indiqué non accessible, même si finalement c’est peut-être possible. J’avais déjà vu sur les plans de lignes de bus parisiennes l’indication « arrêt non accessible aux UFR » (Usagers en Fauteuil Roulant, avouez que c’est tout à fait intuitif…) mais je pensais que c’était une indication pour l’usager, pas une interdiction formelle (si comme là il s’avère que dans certaines conditions c’est possible…) qui donne des droits scandaleux au chauffeur.

Peut-être que j’extrapole, que ce chauffeur de bus est « une exception » qu’il a pris un droit (celui de refuser) qu’il n’a en fait pas et que c’est bel et bien qu’une indication et pas une interdiction formelle. Peut-être, soyons optimistes…

Il n’en reste pas moins que ça démontre le long chemin qu’il reste à parcourir pour l’accessibilité. Il n’y a pas que les barrières physiques, mais aussi énooormément de barrières psychologiques. Quand ces barrières psychologiques seront tombées il sera tellement plus facile de faire tomber les barrières physiques qui restent…

Bien sûr qu’il est difficile de rendre tout accessible, peut-être même que ça n’est effectivement pas possible parfois, mais commençons déjà par rendre accessible ce qui peut l’être, ça sera déjà énorme. On verra ensuite pour le reste.

Pour terminer sur une note plus positive, j’ai découvert aujourd’hui grâce à Élodie que la grande roue de la Concorde est accessible aux personnes en fauteuil roulant. C’est tellement génial !

 

Ces parents qui s’expriment à la place de leur enfant #3 : conclusion

Comme le titre l’indique c’est une 3° partie servant de conclusion. Ce qui veut dire que vous n’allez pas y comprendre grand chose si vous n’allez pas d’abord lire le préambule ici et le coup de gueule, là

J’ai parlé des blogs de parents d’enfants handicapés (parlant à la première personne…) parce que c’est le domaine que je connais le mieux et parce que c’est là que j’en croise, mais je pense fortement qu’il y en a aussi parmi les parents d’enfants « normaux. » C’est tout aussi scandaleux et révoltant. Parce que l’enfant est fragile et influençable. Parce que l’enfant est une personne, il a le droit de s’exprimer. Il a le droit d’avoir une pensée propre.

Ils seraient bien que les parents  qui parlent et pensent à la place de leur enfant, les parents qui font semblant (ou même parfois sont convaincus, peut-être…) qu’ils savent ce qu’il se passe dans la tête de leur enfant -parce que c’est leur enfant alors forcément, ils le connaissent par cœur, qui pourrait le connaitre mieux qu’eux ?- réfléchissent. Ils serait bien qu’ils se rappellent qu’ils n’écrivent pas un roman mais un blog, l’histoire d’une vie. Il serait bien qu’ils arrêtent de chercher à créer du pathos, leur enfant n’a absolument pas besoin de ça (et eux je ne pense pas non plus, mais même si je me trompais : pas besoin de jeter son enfant en première ligne pour faire pleurer dans les chaumières…)

Je n’ai cité aucun exemple car personne n’est visé en particulier. Peut-être, et même sûrement, qu’il y a eu un article déclencheur, mais ça fait longtemps, je ne me souviens donc absolument pas et de toute façon ce n’est pas l’important puisque mon article a une visée plus large…

NB : À tous les parents de la Terre : S’il vous plait, vous avez le droit d’exprimer toutes vous émotions vos sentiments, vos expériences, actions pensées….. Vous avez le droit de raconter votre vie avec votre enfant. Mais s’il vous plait, ne vous arrogez  jamais pas le droit de lui prêter une pensée, une parole, et surtout de l’exprimer en public (parce que bon, je sais bien, penser c’est naturel et parfois ça dépasse notre volonté. Et puis parfois si le parent ne nous faisait pas une suggestion, on n’irait pas très loin… 😉 )

J’aimerais bien savoir en commentaire si vous (parent ou pas, d’enfant différent ou pas) aviez déjà réfléchi à ce problème, si je suis isolée dans ma révolte ou si vous me comprenez, si j’ai changé votre manière de voir ce style d’écriture ou pas, ou même si vous avez une autre vision que moi sur ce phénomène (même si on risque de ne pas être d’accord, ça n’est pas grave, à mois que vous ne soyez insultant, je ne bloquerais pas) (D’ailleurs si vous avez tenu jusque là en ayant un avis radicalement différent malgré mon ton vitupérant, je vous félicite et je serais vraiment curieuse de connaitre votre avis…)

Bref, je serais curieuse d’avoir vos avis en commentaires…