Vrac questionnement (avec sondage !)

Bon. On dirait que je deviens un habituée du vrac moi qui disais que je ne savais pas faire ^^

Je me pose des questions (ça change, hein ?)

D’abord, sur la kiné. Je suis un peu perdue parce que tout le bien que j’en pense se mélange avec les points négatifs de plus en plus nombreux. Certes, les massages me font du bien, certes les exercices sont bien adaptés, certes elle me dit de prendre mon temps, certes elle est à l’écoute. Mais… La séance de 30 minutes est trop courte pour tout faire, encore plus quand presque 10 minutes sont déjà mangées par le déshabillage et rhabillage, ça me donne une impression de dispersion et de bâclage que je n’aime pas, je m’interroge sur les bénéfices réels. Certes les massages du dos me font du bien mais c’est un tombeau des Danaïdes, on n’arrivera de toute façon jamais à la perfection, d’une semaine sur l’autre j’ai largement le temps de me re-raidir surtout quand ce n’est pas fait en profondeur. Maintenant que je suis revenue à une souplesse stable de ce côté, j’aimerais que les jambes soient un peu moins délaissées, parce que de ce côté là ça ne va pas beaucoup mieux, j’attendais une évolution de la prise en charge avec le temps mais elle ne vient pas. Mais peut-être que je suis trop pressée, et/ou peut-être que je ne m’exprime pas assez.

Sauf que : j’ai l’impression qu’elle est aussi « mal à l’aise » que moi pour parler… Aucune de nous d’eux n’a cette facilité de parole et donc ça n’accroche pas, ce qui rend la communication d’autant plus difficile… Je sais bien que je ne dois pas comparer avec le précédent mais en comparant avec LES précédents je me rends bien compte que j’ai besoin de quelqu’un avec qui le contact s’établit facilement, ici ce n’est visiblement pas le cas, il faut pas que je confonde la bonne entente et le respect. De nouveau je me demande jusque quand trouver que c’est normal, jusque quand attendre ?

En plus de ça, un autre point me gêne, ça fait déjà quelques séances que celle-ci est malencontreusement reportée d’un jour sur le lendemain pour diverses raisons : problème de chauffage, d’électricité, retard à cause d’une urgence… Là encore j’hésite : est-ce que c’est de la pure malchance, je tombe au mauvais moment ? Ou est-ce que cela est un signe qu’elle a trop de patients et pas assez de disponibilité pour moi ? En fait, ça me perturbe vraiment parce que ces reports à répétition me donnent un sentiment de non-respect qui va totalement à l’encontre de tout le reste de ce que je vois… Et en même temps ça s’ajoute à tous les autres petits trucs qui me donnent envie d’aller essayer ailleurs…

Sauf que, essayer ailleurs ça veut dire partir (quel esprit de déduction !) : comment je le justifie ? Essayer ailleurs ça veut dire plus loin, alors que c’était tellement pratique ici dans ma rue. Essayer ailleurs, oui mais est-ce que je suis sûre de trouver mieux ?

J’ai deux cabinets en ligne de mire à 10/15 minutes à pied… J’irais prendre rdv à pied, ça évitera le téléphone. L’avantage de ces deux cabinets c’est qu’il y a plusieurs kinés donc d’autant plus de chances que je trouve quelqu’un qui connaisse vraiment ma pathologie (parce que du coup avec la non-évolution, je me demande si elle ne reste pas concentrée sur le dos parce que c’est plus son domaine de compétences), l’autre avantage c’est qu’ils ont certainement plus de disponibilités, le 3° c’est que je ne suis pas dépendante du bus qui passe dans plus ou moins longtemps (contrairement à mon kiné d’avant).

Ce qui me fait peur c’est de recommencer « l’errance » de kiné que j’ai eu dans le sud, j’ai pas très envie c’était une période très pénible. Kiné A fait de la mauvaise kiné, tant pis allons un peu plus loin chez kiné B, ouais c’est mieux mais c’est quand même pas top… Allons chez kiné C dans la joie et la bonne humeur ! Dans le sud, j’ai fini par me lasser des changements, j’ai retrouvé une bonne prise en charge uniquement grâce au Sessad, je ne peux plus attendre une telle fin heureuse… Donc il faut que je me bouge les fesses. ça m’énerve (et me fatigue).

Je pense que je vais attendre les vacances de Noël, si ça ne s’est pas amélioré (moins d’exos plus d’étirements des jambes, moins de reports et plus de discussion) (hélas, je me rends compte à quel point j’ai peu d’espoir) je ne reprendrai pas rdv en janvier et j’irai voir ailleurs avec une nouvelle ordonnance. (J’ai parcouru tout l’internet pour trouver des kinés ayant une spécialité « rééducation neurologique » près de chez moi… Un tel annuaire n’existe pas, hélas…)

Fin du chapitre kiné.

Début du chapitre : vie du blog.

En ce moment encore une fois, j’ai plein de choses à raconter.

J’ai le tag de lecture qui attend depuis longtemps -cet été, j’ai un article sur la dyspraxie qui attend depuis que j’ai vu une vidéo intéressante, j’ai un article sur la spasticité qui attend depuis que je comprends de mieux en mieux (« j’avais » plutôt, parce que David est en train de faire tout le travail pour moi ^^ : ici et ) et là-dessus se sont rajoutés une critique de cinéma (bon, il passe plus a priori donc ça peut attendre) (enfin quand même si ça passe je vous recommande d’aller voir  Dans un recoin de ce monde pour l’histoire, l’Histoire, l’esprit poétique… et pour pleurer.) et il y a le tag de Noël (si je pouvais le faire dans le temps de Noël ce serait tout de même mieux…) et là dessus la kiné m’a fait faux bond et donc cet article est arrivé…

Vous l’aurez donc compris, encore une fois, les brouillons s’accumulent. Mais (parce qu’il y a un « mais ») je sais que ça va se finir comme d’habitude : je vais en écrire et publier que quelques-uns et les autres vont s’empoussiérer. Je suis donc en train de réfléchir à mon rythme éditorial (ça fait chic dit comme ça). Comme je l’ai déjà dit récemment, en publiant des articles trop rapprochés les uns des autres j’ai l’impression d’écraser le plus ancien sous le plus récent et donc publier rapprocher (ce qui me permettrait de raconter tout ce que je veux en ce moment) me gêne.

Mais… qu’est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous partagez cette impression ? Est-ce que ça vous gênerait si je publiais plus ? (En même temps, je me dis que vous êtes grands vous lirez ce qui vous intéresse le plus et puis voilà..)(Mais j’ai l’impression de perdre en « universalité » : avec une publication lente le lecteur peut tout lire et ainsi découvrir ce à quoi il ne se serait peut-être pas intéressé…)

Sinon, évidemment il y aurait une autre solution : écrire quand je peux et programmer les publications. Mais pour moi c’est inenvisageable. D’abord ça casse la spontanéité. Ensuite, quand j’ai fini d’écrire un article j’ai besoin de le publier, tout de suite. (Dans un brouillon il reste toujours, au moins, une part de relecture – réflexion : est-ce que j’ai bien articulé ce que je veux comme je veux, est-ce que j’ai bien écrit tout ce que je veux, est-ce que c’est bien la mise en forme qui convient ?)
Bref, la programmation c’est pas la solution.

Evidemment : un sondage !

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Grande réfléxion sur… les vêtements

Récemment (par-là) je parlais de mon rapport compliqué avec ma garde-robe. Ça m’a fait pas mal cogiter depuis un certain temps (l’année dernière surtout je crois…) de plusieurs points de vue.

  • le rapport à mon corps
  • oser affirmer mes goûts
  • l’importance (ou non-importance) de l’apparence
  • des questions éthiques et écologiques de consommation

Petit à petit ça a fait son chemin… Cet été et cette rentrée marquent un grand changement.

Plantons le décor. Je voulais de nouveaux t-shirts, cet été j’ai profité des nombreuses brocantes et dépôts vente pour en chercher d’occasion. J’ai eu beaucoup de chance j’en ai trouvé beaucoup. Et je me suis rendue compte que parfois le vêtement me va tellement bien je n’ai aucun doute, il me va bien. Je n’avais même pas besoin d’un avis extérieur pour me décider. J’ai alors décidé de n’acheter que les vêtements pour lesquels je n’avais ce « coup de cœur ». Parce que j’en ai conclu que si j’avais besoin de l’approbation d’un tiers c’est que ça ne m’allait pas / ne me plaisait pas autant. La moindre hésitation = pas d’achat. Parce que l’hésitation se poursuit toujours une fois rentrée chez moi. Je ne me sens pas encore prête à porter un t-shirt avec inscription / avec un motif particulier ? Tant pis je ne l’achète pas. Plus tard peut-être, mais pour l’instant ça ne sert à rien.

Ça peut paraître bête mais j’ai toujours eu à faire des compromis sur la manière de m’habiller quand j’étais enfant. Coup de cœur = achat n’est pas une manière habituelle de réfléchir. Tout simplement parce que quand il y a des besoins particuliers ça devient des contraintes. Or là il y en avait beaucoup. Économiques d’abord : on achetait d’occasion ou en soldes, ou le moins cher possible. Santé ensuite : la chaussure doit tenir le pied, etc, etc… Autonomie et confort ensuite : des vêtements / chaussures simples à enfiler seule (pas avec 36 000 boutons riquiqui ni une fermeture-éclair trop fine) (le riquiqui et la sensibilité de la fermeture éclair évoluent avec la motricité bien sûr.) Des vêtements / chaussures qui ne font pas de frottements (que je supporte assez mal), des pantalons assez souples ou larges (indispensable pour pouvoir mettre mes attelles). Bref, on achète ce qui va, le goût passe après. Je n’ai (mes parents n’ont) jamais acheté des vêtements / chaussures qui ne me plaisaient pas. Mais ça me plaisait plus ou moins, j’ai appris à mettre mon goût en sourdine. Lors d’une après-midi shopping, très rapidement la réponse à la question de départ -« ça te plaît ? »- n’est plus « ah oui ! vas-y passe, j’essaie ! » mais « ouais ça va, passe, je vais essayer ». Parce que t’en as plein les pieds d’avoir piétiné dans tous les magasins pendant des heures, plein les oreilles de la musique d’ambiance, plein la tête de toutes ces chaussures tellement belles mais que tu ne pourras jamais mettre, bref il y a enfin une paire qui te va, c’est le miracle ! Donc si elle est pas trop moche, voire assez jolie, même si ce n’est pas le coup de cœur, ben tu l’achète. Bon, les chaussures c’est le cas extrême, qui continue encore aujourd’hui d’ailleurs. Mais pour les vêtements ça a été pareil un temps. Un peu moins chasse au miracle, peut-être, mais tout de même assez pénible, surtout que là l’essayage est plus long et fatigant. En plus de ça (cerise sur le gâteau) l’appréciation de mes parents en termes de convenance et de mode entraient aussi en jeu et on n’était pas toujours d’accord… Or ce sont eux qui détenaient le porte-monnaie, donc s’ils n’étaient pas d’accord avec un achat, évidemment…

J’ai compris ce problème (l’habitude à faire des compromis, à ne pas fonctionner sur le coup de coeur) cet été.

2° constat de cet été :  maintenant :

  1. je gère mon budget
  2. j’ai déjà une garde-robe de base qui n’a pas besoin de change pas (je ne grandis plus, héhé !)
  3. je n’use/ tâche pas mes habits aussi vite
  4. j’ai plus de facilité à enfiler certains trucs
  5. j’ai le droit d’avoir des goûts et des habitudes différentes de mes parents (3° constat de cet été)

je peux donc acheter différemment (sans culpabilité) ! Parce que oui, bien sûr, j’achetais déjà un peu différemment depuis mon arrivée à Paris. Mais toujours avec quelques arrières-pensées…

Et donc maintenant je fonctionne au coup de cœur. (Sauf pour les chaussures où je sais que hélas ça ne fonctionnera pas tout le temps…) Et donc, j’achète plus rarement. Et donc si j’achète plus rarement, je peux me permettre d’acheter hors soldes. Et à un prix peut-être plus important qu’ils ne l’auraient fait eux.

Voilà, voilà. Juste la révolution, donc. 🙂

Dans la lignée de tout ça j’ai voulu faire du tri dans mon armoire. Bon, là, c’est plus difficile. Parce que même si ça n’était pas un coup de cœur à l’origine, je me suis attachée à certains vêtements et j’hésite à les donner même si je sais que je ne les porte plus actuellement. J’hésite parce que « oui mais si… ». J’essaie de me convaincre que « si » un jour j’ai de nouveau envie d’un pantalon blanc, eh bien ce jour-là j’en rachèterait un. Oui mais si c’est un besoin -de pantalon blanc- et pas une envie, et qu’il n’y a pas le temps de faire les magasins ? Et si je ne retrouve pas un qui me plaît autant ? Bon…
Bien sûr, la probabilité que j’ai besoin d’un pantalon blanc du jour au lendemain est assez faible, et la probabilité que je ne trouve pas de pantalon blanc qui me plaise aussi (on en trouve assez facilement partout, ça n’est pas une couleur révolutionnaire…) mais pour l’instant le petit diable de mon cerveau a gagné. Je vais arrêter le rangement de mon armoire et me contenter de donner 2 pantalons et une jupe durement éjectés …

Affaire à suivre donc…

(D’autant plus que je n’ai pas du tout parlé de l’aspect rapport au corps alors que c’est un peu pour ça que je me mettais au clavier… l’arnaque !)

Aide à la décision : sondage !

Bon, passons aux choses sérieuses, maintenant que j’ai passé ma soutenance et envoyé le dossier, j’ai du temps pour écrire (et DORMIR et faire la vaisselle et passer la serpillère et lire et ranger et aller à la piscine et aller voir des expos et … réviser pour mon dernier oral.)

Et donc je me retrouve avec une foultitude de brouillons entamés qui me plaisent tous autant les uns que les autres. Donc : un nouveau sondage. (après tout le dernier était en mars, c’est loin 😀 )

De quoi voudriez-vous que je parle ?

Nombre de réponse limité à 3, n’hésitez pas à ajouter un commentaire ou faire une suggestion.

 

Sondage pour décider

Ça a toujours (toujours… 2 fois sur 2   donc….) bien fonctionné donc je ne vois pas pourquoi je ne recommencerais pas 😀

Comme les 2 fois précédentes, j’ai envie d’écrire mais j’ai plein de sujets en attente et je ne sais pas lequel choisir. En l’occurrence, ici ils sont quasiment tous restés à l’état d’embryon (tout dans la tête, rien de posé sur le clavier) et ce sont tous des sujets assez « sérieux ». Dans le sens où ce sont des sujets actuels, de société, sur lesquels j’ai envie de partager mon expérience, mon avis.

En effet, je me suis progressivement rendue compte de la portée que pouvait avoir ce blog, tant pour sensibiliser et diffuser des infos qui me tiennent à cœur, que pour m’aider à trouver et affirmer ma position sur un sujet (ce que j’ai tant de mal à faire.)

J’aimerais donc savoir quels sont les sujets qui vous intéressent en priorité, les sujets que vous ne connaissaient pas sur lesquels vous voudriez en savoir plus, les sujets qui vous intriguent … Que sais-je encore…

Par ce sondage vous ne décidez pas à ma place (j’ai toujours le monopole de la décision 😀 ) mais vous m’aidez à y voir plus clair.

Pour cette fois je n’ai mis aucune limite de vote (aucune !) mais restez raisonnables tout de même 😉 et si cela ne vous gêne pas de perdre « l’anonymat » dites-moi l’ordre des priorités en commentaire !

(Pour finir, j’ai envie d’écrire mais je ne sais pas si cela sera réellement possible dans l’immédiat, ne vous impatientez pas !)

Se faire confiance : Jeux et orientation

Comme d’habitude, en écrivant hier j’ai réfléchi. Comme d’habitude, quand j’écrivais hier d’autres phrases sont arrivées sous mes doigts. Comme d’habitude, le résultat écrit hier était trop long. Comme d’habitude, donc, j’ai scindé. Voilà les réflexions dérivées de mon article d’hier. (pour ceux qui n’ont pas suivi, hier j’ai écrit un article… sur les Jeux Paralympiques.)

En fait, ce que j’admire surtout chez eux (à savoir les sportifs paralympiques, et en particulier les sportifs IMC desquels je me sens naturellement plus proche) c’est ce que ça (leur présence aux Jeux) révèle en creux : leur confiance. Ils se sont fait confiance/ils se font confiance, au point qu’ils n’ont pas baissé les bras devant les critiques, les remarques décourageantes ou devant les difficultés de l’entraînement. Bien sûr, c’est le genre de choses où l’entourage joue beaucoup. S’il te fait confiance, il te pousse. Mais justement, pour que l’entourage ait cette confiance, il faut que toi-même tu l’aies, au moins un peu, au moins au début. Confiance en tes capacités, confiance en ton choix, confiance en ce que tu veux, être sûr de ce que tu veux. Pour les convaincre.

Et ça, ça me fait penser à mes idées d’orientation au lycée.

J’ai beaucoup cherché, dans plein de directions. (Toutes du domaine « littéraire » c’est vrai, mais justement, j’ai l’impression d’avoir exploré toutes les pistes des métiers « littéraires ». ) Au bout du compte j’ai pensé à un premier truc, je suis allée voir la conseillère d’orientation parce que je voulais en savoir un peu plus sur comment y arriver et comment ça se passait… Et ben, en fait, elle a tout fait pour me décourager : trop difficile, trop sélectif… -Est-ce que je suis vraiment sûre ? Parce que dans ce cas là, il va falloir s’accrocher. – Non bien sûr que non je ne suis pas sûre… Grosse douche froide. Ça m’aurait bien plu pourtant…

J’ai donc recommencé à chercher. Puis j’ai eu une deuxième idée, validée par mes parents (effectivement, ça me correspondait bien, trouvaient-ils…) Oui, mais voilà. PPS en début de Terminale. Le médecin scolaire soulève une objection : c’était loin, à Paris, et puis c’était dur, beaucoup de boulot. Tout le monde opine, elle a raison. – Est-ce que j’étais sûre d’être prête ? -Non. Bien sûr que non, je n’étais pas sûre… Eux me conseillaient plutôt de faire une prépa et on verrait après, c’était plus sage… Je sors de là, deuxième douche froide. J’avais l’impression qu’on m’avait coupé les ailes. Mais sûrement avaient-ils raison.

Mais du coup, je ne savais de nouveau plus vers quoi je me dirigeais. J’allais opter pour le choix sage de la prépa (bien sûr ça m’aurait plus, passionné même, mais ça ne faisait que repousser le problème plus profond.) Puis finalement révélation. Finalement je suis partie à Paris. Finalement j’ai eu beaucoup de boulot et ça a été dur parfois. Finalement je m’en suis bien sortie. (Ok, je n’ai pas fini…)

Mais je suis presque sûre que si quelqu’un avait fait une remarque négative sur ce projet, j’aurais renoncé aussi, renoncé encore. Parce que pas assez de confiance. Confiance en mes capacités. Confiance en mes choix, mes volontés, mes goûts, mon identité. Mais justement, il s’en ait fallu d’un cheveu : une objection qui faisait douter mes parents et tout tombait par terre. Alors que j’y suis extrêmement bien.

Mais du coup je me dis que je m’étais pas trompée avec les deux autres premiers choix, c’étaient des trucs qui auraient pu coller, que j’aurais pu faire, ça m’aurait plus… Et je m’en serais sortie pareil. Il suffisait de me faire confiance. De me donner confiance.

Mes parents auraient bien voulu, mais encore eut-il fallu qu’il y ait derrière un signe minime d’encouragement, un signe qu’ils ne m’envoyaient pas au casse-pipes. Il y avait tout le contraire : des doutes, des préjugés, des remises en cause. Bref, pas de quoi inspirer confiance. Alors que ça venait de gens à qui on faisait confiance, justement.

Aujourd’hui, avec le recul, je me dis que ce qui a empêché les 2 premières idées de se développer, ce sont les préjugés mais surtout -pire- c’est aussi le manque d’adaptabilité de notre société. C’est ça qui effrayait mes parents et c’est ça qui a amené le médecin et l’infirmière à s’opposer au projet. Ils connaissaient mes capacités et avaient confiance en moi. C’est ce que j’allais trouver là-bas qui ne leur inspirait pas confiance. Aujourd’hui encore, en parlant de ces 2 désillusions j’ai le cœur serré. Pas parce que j’ai l’impression que j’ai raté ma vie ou que je regrette. Non, je ne regrette rien. Je suis extrêmement bien là où je suis et dans ce que je fais. Mais j’ai le cœur serré de savoir que tout le monde ne peut pas faire les études qu’il veut, que tout le monde ne peut pas mener à bien ses projets, à cause d’un simple manque de souplesse de notre société.

Combien de parents ont renoncé à scolariser leur enfant parce que pas adapté, ou parce que ils ne le pensaient pas prêt/capable, ou parce que les instituteurs ne le jugeaient pas prêt/capable ? En bref, parce qu’il ne rentre pas dans le moule scolaire ?

Combien de jeunes handicapés ont renoncé aux études qu’ils voulaient parce que ce n’étaient pas possible, pas faisable, pas adapté ? Ou simplement parce qu’on ne les jugeait pas capables ? Voire pire, parce qu’eux même ne se sentaient pas capables et que personne ne les y a poussé ?

Combien de jeunes handicapés ont renoncé à ce qu’il voulait (études ou autre…) pour autre chose qu’on leur montrait, et qu’on jugeait plus adapté ? Combien de jeunes handicapés se sont laissés influencer et convaincre que ce truc adapté c’était mieux pour eux que leur rêve ? Combien de jeunes handicapés ont laissé s’éteindre leur ambition sous la pression sociale (voire n’ont jamais eu d’ambition à cause de) ?

Et encore là je dis « jeunes handicapés » mais on peut y mettre plein d’autres gens (essayez pour voir « jeunes défavorisés » ça marche aussi) …

Bref, combien de gens ont renoncé à leurs projets, à leurs rêves, parce qu’ils n’avaient pas assez confiance et que la société leur a montré autre chose ?