Mes petits bonheurs de novembre

Après tant d’horreurs, de tristesse, de chagrin et de morosité, je crois que je n’ai rien de mieux à vous raconter que ces petits rayons de bonheur, de joie, d’amour et d’espoir glanés de ci de là et de la vie qui reprend le dessus… et de partager avec vous mon humeur joyeuse…

Depuis la semaine dernière, il faut bien le dire, il pleut beaucoup, il fait gris, il fait froid, il y a du vent. La météo s’est mise au diapason des événements…(eh, ça rime !) Mais je vous assure, j’ai guetté, et il y a toujours eu un moment d’éclaircie et d’ensoleillement une fois par jour, plus ou moins long et plus ou moins fort selon les jours, forcément. Mais je me régale de ces instants où je remarque d’un coup la lumière qui entre à flot dans mon appartement….

Coté thé, je suis très difficile, ma mère vous le dira, ça la vexe beaucoup, je n’aime aucun, ou presque, des thés qu’elle a…. Mais, je suis fan des infusions florales, fruitées, et/ou épicées, j’en fait une grande consommation et mon stock s’enrichit de jour en jour….

Je suis en train de me découvrir une nouvelle passion, j’ai envie d’acheter plein de bougies parfumées… je crois que je vais aller faire une folie chez N&D…

J’ai vu beaucoup d’amies cette semaine et je les adore, vraiment, elles sont géniales… On a beaucoup raconté de bêtises, évidemment, beaucoup ri, forcément, et nous ne nous sommes jamais autant dit à quel point nous comptions les unes pour les autres… C’est tellement important !

Passer la serpillère c’est très peu enthousiasmant, certes, mais après l’appartement propre et beau (je l’aurais bien mis en blanc mais vous n’auriez pas pu lire, c’est embêtant…)
L’appartement propre et beau
... c’est formidaaable !

Je suis en plein casse-tête cadeaux de Noël, j’aime offrir et faire plaisir…. (eh, ça rime encore) ( et là prise de conscience, Noël c’est dans presque un mooois, je vais voir ma famiiiiille, et aaaah, c’est bientôooooot !!!)

Je crois que je n’ai jamais reçu un aussi beau compliment que « ton rire me manque » (non en fait je ne sais pas quel est le plus beau compliment que j’ai reçu, tous ceux que je reçois sont tous plus beaux les uns que les autres mais celui-là ❤ ❤ ❤ )

Bon je pense que vous avez dû le sentir je suis complètement sur-excitée (et ça a franchement augmenté tout au long de la rédaction, en plus !), je ne sais pas vraiment pourquoi, peut-être parce que ça fait trois heures qu’il fait un temps radieux ? (un ciel comme j’aime, bleu avec quelques nuages blancs pour bien souligner que le ciel est bleu…) ou peut-être parce que vraiment, tant pis la guerre, l’horreur, la cruauté gratuite,  j’ai une vie magnifique et géniale ?

Ps : si l’abondance de couleurs rend cet article (ou d’autres…) illisible, il faut me le dire, hein,  je ne voudrais pas vous rendre aveugles…

 

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Cocktail d’émotions

Hier et avant-hier, j’étais seule dans mon petit studio d’étudiante.

Seule, avec mon ordinateur pour regarder, lire et écrire. Seule, avec ma radio pour écouter. Seule, avec mon téléphone pour appeler. Seule, avec les réseaux sociaux pour échanger.  J’étais entourée de pensées, d’amour, de discussions virtuelles et d’actualités, mais seule.
Seule avec mes émotions, ma peur, ma colère, ma tristesse, mon incompréhension, mon amour, mon incompréhension (oui je sais je me répète, c’est fait exprès, ça s’appelle un effet de style et c’est parce que je suis vraiment pleine d’incompréhension), et mes questions (ça, c’est pour changer un peu)

Et dans ma solitude j’essayais de réfléchir, de ressentir autre chose que cet énorme vide, vide de sens, vide de logique, vide de mots, vide d’envie(s) (vous avez remarqué  »envie » c’est  »en vie » !)
Mais alors, je ressentais un trop-plein, trop plein d’émotions que je ne réussissais pas à distinguer.

Je ne réussissais pas à comprendre.

À les comprendre bien sûr. Pourquoi ils avaient fait / font / feraient (je n’arrive pas à le mettre au futur ) ça ?! Comment peut-on gratuitement enlever la vie ? J’arrêterais là les questions, car nous nous les posons tous et qu’elles font mal, mais il y en a bien d’autres…

À me comprendre, aussi non plus. Qu’est-ce que je ressentais au juste ? Pourquoi je ne voulais pas sortir ? Pourquoi je n’ai pas développé quand mon père m’a demandé au téléphone comment j’allais ? Pourquoi je n’ai pas appelé plus de gens pour parler alors que je n’avais envie que de ça ? Pourquoi je ne pleurais pas ? Est ce que je ne m’inventais pas ce malaise par ce que je m’y sentais obligée ? (oui, j’ai même pensé ça !) Comment faisaient tous ces gens partis travailler ? Pourquoi je ne bougeais pas, au moins pour prendre une douche ou manger (alors que j’avais faim…) au lieu de parcourir dans tous les sens mon fil d’actualité  Facebook, de lire tout ce que je pouvais et d’écouter les infos en continu ? Pourquoi je n’étais pas capable de continuer / recommencer à vivre (comme j’aurais tellement voulu) alors que d’habitude je croque la vie à pleine dents ? Pourquoi ça me touchait vraiment plus que pour Charlie ? Et j’en oublie…
Souvent ça tournait tristement et douloureusement en rond dans ma tête vide, quelquefois j’ai réussi à en tirer maladroitement quelque chose (et et le brouillon de ce que j’écris maintenant et de celui qui vient juste après…)

À force de faire tourner et d’attendre pour faire décanter (parce que quand ça veut pas, ça veut pas) (et puis 3 jours de deuil c’est aussi fait pour ça, non ?) et surtout à la lumière d’aujourd’hui, j’ai quelques éléments de réponse supplémentaires (et un peu plus satisfaisants et rassurants à mes yeux …)

Qu’est-ce que c’est que tout ce schmilblick d’émotions qui me travers(ai)ent et m’envahiss(ai)ent ?!

Beaucoup de vide et d’incompréhension pour commencer, comme je viens de vous l’expliquer un tout petit peu plus haut. (Je ne sais pas si ce sont vraiment des émotions mais en tout cas je peux dire, après mûre réflexion, que si je les ressens, ce sont des sentiments !)

Il y a de la peur, bien sûr, peut-être un peu de peur de mourir comme ça moi-même, peut-être un petit peu au début… en tout cas aujourd’hui, c’est sûr que non : je n’ai tout simplement pas peur de mourir, c’est bête que la vie s’arrête, mais bon, de toute façon, après on a plus mal, voire il y a quelque chose de mieux, alors ….
Donc, je n’ai pas peur de mourir. Mais j’ai peur que des gens que j’aime meurent, ou que des gens que j’aime souffrent. J’ai peur de ces gens capables de retirer la vie, j’ai peur de voir ces gens, de les voir tuer, de voir tout simplement à quoi ils ressemblent en vrai (ce sont des gens faits comme nous… Alors, on voit quoi dans leurs yeux ? Ça ressemble à quoi la cruauté ? )
J’ai peur de voir des gens mourir (d’ailleurs je n’ai jamais vu de gens morts, même de mort paisible et naturelle… alors par balle… bein je suis un bisounours, hein, je veux pas…) ou souffrir. J’ai peur de voir ou d’entendre des armes à feu (oui, je vis dans un monde de bisounours, je n’ai jamais vu ou entendu d’armes à feu -oui bon j’ai vu les armes des soldats de vigipirate mais elles étaient passives… -oui bon j’en ai aussi vu dans les films mais je vous parle de la vie réelle moi…)
J’ai peur aussi de ce que nous allons faire de tout ça : de la haine, du repli, du rejet et des divisions qui en découlent (et que je ne comprends tellement pas non plus !), de l’oubli, du fatalisme.Donc beaucoup de peur(s) malgré tout

Beaucoup beaucoup beaucoup de tristesse. Pour tous ces gens morts, ces gens blessés, ces gens traumatisés, pour leurs familles et leurs amis. Tristesse aussi (et colère aussi sûrement même si c’est une émotion que j’ai -comme toujours- beaucoup de mal à percevoir) de savoir que de telles horreurs existent, que tous les gens ne sont pas des bisounours (parce que moi j’en suis une, vous savez ?) et qu’il y en a même des très cruels, des qui ne connaissent pas la valeur de la vie et qui sont capables de faire mourir plein plein de gens comme ça d’un claquement de doigt (que ce soient les personnes qui décident et organisent ou celles qui exécutent ils me semblent tous aussi horribles et cruels). Tristesse de savoir que, hélas, ça va se reproduire et que même (surtout ?), ça se produit toujours quelque part dans le monde, sans que l’on réalise. Plein de tristesse (et de colère peut-être) de choses que je ne sais même pas nommer… Plein de tristesse que je n’arrivais pas à évacuer par des larmes (d’ailleurs aujourd’hui je crois bien que c’est sorti mais pas par des larmes… alors par où ? Mystère !)

Ce qui m’a aidé pour faire avancer le schmilblick, c’est le temps d’abord, un temps de deuil (les deux jours du week-end n’étaient pas de trop, même si ça m’a semblé une éternité) puis de voir du monde, d’être entourée de chaleur humaine.

Ces deux éléments étaient nécessaires, je ne sais pas comment j’aurais réagi si je n’avais pas eu le week-end pour me poser (me  »pauser »), m’isoler et réfléchir. je ne sais pas si j’aurais compris tout ça et si je l’aurais digéré aussi bien. Mais je sais aussi que je me suis sentie très seule et qu’aujourd’hui voir du monde (que je connaissais) m’a fait un bien fou.

J‘espère que vous aussi vous prenez le temps de vous poser et d’y réfléchir (Anick-Anouck j’ai beaucoup pensé à toi tout au long de la rédaction de ce billet…), que vous aussi vous vous sentez entourés et que vous aussi petit à petit, à votre rythme, vous réussissez à vous en remettre et à retourner dans la vie…

7 janvier et 13 novembre : c’est pareil et c’est différent.

J’avais déjà été très choquée, marquée et profondément remuée par les attentats du 7 janvier sur Charlie Hebdo Choquée par la violence gratuite, choquée par la condamnation de la liberté d’expression. Choquée par la réaction de certains….

Oui, j’avais été très choquée, mais là c’est très différent.

Différent, parce que suite à Charlie Hebdo, nous savions que ça pouvait recommencer, nous savions que ce n’était hélas qu’un début, mais là c’était différent.

Avec Charlie Hebdo, ils s’étaient attaqués à un symbole, à des personnes connues, leur reprochant des actions, des faits et gestes, plus ou moins précis.
Ici c’est différent : ils ont attaqué des personnes lambda, qui se sont trouvées au mauvais endroit au mauvais moment.

Avec Charlie Hebdo, ils s’étaient attaqués à la liberté d’expression, là, c’est différent, ils s’attaquent à la liberté de vivre !

Il y avait eu aussi l’attentat de l’hypercasher, bien sûr, c’était juste après Charlie Hebdo, mais là aussi c’est différent : l’ypercasher c’est un acte de terrorisme qui a été commis  « simplement » par effet d’influence, de réaction alors qu’aujourd’hui tous les événements étaient, semble-t-il, coordonnés et prévus comme un tout.

En plus, l’hypercasher s’inscrit pour moi dans un contexte différent, ça n’était visiblement pas un attentat organisé et réfléchi, mais un acte spontané, fait sur un coup de tête par un fou solitaire.

Enfin, à l’hypercasher, le terroriste ne s’en prenait pas à un symbole, mais cela concernait tout de même une population ciblée : la population juive, comme cela avait déjà eu lieu avec Mohammed Merah ou au musée juif de Belgique.

Vendredi, c’était organisé, vendredi c’était contre la population toute entière, contre tous les individus lambdas, et pas seulement des symboles auxquels nous pouvons (ou pas) nous identifier.

Aujourd’hui, ça nous concerne tous, nous qui allons boire un verre à une terrasse, nous qui allons écouter un concert, nous qui allons voir un match de foot, nous qui vivons ! Nous, humains, quelque soit notre nationalité, notre origine, notre couleur de peau, notre religion, notre orientation sexuelle, notre opinion politique, notre train de vie… Ils nous attaquent tous et dans notre vie quotidienne.

Alors oui, là c’est différent, autrefois ces actes me bouleversaient mais ça restait loin de moi, aujourd’hui c’est juste devant.

Que dire… ?

Coïncidence : hier j’étais déconnectée, j’ai fini ma journée un livre entre les mains et j’ai bien dormi… mais du coup le réveil ce matin n’en a été que plus brutal…

Choc , vide, plus de mots…

Que peut-on dire ou faire face à tant de violence, de haine…

Merci aux forces de l’ordre (policiers, gendarmes et soldats…) qui risquent leur vie pour nous protéger et qui doivent faire preuve de tant de courage et de force pour faire face à tant  de violence.

Merci aux équipes médicales (médecins, infirmières et infirmiers, aides-soignants et aides-soignantes, et tous ceux qui les font fonctionner.) et aux pompiers, qui font aussi face à cette violence hors norme.

Merci à nos dirigeants qui savent faire preuve de diligence, de tact, de discernement, et qui réussissent à aligner des mots si importants (et si attendus) quand moi je suis bonne à rien. (et merci aux autres politiciens idiots de se taire.)

Merci à tous ceux qui sont partis travailler aujourd’hui (pensée toute particulière pour les parisien.e.s ) et à tous ceux qui œuvrent pour que la vie continue.