Sortir du cercle vicieux

Sachant que je fais constamment l’éloge de « la part du colibri » ce serait abusé de ne rien faire… Et en plus, l’idée d’être empêché d’un projet (en particulier dans les études) par l’argent ça m’énerve… Donc voilà. Si vous pouviez au moins le lire, voire – soyons fous – participer à la cagnotte. (Certes, vous ne la connaissez pas… Moi non plus. Mais avec un peu d’imagination vous pouvez en faire un symbole de revanche contre cette société capitaliste qui marche sur la tête, ou bien un symbole de votre première action « reconnue » de colibri, ou bien un symbole de votre envie de promouvoir la naturopathie… Bref, soyons inventifs ! 🙂 )

Le problème de la réorientation, lorsqu’on est en recherche d’emploi, c’est que ça nous rend dépendant de trop de facteurs : Le bon vouloir de Pôle Emploi, de Cap Emploi ou d’autres organismes comme l’Agefiph : ils ont généralement leur propre carnet de formations, choisies en fonction de secteurs qu’ils jugent porteurs, et ça s’arrête […]

via Une cagnotte pour tenter de sortir la tête de l’eau ? — Une diplômée dans la ville

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Les soldes, un plaisir ?

Chaque été c’est la même chose, chaque été je re-découvre les difficultés que j’ai à m’habiller et chaque année je re-découvre que vouloir faire les soldes ne me fait pas du bien, en fait…

En hiver, maintenant ça se passe plutôt bien : pas besoin de se poser de questions, c’est normal de porter des jeans en hiver. J’ai même quelques pantalons « autres » (de couleur marron surtout). Pour les hauts aussi c’est assez simple, je n’ai pas de mal à trouver des t-shirts qui me conviennent et avec des jeans ce n’est pas difficile à assortir. En plus, j’adore les pulls et gilets. Bref en hiver tout va bien.

Mais dès qu’arrive la saison de l’été avec les températures chaudes le casse-tête commence : je cumule les problèmes.

  • La visibilité des attelles

Je n’aime pas montrer mes attelles et pourtant j’en ai besoin la plus grande partie du temps. Il faut donc que je trouve des habits légers (pour ne pas trop mourir de chaud) qui les cachent. Pendant plusieurs années cette recherche était difficile, tout ce que je trouvais ne me plaisait pas ou me semblait vieillot / démodé. ça s’améliore parce que la mode des pantalons « fluides » se répand. J’ai maintenant 3 pantalons de ce style qui me plaisent beaucoup. Ajoutons à cela 2 autres pantalons au tissu léger et une sorte de jean d’été (tissu jean gris clair et forme plus aérée) plus anciens qui correspondent certainement moins au canon de la mode mais que j’aime personnellement tellement et qui sont si confortables que j’arrive à dépasser cette idée. Ensuite, un pantalon blanc très léger mais que je n’arrive plus à mettre parce que j’ai trop peur de le salir et 2 autres pantalons au tissu léger marron, que je n’aime pas mettre car j’ai l’impression d’être un sac à patates. Il faudrait que j’arrête de les garder en pensant qu’un jour ils me serviront… (Pour la mi-saison j’ai aussi un pantalon noir au tissu assez souple, mais c’est quand même trop chaud pour être mis en été.) Pendant longtemps, même en dehors de la question des attelles je détestais les shorts parce que je détestais mes jambes, depuis le lycée ça va beaucoup mieux : j’ai 4 shorts (1 gris, 1 écru et 2 marron) et un pantacourt (marron). Évidemment je ne les porte que lorsque que je n’ai pas mes attelles OU lorsque je suis en famille (depuis 2-3 ans j’arrive à ce que mes attelles soient visibles quand je suis en famille, comme si le fait d’être accompagnée m’offrait une protection aux regards… Enfin, c’est surtout que ça me permet de penser à autre chose qu’à ça…) J’ai aussi quelques jupes : une courte (donc même configuration que les shorts), deux mi-longues (qui laissent les attelles un peu visibles pour qui m’observe attentivement mais ça ne saute pas aux yeux donc ça va) et des robes (la plupart sont courtes.)

  • L’harmonie vêtements-chaussures

Pour les jupes et les robes, qu’elles montrent ou pas les attelles je suis gênée par les chaussures : je trouve que jupe / robe + converses c’est moche. Ma mère m’a soutenu plusieurs fois l’inverse. Sauf que, sans être totalement à côté de la plaque, ce n’est pas non plus une experte en matière de mode ET elle pourrait dire ça pour me décomplexer. Ça ne me convainc donc pas du tout ! (Je suis une grande complexée des robes, il y a tellement de belles robes, mais je ne les mettrais jamais, à quoi ça me servirait ?!)

Mais comme si ça ne suffisait pas il n’y a pas que les vêtements du bas qui me posent question, les hauts aussi !

  • Un problème d’assurance : sur les autres OUI, sur moi NON

Le nombre de t-shirts où je me dis « oh c’est super beau… mais jamais je n’oserais porter ça » quand je le vois en magasin ou sur internet OU  « ouah j’aime beaucoup son t-shirt… mais ça ne m’ira jamais » est faramineux. Je ne mets pas de débardeurs à fines bretelles car je trouve que ça me fait de grosses épaules, et PIRE je n’arrive pas à me dire que je pourrais porter un t-shirt avec certains motifs. Comme si ça faisait enfantin / ridicule / pas sérieux. Par exemple celui-là que je trouve pourtant super beau (la page de mon panier reste ouverte dans l’attente de mon paiement) et aussi tous ceux-là. Pourtant il y a bien des gens qui les portent ! Et à chaque fois que je les vois, je me dis qu’ils sont beaux, ça devrait suffire… Bref… (ça vous semble ridicule ces dessins ?)

  • Problèmes de confort et de facilité

Le confort est primordial dans mon choix de vêtements, ce qui ne colle pas toujours avec la mode ni même avec mes goûts : je ne porte pas de bustiers ou t-shirts sans épaules parce que je trouve ça inconfortable mais je trouve ça tellement beau ! La facilité d’utilisation aussi : si je ne peux pas enfiler un t-shirt toute seule ou que j’y passe 10 minutes parce que je me perds dedans, c’est inutile de l’acheter ! J’accepte ces deux faits assez facilement, ça ajoute juste des contraintes qui font que j’ai l’impression que je ne pourrais jamais ressembler aux filles bien habillées que j’admire.

  • A tous ces problèmes sus-cités qui relèvent plus du physique s’ajoutent deux problèmes plus psycho-éthiques.

Entre des finances non extensibles et une philosophie de vie qui s’oppose à la sur-consommation, mes parents m’ont toujours poussé à réfléchir chaque achat : est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? est-ce que je suis vraiment sûre qu’il me plait que je vais le mettre ? Combien d’argent je suis prête à y mettre ? A chaque fois que j’ai envie d’acheter des vêtements pour me faire plaisir je suis donc rattrapée par une sorte de culpabilité de dépenser. Et comme j’ai en même temps envie d’acheter de manière plus éthique… c’est plus cher ! Bonjour le cercle vicieux… C’est pour ça que mes parents nous emmenaient plutôt dans des friperies / brocantes / à Emmaüs : on n’achète un vêtement en seconde vie donc on ne participe pas à la demande…  Sauf que du coup, on trouve plus difficilement encore ce que l’on recherche exactement… Re-bonjour cercle vicieux. Ça a aussi participé à mon complexe d’être démodée… Quand tu n’as pas des vêtements neufs et de marque, c’est forcément nul… C’est difficile de se défaire de cette idée qui a été si souvent soulignée.

Pour finir, je n’aime pas faire les magasins quand il y a plein de monde : faire les magasins c’est déjà fatiguant parce qu’on piétine beaucoup, avec le monde c’est pire. Donc je fais sur internet. Sauf que du coup, je ne peux pas essayer : donc je me décourage d’autant plus. (Et si je me trompais de taille, et si ça ne m’allait pas vraiment ? Et 10 euros de taxe c’est tellement abusé…)

(L’état de ma page internet est un bon résumé : après avoir supprimé trois articles sur 5, j’ai fermé l’onglet modetic et j’ai la page de Bonobo en attente mais elle va suivre le même chemin. (Si j’ai le courage j’irais voir direct en magasin.))

Ne pas acheter est encore la meilleure manière de faire des économies… C’est aussi le meilleur moyen de ne pas avoir une garde-robe qui me convient vraiment.

Chaque été je redécouvre cette déception – frustration après m’être dit « Oh, cette année je m’achèterais bien un t-shirt pour remplacer celui-ci et un t-shirt de plus qui puisse aller avec ce pantalon ». Ça va se finir par un achat en période hors-soldes si j’ai un coup de cœur en passant : donc cher et non-éthique, formidable, je m’exaspère.

Certes, ce n’est que de l’apparence, c’est pas très important. Sauf que les vêtements sont quand même importants pour se sentir bien. Et même si on s’en fout totalement (il fut un temps -lointain-, c’était mon cas, je mettais ce dans quoi j’étais bien, tout simplement) ce n’est pas le cas de la majorité dans la société actuelle… Donc ça nous retombe dessus. (Je suis déçue, quand même, de remarquer à quel point le regard des autres impacte sur mes décisions en terme d’habillage…)

Bref, pour la confiance en soi on repassera, pour le moment détente/bien-être aussi, et le plaisir des soldes tout ça, connaispas !

 

 

Le musée des arts et métiers en fauteuil roulant

C’est un musée que j’apprécie vraiment beaucoup et que j’ai visité de nombreuses fois et de nombreuses manières : pour des cours avec l’école (en fauteuil), seule debout (pour une visite normale ou des occasions particulières comme la nuit des musées où il y a plus de monde), seule en fauteuil, en fauteuil accompagnée.

La dernière en date était « en fauteuil accompagnée », c’est d’elle que je vais vous parler mais en ayant les autres en tête pour comparaison.

À savoir en préambule : les musées ont 2 lois pour les inciter à l’accessibilité : la loi de 2005 bien connue, mais aussi la loi du 4 janvier 2002 relative aux Musées de France. En effet, selon l’article 2 de cette-dernière une des missions permanentes du musée est de  » Rendre leurs collections accessibles au public le plus large ». On peut pas dire que ce soit vraiment le cas partout (ahem.)

Pourtant, en 2007, le ministère de la culture a publié ce guide pratique de l’accessibilité. Très complet et clair, il recense les différents types de handicaps, les contraintes et les besoins impliqués par chacun et les solutions qui peuvent être mis en œuvre pour y remédier ou compenser. (Si le sujet vous intéresse, je vous en conseille vivement la lecture.)

Les musées ont donc toutes les clés en main pour agir. Sauf les sous me direz-vous… Les sous ont bon dos ! Parce que même quand on a les sous il faut y mettre un chouia de réflexion et de bonne volonté… C’est loin d’être le cas partout ! (j’ai un exemple tout trouvé au Louvre mais bon, c’est pas le sujet, je vais me retenir 😉 )

Fin du préambule, passons aux choses sérieuses.

Dans le manuel sus-cité, pour les personnes à mobilité réduite (ils parlent de « personnes très fatiguables » c’est pas idiot je trouve) ils conseillent le prêt de fauteuil. C’est en effet un dispositif adopté dans beaucoup de musées et que j’utilise beaucoup. C’est le cas au musée des Arts et métiers.

Une fois arrivée au musée, nous avons donc acheté nos billets d’entrée (gratuit pour moi car -25 ans, payant pour mon accompagnatrice), j’ai ensuite demandé si je pouvais prendre un fauteuil roulant (en général demandez soit à la caisse soit au point/information-acceuil,parfois ils vous redirigeront ailleurs, vers les vestiaires notamment) : aucun problème il me l’apporte en échange de ma carte d’identité (système très fréquent.) Je m’installe dans le fauteuil (en très bon état -c’est pas le cas partout- et confortable.) Nous récupérons un plan, les ascenseurs y sont indiqués c’est parfait (très appréciable de ne pas avoir à demander un plan spécifique.) Nous voilà parties pour la visite.

 

Nous commençons par l’abbaye de St-Martin-des-Champs. Pour voir le pendule de Foucault aucun problème. Les objets dans les vitrine c’est déjà un peu moins bien : je les apprécierais plus s’ils étaient placés un tout petit peu plus bas (ou avec un miroir pour pouvoir tout voir) et seule, je ne peux pas lire les cartels explicatifs, qui sont placés trop hauts (à plat horizontalement sur la cimaise de présentation.) Il y avait aussi apparemment quelques objets dans des vitrines en contrebas, mais inaccessibles car il y avait quelques marches et aucune rampe (dommage, je pense que pour cet espace ça ne doit pas être trop difficile à mettre en place : peu de marches, beaucoup d’espace…)

 

 

Pour les grosses machines dans la nef aucun problème. Notons cependant que les cartels sont assez sombres et écrits petits, placés à nos pieds : même moi assise en fauteuil j’avais du mal à lire ! Ensuite nous avons voulu monter (voir les voitures « suspendues. ») Le gardien nous a indiqué le monte-charge à emprunter la marche à suivre (maintenir le bouton appuyé tout du long, comme pour tout monte-charge d’après mon expérience.) Mais le monte-charge ne fonctionnait pas (la porte s’ouvrait et se fermait sur commande mais il ne montait pas … C’est dommage c’est sa fonction normalement 😉 ) Du coup, le gardien nous a laissé passer par la rampe qu’empruntent tous les visiteurs normaux (normalement le fauteuil ne passe pas par là pour des raisons de sécurité : la pente est raide !) Nous avons donc pu voir le premier étage de la mezzanine, mais pas au-dessus car l’accès se fait par des escaliers (le monte-charge aussi s’arrête au premier étage, il est donc de tout façon impossible d’aller plus haut en fauteuil.)

 

Ensuite nous avons voulu passer aux toilettes : les plus proches étaient en haut d’un escalier, nous sommes donc allées aux plus lointaines… Si on excepte la porte à passer pour y accéder (elle tout juste assez large pour passer et il faut être accompagné pour pouvoir l’ouvrir et la maintenir ouverte… Toutefois en étant seul c’est juste à côté du restaurant, on peut toujours demander.) ça m’a semblé tout à fait accessible et adapté au fauteuil en termes de dimension et d’aménagement. (J’ai pas besoin de me transférer puisque je me lève je ne peux donc pas dire si pour ça c’est bien foutu !)

Ensuite nous sommes montées dans les étages. Pour des questions de temps nous avons  décidé de ne faire que le premier étage (normalement si on suit le parcours de visite c’est 2° puis 1°)

Il y a normalement 3 ascenseurs dans ce musée, un d’un côté (vers la section transports, au cas où ça parlerait à quelqu’un) et les 2 autres du côté de l’entrée. Nous avions su avant de passer aux toilettes que l’ascenseur côté transports ne fonctionnait pas. Côté entrée un seul sur les 2 fonctionnait. Heureusement ce bâtiment est assez simple : chaque niveau est plane et continu (pas de demi-niveaux, pas de lieux accessibles seulement d’un côté.) Ainsi même avec un seul ascenseur en état de marche on peu visiter l’intégralité des collections. (Mais bon il faudrait pas qu’il tombe en rade aussi, là ils seraient bien embêtés…  Les ascenseurs en panne chez eux ça a l’air assez fréquent, voire habituel, même si ils ne l’ont jamais été tous en même temps dans mon expérience, il faudrait peut-être qu’ils s’en préoccupent un jour… Je dis ça comme ça. )

Nous sommes donc allées au premier étage.

Là aucun problème pour voir les objets en vitrine, en revanche les cartels explicatifs sont toujours placés de telle manière que je ne peux pas les lire. Ils sont à plat : il faudrait qu’ils soient beaucoup plus bas pour être à portée de mon regard ! Pour améliorer cela il suffirait de les placer différemment : sur le devant de la vitrine.

Il y a des écrans explicatifs avec des vidéos, selon les endroits ça n’est pas toujours facile de se placer devant (sièges fixes ou mobiles) globalement c’est pas mal, mais améliorable.

 

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La joueuse de tympanon, très impressionante. (source photo.)

Il y a à cet étage le théâtre des automates, certains étaient un peu trop hauts/ trop loin dans la vitrine pour pouvoir être pleinement visibles et appréciés. Mais globalement c’est bien. L’écran avec les vidéos d’automates en fonctionnement est bien accessible, on peut bien se positionner devant l’enceinte et l’écran. (Il y a un ou deux écrans dans les gradins donc inaccessibles mais ils montrent les même contenus : un écran est donc bien suffisant…)

 

Au bout du premier étage il y a une mezzanine, à laquelle on accède normalement par un petit escalier en colimaçon, j’ai aperçu qu’il y avait un monte-charge à l’autre-bout de la pièce, dommage qu’il ne soit pas plus indiqué, on pourrait renoncer en pensant que c’est inaccessible. (Pour des raisons de temps je n’y suis pas montée, je ne peux donc pas vous dire s’il fonctionne ou pas…)

Nous avons ensuite décidé de nous arrêter là et de nous diriger vers la sortie. Donc vers les l’ascenseur. Nous comprenons rapidement (2 ou 3 minutes) qu’il ne fonctionne pas. Ou plutôt si, fonctionne, il bouge mais il ne nous « entend » pas… C’est le bouton ne remplit pas son office. Donc l’ascenseur ne s’arrête pas au 1°, par contre l’écran nous fait bien remarquer qu’il passe allègrement du 0 au 2°… Nous cherchons un gardien (2 minutes). Je pensais alors qu’il pourrait simplement alerter quelqu’un qui pourrait nous l’envoyer (étant donné que nous l’avons emprunté pour monter pas de raison pour cela ne fonctionne pas !) Nous lui expliquons bien la situation et je lui propose aussi ma solution, mais il ressent quand même le besoin de vérifier par lui-même. Au bout de 5 minutes, il se décide à appeler un collègue. Je pense alors qu’il l’appelle pour qu’il nous envoie l’ascenseur comme je l’ai suggéré, que nenni ! (Ce serait trop simple !) Le collègue (un technicien visiblement) arrive … et il essaye aussi ! Je lui explique, je lui suggère ma solution mais non il veut vraiment voir par lui-même. (Genre « au bout d’un moment ça fonctionne et moi j’ai de l’or au bout des doigts ») Le gardien veut aussi lui faire entendre raison (parce que bon lui aussi, il commence à en avoir marre ça fait 10 minutes qu’il est sur l’affaire…) mais non. « Non mais ça va fonctionner vous allez voir, je vais pas vous laisser tomber j’ai tout mon temps » (oui mais pas nous…) « Non mais vous énervez pas ça va fonctionner » (en fait c’est toi qui m’énerve…) et là  (le gars est là depuis juste 2 minutes, l’ascenseur en est à son 2° aller-retour alors que depuis que nous sommes devant il en a fait au moins 15) Poum, il s’ouvre !  « Bah voilà vous voyez ! » (oui je vois qu’il y avait des personnes dedans qui voulaient visiblement arriver ici et avaient donc appuyé sur le bouton qui fonctionne à l’intérieur !! Ce bouton que ça fait 20 minutes que je demande qu’on aille appuyer dessus…) Le gars a donc fini sa journée persuadé que tout va bien le bouton fonctionne (une fois sur 4, 5 ou 6 … mais il fonctionne…) et moi ça m’énerve. Parce que du coup il ne va probablement pas arranger la situation et le prochain qui en aura besoin se retrouvera dans la même situation… (à moins qu’un jour cet ascenseur ne fonctionne plus non plus -> plus d’ascenseur…)

http://www.arts-et-metiers.net/musee/personnes-mobilite-reduite : tout ça c’est très bien, mais si les ascenseurs ne fonctionnent plus on ne va plus très loin…

Les ascenseurs qui ne fonctionnent pas c’est comme les toilettes handicapées fermées à clé / occupées par les produits ménagers ou comme les cabine d’essayage handicapées remplies de cartons ou comme les caisses prioritaires / les guichets adaptés constamment fermés. ça fait semblant de respecter la loi, ça fait illusion, ça fait beau, mais ça sert à rien du tout. Personnellement, ça m’énerve encore plus que les lieux franchement non accessibles ou non adaptés…

C’est comme le Louvre qui rénove ses espaces d’accueil, prévoit un lieu spécifique pour le retrait de fauteuils roulants (et poussettes) et ferme cet espace par des portes… que la personne en fauteuil ne peut pas ouvrir seule… (trop lourde, heureusement elle est en verre donc transparente, mais bon… )

 

 

Billet d’humeur : cohabitation et imperfection

J’ai récemment accueilli ma mère chez moi pour quelques jours. Ce n’est pas la première fois qu’elle venait dans mon appartement mais c’est la première fois qu’elle y est restée si longtemps. Elle y a dormi et mangé alors que les fois précédentes c’était juste un passage. D’ailleurs c’est aussi la première fois que j’accueillais quelqu’un pour plus qu’un repas.

Je me faisais une grande fête de ces quelques jours, ça faisait longtemps que j’en avais envie et que j’avais semé la proposition, elle aussi je crois que ça lui faisait envie depuis assez longtemps, ça s’est décidé sur un coup de tête. J’en avais envie pour lui montrer des choses dans la capitale et avoir un temps de partage en tête à tête. Je crois aussi que c’était une manière plus ou moins inconsciente de lui montrer comment je me débrouillais bien en autonomie.

Je n’avais pas du tout anticipé tout ce qu’il s’est passé. Tout ce que cela impliquait.

Nous avons effectivement passé de très bons moments ensemble, partagé beaucoup. Je ne voudrais pas l’oublier. Mais il y a eu aussi des moments de tension dont je me serais bien passée (même si, avec le recul, ils étaient mineurs.)

D’abord, elle a scruté tous les petits détails. J’ai du coup eu l’impression qu’elle remarquait plus les défauts que les efforts faits. (Elle ne m’a pas spontanément félicitée pour le ménage mais a noté que le rideau de douche était « moisi » par exemple.)

Ensuite, quand on s’est balladées elle m’a fait remarquer ce que je ne savais pas et que je « devrais savoir ». C’était juste pour me taquiner. Mais je l’ai mal reçu, comme une mise en doute de mes capacités.

Ensuite elle m’a coupé dans mes repérages dans les transports, elle a fait des remarques qui me perturbaient / court-cicuitaient. Du coup je paniquais et je réfléchissais de travers. (J’en ai déjà parlé ici : soit elle me laisse faire jusqu’au bout et c’est ok, soit c’est elle qui guide, mais pas entre les deux ! Et en l’occurrence hors de question que ce soit elle qui guide puisque c’est moi qui accueille.)

Dans les transports j’avais aussi l’impression qu’elle vérifiait chacune de mes décisions, comme pour s’assurer que je ne faisais pas fausse route. Encore une remise en cause de mes capacités que j’ai mal vécue (et là, pour le coup aucune excuse, ça m’énerve encore.)

Et puis chez moi, elle a fait des vaisselles et des repas. Et là j’ai été paradoxale. Très clairement, elle faisait ça pour prendre soin de moi, m’aider, parce qu’on avait fait beaucoup de choses dans la journée et qu’elle me savait fatiguée. Mais moi je l’ai parfois mal pris car c’est comme si elle prenait ma place. Comme si elle soulignait que j’étais trop lente pour faire le repas dans les temps avec ma fatigue. Comme si elle soulignait que faire la vaisselle à chaque repas c’est quand même beaucoup plus facile que de la laisser s’accumuler… Alors que bien sûr j’étais fatiguée et bien sûr ça m’aidait qu’elle fasse la vaisselle / le repas. Mais c’était une ingérence dans mon quotidien, moi qui voulait montrer mon autonomie.

Ces moments de tension ont été favorisés par plusieurs facteurs, principalement venant de moi.

  1. Je voulais l’accueillir chez moi, être la maitresse de maison mais la réalité m’a rattrapée je ne pouvais pas tout gérer à la perfection (le planing chargé + les obligations du quotidien). (Et je le découvre de plus en plus je ne supporte pas mes imperfections.) Il y a eu comme un décalage entre le week-end idéal et rêvé et la réalité que j’ai eu du mal à digérer.
  2. Fatiguée, je décuplais les moindres remarques lors qu’elles me semblaient négatives en oubliant-minimisant les remarques positives ou en occultant la volonté sous-tendue (prendre soin de moi.) Peut-être aussi que c’était fait ou dit maladroitement.
  3. Il y aussi une différence de mode de vie/philosophie qui joue. Ma mère est maladivement pointilleuse sur certains aspects (elle ne supporte pas l’odeur de cigarettte par exemple, entre beaucoup d’autres choses), c’est très envahissant et ça m’horripile. Pour reprendre l’exemple de la cigarette, comme elle ne la supporte pas elle pense tout de suite que c’est tout de suite aussi horrible pour moi et me dit tout de suite qu’il faut que je le signale à la résidence que je sens des odeurs de cigarette, il y certainement quelqu’un qui fume dans les environs. Alors que c’est autorisé de fumer chez soi. « Oui mais peut-être qu’il fume dans les parties communes et ça ça ne l’est pas » Sauf que non je ne vais pas faire tout un patacaisse pour une odeur, désagréable ok mais occasionnelle, juste parce qu’elle ne la supporte pas. Je sais qu’il y a une lourde histoire derrière, que c’est viscéral, que je ne peux pas changer ça. Mais j’aimerais juste qu’elle arrête d’identifier ses propres ressentis aux miens et qu’elle arrête de s’imiscicer dans ma vie à ce point. Pour ça il faudrait déjà qu’elle s’en rende compte, qu’elle réalise que c’est un problème, je ne suis pas sûre que ce soit le cas, il faudrait donc que je lui dise… Sans l’énerver (parce que c’est un point sensible) et sans m’énerver (parce que je me sentirais niée si elle n’accepte pas d’entendre mon avis différent que j’aurai fait l’énorme effort d’énoncer)… C’est pas gagné 😦

Au-delà de ces obsessions viscérales et envahissantes contre lesquelles je ne peux rien, il y aussi une manière de penser qui m’énerve (mais contre laquelle je ne peux rien non plus.) Elle laisse très facilement les points négatifs prendre le dessus et occulter le positif. S’il y a un truc qui s’est mal passé, elle va le répéter dix fois au cours de la journée. Alors que ça suffit, c’est passé et voilà. Après je sais qu’elle admire ma façon que j’ai de penser toujours au positif avant tout. Donc qu’elle est consciente de ce défaut (mais du coup dans ma tête, si elle admire, pourquoi elle ne le mets pas en pratique ? Oui, je sais, pas si simple…) J’ai remarqué qu’elle fait beaucoup d’efforts pour penser positif. Mais ça m’énerve quand même. (Dans le genre se pourrir la vie pour rien : il semblerait que je mange moins qu’à la maison. Peut-être, mais je mange à ma faim, et elle aussi. Alors où est le problème ? )

Le pire dans tout ça c’est que je me voyais être énervée pour des futilités ou des choses que je ne peux pas changer et ça m’énervait d’être énervée (alors que je rêvais de ces quelques jours depuis tellement longtemps.) En plus je vois bien que je lui reproche des choses que je fais moi-même (elle pense que je ressens forcément comme elle / je voudrais qu’elle fonctionne comme moi.) et ça aussi m’énerve beaucoup. Pour finir, ce qui m’énerve dans mon énervement; c’est que quand je suis dans cet état (énervement-fatigue-frustration) je suis incapable de l’expliquer. Du coup elle voit bien que je suis énervée mais ne sait pas exactement pourquoi, donc ça ne risque pas de changer... Bien sûr, je pourrais en reparler après coup. Mais il y a 2-3 freins. D’abord une difficulté à m’exprimer sur de tels ressentis et une peur que ce ressenti soit nié (elle excelle dans : « Mais non ce n’est pas ce que j’ai voulu faire/dire, tu m’as mal comprise ») et puis une contradiction de cette pratique (reparler de ce qui est mal passé calmement plus tard) avec ma manière de penser (laisser le négatif derrière.) S’il n’y avait que ce dernier point je pourrais passer outre, je le fais parfois avec des amis et ça passe très bien, parce que c’est constructif, que l’on s’écoute. Mais justement avec elle je « sais » que l’écoute ne sera pas la même, qu’elle ne va entendre que la moitié ou déformer mes propos. Je « sais » parce que j’ai déjà tenté parfois, mais c’était il y assez longtemps, je n’ai plus le courage de retenter, me confronter à un point de vue aussi radicalement opposé au mien.

(AnnickAnnouck j’ai essayé de faire comme toi car ça pourrait m’aider… Mais j’ai toujours autant de mal à exprimer de tels ressentis et à les publier… C’est terrible cette pudeur !) (Cette semaine j’ai écrit un autre article de ce type mais un  je-ne-sais-trop-quoi de honte/pudeur m’empêche de l’assumer et de le publier…)

Citation d’actualité…

Il ne sert de rien à l’homme de gagner la lune s’il vient à perdre la Terre.

François Mauriac

Voilà. Attention on va atteindre le point Godwin et ça pourrait revenir souvent…

Puisque certains semblent oublier l’Histoire, il faut sûrement faire un rappel. (Extrêmement simplifié mais qui suffit pour avoir peur et comprendre qu’on fonce droit dans le mur.)

En 1923 Hitler a fait un putsh raté, mais en prison il écrit Mein Kampf (Mon Combat en allemand.) et en 1933 il est élu chancelier. « Personne » ne croit qu’il est dangereux, sauf Churchill qui n’est pas écouté. (Entre 1933 et 1939, rien n’a été fait !)

Pour un rappel des faits historiques, c’est bien ici.

Et ça mène à des atrocités, toutes annoncées par Mein Kampf. Pour se les remémorer on peut très bien lire Si c’est un Homme de Primo Levi, Être sans destin de Imre Kertesh, voir La Liste de Schindler, Amen de Costa Gavras (des mois après j’en ai encore l’estomac retourné. Mais c’est le plus représentatif des questions que je me suis toujours posées, sans aucune réponse hélas.) (J’avais pensé en faire un article mais ça m’avait tellement remuée que je n’ai pas réussi. à voir avec le coeur bien accroché, et sans les enfants… Il n’y a aucune image violente, ce sont les idées et les silences, les sous-entendus qui le sont. C’est le film qui m’a le plus parlé et marqué sur le sujet.)

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Malheureusement à force d’agiter le point Godwin il semble que l’on  ne voit même plus quand ça vient vraiment. Malheureusement il semblerait qu’il ne faille même pas attendre la mort de tous les témoins de cette horreur pour qu’elle soit déjà oubliée.

Je me rappelle quand je lisais les livres d’Histoire, je me disais comme tout le monde : « Comment ça a pu arriver ? Comment on peut en arriver là ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour l’empêcher, surtout une fois que la machine est en marche ?  » Eh bien aujourd’hui encore je me pose la question. Et aujourd’hui, alors que ça recommence, je n’ai toujours pas de réponse.

J’ai toujours été bien consciente en lisant mon livre d’Histoire, que se demander ce qu’on aurait fait si on y était n’avait aucun sens. On n’y était pas. Et c’est inimaginable. Comment peut-on présumer de nos actes face à une situation inimaginable ? Et on  ne peut connaitre la réalité de nos actions qu’une fois qu’on y est  vraiment. Eh bien là ça y est, on y est. Ce texte est une petite goutte d’eau dans l’océan pour que j’aie l’impression d’agir, pour montrer ma protestation, pour dire que non je n’ai pas oublié l’Histoire. Autre goutte d’eau dans l’océan en signe de protestation et de solidarité ici : https://secure.avaaz.org/campaign/en/president_trump_letter_loc/?aGelYgb . C’est un petit peu rassurant de voir les signatures augmenter très rapidement en temps réél…

On ne peut pas dire qu’on a pas été prévenu. Autrefois « ah mais on n’avait pas lu Mein Kampf » « non mais ça semblait infaisable… » versus aujourd’hui « non mais Trump ne sera jamais élu » « non mais Trump ne mettra jamais ses paroles en actes » ou aussi : « non mais il n’y aura pas le Brexit ». Ah bah si, en fait. Bon. Et alors « Non mais le FN ne passera jamais, Marine Le Pen ne sera pas élue, il y aura un mouvement de masse… » Ah.

Moi je vois toujours pas vers qui on va pouvoir tourner le mouvement de masse. C’est divisé dans tous les sens et il n’y a pas un con pour rattraper l’autre.

Sauf Charlotte Marchandise-Franquet… mais il faudrait qu’elle soit d’avantage connue et que les gens y croient un minimum… Croire que quelqu’un qui n’a pas fait de carrière politique peut nous gouverner (vu à quoi mènent les carrières politiques moi je suis plutôt 100 fois pour ! Et puis elle n’a pas d’idée dangereuse, on ne perd rien à essayer !) Croire que le système qu’elle propose peut fonctionner. Franchement quand on l’entend parler ça donne trop envie : elle se renseigne, demande l’avis de spécialistes , est-ce que ça marcherait je ne sais pas mais au moins elle, elle ne plane pas, elle ne nous embrouille pas par des beaux discours irréels, elle est au contact de la réalité. Et c’est ça qui manque aujourd’hui. Elle a un vrai projet et veut essayer, pas faire carrière  ! ça aussi ça manque… Alors oui, peut-être qu’elle pourrait… Si elle était davantage connue…

Pour la connaitre : ici, ici (là je réécoute et vraiment ça m’enthousiasme.) et en vidéo. (Vous trouverez de multiples articles aussi en tapant son nom sur votre moteur de recherche. Mais je trouve intéressant de l’entendre directement parler…)

Revenons à notre actualité, aujourd’hui on est prévenu : Trump a clamé haut et fort ses intentions et les met déjà en pratique. Marine a aussi clamé haut et fort qu’elle était d’accord avec tous ses faits et gestes… Que c’est ce qu’elle souhaite mettre en pratique.

Ce qui me fait super peur, au delà de toutes ces élections, c’est l’état global du monde actuellement. Dans les années 30, les fuyards se sont réfugiés aux USA et au Royaume-Uni. Aujourd’hui… C’est plutôt le mouvement inverse… Mais où vont-ils se réfugier ? En France c’est mal embarqué, comme dans tous les autres pays d’Europe. Au Canada, peut-être oui…. Je sais qu’il est grand mais quand même… Les Syriens ne sont pas sortis de leur merdier… (oui je suis vulgaire, faut que ça sorte.)

Quand j’ai copié la citation de Lilo je n’ai pas imaginé que ça laisserait sortir un tel flot… Mais ça fait du bien de mettre des mots sur la tristesse, la peur et la colère. (et de partager un peu d’espoir, malgré tout…)