Piscine et prévention

C’est de saison. Je ne sais pas pourquoi j’ai envie d’en parler cette année précisément. Peut-être parce qu’on a parlé de construction de maison et maison idéale – piscine/pas piscine – avec ma sœur récemment. Peut-être parce que le nombre de nourrissons / petits enfants autour de moi augmente. Peut-être parce que j’arrive à un âge / un stade de ma vie où je me projette davantage dans la vie adulte et dans l’idée que peut-être un jour (lointain encore cependant) j’aurais des enfants (ou que j’aurais la charge des enfants des autres…).

Bref, j’ai envie d’écrire ce petit post de prévention. Un article qui fait peur donc. Sans vrai drame à la clé mais qui fait peur. (Si vous ne voulez pas lire jusqu’au bout : un enfant qui se noie ne se débat pas et ne fait aucun bruit et il suffit de quelques secondes. Une alarme ne suffit pas, une barrière ne suffit pas, des brassards ne suffisent pas, la meilleure surveillance est la surveillance humaine. Voilà.)


Allons-y maintenant de ma petite expérience. (Je suis toujours en vie, donc)

En CE2 je savais à peine nager sans ceinture / brassards. Je nageais plus en « petit chien » car je n’arrivais pas à trouver la bonne position,  bien horizontale. J’avais encore une conscience de mon corps très parcellaire et me mettre sur le dos dans l’eau, même soutenue me faisait très peur. Et mon institutrice de CE1-CE2 n’a rien fait pour que je m’améliore (ni encouragements ni exercices adaptés ou valorisants). Bref, je n’ai véritablement appris à nager  sans aides (la brasse  et un peu le crawl) qu’en CM1. Mais en CE1-CE2 j’étais déjà capable de me maintenir plus ou moins la tête hors de l’eau.

Je ne sais pas exactement quel âge j’avais pour ces souvenirs. 4, 5, 6 ans. Peut-être même 7 ou 8. Je ne sais pas lequel est le plus ancien ou lequel est le plus récent. Il ne me reste que l’image, très précise, le contexte et le traumatisme. (Même si aujourd’hui, je nage parfaitement bien et je n’ai absolument pas peur de l’eau).

Souvenir 1. Je suis à un parc d’attractions de tobogans à bouées géantes avec une tante et des cousins et cousines (qui ont alors 15 ans environ). Je fais une descente dans une bouée solo. D’un coup la bouée se retourne et je suis incapable de me sortir de la bouée (ou plutôt me sortir de dessous la bouée) pour me sortir la tête de l’eau, ça n’a duré que quelques secondes mon cousin a plongé et m’a sortie de là. J’en suis sortie complètement vidée, je rejoins ma tante sur l’herbe tandis que mon cousin retourne jouer, ma tante me dit « bah alors, tu nous a fait peur » rigolant à moitié, dans ma tête d’enfant j’ai pensé « ouais bah moi j’ai eu peur encore plus, vous auriez pu arriver plus vite / en faire plus grand cas. » Avec le recul, je pense qu’effectivement je leur ai fait peur… et que ce rire était nerveux / protecteur.

Souvenir 2. Nous sommes chez des amis, c’est l’été il fait beau. Je sais à peu près nager (je devais avoir 7 ou 8 ans) et j’ai des brassards ou une ceinture (un truc qui fait flotter quoi). Pourtant, je me suis laissée surprendre : dans cette piscine il y avait deux niveaux, toute une première partie où j’avais pied (limite mais pied quand même) puis juste après un petit plan incliné une partie où je n’avais plus pied. Ce jour-là donc nous étions plusieurs dans la piscine, j’avais des brassards et pourtant, à un moment j’ai « coulé à pic » en perdant pied. « Coulé à pic c’est un pic » c’est un bien grand mot, il ne devait y avoir que une ou deux têtes d’eau au-dessus de moi. Mais c’est l’impression que j’ai eu, d’un coup je perds pied et je suis incapable de savoir comment m’en sortir, je suis incapable de revenir à la surface parce que je ne peux pas donner une impulsion avec le pied pour me remettre en position horizontale. Mais là encore ça n’a pas duré bien longtemps (malgré l’impression), on m’a tout de suite « repêchée ». Cette fois-ci la noyade n’a pas été minimisée et l’adulte a vraiment pris le temps de me demander si j’allais bien, d’essayer de comprendre ce qui s’était passé et de me rassurer. D’ailleurs je suis sortie un moment mais j’y suis retournée par la suite.

Souvenir 3. Pour celui-là je devais être vraiment petite (4-5 ans max). Je suis avec mes cousins, l’ainé doit avoir 14 ans. Nous jouons sur la place du village, il y a une fontaine, je tombe dedans. Comment je suis tombée dedans ? Je l’ignore. Comment j’ai réussi à m’y noyer, alors qu’elle est petite ? Encore plus. Mais là encore – et toujours – ça n’a duré que quelques secondes, j’ai été repêchée direct (en fait ils ne m’ont certainement pas laissé le temps de reprendre pied par moi-même, j’ai dû tomber tête la première en perdant l’équilibre alors que j’étais appuyée ou assise sur le bord, ils m’ont repêchée aussitôt). Ce que je sais en revanche, c’est que là ce n’est pas moi qui ai été la plus marquée. Mes cousins s’en rappellent bien plus que moi. C’est plus par leur récit / celui de mes parents que je me rappelle l’évènement plus que par mes propres souvenirs…

Je ne sais pas trop comment conclure. Heureusement qu’il y a toujours eu quelqu’un pour veiller sur moi. Il n’y a pas de meilleure surveillance que la présence humaine, une alarme ça tombe en panne, ça ne repère que les chutes, pas les pertes d’équilibre dans l’eau et même si ça fonctionne ça ajoute un temps (précieux) à la réaction. Bref, une alarme ne suffit pas. Une barrière c’est bien mais ça s’escalade (et les enfants aiment tout particulièrement les interdits) et encore une fois ça ne fait rien contre les pertes d’équilibre dans l’eau. Les brassards non plus ne font pas tout : ils aident mais ne font pas tout (et peuvent se dégonfler, glisser du bras, être enlevés…)

Après, je suppose que mon expérience est particulière, puisque je suis particulière. Mais que les enfants aient appris à nager ça ne fait pas tout non plus. Je n’ai plus eu ces problèmes à partir du CM1, quand j’ai vraiment su nager, c’est vrai, mais les petites bases que j’avais avant n’ont pas suffi.

Bref, s’il y a bien une certitude que j’ai pour ma maison idéale (il date celui-là, dites donc) : canicule ou pas je n’aurais pas de piscine. On se rafraichira avec un ventilo, les pieds dans une bassine ou la piscine municipale (surveillée). Mais pas de piscine (et pas de clim’ non plus). Un hamac, une balancelle, une balançoire, une cabane, des arbres, des fleurs,… oui. Mais pas de piscine. (Et là je relis et j’avais mis une piscine, j’avais même conclu par ça – huhuhu -… C’est bien le seul point avec lequel je suis en désaccord 3 ans après) (bon il y a aussi les WC, en plus d’en avoir dans la salle de bain il faut aussi qu’il y en ai des séparés, c’est mieux quand on reçoit du monde.)

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9 réflexions sur “Piscine et prévention

  1. La surveillance humaine c’est bien, maintenant il faut que les surveillant.e.s veulent t’aider… ^.^ »

    Quand j’étais en CE1/CE2, (je ne sais pas vraiment, je suis nul pour les dates) on avait des cours de natation avec des exercices.

    Un jour, lors d’un de ces cours, mon groupe attendait depuis environ 10 minutes un nouvel exercice à faire (dans l’eau) parce que les profs/surveillant.e.s/maître-nageur étaient entrain de discuter de leurs vacances, (ça, je ne sais pas pourquoi, mais je m’en souviens) le temps nous parraissait bien long, et je commençais à marcher parce je commençais à avoir froid.

    D’un coup, je me sens tomber, je ne vois plus rien, j’ai mal à la tête et je suffoque. Je me débats pour essayer de sortir la tête de l’eau mais je n’y arrive pas. Puis au bout de quelques secondes qui m’ont paru être des heures, je sens qu’on me tire par le maillot. En fait, c’était ma meilleure amie de l’époque qui m’avait sauvé.

    Si tout ça est arrivé, c’est parce que non seulement iels n’étaient même capable de regarder leurs élèves alors qu’iels étaient à côté de la piscine, mais en plus parce qu’iels nous ont mis dans un bassin où le sol s’enfonce d’un coup alors qu’on ne sait pas nager.

    Tu veux savoir ce qui est arrivé quand iels se sont aperçu de ce qu’il s’était passé ?
    Iels nous ont engueulé devant tout le monde :

    Moi, pour être tombé et ne pas avoir attendu « sagement » alors j’étais entrain de congeler dans l’eau et qu’on s’ennuyait tous.tes.
    Mais aussi pour les avoir dérangé pendant leur conversation ! Pardon, je ne savais pas que vos vacances étaient plus importante que la vie d’un de vos élèves !

    Et ma meilleure amie pour m’avoir sauvé, parce que je cite « Il aurait fallu que tu le laisses dans l’eau, histoire de lui apprendre une leçon. ».

    Comment dire que depuis cette histoire je n’ai plus jamais eu confiance envers les adultes, et encore plus les profs et que j’ai une peur bleue de nager quand je n’ai pas pied…

    Aimé par 1 personne

    1. :/ ils ont cumulé ce jour là, dis-donc. Ils avaient visiblement un grand sens de leurs responsabilités… (d’ailleurs ça m’a toujours intrigué, la mère qui nous accompagné en cours de piscine en CE1-CE2 (aussi) n’aimait pas l’eau et ne savait pas bien nager, l’instit restait généralement toute habillée, il y avait donc pour nous sauver éventuellement que le maitre-nageur qui était à proximité (mais pas tout le temps à côté du bassin), sinon ils utilisaient des perches pour qu’on s’y accroche lorsqu’on était en difficulté… « super souvenir » :/ )

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      1. J’ai fini par me faire déscolarisé parce que je fais une phobie sociale et scolaire, et là je vais essayer de faire un service civique et je ne suis clairement pas sûr d’avoir le poste parce que je vais dire que je suis trans sinon je ne tiendrais pas si je suis mégenré et morinomé pendant 10 mois

        Aimé par 1 personne

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