La dyspraxie visuo-spatiale, mes astuces (1)

J’en ai des tas que j’ai apprises avec mon ergothérapeute, ma psychomotricienne ou mon éducatrice pour la vie quotidienne, des que j’ai trouvées par moi-même, toute seule, depuis que je suis arrivée dans la jungle des adultes (Parce quand tu es adulte les multi-prises en charge du type SESSAD c’est terminé !)

Donc j’ai des tas d’astuces à partager venues d’un peu partout !

Avant tout, il est important de préciser ma dyspraxie n’est que visuo-spatiale, mais j’ai aussi des problèmes de motricité fine qui s’y rajoutent. Malgré ma dyspraxie j’ai toujours pris mes cours à la main, je n’ai pas eu un suivi ni une motivation suffisante pour apprendre à bien taper à l’ordi, aujourd’hui le bénéfice n’est donc pas flagrant (et en plus je me suis rendue compte que je ne dois pas abuser de l’écran si je veux éviter les maux de tête, les 8 heures de cours d’une journée de lycée ça n’aurait pas fonctionné…) Et puis avec ma persévérance et mon entêtement bien à moi j’ai réussi à avoir une assez belle écriture (dont je suis fière, vous l’aurez compris) et j’aime écrire ! Sachez donc qu’il est possible d’être dyspraxique et de bien écrire (bon tout est relatif, nous ne parlons pas ici de la prise de notes, mais bien de l’écriture posée.)

Aujourd’hui je parlerais du domaine scolaire et des fournitures de bureau…

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Encore une fois les différences de couleurs donnent des repères, on risque moins de zig-zaguer !

Une personne dyspraxique a du mal à suivre la ligne en écrivant, préférez donc des feuilles grands carreaux, avec interlignes de couleur et d’épaisseur différente (oui c’est de plus en plus rare, à ma connaissance il n’y a plus qu’Oxford qui en fasse. -Non je ne suis pas sponsorisée !), ou alors des feuilles à lignes simples (mais l’inconvénient des lignes simples, à mon avis, c’est qu’il y a moins de repères, l’écriture risque d’être moins calibrée, moins droite.
Après c’est à voir selon chacun.)
Bien sûr, c’est pareil pour les cahiers !

Une personne dyspraxique a du mal a se repérer sur une feuille : usez et abusez de la couleur, sous toutes ses formes : stylos, feutres fins, crayons, surligneurs…
Titres en rouge, sous titres soulignés en vert, définitions surlignées en jaune ou signalées par une flèche de couleur dans la marge…
NB : changer de stylo ça prend du temps, je préfère donc introduire la couleur après coup : soulignage, surlignage. Et puis ça évite de se tromper dans la hiérarchie du code dans la précipitation. Sinon on peut aussi utiliser le stylo pour le texte des paragraphes et le crayon  à papier pour tous les titres, ainsi les titres seront tous bien réécris et codifiés après coup, au calme.

Aérer la page : sauter une ou deux lignes avant un titre, une ligne après si c’est un gros titre. Ne pas hésiter à passer souvent à la ligne ou même d’en sauter une quand on sent qu’il y a un changement d’idée important. (En plus cela permet de rajouter les informations manquantes si besoin.) (Bien sûr il ne faut pas en abuser non plus, à trop sauter de lignes on risquerait de se perdre, mais marquer quelques paragraphes de temps en temps pour aérer la page, ça ne fait pas de mal.

Ce que je n’hésite plus à faire aussi (mais peut-être qu’au collège, ça peut être mal vu par le prof… à voir.) Laisser la phrase / l’idée / le paragraphe groupé (c’est pas clair, je m’explique) : si on arrive à la fin de la page mais qu’il n’y a plus qu’une ligne à écrire pour finir le paragraphe, je préfère la rajouter en bas de la page que de continuer sur la nouvelle page. De même si le paragraphe se termine 3 lignes avant la fin de la page, je passe directement à la page suivante. Tout ça afin de garder la cohérence de l’idée. (J’évite aussi les coupures de mot.) Après, encore une fois, l’élève dyspraxique doit apprendre à doser lui même : peut-être que si son écriture est trop « chaotique », qu’il écrit très gros, il vaut mieux quand même commencer une nouvelle page : le but n’est pas de perdre en lisibilité !

Ne pas utiliser de blanco ! On va mal le poser, réécrire dessus avant que ça ne soit sec, s’en mettre sur les doigts, je préfère raturer d’un seul trait et réécrire à côté ou utiliser un effaceur si stylo à encre. (Ou un stylo effaçable, j’ai vu que ça se fait de plus en plus… mais je n’ai pas testé.)

Pour les stylos : rien ne remplace l’essai ! Moi je sais que les stylos 4 couleurs ne me conviennent pas du tout, mes doigts glissent et je me crispe. En plus, maintenant il y a des stylos à bille avec des pointes plus ou moins fines, à tester, selon l’écriture ça donne des effets différents ! (Moi, j’y arrive mieux avec les pointes fines, avec les moyennes ou grosses, je bave et fait des pâtés. Mais il ne faut pas que ça soit trop fin non plus sinon je ne la voit plus assez… et ça ça dépend des marques…) Pour avoir l’aspect de l’encre mais sans la difficulté de la plume j’utilise depuis assez longtemps le stylo encre à bille. (Mais quand on écrit vite, en mode prise de notes à la fac ça marche moins bien.) Je sais aussi qu’il existe beaucoup de trucs pose-doigts, pour moi ça n’a jamais été plus confortable mais je sais que pour certains c’est génial. Par contre j’aime bien les stylos avec zone grippée
Je préfère les stylos dont le bouchon tient au bout (ou alors les stylos rétractables.) Parce que sinon à tous les coups je perds le bouchon !

Pour le crayon à papier : ne lésinez pas sur le taille crayon, une pointe fine fait une écriture moins brouillonne ! Un HB c’est bien, plutôt vers le sec que vers le gras, c’est mieux (ça « bave » moins, donne une écriture plus fine et laisse moins de traces au gommage…)

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Parfaite pour moi : colorée translucide, plastique incassable mais qui ne fait pas de bruit en tombant, ne glisse pas trop, avec poignée et mesure 20 cm.

La règle est à choisir avec soin :  avec poignée pour être plus facile à attraper, en plastique résistant aux chocs, pour un enfant qui la fait souvent tomber c’est mieux. C’est mieux aussi qu’une règle en métal qui fait du bruit et rend l’enfant encore plus honteux de sa maladresse à chaque fois qu’il la fait tomber ! (Non, ça n’est pas du vécu… Pas du tout… Qu’allez-vous imaginer là ?)
NB : je me suis rendue compte l’année dernière qu’une règle translucide (donc colorée mais non opaque) est pus pratique : je vois mieux où je suis par rapport à la ligne et ce que je veux souligner et en plus ça peut servir d’aide à la lecture (souligne la ligne à lire tout en laissant apercevoir ce qu’il se trouve après…) Selon moi 20 cm c’est bien : 10 cm c’est petit ça peut contraindre à déplacer pour continuer le trait, ce qui est risqué !, 30 cm c’est très grand ça accentue les risques de chute et d’embrouillements. MAIS 10 cm ça se range dans la trousse, 30 cm se retrouve facilement dans le sac… à voir donc avec les difficultés de chacun. Moi ma règle fétiche c’était celle-ci (photo ci-contre), mais Maped (je ne suis pas non plus sponsorisée 😉 ) ne la fait plus 😦

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Je ne suis vraiment pas sponsorisée !

Pour le compas il existe des exemples avec roulette-vis qui permettent de garder l’écart tout au long d’une opération, c’est certes un peu plus long à mettre en place qu’un compas standard, mais ça fait gagner du temps et de la précision (de la beauté !) sur le résultat final (le cercle est réalisé joliment en une seule fois et non péniblement en 3 ou plus…)

 

Pour conclure, je pense que tout dépend avant tout de l’élève, qui doit savoir ce qui est le mieux pour lui. Avec quel matériel il est le plus confortable, quelle mise en page lui est plus confortable… Mais c’est un véritable apprentissage : se connaitre, avec ses points forts et ses limites, ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut le temps d’expérimenter différents matériaux et méthodes, d’observer et d’en tirer des conclusions. Il faut le temps d’intégrer ces astuces. C’est vraiment un apprentissage, ça nécessite donc du temps, de l’énergie, de la volonté… et de l’argent (parce que parfois l’essai du stylo en magasin ne rend pas compte de la réalité de la classe et qu’en fait ça ne convient pas bien, parce que le compas à vis c’est quand même un peu plus cher, parce que quand le crayon tombe 20 fois la mine se casse en mille morceaux, il est inutilisable et il faut le remplacer, en bref : parce que les astuces ça passe souvent par du matériel supplémentaire ou bien choisi donc plus cher.)

Mais il y a, il me semble, tout de même quelques mots-clés : repères et couleurs, aération, confort.

 

Ceci est sûrement le premier article d’une longue série, parce que pense que j’ai beaucoup à dire sur le sujet (astuces en maths, astuces pour s’organiser et d’autres, si vous me suggérez d’autres points qui vous intéresseraient.)

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