Les Jeux Paralympiques

J’en savais déjà quelque(s) chose(s). Mais j’étais loin de me douter d’une telle richesse.

Je savais que les Jeux Paralympiques étaient divisées en catégories de handicap elles-mêmes sous-divisées selon le degré de handicap. Je connaissais les catégories, plus ou moins. Mais j’ignorais l’étendue des sports existants  dans chaque catégorie.

Je savais que des personnes non ou mal-voyantes pouvaient faire de la course ou du foot, mais je ne connaissais pas la natation, ni le lancer de poids, ni le saut en longueur, ni le vélo de piste, ni le judo.

Je savais qu’il existait du tennis et de l’escrime fauteuil mais je n’en avais jamais vu (et vraiment ça vaut le coup ! Le tennis surtout, je trouve ça beaucoup plus intéressant et spectaculaire que le tennis normal !)

En fait, voilà : il  y a des choses que je savais, que j’avais déjà vues et que j’ai revues avec plaisir (Marie-Amélie Lefur est géniale !), des choses que je savais mais que j’ai vu pour la première fois et qui m’ont impressionnée (le céci-foot, le tennis-fauteuil,…) et des choses que je ne savais pas et que j’ai découvert avec grand plaisir (le judo par des personnes non/mal-voyantes, le foot à 7, …)

J’ignorais que des personnes ayant une déficience intellectuelle participaient, que des personnes de  petite taille participaient et surtout (ce qui m’intéresse 🙂) que des  personnes ayant eu un AVC ou des IMC participaient. Parce que, oui, il y a des IMC qui font du sport de haut niveau ! (J’ai vu de la course, du foot (foot à 7 donc) et du lancer de poids (pour des IMC plus lourdement handicapés).

Rio2016_AO

En bref, je savais probablement plus qu’une personne lambda (certains ne connaissent même pas l’existence de ces Jeux…) mais je ne savais quand même pas grand chose, ou vaguement. La rediffusion de beaucoup d’épreuves des Jeux Paralympiques de Rio à la TV a été l’occasion d’en apprendre beaucoup et de m’enrichir.

En particulier, vous l’aurez compris; en découvrant donc tous ces sportifs de haut niveau IMC (Infirmes Moteurs Cérébraux) (Il me semble plus juste de dire « sportifs de haut niveau IMC » que  « IMC sportifs de haut niveau ».)

Donc je les ai découverts et…. Ils m’ont impressionnée. Fascinée même.
Rien ne prédestine ces gens à faire du sport. Rien de rien. C’est même contradictoire. Mais ils y vont quand même… C’est génial…
Moi j’ai appris à cultiver mes points forts, mes qualités et mes capacités, pour pallier mes points faibles. Eux pas du tout. Ils ont une faiblesse… et ils foncent dedans. . Ces gens ils se battent contre vents et marées pour un objectif qui est tout sauf intuitif. Ça moi j’ai appris à le faire bien tard. (En gros, ces gens poussent le conseil de Coluche à l’extrême)

« Ce que l’on vous reproche, cultivez-le »

Bien sûr je suis aussi impressionnée par les sportifs qui se remettent au sport de haut niveau après un accident (je vous ai déjà dit mon admiration pour Marie-Amélie Lefur ?) mais ça n’est pas pareil à mes yeux. Ils ont déjà eu l’expérience du sport et du plaisir que ça leur procure, ils ont déjà développé ce goût avant. Vraiment je ne dis pas que je ne les admire pas : il faut bien du courage pour se dire qu‘on peut encore, il faut bien de la confiance pour se dire que oui, on peut retrouver un niveau équivalent voire meilleur à celui d’avant. En quelque sorte eux aussi ils foncent dedans. Sauf que je vois ça aussi comme une manière de renouer avec leur ancienne vie, un défi qui permet de remonter la pente. (Mais peut-être que je me trompe.) Peut-être même que je devrais être plus admirative encore, en fait. Parce que quand ils reprennent après l’accident, ils prennent le risque d’être déçus. Déçus parce qu’ils ne réussissent pas à retrouver un niveau qu’ils savaient avoir avant. Alors qu’une personne IMC elle ira juste au plus haut qu’elle peut. Pas d’avant pour comparer.
Juste le présent, et le futur peut-être encore meilleur.

En fait au fond, les sportifs handicapés de naissance et ceux handicapés par accident sont probablement finalement très proches : il y a la même volonté de défi,  la même volonté d’aller au-delà de la barrière imposée par le physique.
La même volonté d’aller au-delà des préjugés.

C’est vrai, ils sont très proches, sauf que l’affectif joue aussi sur mon jugement.

Quand je les vois je ne peux m’empêcher de m’identifier à eux. De penser à toutes les barrières qu’ils ont dû surmonter depuis tout petits pour en arriver là. D’essayer de comparer, en imagination, leur point de départ et leur maintenant. Et surtout, je sais (ou je crois savoir, puisqu’au fond, justement, je n’ai pas tout leur entraînement qui fait la différence) aussi ce qu’ils continuent de braver à chaque instant de leur course. La hantise du faux-départ, le mauvais équilibre, les trébuchements, la mauvaise coordination, les muscles qui se raidissent et se tétanisent. Tout ça. Et je ne peux m’empêcher de me demander comment ils en sont arrivés là. Eux que rien ne destinaient à ça, un jour ils se sont dit « Bah oui, je vais faire de la course / du foot en compétition » Logique.
(C’est un de mes regrets dans le programme TV. Dans ce que j’ai vu (je n’ai pas tout vu, loin de là) il n’y a pas eu le témoignage d’une personne handicapée de naissance. Que des personnes handicapées par accident. Dommage. J’aurais vraiment entendre leur explication de comment ils en sont arrivés là…)

Du coup, voilà, c’était ma révolution-révélation de l’année : il y a des gens comme moi qui font de l’athlétisme ou du foot. C’est LA preuve que notre handicap ne nous définit pas. Je suis IMC, eux aussi. Je n’ai jamais eu envie de jouer au foot ou de faire de l’athlétisme. Eux si. Et ils en font. Voilà. Ce n’est pas parce que je suis IMC que je ne fais pas de foot, c’est parce que je n’aime pas.

Moi je vais rester à la piscine et au vélo de campagne. Eux ils font du foot, de la course ou du lancer de poids en compét’.

(Sont-ils plus proches de moi, IMC comme eux, ou de sportifs de haut niveau comme eux non handicapés ? Pas de réponse. Sans doute équidistants. C’est pourquoi je préfère dire Sportifs de haut niveau IMC, c’est beaucoup plus valorisant !)

Ce sont mes héros.

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