Et après tu iras où ?

Blue a écrit un article ici parlant du difficile retour en France après de longues années de vie au Canada, Pomdepin a alors réagi là en évoquant les questions récurrentes de son entourage qui ne comprend pas toujours qu’elle n’aie pas envie de revenir aux sources… et cela m’a fait penser à mon propre vécu et aux réactions de personnes de ma famille ou autres (surtout autres…) bien que ça se déroule à une échelle moindre (à l’intérieur même de la France, entre Paris et la province…)

(Blue au Canada > Pomdepin en Angleterre > Moi en France > qui continue le tour du monde ? 😉 )

Souvent, on me demande :

« Et après tes études tu vas retourner là-bas ? » (Ville-du-sud où habitent mes parents depuis une petite dizaine d’années.)

Ce à quoi je réponds quasi systématiquement :

« Euh non, pas forcément… »

Parce que c’est ce qui résume au mieux tout ce que je pense, que je n’ai pas envie de répéter indéfiniment. (Parce que je préfère écouter les gens que leur tenir de longs discours/ que je n’ai pas envie d’expliquer toute ma vie privée à tout le monde/ que c’est long/ que tout le monde ne comprendrait pas…)
Mais ici j’ai le temps, j’aime écrire (quel scoop !), et le média du blog me permet de « flouter » les infos trop précises que je veux pour préserver ma vie privée.

Donc, pas forcément. Voici les arguments communs et leur contre-partie.

Je pourrais retourner dans Ville-du-Sud parce que :

  • j’en suis tombée amoureuse / C’est vraiment une très belle ville…
    Elle a beaucoup d’atouts, c’est vrai et je l’aime beaucoup, mais ce n’est pas non plus un coup de cœur, elle a aussi beaucoup de défauts à mes yeux.
  • pour me rapprocher de mes parents…
    Être loin d’eux ne me gêne pas, au contraire, j’apprécie l’autonomie / la liberté (de pensée et d’action) que cela me confère (je les aime très fort, là n’est pas la question, j’ai d’ailleurs besoin de les retrouver régulièrement. Mais j’ai tout autant besoin d’avoir mon propre chez-moi,  ma région, mon coin, qui soit éloigné d’eux…)
    En plus, mes parents sont des baroudeurs, ils sont partis loin de leur famille depuis bien longtemps (là encore ça n’est pas du tout une histoire d’embrouille !) dans une première ville (pour leurs études et leurs premiers jobs), puis dans une deuxième ville, puis à LaCampagne (une dizaine d’années) puis à Ville-du-sud. Et ils ne cachent pas leur intention de partir bientôt vers un ailleurs… Donc, cet argument est définitivement enterré.
  • parce que c’est de là que je viens !
    Ça semble être un argument d’autorité pour la plupart des gens : « c’est de là que tu viens, tu vas forcément y retourner « . Alors en fait, Ville-du-sud, c’est pas MA ville, je n’y suis pas née (je suis née dans une autre ville, dans une autre région et mes parents ont déménagé peu après) et je n’y ai pas grandi (au contraire, j’ai grandi à LaCampagne ! ) Oui, j’y ai passé 6 ans de ma vie et 6 ans c’est long, mais ce sont des années beaucoup moins marquantes pour mon for intérieur que LaCampagne de mon enfance (où j’ai d’ailleurs passé encore plus de temps.) Mes origines ne sont pas dans la ville où je suis née (je n’y connais personne) ni à Ville-du-sud mais à LaCampagne.

Parfois (quand j’ai dit à mon interlocuteur tout ce que je viens de vous dire), on me répond:

« Ah ! Alors t’as envie de retourner à LaCampagne ! »

Bah non, pas forcément non plus…. Et là, je vais casser vos rêves ou pas ! En fait je n’ai pas particulièrement envie de retourner aux sources. Je ne suis pas contre non plus, j’aime beaucoup cette région, vraiment beaucoup. Mais j’ai découvert, grâce à mes parents, tout plein d’autres régions françaises magnifiques où il ferait bon vivre et je sais qu’il y en a tout un tas d’autres que je ne connais pas encore mais qui sont tout aussi magnifiques, j’ai donc tout autant envie d’aller y habiter. Parce que la France est un pays magnifique et très varié. LaCampagne c’est mes racines oui, mais pourquoi doit-on forcément retourner aux origines ? Je comprends pas ce parti pris qui semble très partagé… Les Gens n’ont donc aucune envie de découverte, de changements ? …Restons dans ce qu’on connait, ailleurs c’est forcément moins bien ? (Bon, tempérons-nous, tout le monde n’est pas curieux, il y a des casaniers, soyons tolérants, compréhensifs et ouverts d’esprit : il faut de tout pour faire un monde, les goûts et les couleurs, tout ça-tout ça….) (d’ailleurs si vous êtes ce genre de personnes, qui reste ou retourne aux origines, je veux bien votre avis ! 😉 )

Après mon « Euh pas forcément », vient souvent :

« Ah ! Mais tu voudrais aller où alors ? »


Bah en fait, je vous explique, je ne suis pas sûre que j’aurais véritablement le choix !

Mon premier critère d’installation post-étude ce sera le travail. Parce qu’ils sont bien gentils tous ces gens, mais je ne roule pas sur l’or, mes parents non plus (et quand bien même, je n’ai pas l’intention de dépendre d’eux…), je n’ai pas choisi un secteur d’activité où les emplois se bousculent au portillon et nous ne sommes pas dans une période économique remarquablement florissante… Donc, mon premier souci sera de trouver du travail pas d’aller dans la région de mes rêves… Je verrais bien où ça me portera !
Ça tombe bien j’ai un peu une âme d’aventurière (mes parents y sont peut-être pour quelque chose… 😉 ) je n’ai absolument pas de « région préférée » qui dépasse toutes les autres, j‘aime bien découvrir des nouveaux lieux et des nouvelles régions et, même si c’est vrai que je préférerais certains coins à d’autres, je suis capable de tirer des points positifs de n’importe quelle situation (même si je tombe dans une ville très moche je finirais bien par lui trouver des avantages !)

Je réponds donc :

« Là où je trouverais du travail, je ne suis pas très difficile de toute façon ! »

Et là, ça ne rate jamais, (que j’aie développé avant ou ou pas) c’est systématique, (c’est très comique, vraiment…)

« Ah oui, c’est sûr, c’est le plus important. »

Oui, désolée de vous avoir ramenés sur Terre, les Gens ! 😀

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10 réflexions au sujet de « Et après tu iras où ? »

  1. Je viens d’un coin paumé, on sait qu’à 18 ans, on part, soit pour les études soit pour trouver du travail. Mais l’objectif de 90% c’est de revenir un jour ou de se rapprocher le,plus possible (les aventuriers vont à Bordeaux ou à Toulouse!)… Alors, tu imagines, faire Mexico, Dublin, Londres (enfin, à 50 min!). Remarque, je me rapproche 🙂

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  2. Je viens de chez Pom de Pin. Et là, j’ai envie de réagir: je viens d’ une ville très proche d’ une grande métropole urbaine. J’y ai fait mes etudes en quasi totalité, par choix. J’ai été obligée de les poursuivre « ailleurs » pas très loin géographiquement. Ce n’était pas facile, et comme un boomerang dès que j’ai pu je suis revenue dans ma grande ville. Ça serait un déchirement de devoir « partir » ailleurs dans le département. Et je suis très contente d’ avoir un cursus qui ne m’ a pas obligé à l’epoque de partir à l’etranger pendant mes etudes (qui sont dans un domaine non « exportable »).
    Néanmoins je suis ravie de découvrir d’ autres regions de France/ d’ autres pays etranger lors de mes vacances. Et comme un boomerang je n’imagine pas ne pas revenir dans ma grande ville à la fin de celles-ci, ça me suffit!
    Je ne me sens juste pas capable de quitter mon chez moi, alors que je vous envie peut etre un peu, vous les expatriés…

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    • Merci pour ton commentaire. Je comprends déjà un peu mieux…
      Pour ma part je ne suis pas une véritable expatriée puisque je n’ai pas quitté la France, il y a de la distance (beaucoup !) mais la nourriture, la langue, la culture, en bref toutes ces choses qui font le quotidien, restent les mêmes.
      Au fond, je crois que ça ne me dérangerait pas de faire mes études ou même de travailler dans un autre pays tant ce n’est pas trop loin : j’ai quand même besoin de savoir que je peux relativement facilement et rapidement s’il y a un problème. (donc exit Canada, USA, Australie, Afrique, Asie and co pour le moment 😉 )
      Je ne sais pas si tu repasseras par là mais si jamais tu lis cette réponse je serais intéressée de savoir ce qui t’attache particulièrement à cette ville : c’est la ville que tu aimes particulièrement ? Tu veux rester très proches de tes parents, de ta famille, de tes amis ? (Bien sûr tu n’es pas obligée de répondre !)
      Pour finir, j’ai peut-être été trop tranchée dans mon article, mais je ne méprise absolument pas les personnes qui restent « toute leur vie » sur leur « terre natale », je comprends que l’on puisse être particulièrement attachée à une région, une ville ou à sa famille. Je m’étonne cependant particulièrement que pour beaucoup de gens que je croise, ce retour soit presque une obligation, que ne pas le faire serait vraiment une idée saugrenue.

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  3. Eh oui je suis revenue! Je commente tellement peu, que je reviens pour suivre et voir si l’échange continue 🙂

    Rassure toi j’ai réagis car c’est comme si tu t’ adressais à moi personnellement, et le but était en effet de présenter ma vision des choses, ma situation différente et non moins épanouissante. Je comprends tout à fait ton point de vue, partir doit etre un choix, rester ou revenir doit en etre un autre et non une obligation.
    Et puis j’en profite pr m’ excuser car j’ai lu vite et comme tu disais t’ etre inspiree de Blue et Pomdepin j’ai fait le raccourci de te prendre pr une expatriée.. que tu seras peut etre un jour alors 😉

    Pour poursuivre:
    Je ne suis pas spécialement « casaniere » et je reste curieuse. Mais « ponctuellement » vacances ou week end essentiellement, pr aller voir des amis ailleurs ou partir entre amis voir des paysages différents, et m’ enrichir via un voyage. Même si le bout du monde ne m’ attire pas specialement c’est aussi parce que je reste limitée à mes capacités financieres, notamment les billets d’ avions freinent un peu/bcp le truc.
    Concernant mon expérience de « l’ailleurs » pr y vivre peut etre qu’elle n’a pas spécialement été concluante car je suis rentrée « tôt » (fin de la formation ». Mais ça m’ allait bien, tellement cette période n’était pas des plus epanouissantes pr moi. Ailleurs, je m’ ennuyais… Il est vrai que je suis une « ancienne timide » pr résumer, et que je ne suis pas une personne qui aime le changement. J’aime mes repères. Dans ma grande ville et sa metropole, j’y ai une grande partie de ma famille mes amis mes loisirs, et tout n’est pas exportable en l’etat…. J’aime ma grande ville toute proche, ma région que je trouve merveilleuse, et que je découvre et redécouvre continuellement .
    Partir ailleurs, renouveller l’expérience, ne me donne pas specialement envie quand je vois les « galères » des amis et connaissances autour de moi, qui de pres ou de loin préfèrent revenir, avec des expériences +/- positives ailleurs (à l’etranger ou non)

    Il faut préciser qu’étant jeune célibataire je n’exclue pas totalement le fait de « devoir » bouger un jour. Je préférerai rencontrer qqun d’ ici, ou le faire venir ici que de partir. Mais bon… Après tout, en etant pas seule ça doit etre plus facile de s’ancrer « ailleurs ».

    Voilà mon « roman », j’espere pas trop brouillon… Je n’ai pas l’habitude d’ ecrire!

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    • Merci beaucoup pour ton « roman », l’espace commentaire est précisément là pour ça… Écrire m’enrichit déjà beaucoup mais lire les réactions des autres rajoute à cet enrichissement et me fait avancer dans cette réflexion. Je suis donc ravie que tu prennes le temps de revenir et de répondre 😉
      En lisant ton comm’ j’ai réalisé que j’aurais pu être comme toi en fait : j’aime voyager pour de courts séjours, en vacances mais je suis assez timide, j’ai du mal à changer mes habitudes. Mais 2 facteurs sont venus chambouler tout ça : d’abord mes parents ont déménagé, à cette occasion-là j’ai donc été obligée de m’adapter. et surtout l’élan de mon départ a été donné par les études que je voulais suivre, parce qu’en fait, entre les difficultés administratives, la situation financière de mes parents et la peur de partir loin et de changer d’environnement, de me retrouver seule… Je serais très probablement restée chez moi si j’avais eu les mêmes études à portée de main.
      Et si maintenant je n’imagine plus revenir c’est uniquement parce que mes études me passionnent et que j’apprécie beaucoup tous les avantages de la vie parisienne (et que je me suis fait de très bons amis!)
      Pour résumer, je pense donc effectivement que le ressenti du départ (et de l’éloignement) dépend bcp de la / des motivations !

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  4. Et donc je suis ravie d’ avoir pris la plume/le clavier pr poursuivre l’echange 🙂
    En l’occurence me concernant, j’ai tjrs vecu dans la même ville, fait toute ma scolarité au même endroit du cp à la terminale, et ça m’ allait très bien de faire les etudes que je voulais dans la grande ville toute proche. C’est seulement ensuite dans la formation complementaire que j’ai du partir. Avec le recul finalement si j’avais été contrainte de rester plus longtemps je me serais peut etre acclimatee, ou peut etre pas… Le but initial était quand même de revenir comme un boomerang comme j’evoquais plus haut, car tacitement j’etais dans une situation d’ eloignement provisoire 🙂 ! Comme tu le dis, tout depend du contexte et de l’etat d’ esprit…

    Aimé par 1 personne

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