Être l’ami de soi-même

Comme bien souvent depuis que j’ai commencé à écrire sur ce blog, ce que j’exprime dans chaque article n’est qu’une amorce de réflexion qui continue toujours après le temps de l’écriture, plus ou moins loin et plus ou moins vite, mais elle continue et s’enrichit toujours. C’est ce qui s’est passé avec mes articles sur l’amitié : au début je ne pensais en faire qu’un seul texte mais, comme souvent, j’avais mésestimé l’importance et la taille de tout ce que j’avais à dire, alors j’ai écrit deux textes (ici et ). Et, juste après les avoir écrits, j’ai eu plusieurs déclics, révélations, prises de conscience (prenez le terme qui vous convient), qui méritaient bien un troisième article sur le sujet !

Nota Bene : J’ai commencé à écrire cet article il y a 45 minutes en pensant que ce serait une ébauche, des idées jetées sur le clavier, à retravailler et remodeler, je me retrouve avec un beau texte bien ordonné et qui a coulé de source, dont il ne me reste plus qu’à peaufiner les détails… Bien bien, ne cherchons pas la logique… (Ceci aurait logiquement dû être placé en conclusion mais ma réflexion philosophique finale est tellement belle je ne voulais pas la gâcher par ce propos extrêmement terre-à-terre 🙂 )

Donc voici mes illuminations post-scriptum sur l’amitié.

Pour accepter les compliments des autres et entendre que les autres nous aiment, il faut d’abord s’accepter et s’aimer soi-même.
C’est exactement ce qu’il s’est passé chez moi : plus jeune je ne m’aimais pas vraiment, parce que je n’aimais pas l’image que les autres me renvoyaient de moi mais aussi de l’intérieur, je ne m’aimais pas pour tout ce que j’étais incapable de faire.

Quand je m’inventais des goûts, des désirs c’était pour plaire aux autres pour qu »ils me renvoient une belle image de moi… Mais c’était bien sûr voué à l’échec puisque c’était un faux, un faux-moi, une apparence. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai arrêté de mentir : j’ai réalisé que j’étais devenue une apparence, que j’étais dans la superficialité alors que je détestais et déteste ça chez les autres, que je le fuis. Or mes parents m’ont toujours dit : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l’on te fasse. » Alors j’ai décidé d’arrêter de mentir (autant aux autres qu’à moi même, en fait), ça ne s’est pas fait du jour au lendemain bien sûr, il a fallu que je retrouve et que je forge mes propres goûts, mes propres désirs….

Un peu plus tard j’ai eu une deuxième prise de conscience, quand ma mère m’a dit : « Ce qui est pénible avec toi c’est que l’on ne sait jamais ce que tu veux. » Ça a été assez douloureux à entendre et à encaisser, une grande claque : si je m’étais bien rendue compte que je mentais à mes amis quand j’étais à l’extérieur, dans le milieu scolaire, je pensais que dans ma famille, dans ma maison, j’étais Moi… Et puis ça faisait alors des mois que je m’efforçais de savoir ce que je voulais (et que je me sentais progresser dans ce sens).

J’ai alors compris qu’avoir des désirs ne suffit pas il faut aussi (et surtout) les exprimer. Surtout, parce que sinon c’est comme ça qu’ils se perdent et s’effacent progressivement.
En fin de compte, (là nous entrons dans la totale improvisation, l’hypothèse sortie de je-ne-sais-où, la dérive philosophique et métaphysique, vous êtes autorisés à passer au paragraphe suivant… et en écrivant cette phrase j’ai perdu mon idée…et je l’ai retrouvée) c’est peut être pour ça qu’il me « plaisait » d’avoir une seule amie : il était beaucoup plus facile de me confondre avec elle seule, de me conformer à tout ce qu’elle souhaitait.

Je dois néanmoins nuancer tout ça : heureusement pour moi j’ai toujours eu certains désirs et goûts affirmés, que je connaissais et que j’exprimais mais c’était plus auprès de ma famille, moins de mes amis. En effet, je me savais aimée de ma famille je n’avais pas besoin de m’inventer pour leur plaire. Mais auprès de mes amis  je me dissimulais et m’effaçais beaucoup, de plus en plus, jusqu’au lycée où la tendance s’est inversée.

Je tiens aussi à insister sur le fait que je ne regrette rien de ce parcours.

D’abord parce que, contrairement à l’apparence mélodramatique et au tableau noir que je semble décrire, je n’ai jamais été malheureuse, certains épisodes ont été difficiles et douloureux mais ma famille et quelques rares amis m’ont quotidiennement offert l’amour et l’affection dont j’avais besoin pour me sentir heureuse (en plus de mon extraordinaire et magique propension à voir du rose partout, qui me facilite beaucoup la vie.)

Ensuite, parce que je sais que chaque épreuve endurée et chaque prise de conscience était nécessaire à mon cheminement et mon épanouissement. Je m’intéresse de plus en plus à la psychologie et s’il y a une chose que j’ai bien comprise c’est que l’on ne peut pas aller plus vite que la musique…
Il est très très probable, pour ne pas dire certain, que mon parcours chaotique est, en partie, dû à moi-même, que j’ai laissé passé des occasions, que si je m’étais comportée différemment, les autres en face se seraient aussi comportés différemment, mais « avec des si on mettrait Paris en bouteille » et j’ai fait comme j’ai pu avec les outils que j’avais, il ne sert à rien de regretter le passé puisque c’est lui qui construit le présent.

Je ne pense pas qu’une personne puisse se dire qu’elle est parfaite et qu’elle n’a rien à améliorer (ou alors cette vanité est justement son défaut), je ne pense pas qu’il existe une personne sans défauts et même sans « problématique psychologique ». J’ai surmonté certains obstacles dans certains domaines et je suis convaincue que tous nous avons des difficultés à surmonter, toutes différentes et nous les surmontons tous de manière différente.

Donc j’insiste : la vie est faite de changements, de mouvements, donc de remises en questions et de cheminements. Je ne regrette pas ce que j’ai vécu et encore moins ce que j’en ai fait ! J’ai parcouru un grand bout de chemin déjà (si grand et si petit) et il continue… Aujourd’hui je me sais sur la bonne voie pour m’affirmer et m’aimer vraiment entièrement….

  • Si je m’aime, alors j’entends les compliments et alors le cercle vertueux est enclenché (et j’accepte que les autres m’aiment ce qui est assez fondamental pour construire une relation équilibrée et durable !)
  • Pour qu’une amitié (et plus généralement une relation) puisse durer il faut être soi et non pas se confondre à l’autre, pour qu’il y ait un échange : une relation !
  • Toutes les relations que j’ai eu par le passé ne sont pas à jeter à la poubelle, elles m’ont toutes apporté des éléments pour progresser et construire mes relations d’aujourd’hui.
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3 réflexions au sujet de « Être l’ami de soi-même »

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