Le handicap, une large notion ! 1ère partie

J’ai écrit cet article en réaction à celui-ci qui m’a gêné. Je suis d’accord sur certains points et désaccord sur d’autres et sur l’idée générale. La réflexion qu’il a provoqué est longue. Donc pour que je ne vous perde pas en route (et aussi parce que, il faut bien l’avouer, j’adore la conclusion à laquelle je suis arrivée ici ) j’ai décidé de l’exposer en plusieurs parties.

Si on veut faire des cases bien jolies, bien propres on peut distinguer plusieurs catégories de handicaps :

les handicaps de naissance (ou datant de la petite enfance) (je les mets ensemble car cela implique que la personne handicapée ne connaît que cette « réalité » là …elle ne compare donc pas avec un vécu antérieur mais seulement avec ce que les autres lui renvoient.)

les handicaps causés par un accident (accident de voiture,chute, morsure de serpent)

les handicaps causés par une maladie (virale, ex : poliomyélite ou génétique ex : myopathie)

À noter : différentes causes peuvent avoir des conséquences assez similaires mais le vécu pourra être cependant  différent par exemple une personne peut naître sans avant-bras droit, une autre personne peut se faire amputer l’avant-bras droit, on aura alors deux personnes sans avant bras droit et pourtant leur vécu est différent.

Nota bene 2 : deux mêmes évènements ( causes ) n’ont pas les mêmes conséquences selon l’âge de la personne par exemple une hémorragie cérébrale dans l’enfance n’a pas les mêmes conséquences qu’à l’âge adulte.

On peut aussi adopter une autre classification (qui recroise la première, c’est simplement un autre point de vue.) :

– les handicaps moteurs

– les handicaps sensoriels

– les handicaps psychiques /mentaux

– les handicaps cognitifs (dyslexie, dyspraxie, dysphasie …)

– les poly-handicaps.

Comme toujours, mettre dans des cases c’est bien pratique mais c’est aussi très réducteur. Il y a bien sûr une part de vérité dans tout ça mais pur que ça ne devienne pas faux, il faut savoir prendre du recul, faire marcher son esprit critique et  introduire dans ces belles cases quelques nuances et un peu de flou. La vie est un constant mouvement, pas une ligne droite, la vie est mouvements constants, c’est triste de l’enfermer dans des cases !

Dans beaucoup des grosses catégories que j’ai distingué il y a différents degrés :

une personne malvoyante peut ne voir que les couleurs, ou que la lumière ou que des silhouettes, ne voir que sur les côtés ou que le centre ou rien du tout, ça peut être stable ou évolutif.

Et d’ailleurs je proteste : distinguer une personne malvoyante d’une personne non-voyante/aveugle ça n’est pas du tout du politiquement correct ! Si je vous parle d’une copine  qui ne vois que sur les côtés en vous disant qu’elle est aveugle et qu’un jour vous la rencontrez vous allez me dire « mais elle voit ! » Pour aller encore plus loin si une personne ne lit  plus qu’avec une très grosse loupe ou ne voit que des grosses formes (par exemple les silhouettes) mais qu’elle a besoin de se faire guider dans la rue, vous allez refuser de la qualifier de mal-voyante (ou vous moquer d’elle parce qu’elle chipote) ? Et si pour elle, ces dernières parcelles de vue étaient très importantes (ce qui est très compréhensible à mon sens), vous allez les ignorer, les nier dans votre langage sous prétexte que pour vous qui voyez, ne pas voir ou voir qu’un peu, c’est pareil ? Ne pouvez vous pas respecter la vision le vécu d’une personne ? De toute façon qu’est-ce que ça vous fait, à vous, de dire « mal-voyant » à la place « d’aveugle » (ou même « non-voyant ») si la personne le souhaite ? Juste faire l’effort de changer un mot !

Bref je me suis un peu égarée mais c’était important ! Si ça pouvait faire changer  ouvrir les yeux à certains …

La nuance n’existe pas que pour les handicaps sensoriels : il y a une différence entre les personnes en fauteuil roulant qui ne peuvent pas du tout se servir de leur jambes et celles qui peuvent se lever, ou celles qui peuvent se lever et monter 2 marches, ou celles qui utilisent un fauteuil pour sortir mais qui marchent chez elles, ou celles qui sont en fauteuil et qui n’ont l’usage que d’un bras, ou celles …on peut imaginer des milliers de cas de figure !

La vie est mouvement constant, changement, déséquilibre, surprise, multiplicité. Aucun être humain n’est absolument identique à un autre, alors pourquoi le même handicap (de nom) de 2 personnes serait-il absolument identique de l’une à l’autre ? On en revient au problème des cases… L’être humain a besoin de ranger dans des cases pour se rassurer, il a besoin d’ordre. L’être humain veut ordonner (à) la vie qui est désordre, il veut stopper le mouvement en un instant éternel, il veut stabiliser le déséquilibre, il veut mettre les multiples dans un tout … Mais c’est impossible parce que la vie reprend le dessus !

Publicités

4 réflexions au sujet de « Le handicap, une large notion ! 1ère partie »

  1. Bel article … Les cases tu as raison ne fonctionnent pas à tous les coups. Alors on est bien embêté lorsqu’il n’y a pas de cases pour y « enfermer » une personne. Comme il n’est pas toujours utile de créer la case ad-hoc, on se retrouve là, avec son handicap orphelin, bien embarrassant pour tout le monde…

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s