Focus : une oeuvre du Louvre / 2

Aujourd’hui j’ai choisi une œuvre qui n’est pas connue … qui se trouve dans le département des Antiquités Orientales. Ce département en lui-même est assez peu connu, en particulier par les Français eux-mêmes. (Les touristes asiatiques ont une plus grande ouverture d’esprit quant à leur destination pendant la visite au Louvre, mais ça c’est une autre histoire… je vous parlerais du comportement des touristes une autre fois !)

Bref, trêve de suspens, il s’agit en fait d’un ensemble :

2 taureaux androcéphales : 1 de face , 1 de trois-quarts.

2 taureaux androcéphales : 1 de face , 1 de trois-quarts.

Taureau androcéphale de profil et Gilgamesh étranglant un lion.

Taureau androcéphale de profil et Gilgamesh étranglant un lion.

génie bénisseur androcéphale

génie bénisseur androcéphale

génie androcéphale

génie bénisseur androcéphale

louvre-genie-aile-tete-d039oiseau

génie bénisseur (arbre symbole de vie et de prospérité) à tête d’oiseau

Le décor monumental du palais de Khorsabad. (site qui se trouve en Iran actuel, à l’époque de la construction du palais par le souverain Sargon II à la fin du 8 ème siècle avant JC, la ville, capitale du royaume, se nommait Dur-Sharukin (c’est-à-dire Ville de Sargon en Assyrien))
Ce décor était constitué de grandes dalles monumentales (dans notre jargon on appelle cela des orthostates) en albâtre gypseux sculptées en haut-relief et/ou bas-relief. (on distingue la ronde-bosse qui est une sculpture en 3D autour de laquelle on peut tourner ; le haut relief qui est très en saillie mais toujours rattaché à un fond plat ; le bas-relief qui est moins en saillie [et dans certains cas quand le relief est vraiment très subtil on peut parler de méplat, en particulier en Égypte ancienne]) et polychromées (peintes) (à l’époque).
Il figure des taureaux androcéphales (mot savant pour dire à tête d’homme) ailés, accompagnés de personnages bipèdes, ailés soit à têtes humaines soit à têtes d’oiseaux, portant une situle (bah oui un petit sceau 😉 ) et une pomme de pin. Tous ces personnages sont des génies destinés à protéger le palais. Ils étaient placés en façade, aux entrées et dans les couloirs. Les taureaux par leur taille et leur regard impressionnant devaient faire reculer les visiteurs habités de mauvaises intentions, tandis que les génies à situles (qui n’étaient présents qu’aux passages stratégiques) aspergeaient symboliquement les visiteurs d’une eau bénite destinée à les purifier.
Les taureaux pouvaient aussi être accompagnés d’un personnage d’apparence humaine étranglant un lion, il s’agit de Gilgamesh, personnage à la fois mythique et historique. Ici il symbolise très clairement la force.

NB : les taureaux ont 5 pattes, ainsi lorsqu’on les voit de face ils semblent à l’arrêt mais lorsqu’on les voit de profil ils semblent en mouvement)

2ème NB : tous les personnages reprennent le canon (ensemble de caractéristiques de représentation) de l’époque : barbe et cheveux bouclés en rangs notamment.

Les conservateurs du Louvre ont disposées les dalles dans une cour en essayant de restituer ce à quoi pouvait ressembler (taureaux par paire se faisant face… taureaux doublés de génies…) et je trouve cela assez réussi car malgré les contraintes et limites de cette restitution (le tout est rassemblé dans une cour, le palais lui-même était beaucoup plus grand que les orthostates mesurant entre 2 et 4 mètres de haut, il y en avait beaucoup plus …) on comprend bien combien cela devait être impressionnant.

vue générale de la salle : taureaux, Gilgamesh et génies à d ; génies en face ; remise des tributs à g ; transport du bois de cèdre dans le dos.

vue générale de la cour :
taureaux, Gilgamesh et génies à d ; génies en face ; remise des tributs à g ; transport du bois de cèdre dans le dos.

transport du bois de cèdre (par voie maritime puis fluviale)

transport du bois de cèdre (par voie maritime puis fluviale)

remise des tribus : vue globale

remise des tribus : vue globale

remise des tribus : détail

remise des tribus : détail

Dans la même salle du musée se trouvent aussi d’autres orthostates, qui sont, elles, sculptées en bas-relief et était destinées à orner la salle du trône (et donc salle d’audience) : on y voit des scènes de soumission, remises de tributs par les peuples soumis, importation du bois de cèdre du Liban (qui était alors une province soumise par l’empire assyrien, ce bois de très bonne qualité était une matière première importante notamment pour la construction des palais.) Le souverain a donc soigneusement choisi son décor pour rappeler ses victoires et son pouvoir.

 

Le tout est assez impressionnant. Je vais vous montrer des photos mais pour tous ceux qui ont la chance d’habiter à Paris je vous conseille d’aller voir par vous-même car rien ne remplace le contact direct …. Et je serais curieuse de connaitre vos impressions !

 

(cette série d’article, en même temps qu’être un plaisir, est aussi un exercice d’entrainement pour moi … donc n’hésitez pas à faire des commentaires : critiques, questions, demande de compléments …)

 

 

 

 

 

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